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May

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La journée de la jupe ? Chapeau !

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Un petit clin d'oeil pour tous ceux qui ont vu ou vont aller voir ce film important.

Tous les commentaires

Ah, enfin, quelqu'un parle de ce superbe film ! Il est passé l'autre soir sur Arte, mais pour ceux qui l'auraient loupé, il sort en salles aujourd'hui et il vaut vraiment le détour ! Je n'ai jamais vu de plus vibrant plaidoyer pour l'intégration et la laïcité que dans ce huis-clos, totalement inspiré, parfois oppressant et pas forcément toujours politiquement correct, au cours duquel une prof de français, revolver en main, martèle à ses élèves que leur chance, c'est ici et maintenant qu'il faut qu'ils la saisissent. C'est un film courageux, audacieux et superbement interprété. Que ce soit sur l'éducation, sur l'intégration, sur le machisme, sur le racisme ou sur la religion, cette Journée de la jupe apporte un grand souffle de vérités qu'on ne dit jamais. A ne surtout pas louper ! Un grand merci à Pointvirgule d'avoir eu la superbe idée de faire ce billet !

Je l'ai regardé sur Arte avec quelques apprhensions quant au jeu d'Isabelle Adjani. C'est effectivement un film audacieux et...avec une étonnante Adjani.

C'est noté! Merci à toutes deux et en route pour une nouvelle balade en ville!

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Un beau film superbement interprété, tant par Isabelle Adjani que par les jeunes tenant les rôles d'élèves. Un scénario audacieux et un ton humoristique et poignant d'une grande efficacité. Malheureusement, quelques grosses maladresses empêchent le film de tenir ses promesses du début. Pourquoi avoir abandonné le huis-clos de la salle de classe pour s'étaler dans les clichés des peines de coeur du policier ? Sombrer dans un tel conformisme avec un scénario aussi original m'a carrément stupéfiée ! Et la fin du film sombre dans le "mélo" le plus convenu. Dommage ! On a frôlé le chef-d'oeuvre !

@ Emamanuelle Caminade Permettez-moi de ne pas être tout à fait d'accord avec vous, chère Emmanuelle Caminade. Je ne trouve pas maladroit le choix de Jean-Paul Lillienfeld d'avoir quitté le huis-clos pour évoquer les peines de coeur du policier-négociateur. C'est d'abord une façon d'éviter le côté théâtral du huis-clos, qui serait vite devenu insupportable. De plus, apporter un contre-point à son propos, le diffracter, lui permet de souligner le lien qui va se nouer d'entrée de jeu entre le négociateur et la prof. Lui, sa femme le quitte, elle son mari revient ( ce qui veut dire qu'elle a été quittée aussi). Ils ont ce vécu en commun et ce n'est pas neutre. Enfin, dans la série la réalité dépasse la fiction, n'avons-nous pas tous connu de ces journées où un simple grain de sable vient dérégler une mécanique qui semblait bien huilée ? Alors, parti-pris audacieux du réalisateur me paraît plus probable que maladresse, dont on peut douter. Quant à la fin du film "mélo", qui pouvait espérer un "happy end" ? La mort est présente et plane sur le film dès l'apparition du revolver, tout de même. C'est ce qui en fait une tragédie.

Chère Pointvirgule, Votre point de vue se défend, mais le problème c'est le cliché : trop prévisible, vu et revu des dizaines de fois dans tous les films policiers ! C'est la mode depuis une dizaine d'année . Quant à la fin, bien évidemment, on n'espérait pas une happy end, mais c'est la façon complaisante (et, là encore, top prévisible ) de la traiter, qui me dérange... Une tragédie n'est pas forcément "un mélo". Affaire de goût, je préfère la sobriété, l'ellipse... Un réalisateur à suivre néanmoins !

Raté aussi. Séance de rattrapage en vue. Merci Pointvirgule ! (superbe titre de billet, au passage)

Grâce à sa notoriété, Isabelle Adjani, avec l'audace d'Arte, nous a donné à voir un film courageux sur ce qui se vit tous les jours dans certaines écoles. Bravo!

Il ne faudrait pas non plus oublier de citer Jean-Paul Lilienfeld, qui est l'auteur-réalisateur de ce chef d'œuvre ! Sa bio cinématographique là: http://www.cinemovies.fr/perso-Jean-Paul+Lilienfeld-1-2-0.html Et interview de lui sur Arte.fr là: http://www.arte.tv/fr/2458990.html

Ce film accumule tous les poncifs et c'est si mal ficelé qu'ils deviennent aussi invraisemblables que ridicules. Je suppose que ni le réalisateur ni son actrice n'ont aucune notion de ce qui se passe.Personne n'ose toucher à notre star nationale qui se présente ici sous son jour le pire.

Je me mets à côté de beaulieu, parce qu'autrement, on va se sentir seuls. J'ai trouvé ce film nul. Mais je ne pense pas que personne n'ose toucher à Isabelle Adjani: lors de l'un de ses retours précédents, ( un film vaguement inspiré de Daenincx lui -même vaguement inspiré par le terrorisme à la française), la critique n'avait pas été tendre. C'est plutôt le sujet... que l'on n'ose pas critiquer. Et au demeurant, côté interprétation, rien à redire, Adjani en sur tension, Podalydès, les ados, tout le monde est bien. Aussi bien que possible dans un film sans inspiration, sans souffle aucun. Un téléfilm à gros budget, mais un téléfilm ( et je suis injuste pour certains téléfilms). Le scénario, en lui-même, laissait des tas de possibilités ( et notamment celle d'oublier un peu la ministre de l'Intérieur, caricaturale). Contrairement à un commentaire ci-dessous ( mais j'ai oublié de noter le nom), non, ça n'est pas indifférent, bon ou mauvais film. A un mauvais film je préfère un bon documentaire. Or ici, aucune question n'est vraiment posée, et surement pas en termes vraiment dérangeants. On donne à voir, voilà tout. La fin: qu'elle soit mélodramatique, pas grave , c'est beau le mélo, elle est surtout tellement attendue, prévisible. Mais pas dans le sens de l'inéluctable, plutôt genre longue à venir. Et enfin, crise sur la gateau, j'ai particulièrement adoré la voix off bien neutre qui nous décrit ce que nous voyons plan par plan:" le toit est vide" ( et oui, il l'est), "il frappe à la porte" ( il vient de le faire). Je sais, je sais, c'est la touche distanciation. Nous formions sans doute un très mauvais public ( dont quelques uns de cette fameuse seconde génération, plus un ancien prof, on aurait dit un panel sélectionné) ^parce que nous balancions entre fou-rire et envie d'attraper ce flingue qu'elle laisse trainer partout.

Je ne suis pas d'accord avec vous. Ce film démarrait très bien et s'avérait prometteur : l'idée du huis-clos dans la salle vidéo, excellente , celle du révolver récupéré par l'enseignante, originale et donnant lieu à des scènes savoureuses ( le cours sur Molière sous la menace du révolver), un ton humoristique décalé très efficace pour aborder les problèmes de manière moins convenue. Adjani excellente, très crédible. Mais j'ai arrêté d'enregistrer à mi-parcours : La Ministre de l'intérieur totalement caricaturale en effet, plus les états d'âme de Podalydes, plus le mari qui "rapplique" et fait une scène ridicule , plus ... Quant au mélo, pour moi , c'est forcément prévisible ( pas dans le sens d' une tragédie en effet ), ça répond à des codes, comme le western. Alors on peut sans doute trouver un certain plaisir, justement, à retrouver ces codes ... Et la scène du cimetière avec les gamines en jupe, plutôt risible !

@ Dominique Conil et Emmanuelle Caminade Vous n'avez pas aimé le film ? D'accord, rien à dire, c'est une affaire de goût. Et comme, entre autres éléments, la carrière d'Adjani m'est totalement équilatérale, je n'essaierai surtout pas de vous faire changer d'avis. Cela dit, j'ai toujours du mal avec les jugements de valeur. Je sursaute quand je lis "c'est nul", par exemple. Ce serait quoi, le brevet de non-nullité ? Tout cela est tellement subjectif ; la seule position tenable, me semble-t-il, réside dans le "je n'ai pas aimé", assorti ou non d'explications, mais sans nécessairement flinguer le travail d'une équipe. Et je trouve assez juste l'option qui consiste à donner à voir, à présenter un état des lieux, sans juger, en laissant chacun libre de se faire sa religion, si j'ose dire...

Mais le commentaire ne prétendait pas à l'objectivité. C'est nul, en effet, est rapide. Lisez attentivement, tout de même: je n'évoque la carrière d'Adjani qu'en regard du commentaire précédent, je souligne le jeu des acteurs, connus et inconnus. Quant aux arguments, ils sont là: pauvreté de la réalisation, des images, insistance lourde sur les effets, gros plans insistants, plus la fameuse voix off: pour un seul film, cela fait déjà un certain nombre d'arguments. Et je n'ai pas développé sur, par exemple, certaines parties du dialogue ( ministre, ou encore regrets du père), d'une part parce qu'il ne s'agit pas d'une critique construite mais d'un simple commentaire. Il ne s'agit pas de "flinguer" le travail d'une équipe, mais à partir du moment où le film sort en salle ( ou est diffusé, avec une très importante promotion d'Arte) à la télévision, il s'expose, c'est naturel, à la critique. D'autant que dans le concert de louanges qui précède et qui suit, une perception radicalement différente peut apparaître, non ? Ceci dit, comme Emmanuelle Caminade, j'ai trouvé le début meilleur que ce qui a suivi. Arte a battu avec Le jour de la jupe ses records d'audience ( casting oblige), et à plusieurs reprises j'ai beaucoup aimé certains des films qui ont bénéficié de ce dispositif ( un passage télévisuel puis sortie en salles)

Mais le commentaire ne prétendait pas à l'objectivité. C'est nul, en effet, est rapide. Lisez attentivement, tout de même: je n'évoque la carrière d'Adjani qu'en regard du commentaire précédent, je souligne le jeu des acteurs, connus et inconnus. Quant aux arguments, ils sont là: pauvreté de la réalisation, des images, insistance lourde sur les effets, gros plans insistants, plus la fameuse voix off: pour un seul film, cela fait déjà un certain nombre d'arguments. Et je n'ai pas développé sur, par exemple, certaines parties du dialogue ( ministre, ou encore regrets du père), d'une part parce qu'il ne s'agit pas d'une critique construite mais d'un simple commentaire. Il ne s'agit pas de "flinguer" le travail d'une équipe, mais à partir du moment où le film sort en salle ( ou est diffusé, avec une très importante promotion d'Arte) à la télévision, il s'expose, c'est naturel, à la critique. D'autant que dans le concert de louanges qui précède et qui suit, une perception radicalement différente peut apparaître, non ? Ceci dit, comme Emmanuelle Caminade, j'ai trouvé le début meilleur que ce qui a suivi. Arte a battu avec Le jour de la jupe ses records d'audience ( casting oblige), et à plusieurs reprises j'ai beaucoup aimé certains des films qui ont bénéficié de ce dispositif ( un passage télévisuel puis sortie en salles). Celui-là, dont le thème m'intéressait, m'a déçue.

@Pointvirgule
Mais, j'ai beaucoup aimé le début du film ! Il y avait, à mon sens, tous les ingrédients pour en faire un chef-d'oeuvre et puis, petit à petit, le film a basculé dans les clichés et les poncifs... J'ai donc été très déçue qu'il ne remplisse pas ses promesses.
La critique d'un film est-elle interdite sous prétexte qu'il est résultat du travail d'une équipe ???? On a le droit d'apprécier, de juger un travail, ce me semble !!!!
Que l'appréciation soit totalement positive (comme la vôtre), mitigée (comme la mienne) ou négative , cela reste toujours ,et dans tous les cas de figure, un jugement de valeur , argumenté d'ailleurs ( nous disons ce que nous avons, ou pas, aimé et pourquoi ).
Chacun d'entre nous, quand il parle , parle en son nom propre et juger n'est pas synonyme de condamner, de "flinguer" ! Votre jugement est tout aussi subjectif que le nôtre, vous avez fait bien plus que "présenter un état des lieux, sans juger".
Et, en quoi juger un film empêche-t-il les autres d'avoir un avis différent et de le défendre ? Personnellement, j'admets très bien que D. Conil, ou que vous-même, ne soyez pas d'accord avec moi sur de nombreux points. Je ne prétends pas détenir la vérité. Par contre, vous me semblez bien moins tolérante à notre égard...

J'adore la "crise sur le gâteau", Dominique. Mais tu vois, moi j'ai beaucoup aimé ce film ! Comme quoi....

je l'ai vu sur arte ,c'est très instructif et très émouvant . C'est violent aussi mais comment ne pas etre violent quand on est en desarroi devant le sort fait aux jeunes de banlieue et jeunes filles en particuliers . Il faut aller le voir . Ca fait réfléchir Anna Dubois

Journée de la jupe : je croyais que c'était une journée pour Ségolène, mais j'ai du me tromper !

@Georges de Furfande Quel esprit, quelle finesse...

J'ai déjà beaucoup ri de la blague de Furfande, en la lisant.J'espère rire encore deux fois: quand on me l'expliquera, puis quand je la comprendrai.

Ce film fait réfléchir, c'est plutôt rare de nos jours... Le seul petit bémol que je mettrais, c'est que le garçon qui a l'image la plus négative, est aussi un de ceux qui ont la peau la plus sombre, tandis que la jeune fille qui s'allie finalement à la prof, a la peau très claire. C'est un hasard, j'en suis sure. Mais c'est un peu dommage. Sur France-inter ce matin, quelqu'un rendait compte d'une diffusion devant des jeunes habitant en banlieue, et qui apparemment n'avaient pas apprécié d'être encore une fois stigmatisés de la sorte. Et pourtant, ce film a le mérite de poser de vraies questions, auxquelles il est important de réfléchir d'une façon ouverte et non manichéenne.

La question n'est pas de savoir si le film est bon, mauvais, trop ceci ou pas assez cela...(vous avez aimé "Gran Torino" ? vous l'aurez oublié dans deux mois ... vous n'avez pas aimé "La journée de la jupe" ? il restera dans votre mémoire parce qu'il pose de vraies et fortes questions) Le problème posé dans ce huit clos est fait en vérité de mille et un problèmes qui s'accumulent depuis des lustres en strates successives et semblerait devenir inextricable. Sommes-nous disposés (parents, élus, médecins, police ...) à aider les profs dans ce métier de plus en plus impossible quand on ne l'exerce pas dans un collège ou lycée de centre ville, politiquement et localement correct et protégé ? Le problème n'est pas celui de "l'éducation nationale" (dont au passage et dans le film le directeur du collège résume parfaitement la situation en une ou deux phrases pour ce type d'établissement) mais celui de " l'Education " ce qui rend la chose beaucoup plus compliquée. Merci Mme Isabelle Adjani, merci Monsieur Jean Paul Lilienfeld, c'est du beau et grand boulot !

Le problème posé dans ce huit clos est fait en vérité de mille et un problèmes qui s'accumulent depuis des lustres en strates successives et semblerait devenir inextricable. Totalement d'accord avec vous Christian Kelner !

@ Christian Kelner Totalement d'accord avec vous moi aussi, Christian Kelner. On s'en fout d'Adjani, ou de savoir si elle fait son retour ou pas ( même si elle est parfaite dans le rôle). Ce n'est pas elle qui pose question, mais bien la violence faite "aux" jeunes des banlieues devenue la violence "des" jeunes des banlieues. Et cela vaut également pour les profs, qui sont en première ligne. En tout cas, le débat est lancé et c'est tant mieux.

Film superbe et très intéressant! Le film le plus proche de l'ambiance que je ressens en tant qu'enseignant en ZEP, depuis une dizaine d'années maintenant. Ce film est beaucoup plus proche "des possibles" qu'entre les murs. Et dire qu'à Marseille, il ne passe que dans une seule salle...

@ scalp 0708 Le film, en effet, pose bien la question de la violence, celle qui a été semée et qui revient en boomerang. Pouvez-vous nous en dire plus, en tant qu'enseignant en ZEP ? Il me semble que c'est au coeur du sujet.

Je souscris pour ma part aux commentaires de Beaulieu et Dominique Conil qui voient dans ce film un montage sans talent fait de caricatures et je ne comprends pas les critiques que j'ai lues qui lui donnent une valeur documentaire voire qui parlent du talent du réalisateur. Il me semblait personnellement que le seul document ici était sur Isabelle Adjani qui jouait non pas la prof mais un nouveau retour d'Isabelle Adjani, orchestré par les médias complaisants comme le véritable événement de ce film. Je suis aussi surpris de voir que des enseignants de ZEP y reconnaissent un univers familier, j'ai été plus qu'incrédule devant le prof qui se fait casser la figure par ses élèves et en redemande ou du principal qui explique aux parents qu'il agit lâchement par crainte de sanctions de la part de l'inspection académique. Par ailleurs la tendance à prendre des oeuvres de fiction pour des documentaires sur l'école me semble aussi suspecte, qu'il s'agisse d'un film raté comme celui-ci comme de celui que j'ai trouvé très beau de Laurent Cantet. Mais dans la Journée de la Jupe, je n'ai vu que des caricatures pauvres et des propos simplistes et éculés et aucune humanité dans le scénario. Pour moi il dessert par ses multiples maladresses le propos qu'il prétend servir (car là où je rejoins beaucoup de commentaires, c'est qu'il s'agit d'un film à thèse, ce qui est bien dommage pour le spectateur). Enfin dire qu'il s'agit d'un film courageux (on va bientôt dire que la banlieue, la violence, le sexisme sont des sujets tabous alors qu'ils font vendre livres et magazines par dizaines) est aussi bien étrange car le ressort du film est de conforter des clichés déjà très répandus.

Ce film m'a touchée....d'abord par l'interprétation d'Isabelle Adjani et ensuite par la justesse du ton....je travaille depuis 20 ans dans ces banlieux dites "difficiles"....et rien ne m'a semblé déplacé ou choquant.... juste une vraie justesse de ton... Je lis avec peine les commentaires de qquns qui trouvent le film caricatural...à ceux là je leur demande simplement : où ils vivent, ce qu'ils font comme métier, où leurs enfants sont scolarisés........

"Je lis avec peine les commentaires de qquns qui trouvent le film caricatural...à ceux là je leur demande simplement : où ils vivent, ce qu'ils font comme métier, où leurs enfants sont scolarisés........" Si j'osais, je le leur demanderais aussi...

Bonsoir Esther L. Comme je crois que je suis visé par votre commentaire je vais essayer d'y répondre. Je voudrais d'abord dire, et ce n'est pas particulièrement contre vous, que je me méfie beaucoup de l'argument de la proximité géographique ou personnelle qui donnerait un point de vue juste. Pour prendre un exemple extrême, les Blancs du Sud des Etats-Unis ont longtemps expliqué aux belles âmes du Nord que eux "connaissaient" les Noirs du Sud pour avoir grandi et vécu dans leur proximité, ce qui n'empêchait pas une distance mentale et sociale immense; on pourrait prendre d'autres parallèles plus proches de nous, comme les colons qui sont ceux qui "connaissent" et "comprennent" les Arabes, etc.). Donc, les arguments biographiques sont davantage pour moi l'expression d'un point de vue, d'une expérience, que l'on peut partager ou pas, selon nos propres opinions. Mettre en avant sa "connaissance" d'une population avec laquelle on prend soin d'affirmer sa différence (ils sont l'objet de nos politiques, de nos métiers, de notre regard, mais rarement sujets de discours et ce ne sont pas eux ils me semble qui s'expriment sur ce blog) ne fait pas nécessairement avancer la connaissance des ces personnes mais renseigne davantage sur la relation qu'entretiennent avec elles ceux qui en parlent ou les montrent. Cela étant, pour répondre à votre interpellation, je suis enseignant et j'ai moi-même une expérience directe de ces banlieues, preofessionnelle et personnelle, sans y vivre; j'ai longtemps enseigné dans une université de la banlieue parisienne, dans une UFR au recrutement très local. Indépendamment des problèmes réels posés à l'école et à l'université par la démocratisation, je dois dire que je tiens pour un grand progrès et une réussite de notre système éducatif d'amener à l'université ces jeunes de milieux populaires qui sont la première génération de leur famille à faire des études supérieures. Et je pense que contrairement à ce que l'on entend beaucoup, l'école leur a beaucoup apporté. C'est aussi pour ça que je trouve ce film problématique car il suggère lourdement que l'école ne peut pas gérer ces publics stéréotypés (pour faire vite identifiés aux 2e ou 3e génération de l'immigration). Je vous (encore une fois cela n'est pas personnel, mais ce "vous" est adressé à ceux qui partagent votre position telle que je la comprends) retourne donc une question, que faut-il faire de ces enfants qui ne sont appréhendés qu'en tant que problèmes ? Est-ce que la plainte (sur nous, sur eux) est le bon registre ?

Je souscris entièrement au commentaire qui précède. Et osez poser la question: trois ans, récemment, comme parent d'élève ( et déléguée, donc un peu plus présente, d'autant que se menait un projet pédagogique ambitieux), dans un établissement stigmatisé. Avec oui, incidents à répétition, agressions, conflits communautaires à tous les étages ect. Avec des enseignants qui avaient choisi d'enseigner là - même si nombre d'entre eux, après défection du rectorat, ont jeté l'éponge et ont été affectés dans de "bons" établissements. Et d'autres qui se bornaient à faire leurs heures. Expérience minime, de courte durée ( oui, bon lycée, ensuite...) mais vivante, passionnante à bien des égards. Mais qui ne m'amène en rien à considérer que je détiens la vérité sur le sujet. Peut-être en effet ce film ne t'il rien apporté parce qu'il me parait dévitalisé en regard du réel. Mais l'appréciation était d'abord cinématographique.

"Mais l'appréciation était d'abord cinématographique." Vous touchez là, Dominique, un point capital. Il semble que sur ce fil, certains n'arrivent pas à différencier le problème traité de la manière dont il est traité. Or, quand on critique UN FILM, on s'attache essentiellement au second point, tout au plus se demande-t-on si la forme choisie était pertinente pour rendre bien compte du sujet. Il en est d'ailleurs de même en littérature, où certains ne s'attachent qu'à l'histoire, surtout quand le sujet est d'actualité...

"Il semble que sur ce fil, certains n'arrivent pas à différencier le problème traité de la manière dont il est traité." Même problème alors que pour "Entre les murs" ? (je n'ai pas vu ce film ci, pas eu "envie" au vu du révolver)

Oui, tout à fait. Je n'ai pas vu le film mais j'avais pu constater que dans le livre, Bégaudeau s'ingéniait à brouiller les pistes et faisait tout pour que la frontière entre réalité et fiction s'efface. Dans le film "La jupe", je ne pense pas que le réalisateur cherche à entretenir la confusion de manière délibérée, il me semble que cela tient seulement au sujet ...

Je dois avouer que j'ai été souvent irritée par le côté caricatural : les profs, la ministre, les parents, le chef des flics avec son oeil invraisemblable.... Mais aussi happée par l'interprétation des comédiens, les connus, mais aussi et surtout les jeunes. C'est comme s'il y avait deux niveaux dans ce film, l'un impeccable et tendu, l'autre flottant, et je partage les réserves qu'Emmanuelle a très bien formulées ainsi que les questions de Paul Schor.

On peut aussi lire l'interview de Jean-Paul Lillienfeld, qui éclaire certains points du débat : http://www.afrik.com/article16498.html

J'attends avec impatience que le film prenne l'affiche à Montréal.

J'espère qu'il réussira à la "prendre" pour de bon, l'affiche à Montréal. En France, pour la programmation en salles, le film a été refusé par les "majors" de la distribution, ce qui en fait presque une sortie à la sauvette. Le tout pour de mystérieuses raisons, car les justifications avancées par les distributeurs ne sont guère convaincantes. Donc, ouvrez l'oeil ! :-)

Onze mois plus tard, cinquième César pour Isabelle Adjani!

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