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Pacte 2012 pour la justice: danger
Le témoignage de Monsieur Joël Censier, au profit d'un Pacte 2012 pour la Justice circule dans les boîtes aux lettres électroniques. Cette démarche est dénoncée comme une manipulation. De nombreux articles de Médiapart établissent l'erreur du raisonnement tenu par Monsieur Censier et permettent de souligner la responsabilité du pouvoir actuel dans un phénomène que la vidéo tente d'entretenir.
La souffrance de la perte d'un enfant est respectable et ne se discute pas.
L'absence de réponse sociale adéquate mise en cause appelle cependant des observations.
La vidéo s'applique à dénoncer un dysfonctionnement de la justice. L'argumentation est parcellaire. Elle s'inspire de la communication présidentielle : l'injonction paradoxale.
Ce que dénonce le Pacte 2012 pour la justice par l'intermédiaire de Monsieur Censier vient d'un manque de moyens et d'effectifs, connu depuis des dizaines d'années pour avoir fait l'objet de plusieurs rapports officiels (par ex. : rapport François Terré au garde des Sceaux du 27 février 1987 - La documentation française isbn 2-11-0001832-1). Le Pacte 2012 pour la justice ne s'en émeut pas.
La problématique n'est donc pas exclusivement et principalement judiciaire. Elle est avant tout politique.
Le Pacte 2012 ne s'interroge pas sur la fait que les questions de Monsieur Censier puissent trouver leurs causes dans la volonté (de la dérive ?) du pouvoir exécutif actuel à soumettre l'autorité judiciaire à une action plus quantitative que qualitative. Cette volonté brutale de soumission s'opère également dans la police, au point de parvenir à soulever la colère mutuelle des magistrats et des policiers.
Force est de constater que la gestion de la justice par le pouvoir actuel aboutit à ce que le nombre de dossiers traités importe plus que la qualité des décisions judiciaires rendues, réduisant de plus en plus la justice à un rôle comptable et à celui de remplir les prisons, de façon critiquable (voir not. le rapport de l'observatoire des prisons). Le Pacte 2012 réclame par la voix de Monsieur Censier une augmentation des places de prisons.
La France, relativement à la population, compte trois fois moins de magistrats que l'Allemagne et deux fois moins que l'Italie (cf. Rapport de M. Terré - précité). La réforme de la carte judiciaire par Madame Dati et la suppression de tribunaux a été inspirée et conduite par l'idéologie d'une majorité à laquelle cette vidéo se rallie. Le Pacte 2012 pour la justice semble l'avoir oublié.
Assez étonnamment, le Pacte 2012 pour la justice ne réclame pas plus de moyens pour la justice, une réévaluation de l'aide judiciaire, l'élargissement de son assiette pour assurer véritablement le droit d'accès à un tribunal pour tous, ni l'amélioration des conditions de travail dans la police, dont la sinistralité par suicide est très élevée. La gestion critiquable de la police ne soulève pas non plus de remarque. Il y a pourtant matière à le faire.
Le propos de la vidéo est donc paradoxal, puisque le chagrin d'un père sert à revendiquer une plus grande soumission encore de la justice à un pouvoir exécutif dont les exigences - qui ne sont suivies d'aucun moyen - montrent qu'elles sont à l'origine des dysfonctionnements.
La majorité a réduit le nombre des policiers et des gendarmes, ce que Monsieur Censier n'ignore pas, puisqu'il précise être policier depuis 30 ans. Il connaît les dysfonctionnements de son institution dont le Pacte 2012 pour la justice ne tient pas compte.
Ce sous-effectif pèse plus surement dans la poursuite des infractions qu'une réforme du code de procédure pénale, dont la modification régulière fait bien plus penser à la gestion opportuniste d'un catalogue de vente par correspondance qu'au travail d'un législateur sérieux et responsable.
Cela fait cinq ans que l'UMP gouverne sans partage. Cela fait 10 ans que le président actuel mène une politique de sécurité dans le but de satisfaire l'attente des familles de victimes.
La vidéo exposant Monsieur Censier témoigne donc de l'échec du président et de sa majorité dont la politique a réduit la police à une image discriminatoire (*,*,*), inutilement répressive (*), illégale (*), bornée, violente. Le Pacte 2012 néglige d'aborder l'alternative pour prévenir cette dérive, quand un général de la gendarmerie expose ses doutes sur la politique actuelle.
Monsieur Censier n'évoque pas la dégradation des rapports entre la police et la population. Par son discours sécuritaire et stigamtisant, le pouvoir politique expose la vie de famille de ceux qui se donnent comme but de servir l'Etat et la collectivité.
La justice est la gardienne de la démocratie et des libertés. Les candidats doivent s'engager sur les moyens qu'ils comptent lui donner pour lui permettre d'oeuvrer efficacement.
Toutes mes très sincères condoléances à la famille Censier.


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"Agresseurs libérés" ?
J'avais posté le 15 novembre un billet sur ce sujet sensible : http://blogs.mediapart.fr/blog/sh/151111/affaire-babu-mort-dans-le-metro-en-octobre-2011-lagresseur-libere
Rappelez-vous en octobre, dans le métro parisien. Une agression et la mort d'un certain BABU (déplacement de Frédéric MITTERRAND, les médias qui jugent avant même que l'enquête ait commencé, etc.). Et bien, "l'agresseur" a été libéré après un mois de prison : http://www.francesoir.fr/actualite/justice/mort-babu-l-homme-qui-l-pousse-remis-en-liberte-157086.html?google_editors_picks=true pour de "bonnes" raisons ! Heureusement que la peine de mort est abolie en France, car nous aurions peut-être une victime d'erreur judiciaire dans cette affaire...
Et ce n'est pas en supprimant les tribunaux de proximité en France (comme le fait M SARKOZY) que la justice aura les moyens de bien travailler...
M SARKOZY aurait-il peur des juges... http://www.mediapart.fr/journal/france/020610/karachi-la-police-luxembourgeoise-met-en-cause-nicolas-sarkozy (affaire "attentat de Karachi") ?
@ SH
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Il y a un problème avec le lien de l'article de votre blog.
A lire sur le blog d'Eolas, une explication juridique, précise et argumentée: Attention manip : le "pacte 2012" de "l'Institut pour la Justice"
@ Npochez
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Merci pour cette précision.
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Je signale cet article par le deuxième lien (mots en gras) dans le premier paragraphe.
Qui précise que cet IPJ "n’est ni un Institut, ni pour la Justice, mais une simple association de 1901 essayant de promouvoir des thèses ultra-répressives sous un vernis pseudo-scientifique".
Que je sache, il n'est pas agréé ni par le ministère de la Justice ni par celui de l'éducation nationale. Il s'est auto institué pour la justice.
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Il suffit de voir la vidéo de Monsieur Censier pour remarquer que celle-ci ne débouche que sur une seule revendication : une augmentation des places de prison. Mis à part le rétablissement de la peine de mort, il n'y a rien de plus répressif que d'envisager l'enfermement de toujours plus de monde.
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Sur ce point, le reportage accessible en ligne "Prison Valley" semble illustrer assez bien ce que pourait donner l'aboutissement du discours de l'IPJ.