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Ferry : la transgression et l'absurde

Luc Ferry connaît un revers de fortune. Le philosophe apprécié des médias fait l'objet de révélations depuis son audace à parler sur Canal + de la pédophilie admise au sommet de l'Etat. Le philosophe fait la démonstration de l'absurdité dramatique de l'information.

L'apport essentiel de l'intervention de Luc Ferry réside dans son affirmation , es-qualité d'ancien membre du gouvernement se référant aux propos reçus d'un premier ministre - qu'un (autre) ministre de la République pédophile a bénéficié de la caution et de la mansuétude jusqu'au sommet de l'Etat, avec la collaboration de l'administration.

 

Le philosophe confirme une intuition sourde encline à faire à adhèrer l'opinion à ses protestations. L'audacieux, après avoir fait le bonheur d'annonceurs audiovisuels de publicités à péage, les voit s'abstenir de tout commentaire intéressant sur un crime grave.

Un autre ancien ministre qui dénonçait les turpitudes d'un (autre) ancien ministre juge inapproprié le comportement de Luc Ferry.

L'élite initiée invoque un carcan juridique la privant de liberté d'expression pour ne pas se prononcer. Elle laisse donc l'audacieux seul se débrouiller avec cette histoires de viol d'enfant.

La logique voudrait pourtant que soit les médias savent que c'est faux et le disent, soit que c'est vrai et le confirment.

Rien.

C'est donc ni faux, ni vrai.

Etonnant, non ?

 

Les médias préfèrent regarder ailleurs et exercer leur perspicacité sur les revenus du philosophe. Des révélations mettent en doute, maintenant seulement, sa probité sur des faits connus depuis plusieurs mois - comme si cela n'aurait pas pu faire déjà l'objet d'une communication témoignant ainsi de l'existence de cette fameuse mansuétude. La presse ne peut pas se limiter à n'être que l'outil de la gestion opportune des "boules puantes".

La gravité des faits dénoncés par Monsieur Ferry sont éclipsés par des informations sans aucune commune mesure.

L'importance donnée aux revenus du philosophe - qui ne sont pas irréguliers - est disproportionnée.

D'un point de vue purement moral, la nature des rétributions d'un particulier ne justifie pas d'oublier le viol ou l'abus sexuel commis sur enfant. Une infraction de cette gravité ne relève pas de la vie privée, au contraire des fiches de paye.

Ce glissement s'opère après la transgression sur un média public à une heure de grande écoute d'un tabou violant l'omerta républicaine qui, jusqu'alors, faisait passer ceux qui l'évoquaient pour des personnes peu crédibles.

C'est peut-être ce qui lui est reproché le plus.

Il a apporté la caution officielle d'un ancien ministre.

La notoriété de Luc Ferry est venue soudain confirmer des propos qui ne devaient, semble-t-il, jamais l'être.

La coïncidence amène l'intéressé à s'interroger, mais à tort surement, s'il n'y a pas de la vendetta dans l'air.

La Raison, éclairant le philosophe, le conduit à ne pas croire à "la théorie du complot".

Luc Ferry le dit d'ailleurs assez souvent. Il n'y croit pas.


L'opinion bercée dans l'illusion des affirmations du philosophe s'entend maintenant appelée par le même à chercher derrière les apparences la vérité qu'on lui cacherait.

 

Qu'en penser ?

L'actualité sur le philosophe fait qu'on ne parle plus de ce qu'il a dénoncé ; au grand désespoir des familles des victimes qui ont pu espérer, un moment, que la chappe de plomb qui couvre leurs souffrances soit enfin levée.

Le traitement de l'affaire Ferry montre combien ces familles sont reléguées dans l'indifférence.

Le lecteur s'interrogera peut-être à savoir si la cause réelle des révélations décrédibilisant Luc Ferry n'est pas à chercher au-delà de sa seule personne.

Les protestations du philosophe donnent à penser qu'il dénoncerait une stratégie visant à rétablir l'ordre des apparences, dont il s'accomodait pourtant jusqu'alors.

En disqualifiant le philosophe, les interrogations sur la pédophilie qu'il a réhabilitées se trouvent également disqualifiées ; replaçant ainsi ce comporterment dans son cadre et ses limites traditionnellement supposées et communément admises : la pédophilie comme l'inceste sont une conséquence de la misère sociale, réduite au fait divers. Une dégénérescence de pauvres. La presse n'avait pas pas pris beaucoup de précaution avec les inculpés d'Outreau.

En revanche, pour les classes supérieures, si le philosophe montre la Lune, la presse parle de son doigt.

Tous les commentaires

17/06/2011, 10:31 | Par Signé F

Ce que Luc ferry a fait sur le plateau de Canal+ n'est absolument pas le fruit du hasard.

Ce philosophe appartient à un appareil politique champion de France de la communication, c'est donc murement réfléchi, anticipé pour une exploitation maximum via les médias.

Effectivement Luc Ferry ne risque rien pour n'avoir pas dénoncé un crime, car il est couvert par la prescription de trois années (Rachida Dati a perdu une occasion de se taire sur BFM TV).

Effectivement les autres protagonistes ne risquent rien car le patron des RG affirme avoir prévenu ses autorités hiérarchiques en 2001...donc une prescription de dix ans possible.

Reste donc la rumeur, les "tout le monde savait"..si bien exploité sur l'affaire DSK par la presse (les francais ont acheté deux fois plus de "papier" sur cette affaire). Oui la presse ne regarde que son doigt jusqu'à se le mettre dans l'oeil.

Les blogs documentés, argumentés deviennent plus interessants que les articles de journalistes subordonnés à une rédaction, à un rédacteur en chef, à des intérets politiques, à des intérets financiers.

A bons lecteurs!

17/06/2011, 15:44 | Par POJ en réponse au commentaire de Signé F le 17/06/2011 à 10:31

@ F

Merci pour votre commentaire et permettez-moi d'y apporter des précisions :

Selon l'article 8 du code de procédure pénale, la prescription d'un agression sexuelle sur mineur court seulement à partir de la majorité de l'enfant. La prescription de ces infractions est de vingt ans. L'affaire n'est donc pas prescrite.

Monsieur Yves Bertrand était un fonctionnaire. Il était soumis à l'obligation de l'alinéa 2 de l'article 40 du code de procédure pénale. Cet article ne l'exonère de toute responsabilité qu'à la condition d'avoir informé les autorités judiciaires et transmis toutes les éléments en sa possession. La hiérarchie n'est pas visée dans ce texte. L'informer ne répond pas aux exigenves de la loi. C'est donc sans effet et inopérant.

Madame Dati n'est pas en mesure de faire la leçon à Monsieur Ferry en terme de rigueur dans l'action ministérielle. Il est raisonnable de penser, dans un gouvernement attaché à la poursuite des crimes et des délits, qu'elle ait été informée de ces faits qui intéressait plus son département ministériel que celui de l'éducation nationale.

La Cour de Strasbourg pose des obligations à l'adminsitration que l'actuel garde des Sceaux doit exécuter.

L'obligation de célérité implique l'obligation pour l'administration d'agir sur les situations dont elle a connaissance dès lors que celles-ci mettent en cause, même potentiellement, un droit de la Convention (8 avril 2010 req. N° 18705/06). L'administration doit veiller à ce que son inertie ne cause pas des atteintes aux droits reconnus, qu'une attitude diligente aurait permis d'éviter (23 septembre 1982 req. N° 7151 et 7152/75).

Elle sanctionne la passivité à laisser subir aux victimes une violence injuste, l'implication insuffisante des autorités dans la lutte contre un phénomène de société funeste (CEDH 9 juin 2009 req. N°33401/02). L'Etat doit se montrer respectueux des individus dont les intérêts sont en jeu (CEDH 24 février 1995 req. N°16424/90). La Cour étend le souci d'un Etat démocratique à préserver l'individu des violences et elle sanctionne « les autorités qui n'ont pas accordé une attention suffisante à la santé de l'intéressé » (CEDH Saoud c. France 9 octobre 2007 req. 9375/02).

L'administration ne doit pas être désinvolte et manifester une préoccupation authentique (CEDH 8 Avril 2010 req. N°18705/06). La Cour interprète largement l'article 8 de la Convention en reconnaissant un droit à ne pas subir de nuisances excessives (CEDH Grande Chambre 8 juillet 2003 req. 36022/97) s'appréciant par un contrôle du comportement de l'Etat.

La Cour européenne des droits de l'homme juge qu'une juridiction nationale confrontée à une jurisprudence européenne « applique directement la Convention et la jurisprudence de la Cour. » (CEDH Affaire Verein gegen Tierfabriken Schweiz c. Suisse 4 octobre 2007 § 55).

L'Assemblée plénière de la Cour de cassation a jugé que “les Etats adhérents à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, sans attendre d’être attaqués devant elle ni d’avoir modifié leur législation”. Cet arrêt N°10.30313 reprend mot pour mot une décision de la Cour de Strasbourg : " les Etats conservant dans leur ordre juridique respectif une ou des normes nationales similaires à celles déjà déclarées contraires à la Convention sont tenus de respecter la jurisprudence de la Cour sans attendre d'être attaqués devant elle " (Modinos c. Chypre Requête n°15070/89).

Monsieur le garde des Sceaux a donc affaire et l'article 30 du code de procédure pénale lui en donne le pouvoir. Son inaction serait un déni de justice en considération de la jurisprudence du Comité des droits de l'homme de Genève.

Maître Jean Chevais, avocat de l'association marocaine Touche pas à mon enfant, a porté plainte contre X à Paris pour "exploitation sexuelle de mineurs" et "non-dénonciation ".

 

En cas de classement sans suite ou faute de réponse dans le délai de trois mois prévu par le code de procédure pénale (art. 85 du CPP) à la plainte déposée auprès du parquet compétent, il suffit de se constituer partie civile auprès du juge d’instruction local pour provoquer l’ouverture d’une information. Il est alors possible de demander le dépaysement du dossier à la Cour de cassation (art. 665 alinéa 2 alinéa du CPP).

Le comité des droits de l'homme accueille les recours individuels après épuisement des voies de recours internes.

Reste que le droit français ne prohibe pas les relations sexuelles d'un adulte avec un mineur. Il ne sanctionne que celles qui sont imposées aux mineurs de quinze ans (Art. 222-29 du code pénal). Il est dès lors possible à l'adulte d'invoquer le consentement de la victime, sauf s'il est un ascendant ou a autorité sur l'enfant (enseignant). La réponse du parquet et la suite qu'il donnera à l'enquête dira si, selon la justice, un ministre a un ascendant ou pas sur un enfant. La négative serait étonnante en considération de celui qu'il revendique à l'égard des citoyens.

Nb : le propos s'atttache à s'interroger avant tout sur l'absence de sens critique - s'apparentant en l'espèce à de l'inertie criminelle - de la haute adminsitration de l'Etat et l'inexistence d'enquête sérieuse d'une presse sur un fait de société très grave. Le Maroc se retrouve encore cité au gré d'une actualité judiciaire peu reluisante. Il faut plaindre les Marocains.

17/06/2011, 16:22 | Par Signé F en réponse au commentaire de POJ le 17/06/2011 à 15:44

Mais non seulement je vous permets POJ... le mot "possible" que j'ai utilisé vous y invitait! Je me réjouis de votre précision..que j'espérai bien motivée et vous connaissant elle l'est! A mon tour de vous remercier pour la qualité de votre réponse et le temps que vous y avez consacré (tout y est, y compris les liens vers legifrance)!

Restera à identifier l'enfant (son age aussi au moment des faits +/- 15 ans), la nature de la relation consentie ou non..et qu'il porte plainte (avant et après sa majorité), que les faits soient avérés...ce qui restera discutable sur le plan strictement du droit et de la forme. Vous n'êtes pas sans ignorer que sur la forme, il faut rapporter un certain nombre d'éléments médicaux légaux... un vrai "parcours du combattant" pour faire valoir des droits irréfutables. Les agressions sexuelles nécessitent des traces physiques pour commencer à évoquer une réalité des faits...c’est le paradoxe, sans témoins, il est nécessaire d’établir des traces de violence et donc des dégâts physiques pour pouvoir évoquer des dégats psychiques.

Certains peuvent se guérir avec de simples pansements alors que d'autres ne cicatrisent jamais.

La justice en France est un vaste débat... Saint Louis la rendait sous un chêne, parait il..si seulement tout le monde pouvait s'impirer de Saint Louis et non pas du chêne.

17/06/2011, 16:25 | Par POJ en réponse au commentaire de Signé F le 17/06/2011 à 16:22

Même si le Chène a fait beaucoup de fruits, l'avenir appartient aux enfants. Je souhaite que ces quelques lignes éclairent utilement ceux qui veulent agir pour eux.

17/06/2011, 16:52 | Par Signé F en réponse au commentaire de POJ le 17/06/2011 à 16:25

Nous avons tous un avenir...il nous appartient encore, vous agissez, je fais de même..nous avons tous un comportement de citoyen..nous engageons le débat, portons les idées...nous enfants seront adolescents, puis adultes et matures..ils seront participants du débat...voila le sens de la vie. Je ne souhaite assister personne...seulement créer la réflexion, le débat..la motivation pour engager l'action.

17/06/2011, 13:41 | Par Art Monica

Je partage votre étonnement, POJ.

Que Luc Ferry devienne l'arrosé après avoir amorcé l'arrosage sur une affaire très borderline, voir outline, peut nous laisser perplexes.

17/06/2011, 14:10 | Par POJ en réponse au commentaire de Art Monica le 17/06/2011 à 13:41

@ Art Monica.

Comme je le précise dans le commentaire précédent, cette affaire montre une faillite grave des institutions et une grande confusion des autorités vis-à-vis de leurs obligations et du droit.

Où sont passées les " autorités morales " qui nous rebattent les oreilles sur les abus dans le Tiers Monde ? Elles sont étrangement silencieuses à propos de la violation des droits de l'homme quand celle-ci trouve son origine en France.

17/06/2011, 17:13 | Par peut-etre en réponse au commentaire de POJ le 17/06/2011 à 14:10

MERCI de ces commentaires qui me raccommodent un peu avec une certaine humanite !! merci a JEAN PIERRE MOCKY

18/06/2011, 16:31 | Par peut-etre en réponse au commentaire de peut-etre le 17/06/2011 à 17:13

merci encore POJ ,,!!j,ai une amie a qui c,est arrive, sa petite fille de 6 ans ,, je vous laisse imaginer!!

17/06/2011, 17:39 | Par Arpège

Excellent billet et très juste prise de position.

17/06/2011, 18:32 | Par Arielle

Très juste prise de position effectivement .

16/08/2011, 17:25 | Par Véronique HURTADO

Ah je me disais aussi : POJ est en vacances !

Non, heureusement pour le peuple français.

Merci pour cet article qui va me permettre de formuler une bête interrogation. Donc je rajoute la mention fatidique, à défaut d'être toujours salvatrice, "message syndical"... Car le devoir de réserve est devenu le devoir de se taire, alinea 2 ou pas de l'article 40 du CPP.

Ouvrons le tir : ou le bal des faux-culs !

Imaginez un pays dont la police, gendarmerie, etc., ne disposent pas d'une vraie traçabilité sur les disparitions inquiétantes de personnes. Pas de recensement national ! Des fugues de mineurs à peine traitées lorsqu'il s'agit d'adolescents en rupture de liens familiaux, à charge du Conseil Général... Ca va, ça vient ! C'est comme les oiseaux migrateurs, ça voyage cette nouvelle espèce de la race humaine, jeunes sans avenir et sans foyers...

Quel rapport avec la pédophilie ? Oh très peu ! Parlons pédopornographie, prostitution des mineurs, et pire, maltraitance pour les non-consentants, suivis de viols... ou encore pire. La mort dans la rue. "Ca y est ! Elle va nous la jouer, théorie du complot !" Non, plutôt indifférence totale et "toy-boys" pour certains notables en mal d'émotions fortes.

Mais bon, les enfants des rues, les gosses des foyers, c'est sale, c'est dé-virginisé, à peine ont-ils l'âge de marcher ! Certains veulent de la chair fraîche, de la "vierge"... L'innocence d'un(e) enfant enlevé(e) au coin d'une rue, d'un(e) adolescent(e), proie idéale pour un prédateur prétendument isolé, rarement retrouvé, grande spécialité française et belge ! Marie-Jeanne, c'est qui ? Exemple étrange d'un raté... Monstrueux ! Un feu qui brûle pendant deux nuits et des appels au 17, pour rien.

Bon, on déclare la fugue. Ou la disparition inquiétante d'une personne majeure. Que les Français sachent que, selon les termes de la loi française, une fugue de mineur est FORCEMENT inquiétante. Ce qui n'est pas concrétement perçu lors de la déclaration d'une fugue. Loin s'en faut ! Les procédures sont laissées à l'appréciation des fonctionnaires, diffusion locale ou nationale, prise de l'audition du déclarant ou pas... Ou a minima, remplissage d'un imprimé succinct, ex-voto jeté dans une mare de papiers, en priant le ciel qu'on retrouve votre gamin(e).

La presse belge a donné un exemple intéressant du suivi des fugues de mineurs en France. Un jeune mineur belge, treize ans, a été retrouvé volant un sachet de chips en France. Comparution immédiate ! Il a été envoyé en centre de rétention. Voyou, bien fait ! Quelle idée d'avoir faim quand on est à la rue ! Normal, dira l'exemplaire citoyen français qui n'a jamais tenté de voler le fisc et règle rubis sur ongles ses contraventions. C'est par voie de presse que la mère et les autorités belges ont été informés que la police française avait arrêté le fugueur de 13 ans. Un hasard ! Heureux, soit. Mais bon, je ne souhaite à personne en France d'avoir à faire rechercher sa fille ou son fils. Même retrouvé(e), pas sûr(e) que la maman ou le papa en soient informés. Lol. Alors, dans le cas contraire ?

Fichier non mis à jour. Pire que le STIC. Cadavres non identifiés, pas de recherches ADN. Trop coûteux ! Vite enterrés, les recherches comme le cadavre.

Rappelez-moi : nous sommes au... XXIème siècle ? Le siècle de la police scientifique où pour retrouver les voleurs d'un scooter on procède au prélèvement des traces ADN ? Fichtre, on est riches, dans la police nationale ! Des collègues relèguent de plus en plus ce travail "passionnant" de suivi des disparitions inquiétantes de personnes à des ADS, Adjoints de Sécurité, jeunes contractuels de la police nationale. Parce qu'il faut être jeunes, pour être contractuels et précarisés. C'est logique : plus on est vieux, plus on a d'avenir professionnel. L'avenir aujourd'hui appartient aux vieux. Qui vont vivre longtemps. Les jeunes mourront plus tôt. Pas de retraite ! Que d'économies en perspective ! Mais les jeunes iront manifester dans la rue pour la retraite des vieux policiers, ces policiers titulaires qui ont signé des protocoles pour des réformes de corps et carrières mirobolantes, pour eux, les vieux, acceptant en échange l'arrêt des recrutements de policiers titulaires ! Ils ne s'en vantent pas, les syndicats corporatistes majoritaires de la police nationale.

Revenons à nos disparitions inquiétantes de personnes, filons en or pour les pédophiles amateurs de jeune chair, ou filons en or pour journalistes amateurs de faits divers scabreux, en cas de drames ET de découverte d'un cadavre identifié !

Donc des policiers s'activent (hi, hi, hi !) à la recherche de votre cher(e) disparu(e), la chair de votre chair. Ne soyons pas pessimistes, certains le font réellement et bien ! La direction centrale de la police judiciaire tente de faire évoluer les pratiques. Une disparition, c'est quoi ? Un vol avec auteur ? Une violence sur personne avec auteur ? Non. Bon, alors, mathématiquement, pourquoi voulez-vous que ça intéresse la hiérarchie policière ? Mathématiquement = statistiquement : Constaté-élucidé = NEANT.

En cas de drame ? Voyons, rappelez-vous, même vous êtes incapable de me donner le nom du dernier mineur fugueur qui a disparu et fait la une de nos médias. Donc que peut craindre un policier qui n'aurait pas retrouvé un mineur en fugue ? Quelques lignes pour un fait divers aussitôt lu, aussitôt oublié ? Le temps de s'apitoyer devant son café du matin : "Quelle honte !"

CA N'INTERESSE PERSONNE. La vie humaine dans notre société, aujourd'hui, même celle d'un enfant, ne vaut rien. Ah, par contre !, la BMW ou Mercedes ou que sais-je encore, du PDG de l'entreprise nationale ou pire multinationale Machinchouette, là, c'est comme le scooter ! De toute façon, tout est prévu : puce cachée dans la carrosserie, fichier des cartes grises qui va même être uniformisé au niveau européen, assurances en branle-bas de combat et sur le pied de guerre !!!!!! C'est que ça coûte cher, de rembourser le prix d'une voiture volée de haute catégorie sociale !

Un gosse qui fugue... Ca coûte combien ? Comparons la carrière d'un policier qui assiste les victimes à celles des policiers qui font gonfler les statistiques. Le jackpot revient à la police aux frontières pour son loto gagnant chaque année. Le policier qui va retrouver la "prunelle de vos yeux", votre enfant chéri(e)... et qui travaille en Sécurité Publique, question progression de carrière : que dal ! Il faut reconnaître que ce n'est pas très motivant. Question primes : pas de primes au mérite collective, quelques primes au mérite individuelles, de la poussière d'étoiles, à comparer avec les primes données aux fonctionnaires qui "ramènent du crâne" (sic) ! les fonctionnaires de la police aux frontières.

Pour les policiers qui répondent au 17, "police-secours"... Une ligne en voi(x)e d'extinction : Police-secours ! En fait, certains politiques préféreraient que les citoyens s'écrient : "La police, au secours !" pleins de terreur devant l'uniforme ! Ca c'est du respect ! La peur de l'uniforme ! Comme les chiens. A coups de pieds et de baïonnettes ! Le peuple plie. Roseaux ou chênes ?

Donc revenons à nos pédophiles. Il faut admettre que dans ces conditions, l'exercice de ce "vice" ne peut être qu'encouragé. La manière dont les politiques français semblent considérer la vie ou l'errance ou l'absence de nos cheres têtes blondes ou brunes ne gêne personne. Ni vous non plus. Sauf POJ qui s'interroge.

Imaginons un pays où un enfant ne peut pas être maltraité sans que la victime et l'auteur soient fichés au plan national, un pays où le secret professionnel soit OBLIGATOIREMENT levé, pour le corps médical comme pour les intervenants sociaux ? Ségolène ROYAL en avait rêvé. Elle avait commencé à travailler sur la levée systématique du secret professionnel en cas de maltraitance et/ou d'inceste. Le fameux partage du secret professionnel ! C'est devenu quoi ? Un fichier ou pas, géré par les Conseils Généraux, ce qui permet aux auteurs de changer de département pour n'avoir pas de comptes à rendre à la Justice et éviter le signalement de l'enfant en danger, cas EXTREME. Car le médecin et l'assistante sociale restent libres de "trahir" la "vie privée" des familles ou pas. Le plus souvent, c'est "pas". La pédophilie, l'inceste ou la maltraitance sont des formes d'affection culturelles différentes des nôtres, je vous l'accorde, de là à les criminaliser systématiquement ! Evitons de tout judiciariser ! Ca relève du strict domaine de la vie privée. Mais protégeons nos BMW !

Alors un ministre qui va se détendre avec des petits Marocains ? C'est vrai, quoi ! POJ, c'est sa vie privée au ministre ! Un peu de décence... Franchement, déjà que nos enfants ne nous intéressent pas et qu'ils peuvent disparaître sans laisser de traces, pourquoi irait-on s'intéresser à des enfants marocains ? Ah bon, il faudrait être choqué(e) parce qu'un ministre est pédophile. Eh bien, voilà ! Quand je vous parlais de différence culturelle ! Quelle misère tant d'ignorance ...

Alors pour nos enfants français disparus, maltraités, victimes d'inceste ou d'actes de pédophilie et/ou de barbarie, on fait quoi ? Bande d'hypocrites ! M'sieur, je voudrais juste avoir chaque année le nombre de mineurs disparus, et JAMAIS retrouvés. Itou pour les disparitions inquiétantes de personnes majeures. Ca changerait du chiffre des reconduites à la frontière. Un chiffre sur les reconduites de disparus aux familles en souffrance... Et une p'tite, toute t'ite récompense pour les collègues policiers, gendarmes qui se dévouent, car c'est du dévouement aujourd'hui !, pour nos cher(e)s têtes blondes, brunes ou noires. L'assistance aux victimes, c'est aussi être policier ! Protéger les vies ! Et dénoncer les crimes. Même de pédophilie. Même ceux d'un ministre. Ah c'est vrai ! Il y a le trop fameux fumeux devoir de réserve. "Tonton, pourquoi tu tousses ?" Voyons si l'écran de fumée du devoir de réserve va faire disparaître le débat très sensible en France et en Belgique sur ce sujet poignant, la pédophilie et ses puissants protecteurs... On parle quand même d'esclavage sexuel et parfois de mise à mort d'ENFANTS. L'argent n'est pas pour eux. L'argent va à l'argent, comme le sang draine la mort dans nos veines. Un jour, c'est la dernière heure, la "ultima hora".

Bravo, POJ !

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