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14 juillet, mon oeil

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Le 14 juillet est un mythe, comme beaucoup d'autres, que la France d'en haut s'est fabriquée.

La prise de la Bastille a été une opération immobilière du "citoyen" Palloy, lequel avait déjà racheté le bâtiment que l'Etat tardait à lui livrer (une exposition existait autrefois sur le sujet au musée du Parc de Sceaux). Les Français commémorent donc un promoteur immobilier. C'est comme s'ils célèbraient aujourd'hui le Minorange ou Bouygues.

Il n'y avait presque personne à libérer.

"À la Bastille, on libère les détenus au prix d'une légère déception car il ne s'agit que de sept personnages de minable envergure (escrocs, faussaires, délinquant sexuel...). Au demeurant, les émeutiers sont surpris de découvrir des chambres spacieuses et d'un grand confort, à l'opposé des cellules de torture que décrivaient complaisamment dans leurs brochures les intellectuels poudrés qui avaient eu, comme Voltaire ou le marquis de Sade, l'occasion de séjourner à la Bastille." (source Hérodote)

Les lettres de cachet (et les lettres patentes) existent toujours. On les appellent aujourd'hui des "Arrêtés".

La lettre de cachet est un acte administratif fermé n'intéressant que son seul destinataire. Le droit moderne parle d'arrêté individuel et a perpétué la pratique. Pour exemple, la décision préfectorale d'une hospitalisation d'office est un arrêté individuel, une lettre de cachet.

La démolition de la Bastille commença dès le 15 juillet et fit la fortune de Palloy, comme le trafic des biens nationaux a fait celle des "200 familles" qui, en dépossédant les aristocrates et l'Eglise, ont prétendu le faire pour le bien du Peuple et se rassurent d'y être bien parvenus lors de happening pour happy few.

Cessez de gauberger l'opinion, s'il-vous-plaît, avec cette révolution et ces Lumières, qui sont de la propagande et de l'idéologie bourgeoises. La Révolution a été libérale (cf. le régime du droit des contrats : "loi des parties". La situation des ouvriers soumis à un passeport appelé le "livret ouvrier").

Le 14 juillet célèbre ce que Jacques Ellul appelait le "régime des notables".

La révolution n'a donc pas changé grand chose pour les Français.

Les bourgeois ont remplacé les artistocrates, avec le succès que l'on connaît après deux guerres mondiales, auxquelles ils ont largement contribué en soutenant les nationalismes et les fascisme de tous poils, dans l'idée de faire encore plus de bénéfices (cf. les usines Ford en Allemagne nazie).

Ce n'est d'ailleurs que depuis 1880, la république des Jules, que l'on fête la prise de la Bastille. Le 14 juillet 1790 était, à l'origine, la fête de la Fédération, pour célébrer l'unité et la réconciliation de tous les Français. La III° République s'étant construite sur l'abandon et la trahison, il valait mieux changer de prétexte.

Ceux voulant parler au nom du peuple doivent se rappeler la Commune de Paris massacrée par cette république bourgeoise, qui a pactisé avec l'ennemi sur le dos du peuple, accepté d'abandonner l'Alsace-Lorraine - malgré la protestation de Léon Gambetta et autres députés alaciens et mosellans - après avoir envoyé la France au casse-pipes, sous couvert d'empire, avec la complicité active de la presse, notamment de l'agence Havas. Ils referont le même bidonnage en 1914.

Ce débat sur le 14 juillet est donc indécent. Il l'est d'autant plus qu'il se tient quand des soldats tombent pour des raisons dont bien peu s'interrogent sur la pertinence de ces sacrifices à la défense des intérêts stratégiques de la France. L'actualité a rappelé le sang inutile que le gouvernement a sur les mains.

Il s'agit d'enfants du peuple, d'un jour de deuil dans de nombreuses familles. Ce sont toujours les mêmes qu'on envoie et qu'on enterre, comme Boris Vian le chante dans "Le Déserteur". Le premier des ministres aurait du adopter un ton plus circonspect et les opposants ne pas sombrer dans l'hagiographie bourgeoise et le mythe révolutionnaire.

Des gens bien nourris qui manquent d'éducation ont la prétention de diriger la France. Des bourgeois, comme Flaubert les aime : " J'appelle bourgeois tout ce qui pense bassement "

nb : les caractères gras sont des liens actifs.

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et les opposants ne pas sombrer dans l'hagiographie bourgeoise et le mythe révolutionnaire.

Malheureusement, "l'opposition", qui n'en a plus que le nom, vidé de sens, est elle-même composée de "bourgeois", y compris au sens de Flaubert. Il suffit de regarder la composition (pour ne pas dire dé-composition) de l'assemblée nationale et du sénat. Quant à Maxime Gremetz (député récemment démissionnaire) réputé comme seul député "ouvrier", sa biographie prèterait à rire si ce n'était aussi triste. Du point de vue "ouvrier"...

Mon oeil a été attiré par 14 juillet, mon oeil...

...et si je ne connais pas assez l'histoire pour pouvoir juger de la pertinence de ce billet, j'aurais grande tendance à vous faire confiance...

...surtout lorsque l'on parle si bien des bourgeois...

Sauf que l'aspiration des ouvriers est d'être bourgeois!

Et celle de presque tout le monde c'est d'être riche et en bonne santé!

Beaucoup d'appelés, peu d'élus, mais qu'importe, et en attendant allons donner 21 milliard d'euros à la Française des jeux....

Bon je sors, mais avec le déluge d'idéal de ce week-end, il fallait que je rappelle le principe de réalité.

Moi je ne suis pas bourgeoise, mais aristo... Ca change tout ! RireClin d'oeil

Très intéressante votre analyse sur la réalité de la prise de la Bastille...

Je vous fais confiance.

C'est dit aussi, ici !

"Du travail créant du plaisir et pouvoir en changer, étudier avec un salaire décent, ne pas être riche, pas emm... par l'argent et son cortège d'égoïsme".

Vous représentez la lucidité encore intacte mais qui commence à faire sérieusement défaut chez de nombreuses personnes affolées par les lendemains. Je songe à certains trentenaires désireux de changer mais trop englués entre leurs crédits en cours et la notion de sécurité de l'emploi (quand ils en ont un à peu près tenable). Ils hésitent, accrochés au bouclage de fin de mois, dans la hantise de l'avenir si jamais ils se retrouvent endettés... C'est le monde à l'envers à présent, il faut souvent changer de mode de vie professionnelle passé 50 ans parce qu'on est viré alors qu'on voudrait davantage de stabilité.

Bonsoir, Chris 43, je suis une prolo, et je ne rêve pas d'être une bourgeoise, ce que je veux c'est ne pas être privé d'emploi. Et mon rêve c'est que chacun ait un travail créant du plaisir, pouvoir en changer aussi, comme dans les pays du Nord aux choix et étudier avec un salaire décent. je ne veux surtout pas être riche, pas être emm.... par l'argent et son cortège d'égoisme. Bref il y a encore d'autres rêves que l'argent amicalement Margot

Marguerite,

Puisque vous prenez la peine de répondre à mon commentaire d'humeur, je vais prendre la même peine pour vous répondre.

D'abord, il faudrait définir ce qu'est un "bourgeois".

Ensuite il faudrait éviter les généralisations en définissant pour chacun quels sont les obstacles à l'accomplissement de ce rêve, qui est probablement le rêve de tout le monde.

On découvrirait que le sytème social n'a peut-être pas l'importance qu'on lui accorde.

UN exemple: j'ai vécu dans un milieu international aux Pays-Bas (privilégié selon certains, ce qui se discute). Mes enfants ont fréquenté le Lycée Français de La Haye: petites classes, mileu social homogènes international: résultat 95% de réussite au Bac mais, quand on regarde le parcours post-bac de ces élèves, on est frappé par l'échec d'un grand nombre: petits boulots, ou boulots "alimentaires".

Comme disait mon grand-père: "c'est parce que les patates sont venues avant le cochon". Effectivement ces, enfants ont "tout" eu (matériellement) pendant leur enfance, sauf un désir d'avenir, un projet de vie.

Il ont été "poussés" pour le bac, puis lâchés à eux-même il n'ont pu répondre à la question "qu'est-ce je veux faire de ma vie?"

Ayant fait du recrutement d'ingénieurs, j'ai été frappé lors des entrevues par le faible nombre de candidats qui étaient motivés positifs (je voulais faire...), mais au contraire étaient motivés négatifs (je ne voulais pas faire...)

Un sacré handicap pour la vie professionnelle....

Quand ont voit le nombre d'abandons de scolarité, ou de scolarités terminées "sous contraintes", le "c'est la faute à la société, le capitalisme etc..." est une mauvaise réponse à un problème mal posé.

Cordialement

 

Bravo !!

GS

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