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Billet de blog 17 septembre 2010

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"Derrière chaque menteur se cache un voleur"

Ainsi parlait la maman de Ray Charles. Le président accable Viviane Reding d'avoir dit des choses sensées et s'attribue faussement un soutien allemand accompagné d'un rire stupéfiant (voir la vidéo).

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Ainsi parlait la maman de Ray Charles. Le président accable Viviane Reding d'avoir dit des choses sensées et s'attribue faussement un soutien allemand accompagné d'un rire stupéfiant (voir la vidéo).

Viviane Reding n'a pas menti, elle. Elle n'a pas dit que la majorité est nazie. Elle n'a pas parlé de la Shoah. Elle a seulement évoqué la discrimination et le déplacement forcé de populations. Ce sont des faits objectifs constatés en France à propos des Roms. Une majorité de Français lui donnerait d'ailleurs raison.

Comment s'émouvoir de la dénonciation d'actes contraires à la prohibition de la discrimination, inscrite dans la Charte des Droits fondamentaux ayant force obligatoire depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne ? Qui donc, en France, s'était fait l'ardent promoteur de ce texte pour l'avoir oublié si rapidement ? La lecture des explications de la Charte l'éclairera sur sa méprise, notamment l'article 19 § 1 et l'article 21.

Comment dès lors vouloir faire croire que la France respecte le droit de l'Union ?

C'est d'autant plus indigne que la majorité oublie que les juifs, avant de subir l'extermination, ont subi la discrimination, y compris en France, où ils furent parqués dans des camps et gardés par des Français, comme à Gurs. Les juifs n'ont pas été les seuls à souffrir d'une telle attention inaugurée à l'égard des Tsiganes en 1915. Certains de ces camps connaîtront une prospérité historique jusque dans les annés 70 et fermeront après la "libération" des derniers Harkis.

Où est donc le sens du "devoir de mémoire" dans ces conditions ? Et la lettre de Guy Môquet ? Est-ce comme le traité de Lisbonne ? Aussi vite oublié que le discours est fini ?

L'émotion nationale, européenne et mondiale naît du constat que des membres du gouvernement et de l'UMP reproduisent les caractéristiques comportementales qu'Hannah Arendt avait relevé pour expliquer la banalité du mal.

A l'indignation que suscite une telle faiblesse intellectuelle, la majorité répond par la stigmatisation de l'altérité pour satisfaire et rassurer les égoïsmes de ceux qui la finance, lesquels préfèrent dilapider des fortunes et favoriser le trafic d'influence que de payer des impôts pour assurer la pérennité des régimes sociaux.

Où est le sens politique, l'intêrêt général, la sincérité de gens sans fierté préférant mendier aux riches l'argent d'une réélection plutôt que de le verser à la caisse commune pour le bien être général ?

Jean François Coppé raille les députés européens français ayant voté la résolution du Parlement critiquant la France, qualifiant l'indignation civique de "technique gauchiste". Le hasard de la naissance donne la chance de naître Français. Mais on le reste ou le devient par son attachement aux valeurs et principes fondamentaux, et non par l'obséquiosité. L'esprit français est d'avoir la prétention d'incarner la France et son idéal plutôt que des ambitions personnelles.

Cette prétention à la générosité et cette capacité d'indignation à dénoncer l'injustice caractérisent le Français. La France n'est donc plus la France quand elle produit de l'injustice.

Il est dès lors normal qu'un Français, dans une enceinte internationale, réagissant en Français ne recule pas devant l'épreuve pour défendre son idéal.

Certains sont partis à Londres. Il serait mesquin de s'en prendre à ceux qui résistent seulement depuis Strasbourg (un peu plus loin que Meaux quand on sort de Paris par l'est).

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