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May

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La tempête Xyntia, une conjonction d’événements exceptionnels ?

PluiePluie© Pol

Une Alerte rouge (probablement inutile) sur une bonne partie du territoire Français, puis un grand coup de vent, résultat : 51 morts, et huit disparus (à l’heure où j’écris ces lignes) des dégâts considérables, une remise en cause de l’habitat côtier, une occasion manquée de faire de la prévention.Hier soir au JT de France 2, pas une seule fois, la formule dérèglement climatique n’a été prononcé. Philippe De Villiers, lunette noire, dans la nuit, voix cassé, joue, pour son compte, un beau moment de spectacle télévisé, il interprètele rôle d’un homme raisonnable et ému : l’État, les météorologues, les sauveteurs tout le monde a fait sont boulot, nous avons vécu un événement exceptionnel qui n’arrive que tous les cents ans, il faudra – plus tard – revoir le mode de répartition des zones de construction sur les côtes, mais le moment n’est pas à la polémique… Le mot fatalité n’est pas prononcé, mais en fait tout le discours du JT tourne autour de cette idée: On ne pouvait pas prévoir que cela irait jusque-là. C’est évidemment faux. Pour ce qui est de la seule Vendée, un rapport de 2008 a désigné les lieux de la catastrophe, comme le maillon faible de la côte où les digues édifiées, depuis Napoléon, correspondent à une conception du dix-neuvième siècle de la nature.

Pourtant au JT, il y a comme un consensus, une mise en scène réglée entre les commentaires des sujets proposés et les interviews.Pas de complot, la simple imbécile prudence, des journalistes, un tas de petites raisons crasseuses ? Imaginez que cet événement puisse profiter à Europe-Écologie ?À propos, dans l’hélicoptère du Président de la République, avec le visage aussi grave que pendant sa visite en Haïti, au Rwanda, il y avait Jean-Louis Borloo. Pas d’interview de notre Ministre d’État, pas même d’allusion dans le commentaire, est-il venu en ami ? Ou y-a-t-il un rapport entre Xyntia et la question écolo? Comme s’il y avait un tabou à prendre de la hauteur, et à convoquer des commentaires d’hélicoptères à la Yann Arhus Bertrand ? Pas de commentaire de Corinne Lepage,ou d’un scientifique du G.I.E.C. Non! Des explications techniques qui se veulent scientifiques, la froide science pratique objective et loin des idéologies. Le dérèglement climatique reste refoulé à la frontière des explications, dans un inconscient collectif qui doit resté silencieux. Pour chacun, s’impose alors, comme à chaque fois, le même récit de désarroi, de souffrance, d’incompréhension, cette histoire de victimes racontée tout les soirs à 20h. C'est seulement plus juteux, parce que c'est en France. Le journal télévisé fabrique du non-dit, du déni, du mensonge : on ne pouvait pas prévoir parce qu’il y a quatre phénomènes indépendants qui ont fonctionnées en même temps. Ce matin à France Culture, une journaliste parlait d’une description de la tempête dans une brochure régionale de la sécurité civile où tout était annoncée, prévue, avec les mêmes lieux, les mêmes phénomènes soit disant indépendants. C'est donc seulement dans la tête de certains journalistes de télévision que les grandes marées, la pluie, le vent,les basses pressions sont des éléments discociables et impossible à renontrés dans une même séquence… Pour eux, une tempête qui associerait du vent et de la pluie avec une marée exceptionnelle ce serait innimaginable? Seraient-ils aussi bêtes?

David Puchadas a encore sciemment perdu une occasion de faire son métier de journaliste, qui rappelons-le est une mission de service public, à son échelle. À moins de dire que justement son métier consiste à trouver la meilleure manière de comment faire taire les infos. Il avait ce soir-là l’occasion rêvée de brilller avec une explication pédagogique et scientifique. Nous aurions pu entendre : "Chers amis téléspectateurs, voici donc comme en 1999, l’exemple type d’un événement climatique extrême comme nous allons en voir se multiplier dans les années qui viennent. Voici comment la mer va grignoter la côte… La mer montant de 3mm, c’est une vision de statisticien . Le dérèglement climatique, lui, ne se manifeste pas seulement lentement, petit à petit, par l’invasion presque invisible, par exemple, des insectes africains en Europe. Non, le dérèglement climatique s’extériorise aussi comme cette tempête Xyntia. Les événements climatiques extrêmes fonctionnent ainsi comme des conjonctions de phénomènes dont la violence n’aura jamais été vu et qui vont s’accroître dans l’avenir prochain !

Sur Europe 1, le lundi 1 mars, Ségolène Royal laisse couler une parole qui se veut responsable. Elle parle du Rassemblement au de-là, des clivages politiques,et de courage. Personne ne pouvait prévoir la concomitance des trois phénomènes météo est exceptionnelles. Pas une feuille de cigarette ne la sépare du discours de notre grand Ministre de l’intérieur Brice Hortefeux. Ségolène, Brice, le Vicomte ont le même discours responsable qui nous fait haïr la politique à force d’être mensonger.

Brice Hortefeux, à France-Info, le lundi 1 Mars, déclarait , lui-aussi : Ce matin le bilan complet est de 47 morts… Les services de météo France ont parfaitement fait leur métier, et il ajoutait : Une conjonction extrêmement rare pour ne pas dire exceptionnelle et puis cela c’est produit la nuit. Il pose la question des digues qui ont cédées où ont été submergées.

On soupçonne que la pose de la question, n’est pas l'quivalent de la pose d’une première pierre, elle restera sans suite. L’agenda des médias nous laissera cette question en pause jusqu’au prochain événement exceptionnel réputé impensable et imprévisible.

Je me souviens de mes lectures du livre blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale paru aux éditions Odile Jacob , en Juin 2008 qui annonçait que les médias d’information devrait être un partenaire majeur en cas de crise, dans le chapitre Renforcer la résilience de la Nation. Tout un chapitre qui expliquait comment la Nation se relèverait mieux des catastrophes qu’on n'aurait pas évité… (à lire vraiment)

Me vient à l’esprit une de mes citations favorites que seul un scrupule quasi journalistique m’obligeà aller revérifier: Le prophète de malheur n’est pas entendu parce que sa parole même si elle apporte un savoir ou une information, n’entre pas dans le système des croyances de ceux à qui elle s’adresse. Petite métaphysique des tsunamis de Jean-Pierre Dupuy, Édition du Seuil, (mai 2005) page 9. David Pujadas désire tellement être entendu qu'il préfère ne pas donner les bonnes informations. Grâce à lui, nous pouvons espérer que c’est en remontant les digues de Vendée qu’une station de sports d'hivers des Pyrénées ne sera pas fermé à cause de la tempête.

Je croyais qu’il faudrait un choc salutaire pour que la prise de conscience des citoyens Français soit complète. L’exemple de l’ouragan Katrina, au U.S.A., a été à lui seul significatif. La tempête Xyntia, tout au contraire, est utilisée par la télévision de service public comme un électrochoc - qui ne mobilise pas mais qui détruit les liaisons neuronales - et nous ferait oublier l’explication même du phénomène… Les commentaires admirables de compassion, disaient, que les victimes sinistrées, les pauvres gens, allaient reconstruire au même endroit, racheter les mêmes objets perdus et faire que tout soit oublié. Repartir en avant comme avant , et surtout ne rien apprendre, continuer à faire les mêmes conneries nous disait gentiment David Pujadas qui est assurément un excellent professionnel de la profession.

Il n’y a pas un complot – ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit – mais les forces conservatricessont allégrement à l’œuvre. La CGT, par exemple, défend glorieusement les emplois des raffineries de Total. On conserve, on garde, on fait des combats d’arrière-garde. On tord la réalité des faits, pour allégrement,ne rien remettre en cause: regarder les faits en face, plus tard, quand il sera évidemment bien trop tard, et qu’il ne restera même plus nos yeux pour pleurer, perdus dans notre aveuglement.

Serge Latouche, en octobre 2007, critiquait le Grenelle de l’environnement en disant : Il faut absolument un choc pour remettre en question de la base imaginaire de l’Occident qui consiste à croire que l’homme est maître et dominateur de la nature. Ce que les Grecs appelaient l’hubris, la démesure, est incorporé dans notre système. Pour passer de la société actuelle à une démocratie écologique, une société autonome, éco-compatible, soutenable, on doit imaginer des transitions. Mais il ne s’agit pas de rendre compatible ce qui ne l’est pas, comme le fait le Grenelle, à savoir le développement et la survie de la biosphère. http://www.liberation.fr//actualite/economie_terre/283173.FR.php?utk=0007512e

Je pense à cette pauvre grand-mère morte avec ces deux petits-enfants en vacances! Ces morts programmées auraient pu être évitées comme les autres... Mais évidemment pour cela il faudrait faire taire Pujadas et tous ces personnages si sont allègrement raisonnable.

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