Ven.
28
Nov

MEDIAPART

Connexion utilisateur

L’heure H ?

Il semble que beaucoup de voix s’accorde dans le monde pour dire que nous serions arrivé au point de bascule, pas de jour J, d’heure H, mais à l’échelle de l’histoire de l’humanité un vrai tournant.

80209mediapart.jpg
Dans le Monde daté du dimanche 8 et du Lundi 9 Février à la page Horizon Débats, un article traduit de l’Allemand du psychosociologue, chercheur auKulturwissenschaftlichen Institut d’Essen Harald Welzer.
Je cite le tout début du papier: Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu’il suffisait de relancer son cycle de création continue.
L’idée que, cette fois, il s’agit peut-être de plus que d’une « crise », n’est apparemment venue à personne
.
Plus loin : Notons d’abord qu’un événement, considéré comme historique par la postérité, est rarement perçu comme tel en temps réel.(…) On sous-estime de façon chronique combien le train-train quotidien, les habitudes, le maintien d’institutions de médias, la continuité de l‘approvisionnement entretiennent la croyance qu’en fait rien ne peut arriver : les bus fonctionnent, les avions décollent, les voitures restent coincées dans les embouteillages du week-end, les entreprises décorent leurs bureaux pour Noël. Autant de preuves de normalité qui viennent étayer la conviction bien enracinée que tout continue comme au bon vieux temps
Harald Welzer a dirigé deux études sur la perception de l’histoire Nazi de l’Allemagne Grand-père n’était pas Nazi et Les Exécuteurs : des hommes normaux aux meurtriers de masse.
Il s’y connaît donc en système d’œillères et politique de l’autruche. Il continue son article par ses mots
Qu’est-ce que signifie la connaissance du présent ? Les émissions de gaz à effet de serre vont s’accroître du fait de l’industrialisation globalisée au point que la fameuse limite des deux degrés au-delà desquels les conséquences des changements climatiques deviennent incontrôlables ne sera pas tenable. En même temps, les spécialistes du climat ne nous donnent que sept ans pour changer de cap. La concurrence qui s’accroît de plus en plus vite autour des ressources pourrait bien générer en affrontements violents pour départager vainqueurs et vaincus.
Il parle de colonisation de l’avenir, je cite toujours l’épisode d’Alice au pays des merveilles ou le chapelier fou prend le thé. À chaque fois que les gâteaux sont mangés et la théière vide, les convives se déplacent pour consommer ce qui se trouve à la place d’à côté. Welzer raconte une version plus radicale où l’avenir est colonisé: Les gâteaux c'est nous qui les mangeons avant même que les invités ne soient nés…
La conclusion de l'article est assez simple, les experts n’ont aucun plan à proposer, c'est probablement le moment de la renaissance de la politque…

Le système court comme je l’écrivais récemment comme un poulet décapité.

L’excitation médiatique dont notre grand Président a su faire un happening permanent, une œuvre d’art à elle toute seule n’accouchera même pas d’une souris. C’est bien d’une performance dont il faut parler, mais une oeuvre stérile: tout semble continuer comme avant.

Dans quelques dizaines d’années, si l’humanité résiste à cette crise, un sociologue décrira les crimes de bureau qui sont aujourd’hui commis au nom de la relance et du retour de la croissance et de la confiance.

Comme dit Jean-Pierre Dupuis nous sommes dans un train qui roue à toute allure vers l’abîme et le contrôleur prêche pour nous redonner confiance. Il y a de quoi rire non ?
Juste un mot le journal le Monde qui a mis un certain temps à s’émouvoir du dérèglement climatique (à l’exception d’Hervé Kempff) titre Crise le choc est à venir, mais je ne crois pas que cela soit le titre original d’Harald Welzer qui raconte que La Crise est là, aujourd’hui et que cela ne se passe pas comme l’arrivée d’un tremblement de terre, c’est moins visible.La crise est là depuis un certain temps, un écroulement de ce genre c'est lent à notre échelle de temps, le sol se dérobe sous nos pas, et nous marchons dans les nuages.

Cessons de croire que tout cela va passer comme la migraine, et prenons les choses en main puisque notre personnel politique n’y comprends visiblement rien.

Tous les commentaires

08/02/2009, 12:43 | Par Fantie B.

Cessons de discuter de la politique et faisons-en ? (Mais avec qui ?) Echo chezChristian- BR

08/02/2009, 12:56 | Par pol

Je suis bien d'accord, j'ai l'impression, qu'écrire, filmer, créer c'est faire de la politique... C'est bien d'ailleurs ce que certains me reprochent... Quand j'avais des responsabilités à la S.R.F. je faisais aussi de la politique. Évidemment que nous devons y aller. Quel est le parti, l'organisation qui puissent lancer des mots d'ordre de boycott d'enseignes? d'arrêt de consommation? et être efficace? Ce qui est terrible c'est que le mouvement qui consiste à réquisitionner des caddies c'est toujours consommer, consommer bon marché c'est aller dans le sens de la mondialisation, et j'en passe... Bon je ne vais pas commencer... Pol

08/02/2009, 13:51 | Par Fantie B.

Un autre lien - et une discussion tout aussi pessimiste ? Blog de jfcoffin : des rapports de force aux liens de coopération Et aussi, Blog de Lefrançois, une réflexion sur la recherche du pouvoir.
@ Salluste, ci-dessous. Mais nous, nous savons que le monde a radicalement changé. Mais voulons nous changer nos manières de faire des changements ?

09/02/2009, 21:37 | Par . en réponse au commentaire de Fantie B. le 08/02/2009 à 13:51

Un citadin, ne peut produire de quoi se nourrir, pire il dépend de la réglementation étatique pour ses travaux d'isolement, son énergie etc...(j'habite en hlm, je n'ai aucune latitude pour poser un panneau solaire, récupérer l'eau de pluie etc etc..). Alors la question est-elle vraiment voulons nous changer, sempiternelle culpabilisation du dominé? Quand on veut on peut, c'est la faute aux chômeurs si il ne trouve pas de travail etc...

08/02/2009, 13:49 | Par salluste

Dans les années 20 le monde avait radicalement changé et presque personne ne le savait ...

08/02/2009, 17:32 | Par Ben.

Et puis qu'est ce que c'est cette société , où il faut sans cesse consommer ? toujours consommé , consommé plus . il faudrait sûrement apprendre à consommer moins mais davantage avec de la qualité , ce qui est mon cas , strict nécessaire mais essentiel

08/02/2009, 17:47 | Par JoHa en réponse au commentaire de Ben. le 08/02/2009 à 17:32

Vous posez cette question, Ben Boukhtache, qu'est ce que c'est cette société , où il faut sans cesse consommer ? Et vous y répondez par consommé. Vous avez raison de souligner ainsi que c'est aussi bien notre être qui est consommé, voire consumé, dans ce processus. De même, le pouvoir d'achat, maître-mot de cette société, ne peut-il être retourné en "pouvoir de nous acheter" ? Transformant ainsi cette société en une société vénale...

08/02/2009, 20:21 | Par Ben. en réponse au commentaire de JoHa le 08/02/2009 à 17:47

Très juste , cette société de consommation , et en plus il faut relancer la consommation, la consommation de quoi ? de l'inutile , de la futilité , on consomme et on jette , c'est bon , ça suffit de cette société non pas de consomation mais de surconsommation où on va maigrir dans des centres de thalassothérapie , la consommation où on crève de faim , oui !

08/02/2009, 22:10 | Par Jean-François COFFIN

Ce que révèle la réflexion de cet universitaire allemand c'est que le lien de causalité ne peut pas être dénié et que le réel finit par faire retour quelque soit le désir de ceux qui choisissent d'oublier qu'il obéit lui aussi à des lois qu'il convient de ne pas violer au risque de disparaître. Nous voici entrés collectivement dans un processus de dégradation qui semble se déprendre de toutes les tentatives de remise en ordre économiques et financières. L'écologie semble être en voie de l'emporter sur l'économie elle même défaite par les effets de la démesure financière.

09/02/2009, 10:43 | Par pol

Et bien si nous pouvions tous consommer moins décroitre peut-être ce serait intéressant non? Pol

09/02/2009, 11:31 | Par Anne Guérin-Castell

Déjà, au début des années 70, la revue Survivre et vivre, et le mouvement pour une décroissance (qui ne portait pas encore ce nom) qui a repeuplé des territoires désertés : Ardèche, Cévennes, Drôme, Ariège. Avec, comme seule réaction de la part des politiques ou de la société, la dérision.

09/02/2009, 18:02 | Par pol en réponse au commentaire de Anne Guérin-Castell le 09/02/2009 à 11:31

Cela fait depuis que j'ai 14 ans que n'entends des sarcasmes dés que je parlais de pollution. La mer des sarcasmes n'empêche pas de garder le cap? non? D'autant que l'histoire qui est loin d'être morte, nous donne raison. Le temps géologique, ce n'est pas le temps de ma vie, ni de la votre chère Anne Guérin-Castell Pol

09/02/2009, 18:21 | Par DanN en réponse au commentaire de pol le 09/02/2009 à 18:02

30233250clapclap.gif

09/02/2009, 20:27 | Par Anne Guérin-Castell en réponse au commentaire de pol le 09/02/2009 à 18:02

Bien sûr, cher Pol. C'était juste l'occasion de rappeler la belle aventure de ce journal fondé par des mathématiciens, dont l'un depuis est devenu psychanalyste, et le geste de tous ces migrants abandonnant le confort de la ville pour expérimenter une autre manière de vivre, un autre rapport entre l'homme et la nature, un autre rapport entre les hommes.
Tout à l'heure, alors que je m'étais, à la demande d'un de mes fils (trois, moi aussi), replongée dans la lecture de Michel Serres, j'ai relevé ces phrases qui m'ont semblé bien en phase avec votre billet : "Plutôt mourir que d'arrêter le mouvement des enjeux ou la scène des luttes, la fabrication en série des fétiches et la circulation des marchandises, plutôt anéantir le monde que de laisser dépérir la clôture du cirque. Comme le monde n'est pas là, le supprimer ne compte pas, continuons à nous droguer de relations dans le confort mortel de la grotte. […] Dernière tragédie au plus vieux théâtre du monde, toutes les tragédies ont pour but de faire exister le cirque et de le renforcer, de nous tenir emprisonnés, bavant de drogue obéissante, dans ses murs." (Détachement, 1983)

09/02/2009, 22:08 | Par DanN en réponse au commentaire de Anne Guérin-Castell le 09/02/2009 à 20:27

Mon petit bonhomme était sensé être un rire ; car je lisais mer - morte dans la réponse de Pol ... Pour moi, les années 70, c'était hier... ou presque !

09/02/2009, 21:54 | Par .

J'ai aussi trois enfants, ma fille ainée qui fait un master de génétique m' a sorti ce soir: quelle monde de merde vous nous avez légué! Même pas sur le ton de la révolte, seulement celui du constat. On parlait écologie, ses colocs sont ingénieurs dans les solutions environnementales, mais on aurait aussi pu parler études, travail, conditions de travail, relations dans le travail, salaires, retraites, fin de vie etc.. Il est urgent d'investir les institutions pour imposer des contre propositions, mais n'oubliez pas qu'un capitalisme propre peut en surgir, ce n'est pas qu'une question technique, même si l'urgence impose de prendre les mesures maintenant en faisant front commun avec tous ceux qui les soutiennent, mais aussi de mode de vie, de relation sociale.

09/02/2009, 22:07 | Par Fantie B.

"Il est urgent d'investir les institutions pour imposer des contre propositions" : Oui, si on le peut ! Et quand je dis "pouvoir", il n'y a pas que la capacité à prendre une place (réussir ses diplômes etc.), il y a aussi la capacité à "tenir" uen telle place, à tenir dans une institution. (il y aurait beaucoup à dire, là, mais je passe.) Et si on ne le peut pas, on se contente de petites choses autour de soi.

Newsletter