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Chiffres à la lettre
Les chiffres, les statistiques j’adore. Ils sont précis, indiscutables ! Pour mon billet n°200 (battez tambours, sonnez crécelles) il me faut parler chiffres, et en disputer En France, en 2010, il y aurait eu moins de 4000 morts sur les routes. Il fallait en déplorer 4273 en 2009, 4275 en 2008. Pour le Ministre de l’Intérieur ces résultats sont la conséquence d'une politique et cette politique démontre que la mortalité sur les routes n'est pas une fatalité.
Monsieur Brice Hortefeux fatalement a encore perdu l’occasion de se taire. Une déclaration erronée cela passerait, mais comme il en fait souvent c'est gênant. Il est vrai que c’est un multirécidiviste.
Il semble évident pour tout le monde (les associations des victimes de la route et ceux qui s’occupent de la prévention routière) que le Ministre de l’intérieur n’aurait pas dû crier victoire. Ce sont les intempéries (vous savez la neige que Météo France n’annonce pas) et les difficultés d’approvisionnement d’essence (vous vous souvenez de ces ruptures de stock qui – selon le gouvernement - ne ce sont jamais produites) et surtout la pauvreté qui obligerait les voitures à rester au gararage, tout cela réuni expliquerait ce résultat.
Je me souviens en 1970, comment la boucherie automobile me révulsait quand j’avais 15 ans. Les autorités décomptaient 16 445 morts cette année-là. Je crois savoir que c’est sous la Présidence de Jacques Chirac que la politique de prévention routière a été la meilleure: 5318 morts en 2005. Mais c’est peut-être Lionel Jospin qui pourrait se venter de la chute brutale du nombre de morts de l'année 2002.
Ce qui est intéressant dans ces chiffres c’est la possibilité de les comparer avec d’autres.
Je ne préfère pas m’arrêter sur les 150.000 décès des suites d’un cancer par an, parce que cela m’inquiète Pour arrêter le cancer, il faudrait changer l’organisation globale de la société, la peinture des murs, notre alimentation etc. (voir l’appel de Paris, http://www.dailymotion.com/video/x4li1i_pr-belpomme-appel-de-paris-pesticid_news )
Mais bon il faut bien parler chiffres.
Pendant que le taux de mortalité sur les routes baisse. Le taux de suicide, en France augmente. Selon L’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Il y aurait environ 160 000 tentatives de suicide en France pour 12 000 morts. Les chiffres se repondent. Le suicide est donc une cause de décès bien plus importante que les accidents de la route. Et il touche particulièrement les jeunes, chez qui le suicide est la deuxième cause de décès. 650 décès environ ont lieu chaque année chez les 15-24 ans en France. On s’attendrait à avoir des organismes aussi important que la prévention routière qui s’intéresse à cette question.
La politique devrait permettre de mettre des priorités dans l’action de l’État.
Quand on pense que selon une note confidentielle de la Direction centrale de la police judiciaire, paru en août 2010, le nombre d’homicide en France a diminué considérablement 35,11% en France métropolitaine entre 2000 et 2009, passant de 1051 faits constatés en 2008 à 682 en 2009. On pourrait faire une mauvaise corrélation et ce dire qu’au lieu de nous parler d’insécurité, et de vouloir mettre des flics partout, il faudrait plutôt parler de l’insécurité sociale… Et de trouver un moyen d'arrêter de stresser tout le monde.
Quand on sait que les Français sont les plus pessimistes, et les plus déprimés, on comprend mieux pourquoi ce sont eux qui consomment le plus d’antidépresseurs au monde.
Et c’est cette question-là qui devrait être traité par tout gouvernement en priorité.
D’autant qu’à la suite de l’affaire du médiator, produit par les laboratoires Servier, certains commentateurs annonçaient qu’ils pourraient y avoir de 10 000 à 20 000 morts en France dû à de mauvaises utilisations de médicaments…
Pour piloter une politique il faut avoir les bonnes statistiques, non? J'aimerais bien savoir combien de personnes se déplacent en automobile et combien prennent des médicaments pour connaître l'activité la plus dangereuse. Je manque de chiffes.
Enfin moi j’écrivais cela pour fêter mon nombre de billets sur le site Médiapart. Il est vrai que le chiffre annoncé est faux. J’en ai écrit plus de 200. j’avais commencé à écrire ce blog ailleurs. Et puis pour les morts de la route, les chiffres ne sont pas tout à fait exact non plus, parce que quelqu’un qui meurt de ses blessures, après un certain temps, n’est pas comptabilisé comme un mort de la route, mais une personne décédée à l'hopîtal et puis… Et puis avec ce genre de raisonnement, on ne dormirait plus 'en un lit, parce que statistiquement c'est là où tout le monde meurt. Enfin pour raisonner, il faut bien partir des chiffres officiels non ?


Tous les commentaires
*** Curieusement, alors que je voulais trouver un papier sur les suicides en France, Google me renvoie à votre billet... et je suis tout simplement consterné que personne ne vous l'ai commenté après plus de 10 jours.
J'aurais bien aimé savoir si, notamment depuis un certain juin 2007, ces chiffres n'auraient pas eu tendance à s'emballer, ils doivent être bien au chaud dans un quelconque ministère...
De même, cela ferait sans doute désordre de corréler le traitement fiscal et tyrannique de la sécurité routière pour un nombre de décès finalement stable et quoiqu'il arrive incompressible à un moment donné (fatalité de la vie...), avec les conséquences en nombre de suicides de la maltraitance sociale et à présent médicale de la déprime généralisée des français...
Allez d'ailleurs savoir si les PV avec leur conséquences économiques et sociales (pertes d'un emploi) ne seraient pas plus couteux en vies humaines par suicides que les accidents de la route eux-mêmes ?
Cdlt JRex
On dit qu'il y aurait une bataille de chiffres, selon la façon dont on compte les morts. En France, on compterait les morts sur le coup et les morts de leurs blessures jusqu'au bout de huit jours, alors que d'autres pays vont jusqu'à trente jours.
Le nombre de morts en France serait donc sous-estimé par rapport à d'autres payas.
Est-ce exact ?
Ce qui compte, c'est que le nombre de morts a été divisé par quatre depuis 1970. Davantage d'autoroutes, le port de la ceinture, les air-bags, les carrosseries déformables, les limitations de vitesse, le contrôle de l'alcoolémie, les radars, etc., ont été efficaces.
PS - A-t-on une idée du nombre de suicides suite à une prune ?
Oui vous avez raison, la mortalité automobile en France est sous-estimé, effectivement, ce qui est important c'est la réelle baisse du nombre de tués quelque soit le chiffre exact. Enfin je ne crois qu'un acte comme le suicide ne peut jamais être expliqué par une seule cause... Votre humour est un limite, je vais vous mettre à l'amande.
Le suicide est un sujet tabou en France, comme ailleurs. Curieusement là où l'américain moyen semble choisir de tuer son voisin le français, comme le japonais se suicide. Faut-il y voir une forme de civilité supérieure ?