Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

La chute

Pourquoi parler d'un événement célébré ad nauseam ? Peut-être parce que cet épisode médiatique parle d'une autre fin ? Notre monde occidental - enfin ceux qui tiennent le crachoir, ceux qui travaillent pour le pouvoir (mais qui tient le pouvoir?) - se hâte de raconter cette jolie fable de la victoire du libéralisme, du capitalisme sur le communisme, au lieu de s'interroger sur le changement actuel du Monde: la faillite du libéralisme et la perte du leadership de l'Occident?

20 ans de liberté proclame Radio France. Le fameux devoir de mémoire montre ici son vrai visage: une machine idéologique en pleine ébullition. Intellectuellement ce serait bien plus satisfaisant d'avoir une nécessité d'interrogation. Mais en pleine crise, il est évidemment plus efficace, rentable, pour les gens de pouvoir, de nous raconter la fable d'une Europe réunifiée sur les ruines du communisme, bâtie sur de bonnes bases. Alors que le modèle libéral d'économie de marché s'effondre avec la crise financière, force est de constater que les élections en Europe donnent la victoire à ceux qui vantent les mérites de ce modèle. Alors que les citoyens devraient se mobiliser pour inventer un autre modèle de vie, oublier la croissance, partager le monde au lieu de le consommer, ils votent en majorité pour ceux qui nous gardent dans une économie de pillage et de destruction planétaire. Ironie de l'histoire, ceux qui fêtent la chute du mur, nous font rater aujourd'hui la signification de l'Histoire. Il est si facile de parler d'un événement d'un jour, alors que c'est un long processus complexe. Dans le récit officiel que rabâchent les journalistes comme des petits perroquets d'un régime totalitaire, pas vraiment autre chose que des images d'Épinal. J'écoute Radio France ce matin, et le vide abyssal des commentaires me glace. Présentées à la télévision, les images magnifiques, chargées d'émotion, des révoltes populaires de l'Est masquent la complexité du processus et les questions brûlantes actuelles.

Tout cela permet de continuer à raconter que le monde change dans le bon sens. Alors que le bon sens devrait nous alerter. En effet ce qui s'est passé, il y a vingt ans, est certainement formidable, mais la liberté d'entreprendre, la fin de l'histoire, etc... ne sont pas des concepts qui vont dans le sens de l'histoire aujourd'hui. Toute cette histoire ne permet pas de comprendre l'avenir.

Il est par exemple significatif que personne ne parle dans l'analyse de la genèse de l'effondrement du monde communiste, de Tchernobyl. (parler de cet épisode où l'Union soviétique a perdu toutes ces forces, serait faire comprendre qu'un tel événement est probable dans l'avenir)

Notre Monde change, et la Commission Européenne continue a défendre la dérégulation, le marché omnipotent. Notre Monde change et l'équipe de Sarkozy continue d'essayer de nous faire croire que la réforme est nécessaire (leurs réformes rétrogrades), que les positions gouvernementales sont modernes alors même qu'ils ne défendent au mieux qu'un modèle Américain du siècle dernier. Il est amusant de voir comment notre gouvernement conserve un modèle que les Américains, eux-mêmes, ont rejeté. Beaucoup de confusion... pour rien.

Le sysème médiatique aujourd'hui fonctionne comme un seul homme, librement, sans problèmes, cette unanimité fait symptôme, non?

Tous les commentaires

Billet de bonne santé politique complémentaire de celui "20 ans après" des invités de Médiapart du livre de Tiphaine Samoyault. Il serait bon également de rappeler, mais je n'ai pas sous la main de références exactes, ce que réclamaient les intellectuels de l'Est à l'époque qui ne ressemble en rien au déversement pur et simple de la société du profit sans frontière.

Je suis en tous points d'accord avec vous ! Cette commémoration est non seulement obscène mais elle devient indigeste à force de redondances...Tant et si bien que j'ai fini par couper France inter,qui m'avait habitué à mieux.Quant aux télés,elles participent vaille que vaille au gloria du libéralisme,à l'exception de ARTE (pourtant chaîne franco-allemande) qui programme un Hitchcock.

Vous avez raison POL,cette unanimité (cf l'unanimité concernant l'opération "Apocalypse" de France 2) fait symptôme : la prise du pouvoir par le marché, sa justification par l'Histoire dominante, l'édification d'une Europe libérale s'appuyant sur la bureaucratie bruxelloise.

Redondances ? Pas plus qu'une cérémonie du 14 juillet avec bal des pompiers et feux d'artifice. Superbe, cette démolition symbolique des murs. On croirait voire flamber les bastilles où l'on vous oubliait d'une simple lettre de cachet.

Cher Lincunable, je pense que tout le monde ici doit se souvenir de ces émotions et personnellement je n'ai jamais été un zélateur des régimes de l'Est, mais toutes les Bastilles ne se ressemblent pas. Et surtout je me pose la question des marrons qui sont tirés du feu... Ceux qui ont fait chavirer le bloc soviétique ne sont pas à la fête... Comment peut-il y avoir une telle débauche de feux d'artifice en France alors qu'il y a des tas de centre de rétention administratif pour embastiller toutes les personnes qui cherchent à passer le mur d'aujourd'hui... qu'est ce que c'est que cette Europe qui célèbre la chute d'un tel édifice, et qui a construit une autre cienture de fer contre les hommes qui viendraient du Sud.... Ne voyez vous pas ce paradoxe honteux?

très juste. mieux vaut s'intéresser aux murs d'aujourd'hui . et aux miradors !

et réfléchir aux moyens de les faire tomber.

Non, je ne vois qu'un paradoxe ordinaire : ceux qui font les révolutions ne sont pas ceux qui en profitent le plus. Ce n'est pas parce qu'il ne reste quasiment plus rien du programme du CNR que leurs partisans l'ont réalisé en vain.

L'essentiel est de rompre les chaînes, après, que l'on fasse autre chose de ce qu'on souhaitait d'une liberté retrouvée, cela relève de notre seule responsabilité

Tout à fait d'accord. Radio-France unanime (par force: il n'y a qu'une radio aujourd'hui, sur France-Cul, Mu, Int, Inf...) gavait avant même d'avoir commencé d'émettre depuis Berlin et depuis, enquille les lieux communs.

-

Le système médiatique aujourd'hui fonctionne comme un seul homme, librement, sans problèmes, cette unanimité fait symptôme, non?

Juste ! c'est plus qu'un symptome. On frôle la propagande, la leçon soviétique a été bien apprise, on dirait . Quant à trouver que l'effondrement du communisme est une "belle victoire", ça laisse pantois. Le communisme s'est effondré sur lui-même, comme le capitalisme est en train de le faire. On n'a pas de leçons à donner. Quand est-ce qu'on compte les morts du capitalisme ?

Bien sûr qu'on n'a pas de leçons à donner, mais manifestement vous ignorez comment les communistes traitent les êtres humains. Même la communiste Buffet semble regretter ces jours-ci que le PCF ait cautionné ça jusqu'au bout.

Cher Beber,

Pouvez-vous me rappeler comment FRANCO, PINOCHET, SALAZAR, LES COLONELS GRECS ..... et quelques autres non communistes traitaient les êtres humains ?

Sans compter les amis de Beber qui criaient "Plutôt Hitler que le Front populaire"!

Beau billet, POL, à dédier à tous ceux qui, aujourd'hui, tentent d'escamoter le sens de l'Histoire.

AVERTISSEMENT: je suis peu suspect de sympathie pour les régimes dits communistes que j'ai toujours combattus au sein d'organisations anti-staliniennes.

Nous le savons bien, moi-même d'ailleurs....

Monsieur Beber999 nous n'oublions rien, vraiment rien, je peux écrire que cette commémoration me gave, parce que regarder dans le rétro viseur m'empêche de penser à Copenhague... Toute cette histoire de chute du mur est un peu plus complexe que cela nous est raconté. C'est tout de même ahurissant d'entendre tous ces commentateurs qui récitent des châpelets de commentaires ou rien n'est historique, c'est juste l'écume.... Ce n'était vraiment pas la peine que le mur tombe pour en arriver à une Europe comme celle-là. Au moins quand il y avait la guerre froide, la sociale démocratie faisait son boulot et les miettes qui tombaient dans la mangoire des salariés étaient suffisante pour que tout le monde mange et progresse. Depuis la chute du mur, nous sommes dans la précarité, un travailleur peut même être SDF.

À part cela nous pourrions commencer un joli débat sur les crimes du capitalisme, est-ce que le nazisme est un moment de l'histoire du libéralisme? Vous ne devez pas ignoré que Margaret Thatcher rangeait Pinochet dans le camp des démocrates... Merci de ne pas dialoguer par invectives et slogans; Cela ne sert à rien, juste à vous déconsidérer. Il y a un proverbe rabbinique que j'aime beaucoup et qui di: vous n'êtes pas assez grand pour vous diminuer...

enfin je dis cela pour vous grandir....

 

C'est vrai que je ne me rends pas compte de ce dont vous vous plaignez exactement, ne consultant que les medias par l'internet et n'ayant pas la télévision.

La précarité n'existe effectivement pas chez les communistes, les "hooligans" étant envoyés en prison ou en camp. Franchement je doute que ce soit un progrès, même si Mitterrand a pu dire que les gens sont naturellement pour l'asservissement plutôt que pour la liberté.

A noter que la précarité n'existait pas chez les nazis non plus, sauf que la mortalité était supérieure dans leurs camps à eux par rapport à ceux des rouges. Je ne regrette pas que l'apologie du nazisme soit interdite, en revanche je me demande si ça n'a pas été une erreur historique de ne pas juger les crimes communistes.

Je ne me plains pas je constate que l'ode à la liberté se joue à guichet fermé derrière un nouveau mur. Je constate qu'il n'y a de libre circulation que pour les capitaux etc.... Alors j'attends encore la chute des murs.... Quand à votre couplet sur la précarité absente du monde communiste et des camps nazis, c'est franchement déplacé? Enfin la notion de "crime" est bien galvaudé par les temps qui courent... A-t-on jugé les crimes Israéliens, les crimes coloniaux, juge-t-on les crimes impérialistes... Ne faut-il pas revenir sur le génocide des Herrero? Il y a tant de crimes... On ne sait pas où donner de la tête. Les patrons aujourd'hui tout puissant seront bientôt jugé pour leur crime, je parle de.... à non je ne peux pas les nommer aujourd'hui ce serait de la diffamation mais demain? Vous n'êtes pas très sérieux Monsieur Beber.

Je ne vois pas pourquoi il serait incompatible de condamner les crimes du nazisme et du communisme, et de critiquer la situation sociale actuelle, ou la politique hégémonique américaine.

Intéressant, Beber, comme question.

A priori je dirais, pas d'incompatibilité, bien sûr. Mais ce n'est pas si simple. Le flot médiatique, ce qu'on nous a infusé dans le cerveau depuis les années 90 c'est que rien hors l'économie de marché (avec financiarisation et profits inflationnistes - car tout est lié), ne peut exister.

Alors vous pouvez bien critiquer, ça ne compte PAS. Le travail est fait, les gens sont convaincus à tel point qu'il n'y a plus aucune honte à ce qu'un membre du PS devienne patron du FMI (on pourra toujours m'expliquer qu'avec lui c'est moins pire), etc ...Tout devient égal à tout, et le boulot s'achèvera par une réduction drastique de la participation aux élections.

Excellent, Marielle. Je co-signe.

Inutile de s'envoyer à la figure des slogans.

Ce que je retiens du billet de POL : le traitement de cet événement par nos médias ne sont pas du domaine de l'analyse ; comme on nous y a habitué, c'est en très grande partie de l'émotion et des paoles convenues.

Je n'ai aucune nostalgie, vraiment aucune, de ces régimes totalitaires. Mais je suis furieuse que personne n'explique que la disparition de ces régimes a permis à l'Occident d'épanouir sans aucune limite une économie totalement injuste, une financiarisation globale et une politique à la remorque de l'économie.

On assiste à la mise en pratique de la parole de Thatcher: there is no alternative.

Autre chose : qui pourrait me dire pourquoi l'anniversaire des 10 ans de la chute n'ont pas fait un tel ram-dam ? J'aimerais connaître vos hypothèses.

Pour ma part, je survole cet "anniversaire" en m'interrogeant sur les notions de "liberté suveillée" et de régime policier.

Pour votrequestion, Marielle, je risque une idée : une crise capitaliste de plus à oublier ?

Sans doute Fantie, et peut être aussi l'existence d' autres MURS à dénier.

C'est inoui qu'il n'y ait aucune réflexion du style : un mur tombe, 10 autres murs s'élèvent. Là dessus, silence radio.

 

A propos du cliché le mur de la honte répété par les perroquets de service :

le mur est tombé et sur ses gravats la honte a prospéré.

Oui, cette cérémonie est pathologique: une orchestration parfaite au service d'une Europe qui patine, de gvts en panne d'idées, incapables de gérer la faillite économique, de médias qui s'auto -célèbrent ( je voyais ce soir sur Fr2 un bouquet d'images offert en cadeau à l'un des journalistes qui se trouvait le 9 nov en reportage à Berlin...intéressant!)... J'ai pourtant acclamé la chute du mur en 1989 et cette célébration me donne juste l'occasion d'avoir pu voir sur Arte d'excellents documentaires et c'est aussi l'occasion d'approfondir un point d'histoire avec les élèves, mais la sortie d'excellents films comme la Vie des autres ou Goodby Lénine avait eu le même effet. Le reste n'est qu'esbroufe.

20 ans de néo-libéralisme débridé, ça se fête, non ? C'est une fête planétaire... donc pour faire "oublier médiatiquement" les dégâts, eux bien trop réels, nos medias "libres" se concentrent très librement sur le fable annonciateur... de ces dégâts : la chute du Communisme. Manière de nous suggérer que le Désespoir Néo-libéral est le seul "espoir" qui nous reste, le seul qui vaille, LE SEUL POSSIBLE : C'est la fin de l'histoire ! l'idéologie de la fin des... idéologies : fillons tout droit vers le prochain précipice... mais précipices enfin "moralisés", grâce à notre bien cher démoctateur, le cher (très cher) petit Nicolas. Nous sommes donc sauvés, et si 9/10èmes de la planète sont foutus, ben... ce n'est qu'un grossier détail pour qui croit au mérite et de la valeur du travail... "Enfin libres!" Vendons des avions de chasse ! Des submarines nucléaires ! Des Centrales ! Des Falcons! Fêtons !

Il y a des murs dont on ne parle jamais... ou presque :

http://www.stopthewall.org/

Pour juste en rajouter une toute petite couche, je dirais que la couverture médiatique est vraiment hypocrite. Tous les chaines de tv et de radio en ont fait des tonnes. Alors que d'habitude l'actualité outre rhin est oubliée là tout d'un coup on envoie tout le monde sur place et zou on enchaine les directs !!

Prenons l'exemple de Radio France. Une antenne unique. Mais là le débat (vers 11h) que j'ai écouté n'avait aucun interet. Vivre à Berlin c'est génial, ce n'est pas cher, on a de l'espace, il y a beaucoup de jeunes. Bref des banalités. Sur BFM TV le soir le live a été à la limite du supportable. Ok c'est du direct je ferai pire.

Pourtant j'adore le pays. J'y suis allée plusieurs fois (à Berlin, Hannovre, Cologne, Munich, Wolfsburg, Bonn, Mayence...). La chute du mur (j'étais jeune à cette époque) m'a profondément marquée....

 

Peut-être que parler du "mur de Berlin", jusqu'à lasser les plus "innocents", ad nauseam, de cette maniére obscéne et touristique, permet de ne pas parler des autres "murs de la honte". En Palestine, par exemple. Ou entre le Mexique et le Nouveau Mexique.

Et puis on peut oublier enfin un peu "La dérive des continents" et les milliers de noyades dans la Méditerrannée.

Ne pas fêter la fin de l'apartheid. Aprés tout, ce ne sont que des Africains.

Merveilleux monde libre. Ivre, complétement ivre de sa liberté. Et qui vomit son trop plein de matiéres.

Je suis surpris du peu de réactions après que Radiofrance, radio de service public, payée par notre redevance, a osé infliger toute la journée à ses auditeurs un programme unique (oui, sur toutes les radios). Ce bourrage de crâne, de style stalinosarkozyste, au moment où on affirme fêter avec la chute du mur la liberté retrouvée, montre qu'on ne fête, par des procédés semblables à ceux de la stasi, que le libéralisme libéré.

-

Concernant les programmes de radio France hier, j'ai entendu une partie du reportage de l'après midi (16 h -17 h) où des témoignages de type "socio économique" se sont aussi exprimés, à côté de témoignages sur la surveillance généralisée.

Ces personnes parlaient de la pression nouvelle du chômage, et de ce que cela induit ; des soins gratuits dans la période précédente, etc.

Il m'a semblé que la nature des témoignages dépendait entre autres du type de métier exercé (ouvrier ou non), ainsi que du rapport des personnes à la liberté de conscience et d'expression : Pour certains, ceux qui disent regretter la RDA, cette liberté ne semblait pas importante du tout. Pour les autres, c'était le contraire.

Je dirais que le régime de la RDA convenait à certains et pas à d'autres.

Questions de valeurs, de sens qu'on donne à la vie, de rapport à la liberté et à l'obéissance, de position sociale aussi.

C'est cela qui serait intéressant à discuter, plus que de la seule opposition libéralisme économique /socialisme d'Etat.

*Ce n'est pas parce qu'un des deux systèmes est négatif, mauvais ou je ne sais quoi, que l'autre est positif, bon, ou je ne sais quoi*.

 

*(ajout)Quelles valeurs mettons-nous en premier, quel type de citoyenneté voulons-nous ?

Qu'appelons-nous émancipation, quel type de pouvoir d'Etat la permet ou la favorise ?

Peut-on s'émanciper quand la seule liberté est celle d'obéir à un ordre "juste" ?

L'émancipation est-elle compatible avec la surveillance généralisée ? *

 

J'ai aussi entendu une partie du débat qui suivait le journal, où le mur électronique qui entoure l'Europe a été évoqué (une seule embarcation chavirée en haute mer, autant de morts que le mur de Berlin en tant qu'obstacle matériel à franchir).

Edité pour quelques ajouts (entre * et *) après duplication sur le billet de Sylvain Jean

"La lutte des classes", quelle classe l'impose à l'autre? Qui fait la guerre "aux gens"? Qui méprise totalement l'humble? Qui criera encore aux "liberticides", quand ceux-ci réclameront jutice? Nous sommes libres, totalement libres de dire sans cesse qu'il est profondément injuste que "notre argent se ballade de New York à Paris, en passant par Rio", et que nous ne pouvons le faire, nous, faute d'argent, et d'autres faute de papiers d'identité. Il faut abattre Mammon. Sans cesse. Depuis plus de trois mille ans.

La plus grande liberté(de voyage, de consommer, de choisir son emploi etc.) de ceux qui avaient davantage d'argent était aussi évoquée dans les témoignages défendant pourtant le système de la RDA.

C'est cela qui me dérange beaucoup dans la défense de ces régimes, l'impasse sur des inégalités tout aussi constitutives que dans le système capitaliste.

-

 

Le mur mure

Les murs murmurent

Quand fêterons-nous la destruction du mur de l'argent ?

L'argent donne du pouvoir. Du pouvoir sur sa propre vie, et aussi celle des autres.

à Vingtras,

C'est un des murs que les médias n'évoquent jamais...

Evoquer sa destruction sera, bientôt, un délit.

hier, on aurait aimé voir analysé et commenté cette annonce : "Un sondage réalisé dans 27 pays pour la BBC fait apparaître un très large rejet du capitalisme de marchés dérégulés. Près d’un quart des sondés - et 43% en France - jugent ce système fondamentalement déficient" ...Lire Contrinfo, ou la BCC, pour plus de détails

J'avoue que je me suis beaucoup interrogé sur l'ampleur des commémorations de ce vingtième anniversaire.

Il me semble aussi, que la période de crise actuelle renforce le besoin (de qui?) de se conforter dans le système actuel.

Ce qui me gène le plus, c'est le parallèlle systématique, qui va jusqu'à la confusion, fait entre capitalisme/libéralisme et libertés.

Je rapporte ici un extrait de texte de Bernard Langlois:

L’effondrement de l’URSS et de son empire ne peut laisser de regrets à des hommes de gauche, tant le projet d’une société d’égalité et de justice porté par le socialisme « réellement existant » avait été dévoyé. Mais je suis de ceux qui pensent que cette bonne chose a eu un terrible effet pervers : celui de permettre un épanouissement toujours plus arrogant du système adverse, qu’il contenait en quelque sorte – dans les relations internationales, mais aussi dans chaque pays où existait un parti communiste et des syndicats puissants, avec le rêve vivant d’un modèle alternatif –, qu’il contraignait à un minimum de prudence dans sa gestion des biens et des hommes. Il existait un rapport de forces, il s’est effondré lui aussi. Le capitalisme désormais sans rival, donc sans crainte, s’est complètement débridé, est devenu une sorte de dictature où les plus faibles sont impitoyablement broyés. Et dans chacun de nos pays « démocratiques », la bourgeoisie se pavane et se goinfre dans une déliquescence politique et un avachissement syndical assez désespérants. Et ce n’est pas une (très éventuelle) victoire de Strauss-Kahn qui y changerait quelque chose.

Oui Merci Velveth, c'est tout à fait cela...

et puis ce texte est une bonne chute pour le débat

 

Newsletter
Je m'identifie