Jeu.
23
Mai

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Raymond Aubrac et la libération de Marseille

J'apprends la mort de Raymond Aubrac que j'ai cotoyé lors du tournage de mon film, Le Refus, à propos de la Résistance, en 1995. Je veux juste, en forme d'hommage, reprendre quelques-unes de ses paroles, à propos de la mission que lui confia le général de Gaulle, comme Commissaire de la République à la libération de Marseille.

Raymond Aubrac, Lyon, Janvier 1995Raymond Aubrac, Lyon, Janvier 1995© pol
Je prends délibérement le récit d'une anecdote, parce qu'elle est probablement oubliée aujourd'hui. Une petite leçon d'histoire a méditer en ce jour, tout en se disant que l'esprit de Résistance - toujours nécessaire, est une conquête quotidienne. Je suis heureux d'avoir appris de lui lors nos trop courtes rencontres. Raymond Aubrac : J’ai été rappelé d’urgence à Alger le 6 août 1944. Le 7 août, le général de Gaulle m’a reçu pour me faire savoir qu’il me confiait cette mission – pour laquelle je n’étais pas du tout volontaire. C’était une mission très lourde. J’étais très jeune, j’avais juste trente ans. Pas d’expérience administrative, et… Mais je savais ce qu’impliquait cette mission, mais on n’avait pas l’occasion de discuter, c’était comme une mission militaire, il fallait l’accepter. La seule instruction que m’ait donnée le général de Gaulle était la suivante : « En aucun cas vous ne laisserez les autorités militaires alliées s’occuper des affaires de la population civile. »  En fait, le terrain était déjà assez déblayé, parce que, à ce moment-là, le gouvernement français n’est pas reconnu par les Alliés. Il ne va être reconnu que fin octobre. Mais déjà en Provence, en Normandie, de Gaulle a mis en place un commissaire de la République dans la tête de pont de Normandie, et en fait les Alliés ont accepté sa mission.

J’arrive donc à Marseille dans l’après-midi du 24 août, accueilli par le comité départemental de libération, qui est en même temps l’état-major insurrectionnel de la ville depuis cinq jours. Et la bataille continue. Immédiatement, le président du comité départemental de libération me cède le pouvoir – qu’il détenait réellement, car les comités départementaux de libération, dans tous les endroits qui ont connu l’insurrection, ont réellement disposé du pouvoir pendant la période insurrectionnelle. Et le comité départemental devient un organisme consultatif, ce qui est symbolisé par le fait qu’il quitte le bureau du préfet, qui m’est attribué, et il va s’installer dans la salle du conseil général. Et les problèmes se posent. Dans les premiers jours, les problèmes sont brûlants, parce que la bataille de Marseille va durer jusqu’au 28 août. Autrement dit, cette bataille aura durée neuf jours, neuf jours pendant lesquels il n’y avait réellement aucun pouvoir… dans cette ville. Et je crois que l’insurrection marseillaise, avec l’insurrection parisienne, a été la plus importante, dans une grande ville, de cette période de la Libération. Naturellement, il y a des différences entre l’insurrection marseillaise et l’insurrection parisienne, et ces différences m’étaient d’autant plus sensibles que j’étais chargé de rétablir la légalité républicaine, à commencer par le rétablissement de l’ordre. Or, dans une période insurrectionnelle, l’ordre public c’est une notion un peu lointaine. Un certain nombre d’exécutions ont eu lieu pendant la bataille, et puis un certain nombre de règlements de comptes sommaires ont eu lieu. Des enquêtes qui ont pu être faites après, on a conclu que dans un grand nombre de cas, dans la plupart des cas, les gens qui ont été exécutés étaient réellement des salopards qui méritaient le sort qui leur est advenu. Mais nous voulions rétablir un État de droit, et il fallait le faire rapidement. Or, tandis qu’à Paris, en mars, la police parisienne avait rejoint l’insurrection, il n’en a pas été de même à Marseille. Autrement dit, la police marseillaise n’avait pas l’autorité sur l’opinion et sur la partie dynamique de l’opinion, la Résistance, la population ouvrière, les organisations de Résistance, les F.F.I., le même genre d’autorité, le même genre de prestige qui lui permettait de faire ce travail de maintien de l’ordre. C’est ce qui m’a conduit très vite à constituer ce que nous avons appelé les « forces républicaines de sécurité », constituées en « compagnies républicaines de sécurité », qui étaient faites à l’origine par un mélange de policiers ayant contribué à la Résistance (il y en avait heureusement un nombre important), avec des F.F.I. volontaires pour ce genre de travail. C’est ainsi qu’ont été constituées les premières compagnies républicaines de sécurité

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Votre témoignage, mon cher pol, rejoint le mien. Et cela ne m'étonne pas. A ce propos, j'ai beaucoup apprécié ce qu'écrit Edwy Plenel à la une de ce journal en ligne que nous aimons tous les deux.

Par contre, je n'avais pas du tout aimé le film de Claude Berri (complaisant et partiellement erroné) et je l'avais dit à Raymond.

C'est grace à ce grand Monsieur... Raymond Aubrac et à cette grande Dame qu'était sa femme Lucie..... que la mémoire ne s'éteindra pas, malgré tous ceux qui actuellement tentent de nous anesthésier....

J'ignorais ces évènements racontés par Raymond Aubrac.... même si j'avais eu la chance de rencontrer Lucie lorsqu'elle était venue dans mon Lycée..... Quelle aura !

Merci à eux.....

Je descend d'un résistant copain de chambrée de De Gaulle, et ça fait 40 ans que je ne m 'intéresse pas aux salamalecs. Avant même d'avoir atteint l 'âge de Guy Mocquet.
Vous avez du temps à perdre.

Je te salue Raymond Aubrac. Tu es l'honneur de la France. Je ne suis rien, tu es plus fort que la mort. Repose en paix, camarade...

Plus fort que la mort....
Faut arrêter l 'alcool et les charentaises.

Que voulez-vous nous raconter POL ? 

Et bien je veux dire- entre autre - ce qui est écrit. Aujourd'hui on ne voit pas les CRS de cette manière là, et on ne parle pas de la police de cette façon... non?

"Vous ne pouvez"
Vous n 'êtes pas.

Sur l’écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra,
Bardot peut partir en vacances:
Ma vedette, c’est toujours toi.

Pour te dire que je t’aime, rien à faire, je flanche:
J’ai du cœur mais pas d’estomac
C’est pourquoi je prends ma revanche
Sur l’écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma.

Claude Nougaro.
Charlot va.

MERCI Pascale FOURIER de bien rappeler par cette partie d'interview du trés honorable Raymond Aubrac que la RESISTANCE a aussi perduré avec le travail qu'il a fait à Marseille après guerre avec le programme de la CNR pour redresser la France et la sortir de la ruine avec la reprise en main des outils de production par les ouvriers, employés et cadres.
Oh combien prémonitoire et d'avant garde si on compare cette situation d'après guerre, ou toutes les entreprises anéanties ou mise à genoux sous le joug de l'envahisseur ont été sauvées par leurs salariés dans leur intérêt et celui du pays, avec par exemple les SCOP d'aujourd'hui où des salariés veulent et peuvent encore intervenir sur leur avenir et sur celui de leur entreprise qui ont été mis sous le joug de la finance internationale et de fait sortir le pays et l'Europe de la crise.

Oui nous sommes en guerre aujourd'hui et notre ennemi la finance internationale avec son principal collaborateur qui plus est Escroc national a conduit les avancées sociales héritées des différents combats qu'a mené le peuple vers leur anéantissement et l'économie du pays et son outil de production au désastre pour son seul profit présent et futur et celui de ses amis du capital !

Oui nous devons reprendre en main l'économie du pays et ses outils de production !

Oui par expérience nous devons les sauver des charognards et les protéger encore plus de ceux qui ne pensent qu'à récupérer leur actif !

Oui les ouvriers et employés d'ArcelorMittal de Florange sont des exemples par leur action et crient haut et fort le mot RESISTANCE !

Oui nous devons relancer et continuer le combat qu'a initié Raymond Aubrac et c'est le plus grand hommage que nous pouvons lui rendre !

Le moment est venu, notre démocratie nous a encore et heureusement laisser l'outil adéquat, dans 10 JOURS exactement nous pouvons encore sauver notre avenir et celui de nos enfants en votant Front de gauche !

                                                                                                  melenchon-8-df0f9.jpg

 

A lire sur R AUBRAC par le seul historien sérieux sur la période ,l'homme, les lieux,les forces politiques etc..  :

ROBERT MENCHERINI

LA LIBERATION ET LES ENTREPRISES SOUS GESTION OUVRIERE  (Marseille1944-1978 ) L'HARMATTAN ,1994 

Et les 3 vol  du même auteur chez SYLLEPSE :  MIDI ROUGE ,OMBRES ET LUMIERES (histoire politque et sociale de Marseille et des Bouches du Rhône de 1930 à 1950) sur R.AUBRAC le tome 3 en particulier. GP

Je me souviens d'avoir parler un jour avec Serge Ravanel, Raymond Aubrac et Maurice Kriegel-Valrimont et je leur ai dit, une phrase du genre: On parle beaucoup du Parti Communiste dans la Résitance, mais pourquoi ne dit-on pas que la résistance française est aussi une résistance juive? Cela les a beaucoup amusé... et ils ont dit que ce n'étaient pas correct politiquement. L'article de Marianne est lui aussipeu correct. Et c'est dommage de sortir cela au moment d'un enterrement. Où est la vérité? Je ne suis pas juge, ni historien. Cela me paraît juste déplacé et polémique. Je pense que c'est bien plus contraté que ce que raconte ce papier.

Pourquoi ne dit-on pas aussi que la résistance française fut ausssi accessoirement espagnole et maghrébine  sinon arménienne, catholique encore parfois   et protestante assez sensiblement et puis noire aussi dans les colonies.Il est par contre assez correct de dire que les français, eux, ont plutot collaborés.

Vous avez répondu vous même, les résistants, dont Aubrac, ne voulaient surtout pas que nous commencçions à nous réclamer d'une quelconque minorité visible ou pas.

 

J'avais cru que la remarque d'Aubrac et des autres sous-entendaient le contraire!

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