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May

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Edvige, j'écris ton nom

Sur mon blog, d'éternel étudiant, Edvige, j'écris ton nom, et toi Edvige, comme dans Face book, tu prends mes mots pour des clichés, et tu me rentre dans ta base de données.

Edwige est un prénom germanique. Je ne pensais pas avant de connaître ce prénom qu’il suffisait d’un changement d’orthographe pour que la liberté soit menacée. Le W devient V comme dans une cure d’amaigrissement. Comme s’ils avaient enlevé la lettre qui aurait pu rappeler de mauvais souvenir… W restera à Perec ! Mais le V n’est plus le V de la victoire.
« EDVIGE » (pour Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) vient de recevoir son Décret de naissance. Le Décret à un joli numéro le  632 de  2008, 2008-632 ce 27 juin 2008 et il porte création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel. Le ministre de l'intérieur est autorisé à mettre en oeuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités :
De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités.

Se demander pourquoi un tel fichier est constitué c’est trouver la réponse… Sous condition ? Comme tout cela est bien dit ? Cela me fait penser à la liberté sous condition ! En France aujourd’hui qu’elles sont les conditions de la liberté ? Vous avez trois heures, deux feuillets ?
Le décret permet aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. Compatible ? c’est une question de rhésus sanguin ? C’est vrai qu’il y a des prises de position peu compatibles avec la démocratie ? Par exemple ce décret ! Est-ce que cela commence avec ce genre de fichier la dictature ? En tout cas toute dictature se doit d’avoir un tel outil, c’est certain… J’en ai déjà trop dit ma position devient vraiment incompatible avec ma profession. À la télévision, les chargés de programme me disent de manière sympathique que je ne suis pas là pour parler de mes opinions mais seulement pour constater des faits. Chez ARTE pendant des années la personne qui s’occupait du magazine que je réalisais me disait que je n’étais pas là pour parler de  mes lubies personnelles. C’était il y a plus de dix ans, je voulais faire des sujets sur le dérèglement climatique… Qu’est ce que c’est un comportement compatible avec l’exercice de ses fonctions ? Je vais devoir me poser sérieusement la question si je veux augmenter mon pouvoir d’achat ? Est-ce que c’est compatible avec ma fonction de réalisateur d’écrire qu’en France aujourd’hui… Mais non je ne peux pas l’écrire, j’ai signé un papier m’enjoignant la discrétion… Cela s'appelle un engagement de confidentialité... Pour être engager... à travailler, il faut renoncer à s'engager dans la mauvaise voie qui fait fleurter avec Edvige... Le monde est bien fait. Ah, j'oubliais, chez Tintin, on rigole de 7 à 77 ans, chez Edvige, il y a une certaine pudeur, le fichage ne commence qu'à treize ans, par contre no limit, ensuite, c'est qu'on les aime nos vieux...

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Il y a un côté sous-marin très intéressant dans votre écriture, si Médiapart avait des taupes partout, on serait les meilleurs Renseignements Généraux du monde, en plus, démocratiques! Une première! J'aimerais plus de tuyaux ente nous.

J'ai un peu de mal à comprendre votre ironie, mais c'est probablement parce que je sais qui vous êtes et d'où vous parler. Si c'est les infos brut dont vous parler, voilà. Pol Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE » NOR: IOCC0815681D Le Premier ministre, Sur le rapport de la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, Vu le code de procédure pénale, notamment son article 777-3 ; Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment son article 26 (I à III) ; Vu le décret n° 85-1057 du 2 octobre 1985 modifié relatif à l'organisation de l'administration centrale du ministère de l'intérieur et de la décentralisation, notamment son article 12 ; Vu le décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l'application du I de l'article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ; Vu l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés en date du 16 juin 2008 ; Le Conseil d'Etat (section de l'intérieur) entendu, Décrète : Art. 1 Le ministre de l'intérieur est autorisé à mettre en oeuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités : 1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ; 2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ; 3. De permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. Art. 2 Conformément aux dispositions de l'article 6 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, et dans la stricte mesure où elles sont nécessaires à la poursuite des finalités mentionnées à l'article 1er du présent décret, les catégories de données à caractère personnel enregistrées dans le traitement mentionné à l'article 1er et concernant des personnes physiques âgées de treize ans et plus sont les suivantes : ― informations ayant trait à l'état civil et à la profession ; ― adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ; ― signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ; ― titres d'identité ; ― immatriculation des véhicules ; ― informations fiscales et patrimoniales ; ― déplacements et antécédents judiciaires ; ― motif de l'enregistrement des données ; ― données relatives à l'environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle. Les données collectées au titre du 1 de l'article 1er du présent décret ne peuvent porter ni sur le comportement ni sur le déplacement des personnes. Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l'appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l'article 1er que de manière exceptionnelle. Il est interdit de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules informations. Le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de la photographie. Les données concernant les mineurs de seize ans ne peuvent être enregistrées que dans la mesure où ceux-ci, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public. Les données collectées pour les seuls besoins d'une enquête administrative peuvent être conservées pour une durée maximale de cinq ans à compter de leur enregistrement ou de la cessation des fonctions ou des missions au titre desquelles l'enquête a été menée. Art. 3 Dans la limite du besoin d'en connaître, sont autorisés à accéder aux informations mentionnées à l'article 2 : ― les fonctionnaires relevant de la sous-direction de l'information générale de la direction centrale de la sécurité publique, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur central de la sécurité publique ; ― les fonctionnaires affectés dans les services d'information générale des directions départementales de la sécurité publique ou, à Paris, de la préfecture de police, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur départemental ou, à Paris, par le préfet de police. Peut également être destinataire des données mentionnées à l'article 2, dans la limite du besoin d'en connaître, tout autre agent d'un service de la police nationale ou de la gendarmerie nationale, sur demande expresse, sous le timbre de l'autorité hiérarchique, qui précise l'identité du consultant, l'objet et les motifs de la consultation. Art. 4 Le traitement et les fichiers ne font l'objet d'aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d'autres traitements ou fichiers. Art. 5 Conformément aux dispositions prévues à l'article 41 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le droit d'accès aux données s'exerce auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Le droit d'information prévu au I de l'article 32 et le droit d'opposition prévu à l'article 38 de la même loi ne s'appliquent pas au présent traitement. Art. 6 Sans préjudice de l'application de l'article 44 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le directeur général de la police nationale rend compte chaque année à la Commission nationale de l'informatique et des libertés de ses activités de vérification, de mise à jour et d'effacement des informations enregistrées dans le traitement. Art. 7 Le présent décret est applicable sur tout le territoire de la République. Art. 8 Le présent décret entre en vigueur le jour de l'entrée en vigueur du décret n° 2008-631 du 27 juin 2008 portant modification du décret n° 91-1051 du 14 octobre 1991 relatif aux fichiers gérés par les services des renseignements généraux et du décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l'application du I de l'article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978. Art. 9 La ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales est chargée de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. Fait à Paris, le 27 juin 2008. François Fillon Par le Premier ministre : La ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie

"RG machine". C'est Top!

Et puis il y a cela aussi le communiqué du syndicat de la Magistrature... Je n'aurais jamais osé titré mon billet "la vie des autres" parce que je ne crois pas que le système de renseignement français fraîchement remanié soit comme la Stasi. Il me semble que cela est un peu exagéré, mais les magistrats ont plus d'information que nous! non? Pol Paris, le 2 juillet 2008 Communiqué de presse : « La vie des autres » avec EDVIGE Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé EDVIGE, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s’investir pour leur cité. Il est également prévu de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions, sur la base des éléments figurant dans le fichier EDVIGE. L’enregistrement des données à caractère personnel n’a aucune limite, ni dans le temps ni dans son contenu, puisque pourront être répertoriées toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, à l’appartenance ethnique, à la vie sexuelle, aux opinions politiques, philosophiques et religieuses, au patrimoine, au véhicule etc…. Si le décret du 14 octobre 1991 permettait déjà aux Renseignements Généraux de récolter et détenir des informations sur les personnes majeures impliquées dans le débat public, EDVIGE étend considérablement le champ des données collectables, comme les motifs justifiant le fichage. En effet, il s’agit aujourd’hui d’informer le gouvernement sur des individus engagés et non plus de lui permettre d’apprécier une situation politique économique ou sociale. Malgré les recommandations du Conseil de l’Europe et les nombreuses réserves de la CNIL concernant ce fichier, le gouvernement fait le choix d’adopter un mode de recensement des populations particulièrement attentatoire aux libertés et au respect de la vie privée. De même que la rétention de sûreté a vocation à prévenir d’un crime hypothétique, EDVIGE pourra avoir vocation à se prémunir contre toute forme d’opposition. En effet, comment ne pas rapprocher EDVIGE (on s’interrogera au passage sur le choix d’un prénom féminin) d’un contexte autoritaire plus global qui remet en cause l’indépendance des médias, comme celle de la Justice, et qui mène une lutte permanente contre les acteurs du mouvement social ? Cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne. Le Syndicat de la magistrature appelle à la mobilisation contre la mise en place de ce fichier d’inspiration anti-démocratique et examinera toute forme d’action juridique pour empêcher sa mise en oeuvre.

Pardon POL, je crois que vous m'avez mal compris, je me félicitais de vos billets et vous félicitais pour vos prises de parole depuis le coeur de la machine médiatique, bien que ARTE reste marginale. L'ironie était dans l'intérêt de votre position dans et hors le pouvoir à la fois. Je n'étais pas en train de vous traiter de RG ou je ne sais quoi. Excusez-moi alors pour la confusion que j'aurais pu provoquer. Quant à savoir si vous me connaissez et savez d'où je parle, je ne savais pas que j'étais aussi transparent, identifiable ou prévisible, je m'en réjouis alors...

Et non, ce qui m'intéressait, c'était justement les informations secondaires, humaines que vous apportez et non brutes, je ne les lis pas en général, à moins de les prendre comme archives, mais là n'est pas mon travail, en tout cas à Médiapart. Je vous demandais juste de continuer cette écriture quelque peu clandestine, échappée, comme inavouée. Excusez encore une fois le quiproquo, ça doit être de ma faute. Bien à vous!

aucun problèmes, je n'arrivais pas à saisir votre point de vue. Je ne suis pas monté sur mes grands chevaux. J'ai essayé de poser une question et vous y avez répondu merci. Pol

POL, je ne suis pas sûr qu'il fallait voir dans la remarque de Gwénael une quelconque ironie.. Mais je me trompe peut-être...

je suis un peu parano, sorry Pol

Bravo pour "le souvenir d'enfance" de GP

« toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif »
J'ai eu chaud, paske quand à 14 ans j'ai voulu jouer un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif et que j'ai sollicité, exercé un mandat politique, syndical ou économique ça n'existait pas....
Plus c'est gros, mieux ça passe!
Bon, juste merci de ne pas avoir jugé bon de surestimer la délinquance "issue de la diversité" volontairement dans le but de faire passer cette horreur, parce que ça, ça aurait vraiment été dégueulasse.

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