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Aude Amiot, une disparition?

© pol

L’enterrement d’Aude Amiot, une actrice, a eu lieu, jeudi 6 septembre 2012, à Tours, sa ville natale (La Nouvelle République Du Centre Ouest 08/09/2012 ). J’ai eu du mal à écrire ce texte, tant ma tristesse et ma colère étaient grandes. Pourquoi une mort naturelle, après ce qu’on appelle une longue maladie, me rendrait furieux ? Ce décès ne devrait-il pas seulement déclencher de la compassion ?

Il n’y aura pas de scandale, l’excommunication catholique n’a plus court, depuis longtemps. L’Église avait pendant longtemps exclu les comédiens de la communion et les avaient catalogués au même rang que les prostituées (l'un comme l'autre exprimant - verbalement ou par leur corps – une situation feinte que l'Église estimait nocive) mais ce genre de connerie est terminé depuis la Révolution Française. Il n’y aura pas de scandale, Aude est morte dans son coin, et cela n’a pas fait la Une des journaux.  Un décès normal, loin de ce que la société veut voir. Alors où serait l’ignominie ?

Mon indignation vient de l’âge d’Aude Amiot, c’était une jeune femme de 48 ans, et s’il est indécent qu’une mort soit prématurée dans le cas d’Aude, c’est  abject. Légère, optimiste, pétillante, drôle, mais grave à la fois, cette actrice est morte, trop jeune, trop vite, trop isolée, trop délaissée par les metteurs en scène, trop peu servie en rôle. Son indispensable talent n’a pas été employé comme il fallait ! Pourquoi ? Elle avait du talent, Elle a passé sa vie à être en condition de jouer, à répéter pour elle, à entretenir ce corps qui était son outil et qui l’a lâché, de désespoir de ne pas servir son art. Elle n’est pas morte de cette maladie qui l’a emportée, elle est morte de l’impossibilité de s’exprimer et du malheur de ne trouver aucun moyen de guérir cette impuissance. Elle est passée de la précarité sociale, à la vulnérabilité vitale ! Comme souvent pour les précaires ! La déception, le deuil de toutes ses potentialités rendent malade et finissent par prendre la place de l’élan vitale. ‘

26 avril 2009, Aude surprise au bas de son escalier.26 avril 2009, Aude surprise au bas de son escalier. © pol

Pourquoi, une si pétulante actrice a-t-elle si peu travaillée ?

Je trouve une réponse dans un livre qu’elle n’aurait pas lu – elle qui ne faisait que cela pour écrire un livre qui ne sera jamais édité -. Jean Claude Guillebaud dans Une autre vie est possible, page 67, – je cite – Voilà plus d’une génération que nous sommes entrés dans une société de la précarité, du chômage de masse et de la dureté sociale. Vous me direz, pourquoi citer Jean-Claude Guillebaud ? Parce que si je vous citais Jean-Luc Mélenchon, vous me diriez que cela fait partie de son fond de commerce. Pourquoi parler de précarité à propos d’une actrice. Peut –être vous ne le savez pas, mais bien des acteurs reconnus, encensés, célèbres, ont comme moi des difficultés à commencer le début du mois.

Jean-Luc Godard l’avait fait tourner Aude deux fois (Hélas pour moi en 1993 par exemple). En 2003, elle avait joué dans flux un court métrage de Florent Geslin. En 1998, dans Une Passion court-métraged’Yves Bernanos. Elle racontait que si Drancy avenir – où elle a le premier rôle, en 1997 – était un long-métrage c’était parce qu’elle avait poussé Arnaud des Pallières à modifier son projet – au départ plus modeste. Phillipe Garrel l’avait employée dans Le cœur fantôme en 1995. Elle avait tourné dans une folie douce de Frédéric Jardin en 1994 et dans la nage indienne de Xavier Durringer, en 1993.

Pensez donc, au martyr d’ Aude Amiot.

Vous allez me dire, le chagrin vous aveugle, vous écrivez, n’importe quoi ? Les mots dépassent votre pensée. Et je vous répondrais, non, il y a en France, des talents magnifiques, des êtres touchés par la grâce que le système  (je n’ai pas d’autre concept à proposé aujourd’hui) laisse au bord, ne laisse pas s’exprimer, ne permet pas d’éclore. Et il faut souvent une énergie surhumaine pour survivre quand on est quasiment seule, comme elle, à connaître son talent. Ce talent qui demande tant d’exigence, cette exigence qui fait si peur à ceux qui tiennent les places. (Je ne parle pas pour moi, je m’en tire, je suis plus vieux, j’ai commencé assez tôt pour trouver une petite place au prés du radiateur, on me fait encore l’aumône d’un travail que quelquefois on me paie - jamais au temps passé, jamais à l’énergie dépensée, juste de quoi, ne pas se tirer une balle) C’est assez simple, mon carnet d’adresse est rempli de noms, d’acteur, de réalisateur qui sont entrain de crever de misère. À, oui direz-vous, les intermittents  (belle lurette qu’ils ont tous été éjectés de la maison Assedic) J’écris pour Aude, mais je pourrais tout aussi bien parler d’Arthur, Velso, Philippe, Radah, Yves, mes copains de la 30éme promotion de l’IDHEC (1974-1977) (Institut des Hautes Études Cinématographiques) qui sont aussi déjà mort, bien jeune, emporté par des maladies, symptôme de leur épuisement à ne pas trouver un moyen de travailler.  

 

Aude avait une incroyable énergie, passion, rage de vivre, elle a toujours été trop ! Qui aurait pu dire que sa disparition aurait été trop tôt. Trop révoltée et trop rageuse, elle en a trop payé le prix ! Trop apte à se lancer corps et âme dans des aventures artistiques. Elle affutait son outil, elle, tous les jours dans l’attente du rôle, du texte à jouer. Elle y croyait toujours, s’appuyant sur son esprit frondeur, et finissant par admettre que sa beauté n’avait pas été une arme suffisante, pour faire carrière – carrière ce mot si dégoûtant. Elle avait l’impression de laisser en friche tout ce talent et s’appliquait comme les soldats du désert des Tartares à être là, tous les jours, sur les remparts de la création, prête à en découdre. Mais le texte n’est pas venu souvent. Elle connaissait son talent, qui était grand, original et professionnel. Et elle a fini par lâcher prise.

 

Je ne suis que documentariste, je lui ai fait dire des commentaires, quelques fois, il me faut deux trois ans pour faire un film (ou bien plus),  je pouvais donc lui offrir un cachet de quelques heures de travail, tous les deux, trois ans… Elle écrivait des poèmes, travaillait sur l’histoire de la Pologne et de la deuxième guerre mondiale. Elle avait inventé une langue à elle qui reprenait la sonorité du Polonais, elle s’occupait rageusement comme une intermittente qui aurait cru que son statut voulait dire d’avoir différentes personnalités et nationalités tour à tour. Tours qu’elle avait fui avec raison.

Au fond je ne sais pas grand chose de sa vie qu’elle a vécu en brûlant la chandelle par les deux bouts, en fonçant dans bon nombre d’expériences dont elle ne parlait pas à tous. Au fond, comme un curé, je devrais dire qu’elle a vécu intensément, mais j’ai la rage au cœur de ne pas avoir pu faire aboutir certains projets, films de fictions, ou j’avais délicatement ciselé quelques rôles qui lui auraient allés comme un gant.

Nos projets avortés – j’emploie le terme à dessein – pèse souvent d’un poids plus lourd que ceux que nous avons fait aboutir.

Pour lui rendre hommage je mets ici l’adresse d’un documentaire que j’ai réalisé où elle dit le commentaire. La qualité de la copie est exécrable, le film a été placé là par la volonté de quelqu’un qui serait qualifié de pirate.

http://www.dailymotion.com/video/xbx0r9_de-l-usage-politique-des-armes-de-d_webcam
Aude était une voyelle, féminin de voyou, elle aimait les pirates.

1 commentaire sélectionné par Mediapart

Tous les commentaires

13/09/2012, 16:14 | Par jean-philippe vaz en réponse au commentaire de Patrig K le 13/09/2012 à 07:51

Aude

Aude là ?

Au delà...

Et de là haut, cette Aude là est une ode, l'eau de la vie...

14/09/2012, 19:40 | Par pol en réponse au commentaire de jean-philippe vaz le 13/09/2012 à 16:14

Oui une ode à l'aube pour aude

13/09/2012, 08:57 | Par marie laure veilhan

merci pol,

j'irai la voir aussi, à défaut d'avoir su, ou pu, faire sa rencontre de son vivant. Vous avez raison, je connais plein d'intermittents du spectacle, plein de merveilleux créateurs, artistes, humains, qui sont partis dans la vie en naviguant au gré de leurs inspirations et qui l'ont payé. Qu'ils l'aient payé "cher" (de leur vie, parfois...) ou "pas trop" (les emmerdements d'une vie matérielle difficile, du fait qu'on ne rentre pas dans les cases imposées par le système, que son talent n'est pas reconnu... un piano qui reste désaccordé, un appareil photo un peu vieux, l'impossibilité de sillonner les festivals, je ne sais...), ça, ça n'a que peu d'importance. Je partage un peu de votre colère à chaque fois que l'élan vers le beau, la création, est avorté par des "raisons" ridicules: le profit, la "demande du public", les "exigences matérielles"...

Votre parole crée, et donne envie de créer. Quoi qu'en disent (et fassent, malheureusement...) ceux qui déterminent notre pouvoir d'achat, voilà ce qu'est être utile au monde.

Je ne sais pas si vous aimez écouter Bach. Votre hommage à Aude me donne envie d'écouter ça, et de vous le faire partager:

http://www.youtube.com/watch?v=cMlgyCb6vfg

Horowitz, jouant le prélude (cantate?) 639 de Bach, repris par Tarkowski dans "Solaris"

13/09/2012, 11:11 | Par Anne Guérin-Castell

Vous lisant, Pol, et partageant votre tristesse, plus encore que des projets magnifiques qui n'ont jamais abouti, me revient le souvenir du cinéaste David Achkar, mort d'épuisement à la veille du tournage de son second long métrage, après une bagarre de plusieurs années afin de trouver le financement, parfois contre des producteurs irresponsables, à laquelle est venue s'ajouter la fatigue du repérage. Alors que son premier long métrage, Allah Tantou (À la grâce de Dieu), fait l'objet de plusieurs études universitaires, notamment cinématographiques, aux États-Unis, où Peter Sellars l'avait fait connaître.

13/09/2012, 10:05 | Par Marie Lavin

Merci pour elle de ce texte de rage juste.

13/09/2012, 10:16 | Par Erreur 403

Petite précision historique : une seule Constitution, dans l'histoire de France, contenait un article qui stipulait "Sont réintégrés dans la Communauté Nationale, les saltimbanques, les travestis et les prostituées." C'est celle du 24 Juin 1793, qui ne fut jamais appliquée. L'article fut supprimé pour toujours à partir de la Constitution du Directoire (Août 1795).

Par conséquent, de jure, les saltimbanques, travestis et prostitué(e)s ne font pas partie de la communauté nationale.

Ca ne console pas, mais c'est utile à savoir.

13/09/2012, 15:33 | Par pol en réponse au commentaire de Erreur 403 le 13/09/2012 à 10:16

Cher Jean-Yves Bouchicot, ce n'est pas forcément le lieu de compter les boutons de guêtre, mais c'est Maximilien Robespierre qui demanda la réintégration des comédiens, dans le même discours, il demandait que les juifs ne soient pas non plus exclus. il fallut un peu plus de temps pour les juifs... à être accepté par les députés révolutionnaires.

13/09/2012, 10:28 | Par Stone

Je l'ai connu, je l'appelais dans mon esprit sans jamais le dire "La femme enfant" J'ai appris son décès hier... autant vous dire que je suis choqué et profondément triste. C’était une grande Dame et les mots me manque pour exprimer ma tristesse. Merci bcps pour votre article. En pleurs

13/09/2012, 12:55 | Par Tomasz H.

POL, merci par vos mots de faire encore exister cette comédienne que j'aurais aimé connaître.

 

13/09/2012, 10:42 | Par Juliette BOUCHERY

Pour certains, les rencontres s'enchaînent, tout s'aplanit, tout coule de source et ils peuvent créer, librement, toute leur vie. Et il y a les autres. Je connais l'horrible colère-panique de voir la vie passer avec des embrasements trop brefs.

13/09/2012, 10:45 | Par Gavroche.

Sans compter tous ces "intermittents" passés à la trappe, parce que trop vieux à cinquante balais... Plus dans le ton de l'époque, pas assez commerciaux, plus bons à rien.

Comme Jean Prat, le réalisateur des Perses, diffusés en octobre 1961 à la téloche, à 20 h 30, s'il vous plaît. Suicidé à 64 ans.

Hommage de Marcel Bluwal à Jean Prat

Aujourd'hui, à 20 h 30, on a du Delarue, et on en glose des plombes...

13/09/2012, 10:50 | Par Grain de Sel HV

************************

13/09/2012, 11:02 | Par JJMU

Merci, POL, de nous redire ce qui est au-delà du supportable avec la précarité contre laquelle nos amis et nous nous débattons.

Il faut que la vie gagne sur ces forces de mort. Il le faut. Pour ceux qui viendront après nous.

Laisser cette trace du pas qui avance, du coeur qui bat, de la main qui offre, qui pousse et qui retient. Vivre. Seulement vivre. Merci.

Jean-Jacques M’µ

13/09/2012, 11:02 | Par Marteljea

BONJOUR,

Toutes mes condoléances pour cette personne que le système se garde bien de faire connaître.

Mais mon cher POL, comment pouvez vous imaginer que des personnes de grand tallant puisse arriver à percer cela obligerait la société à remettre les vraies valeurs à leurs juste place.

Que voulez vous que sa change, un Riche hurluberlu prends la nationalité d'un autre pays, et le "Per si dent" Ne fait rien et en rigole.

Par désespoir j'ai voté pour cet énergumène en sachant fort bien que rien ne changerais.

Merci pour votre article qui à le mérite de tirer la sonnette d'alarme, et permettre à vos lecteur convaincu de prendre conscience du désastre culturel voulu en Europe.

Je ne peu faire autre chose que de m'associer à ce grand malheur.

Mais la goutte d'eau finit toujours par arriver à l'océan.

Que la Paix, l'Amour, la Joie soit en le Coeur de tous, afin de repousser un peu plus l'ignorance et la honte d'être Français

Cordialité

Jean-Pierre.

13/09/2012, 12:31 | Par Leséparges

Emotion et tristesse partagées .

13/09/2012, 12:38 | Par denis bourgois

Le talent n'engendre plus le succès. Mieux vaut aujourd'hui en France être FFD (fils et fille de) pour percer dans ce petit monde minable du spectacle. La liste serait longue des FFD qui polluent nos écrans et notre ouie. Faites un test, prenez un acteur, une actrice, un chanteur, un producteur et regardez son pedigrée..... la plupart prennent la place de jeunes qui n'auront jamais l'occasion de montrer leur talent. Certains OSERONT vous dire combien il est difficile de se faire un PRENOM. Quelle indécence, doublée de bêtise !!!!

13/09/2012, 12:52 | Par jafr

Quand on regarde un champs fleuri, on peut se dire que si les fleurs pensaient, combien parmi elles, dont les plus belles, passent leurs vies dans l'attente d'être cueillis, de faire partie d'un bouquet, d'une fête, d'une reconnaissance.
Ne pas être ainsi distingué signifie-t-il un échec total pour autant? Quelqu'un les a vues et elles on ravi ce regard sans le savoir, et puis, les abeilles sont passes par là…
Celles qui sont mortes dans un vase présidentiel ou dans une couronne de fleurs ont elles eu plus de chance? Peut-être seulement.

13/09/2012, 14:31 | Par Juliette BOUCHERY en réponse au commentaire de jafr le 13/09/2012 à 12:52

Joli... mais l'analogie ne fonctionne pas : les fleurs n'ont qu'à être, les artistes veulent travailler.

13/09/2012, 15:37 | Par jafr en réponse au commentaire de Juliette BOUCHERY le 13/09/2012 à 14:31

Quant au travail, le sort d'Aude rejoint le sort des millions des chômeurs …

13/09/2012, 15:40 | Par pol en réponse au commentaire de jafr le 13/09/2012 à 15:37

@jafr, je suis tout à fait d'accord avec vous... On meurt aussi de perdre n'importe quel emploi... On se suicide pour dettes etc...

 

13/09/2012, 18:36 | Par jafr en réponse au commentaire de pol le 13/09/2012 à 15:40

Reste le deuil. Toutes mes condoléances, Pol.

13/09/2012, 15:39 | Par pol en réponse au commentaire de la dame du bois-joli le 13/09/2012 à 13:21

Chère dame du bois-joli, le martyr est un mot fort que j'assume, son martyr ce n'est pas d'être morte c'est de ne pas avoir joué! Et si elle n'a pas joué, ce n'est pas dû à son manque à elle, à vous, à moi, mais à une société la tête à l'envers qui préfère payer des banquiers que des saltimbanques, (des sauteurs sur le banc) son martyr vient que nous n'avons pas fait sauter la banque... Si j'écris martyr c'est parce que pour moi Aude est un symbole.

Je suis de tout cœur avec vous.

14/09/2012, 10:50 | Par Gavroche. en réponse au commentaire de pol le 13/09/2012 à 15:39

Le monde qui préfère payer des banquiers que des saltimbanques. C'est tout à fait ça.

Et quand je regarde l'audiovisuel public, qui embauche des standardistes ou des secrétaires sous le statut d'intermittent, juste pour que leur salaire misérable soit "compensé" par les assedics, tout ça pour le plus grand profit des sociétés de prod, j'enrage ! Même si le problème est le même pour tous les pauvres de la terre. 

Oui, il est grand temps de faire sauter la banque ! Criant

14/09/2012, 20:24 | Par BF en réponse au commentaire de la dame du bois-joli le 13/09/2012 à 13:21

Avec ou sans talent, artiste ou caissière ou que dalle, le fait est que la logique dans laquelle nous sommes est destructrice pour de nombreux êtres humains. Là est le problème. L'artiste est un prolétaire comme un autre, pas un élu qui du fait de son talent mérite davantage d'attention que le dernier des derniers. Voici sa place.

"Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes et l’on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme."

Arthur Cravan

25/10/2012, 14:24 | Par Lefrançois en réponse au commentaire de la dame du bois-joli le 13/09/2012 à 13:21

mourir n'est pas un martyre c'est vivre une passion sans pouvoir l'assouvir qui l'est.

13/09/2012, 22:32 | Par Silvagni en réponse au commentaire de alain chauvet le 13/09/2012 à 14:27

I DIED for beauty, but was scarce    
Adjusted in the tomb,    
When one who died for truth was lain    
In an adjoining room.    
 
He questioned softly why I failed?            5
“For beauty,” I replied.    
“And I for truth,—the two are one;    
We brethren are,” he said.    
 
And so, as kinsmen met a night,    
We talked between the rooms,            10
Until the moss had reached our lips,    
And covered up our names.

13/09/2012, 22:45 | Par denis bourgois en réponse au commentaire de alain chauvet le 13/09/2012 à 14:27

Waohhhh, je n'avais pas relu Emily Dickinson depuis mes années de fac....  tous ces souvenirs qui remontent...  thank you so much !!!

13/09/2012, 15:16 | Par ARySQUE

Merci pour elle et merci pour tous les talents qui se battent contre des moulins à vent. Pas pour la gloire, juste par nécessité.
Juste parce que cela seul a du sens.
Encore merci : votre émotion doit recharger les batteries de bien des talents trop ignorés, elle les sort de la solitude.

13/09/2012, 15:37 | Par messager2b

LA MORT N'EST PAS UNE PUNITION! PAIX A SON AME .

13/09/2012, 15:41 | Par pol en réponse au commentaire de messager2b le 13/09/2012 à 15:37

@ messager2b, la mort peut être une délivrance, la punition a été donné ici-bas, dans cette société, où les jeunes ne peuvent entreprendre parce que des voraces accaparent tout

13/09/2012, 15:46 | Par Patrig K en réponse au commentaire de pol le 13/09/2012 à 15:41

tes zartis Aristos , de père en fils ... le patrimoine, plutot que le talent, les réseaux plutot que la belle plume

13/09/2012, 15:59 | Par lorreine ash

je regrette vivement de ne pas l'avoir connu, sincèrement...

13/09/2012, 16:50 | Par JACQUES PERRUCHON

J'aurais pu, j'aurais dû être ému par cet article, mais je n'y ai vu qu'une multitude de fautes d'orthographe qui le parasitaient. C'est de l'irrespect pour la jeune artiste qui vient de disparaître.

15/09/2012, 14:02 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de JACQUES PERRUCHON le 13/09/2012 à 16:50

 Ya pas foto, Perruchon t'es un con. Gros n'est pas de trop.

13/09/2012, 18:23 | Par Aris Botza en réponse au commentaire de JACQUES PERRUCHON le 13/09/2012 à 16:50

C'est plutôt ce commentaire de cuistre qui est à la fois du parasitage et de l'irrespect.

Inept, hors de propos, déplacé...

Con.

13/09/2012, 18:28 | Par sinoué en réponse au commentaire de JACQUES PERRUCHON le 13/09/2012 à 16:50

Jacques Perruchon,

Je vois que les fautes d'ortographe vous émeuvent plus que le sens des mots. Vous me direz qu'ils vont toujours de gauche à droite! Si les fautes d'orthographe sont un manque de respect, elles ne sont que manque de respect de la langue Française et surtout pas un manque de respect à Aude. Parfois on a tellement de respect pour la personne qui nous fait écrire, tellement d'émotions qui noyent le clavier, au point que les doigts en glissent sur les touches, cherchent intensément le sens des mots, libèrent le flot des phrases, et déchainent la tempête du sens, du vrai sens, celui des sens, l'essence du vivant, pour réussir à toucher le rivage des internautes et partager un peu de la douleur universelle.

 

Quelques lettres oubliées par ci par là, ne font qu'alléger le poids de notre douleur... 

13/09/2012, 22:43 | Par denis bourgois en réponse au commentaire de JACQUES PERRUCHON le 13/09/2012 à 16:50

Ben faut t'remettre ma Perruche, tu sais que Einstein et Jules Verne en faisaient encore davantage ????  Pov' tâche !!!

13/09/2012, 18:42 | Par SAINE COLERE

Sinoué .

Qu'en termes choisis , et avec quelle délicatesse ,vous rendez hommage à cette jeune femme disparue et j'espére donnez à pol le courage à surmonter cette épreuve .

13/09/2012, 18:46 | Par SAINE COLERE

Pol ,

 Sans vous connaitre , mais à vous lire fréquement , permettez moi de saluer CELLE ,

qui bien que partie , restera à jamais présente en votre vie .

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

14/09/2012, 00:22 | Par pol en réponse au commentaire de theo tymen le 13/09/2012 à 19:09

Cher Polig, je n'oublie pas les morts des autres, aucune douleur de l'un n'effacera celle des autres... il a presqu'un sdf qui meurt en France par jour, presque deux mort d'accident du travail, et 10 000 suicidés, j'aimerais avoir le nom et l'histoire de cet ouvrirer ariégois, et pas seulement un compte-rendu de fait divers

13/09/2012, 20:12 | Par graine

Qu'écrire ? : Tristesse devant la disparition d'une artiste, vous lui rendez un bel hommage.

Pensées à tous ceux et celles (intermittents ou non ) victimes du travail... de son absence... luttant contre "la maladie " !

 

14/09/2012, 00:23 | Par pol en réponse au commentaire de graine le 13/09/2012 à 20:12

oui et on pense à tous ceux que le néolibéralisme écarte, et détruit.

13/09/2012, 22:31 | Par josie francois

Vous avez raison d'exprimer votre révolte et de rendre un hommag à celle dont le talent n'a pas été reconnu.

Elle ne devait pas être "fille de..."  L'égalité des chances n'est plus qu'un concept dépassé en France.

13/09/2012, 23:50 | Par Jim Efpé

Bel et émouvant hommage. envie de le partager.

L'époque obscure dans laquelle nous vivons n'est malheureusement pas à la reconnaissance des talents humains (artistiques ou scientifiques et plus généralement intellectuels ou manuels...)

L'élitisme se construit sur d'autres bases bien peu porteuses d'avenir à mon goût.

Pleurons Aude mais grâce à votre témoignage espérons en un avenir meilleur.

13/09/2012, 23:42 | Par jamesinparis

Magnifique hommage. Mais bien plus qu'un hommage.

14/09/2012, 09:02 | Par Bernard Sallé

Oui, les talents sont là (Spielberg disait, en gros, qu'il n'en avait jamais vu autant qu'en France), le contexte est mauvais, la demande médiocre, les décideurs (artistiques) frileux, et pourtant il faut continuer, au risque du sacrifice.

"J'ai servi la beauté

m'était-il en effet

quelque chose de plus grand ?"

(Sapho)

Emotion, sympathie, empathie.

Un ancien de l'IDHEC, un peu avant.

14/09/2012, 10:29 | Par nelfontaine

Merci pour cet article qui met en lumière, au delà de l'émotion, et par l'émotion, la souffrance de milliers d'êtres qui ne peuvent exprimer ce pour quoi ils sont là (leur dharma diraient les hindous et les bouddhistes), et c'est vrai qu'il y a de quoi être en colère - pour ne pas en être desespérés. Dans ce monde, cette société, rien n'est à sa place, et surtout pas les dominants, incultes, bornés, avides, égoïstes...

Merci pour le poème d'Emily Dickinson : la poésie, seule consolation et seule arme contre le mensonge des "que voulez-vous, c'est comme ça..."...

 

 

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