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Provocation

photo prise sur mon écran de télévisionphoto prise sur mon écran de télévision© pol
Il n’y a pas d’autre spectacle qui ressemble autant à une émeute que l’entrée de la foule dans un magasin qui ouvre le premier jour des Soldes. J'ai vu, au journal télévisé, une bagarre générale pour les quelques écrans plats, vendus à prix cassés. Il faudrait décerner une récompense honorifique pour consacrer le cynisme de la marque Desigual qui réussit à faire mettre les consommateurs – de leur plein grés  - en petite culotte pout bénéficier de 2 vêtements gratuits, le premier jours des Soldes. En Espagne, il semble que les clients devaient se présenter nu. Peut-être les responsables du marketing de Desigual ont voulu que leurs clients soient un peu plus habillés pour l’hiver. Il faudrait souligner le soin pédagogique avec lequel la marque Desigual réussit à humilier comme il se doit les acheteurs. Il faut souligner que Desigual prouve ainsi que le propre des salariés occidentaux est de se retrouver à poil, en achetant des vêtements fabriqués par des esclaves asiatiques. Évidemment la position la plus confortable et la plus imbécile se vie en Europe. Aux USA il y a eu des émeutes pour la sortie d’un tirage spécial d’une paire de basquets, le propre des salariés américains seraient-ils de croire que pour être, il faudrait avoir ?

Cela me fait penser à un texte de Romain Gary, tiré de Chien blanc, écrit en 1979, mais qui reste d’actualité. Cette ruée au pillage est une réponse naturelle d'innombrables consommateurs que la société de provocation incite de toutes les manières à acheter sans leur en donner les moyens.J'appelle « société de provocation » toute société d'abondance et en expansion économique qui se livre à l'exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu'elle provoque à l'assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu'elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit. Comment peut-on s'étonner, lorsqu'un jeune Noir du ghetto, cerné de Cadillac et de magasins de luxe, bombardé à la radio et à la télévision par une publicité frénétique qui le conditionne à sentir qu'il ne peut pas se passer de ce qu'elle lui propose, depuis le dernier modèle annuel « obligatoire » sorti par la General Motors ou Westinghouse, les vêtements, les appareils de bonheur visuels et auditifs, ainsi que les cent mille autres réincarnations saisonnières de gadgets dont vous ne pouvez vous passer à moins d'être un plouc, comment s'étonner, dites-le-moi, si ce jeune finit par se ruer à la première occasion sur les étalages béants derrière les vitrines brisées ? Sur un plan plus général, la débauche de prospérité de l'Amérique blanche finit par agir sur les masses sous-développées mais informées du tiers monde comme cette vitrine d'un magasin de luxe de la Cinquième Avenue sur un jeune chômeur de Harlem. J'appelle donc "société de provocation" une société qui laisse une marge entre les richesses dont elle dispose et qu'elle exalte par le strip-tease publicitaire, par l'exhibitionnisme du train de vie, par la sommation à acheter et la psychose de la possession, et les moyens qu'elle donne aux masses intérieures ou extérieures de satisfaire non seulement les besoins artificiellement créés, mais encore et surtout les besoins les plus élémentaires.  Ce qui est tout à fait fou dans notre société, c’est qu’une infime minorité conduit consciemment la planète à la catastrophe, pour juste avoir le plaisir, de continuer à se servir tant qu’il en est encore temps. Il y des pilleurs du dimanche ou les appellent émeutiers et puis il y a les pilleurs professionnels baptisés spéculateurs ou financiers. Ce serait bien, pour les virer, qu’on leur fiche un bon un coup de pied comme solde de tout compte.

Tous les commentaires

L'indécence consumériste nourrit leurs prescripteurs avec la complicité des médias.

Comme vous j'ai vu ce reportage à la télé et comme vous j'ai été choqué par l'indécence de cette initiative par ailleurs indécente au sens propre.

Merci pour ses précisions, c'est toujours amusant de voir le contre -champ d'une image. Maintenant on peut souvent voir l'actualité comme en relief de plusieurs points de vue filmé par plusieurs caméras

Emeutes aux USA pour les Jordan

Emeutes en Chine pour l'Iphone...

C'est pire que Gary là ils se battent pour payer, même pas pour voler... Il y a un très bon travail sociologique sur ces comportements, très documenté et sérieux... Une série de documentaires par... George Romero, héhéhé... Visionnaire...

L'indécence mercantile mise à nu...

Cette façon de faire me fait penser à cette histoire de "lancer de nain", il y a quelques années.

Ce mépris du consommateur me fait aussi penser à TF1 et au temps de cerveau disponible pour Caca-Colé, ou aux magasins qui ouvrent à minuit lors du lancement d'une nouvelle "merveille" de technologie en se réjouissant de la formation d'interminables files d'attentes, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il gèle à pierre fendre.

Cela me semble relever ds ballons d'essai pour permettre aux mercantis de déterminer jusqu'à quel degré d'asservissement ou d'addiction de certains consommateurs ils peuvent tabler.

Orwell est-il si loin de cela ?

Très juste, on est en plein dans Orwell.

Son 1984 démontait en pleine Guerre Froide, le système soviétique, au sortir du système national-socialiste.

Mais aujourd'hui que la victoire du Bloc Capitaliste est totale et complète, on commence à comprendre que son asservissement sera infiniment plus terrible, infiniment plus parfait.

Les historiens du futur, s'il y en a un, compareront le nazisme et le soviétisme avec le capitalisme, comme trois formes d'asservissement d'un passé barbare et révolu, et ils jugeront l'absolutisme capitaliste infiniment plus terrible que le soviétique ou que le nazi.

Il y a une réelle volonté d'asservir, liée à une vraie jouissance.

Oh ce n'est pas avoué, ce n'est pas non plus évident à démontrer ou à prouver.

Le Pouvoir, c'est aussi cela, le pouvoir, c'est aussi motivé par une basique et infantile jouissance de grandeur.

La notion de sadisme vient aussi à l'esprit, mais là, j'ai peur de me mélanger les pinceaux avec la psychologie.

 

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Il y a maintenant, depuis quelques temps, peut-être un ou deux ans, une vraie impression vague et diffuse, presque imperceptible mais pourtant lancinante et impossible à éluder complètement,

une vraie impression qu'en tant que client habituel de grandes surfaces comme Géant Casino ou Auchan etc, on est maintenant de plus en plus obligé de se plier à la loi de fer des magasins dans lesquels nous serions censés être "clients donc rois", et où il se ressent comme une humiliation diffuse et permanente.

 

Nous sommes Clients Captifs, à la merci et sans défense dans un système où on n'a pas d'autre choix.

Et à ce titre, nous sommes victimes d'une nouvelle catégorie de petits chefs qui trouvent leur plaisir psychologique sadique, à exercer leur pouvoir là où il est:

Le pouvoir n'est plus tant dans le politique, ni dans le militaire, ni le savoir, ni la force brutale etc etc,

Le Pouvoir est aujourd'hui dans la Marchandisation de tout et de la vie même.

Oui, très juste.

"Le mépris de l'autre comme on le voit dans de nombreuses pub où celui qui consomme a des comportements particulièrement odieux et méprisant par rapport à celui qui le regarde consommer."

Sans oublier les pubs où une personne à la voix posée et raisonnable s'étonne qu'une autre personne ne soit pas encore adepte du merveilleux machin etc. En général, cette deuxième personne a une voix nunuche. Le vendeur est un crack qui considère sa cible comme débile.

la servitude volontaire.

Pas toujours volontaire.

Certains comportements relèvent presque de l'envoûtement voire de l'hypnose...

C'est le phénomène "Veau d'Or"...

oui, nous sommes re-devenus des idolâtres.

Mais je pense que "volontaire" est le bon mot malheureusement. Le dico me dit : qui se fait sans contrainte et de pure volonté ; qui accepte de son plein gré. La volonté étant la faculté de se déterminer à certains actes et de les accomplir.

Je pense qu'il faut quand même une certaine volonté pour se mettre dans cet état là.

Par contre la bonne question pourrait être qu'est-ce qui fait que certains ne le font pas, et à quoi se réfèrent-ils pour cela ?

 

Chaque fois que je tente de relever la tête, chaque fois que je tente de me secouer dans mes chaînes, chaque fois chaque fois chaque fois,

c'est au point que j'en viens à les haïr et surtout à les craindre plus que mes oppresseurs,

chaque fois,

ce ne sont pas les "dominants" qui m'en empêchent,

chaque fois,

ce sont mes soit-disant "semblables" qui sont prompts à me casser encore plus, à me faire taire, et à me vendre encore plus durement à leurs maîtres, à soit-disant "nos" maîtres.

 

Il m'arrive même de déceler ce qui semble s'apparenter à de la compréhension ou de la sympathie pour ma révolte, non pas chez mes "égaux" opprimés, mais chez ceux qui occupent une position plus puissante, plus protégée.

Des fois je me dis qu'ils doivent me reconnaître comme un des leurs, peut-être pensent-ils fugitivement, mais qu'est-ce que tu attends pour nous rejoindre et en toucher aussi, laisse tomber ces branques ils n'en valent pas la peine.

 

Les autres, je ne leur inspire que de la peur. Et ils préfèrent avoir peur de moi, plutôt que d'avoir peur de leurs bourreaux.

Ils préfèrent leurs chaînes, et ils vont jusqu'à haïr celui d'entre eux qui ne les supporte pas, ces chaînes.

Eh oui, Axel J., on est toujours l'enchaîné de quelqu'un.

Coin ! Coin !

Idem A.B. à l. G. !

"Société de provocation",

excellente image!

Bientôt des marathons de danse, comme dans "On achéve bien les chevaux" ?

Ou des émission de télé genre "chasse à l'homme".

Battle Royale!!!!

C'est vrai, le formatage de nos esprits est partout. Il change notre regard sur la vie, sur notre vie. Il change notre échelle de valeur, fait de nous des veaux...sans que nous en ayons vraiment conscience.

Je pense à "La société du spectacle " de Guy Debord...Où va-t-on?

"Dans le mur" selon énormément de penseur, Jean-Pierre Dupuy, Paul Jorion, etc...

 

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