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Lost in translation

VoyageVoyage© Pol

J'ai été ces derniers jours membres d'un jury pour un Festival de films scientifique à Olomouc en Répuplique Tchèque. Notre mère nature a repris ces droits. Une éruption volcanique, en Islande, perturbe grandement nos petits déplacements. Une éruption volcanique quoi de plus naturelle.

Personnellement, que cela soit à Prague, à Cologne, ou à Bruxelles -mes points de passage pour rejoindre Paris - en train, je n'ai vu aucun énervement, pas de désordres. Une foule résignée, calme, et presque disciplinée, cherchait à obtenir un simple ticket de train. Ces wagons m'ont paru peut-être moins bondés que ce que racontaient les employés des chemins de fer. Les lois naturelles semblent être comprises par tout le monde. Plus moyens de prétexter un quelconque privilège, nous étions tous dans le même bateau. Je n'ai rien vu pendant ces 22 heures de voyages qui ne soient vraiment terribles. Sans avoir pu suivre les bulletins d'informations- et pour cause - j'ai tout de même l'impression que ce moment est assez historique, comme si la décroissance était déjà dans les moeurs. Après tout ce qui est normal c'est de prendre du temps pour se déplacer si loin. À part les citoyens britanniques qui n'espéraient rien du tunnel sous la manche. Nous avons touts pu rentrer chez nous. À l'allée, cela m'avait paru étrange de sauter aussi vite dans un lieu où je ne comprenais vraiment rien à la langue. Il serait temps d'être moins performant, moins rapide, moins tendu. Je me suis dit: J'arriverais quand j'arriverais, et si je ne trouve pas de moyen de rejoindre Paris à temps, le volcan m'escusera. Pourquoi le reste du temps, je suis aussi stressé en prenant l'avion?

Un volcan en action, et tout est bousculé. L'organisation des transports fonctionne, puisque je suis rentré. Mais tout à l'ai d'être un drôle de bricolage. Cette nécessité de rentrer à Paris pour travailler lundi, m'a vraiment fait faire un périple assez stupide. Je découvre ainsi qu'il y ait des régions en Europe bien pauvre en moyen de transports. La seule question pour moi, rejoindre une ligne rapide, même si cela fait faire un grand détour.

Il semble que les places dans les trains - en temps de crise - sont enregistrées d'une drôle de manière, apparemment sans contrôle sérieux, ou selon des normes étranges. Sur le quai de Cologne, une annonce était répétée en Allemand, enjoignant tous ceux qui n'avaient pas de réservations - comme moi - de ne pas monter dans le train. En bon Français indiscipliné, j'ai fait semblant de ne rien comprendre. Je m'amusais avec une anglaise à propos de mon manque de connaissance des langues, tout en lui traduisant l'annonce. Elle avait une place réservée. Je suis monté dans le train, et j'ai trouvé une place vide comme toutes les personnes dans mon cas. J'ai même poussé un anglais qui n'avait pas de réservation, à s'asseoir à côté de moi. Il allait préférer rester tout le trajet debout, plutôt que d'enfreindre le réglement. Comment les places des trains sont-ils donc contôlées? Ce n'est de fait qu'une observation bien ponctuelle.

Pire, un de mes collègues de jury, hollandais, était venu avec sa femme, les organisateurs du festival, n'arrivaient pas à trouvé de place pour eux deux. Je me suis retrouvé dans un train pour Amsterdam, dans une couchette, probablement à leurs places. Pourtant je suis resté tout seul dans un compartiment prévu pour trois, alors que le contrôleur m'annonçait la venue d'un passager à minuit, à l'arrêt de Berlin. Très belle couchette allemande, propre et fonctionnelle, qui aurait pu être agréable si les deux anglais d'à côté n'avaient pas rigolés toute la nuit. Juste avant de partir, des amis du Festival m'ont raconté, qu'un jeune tchèque avait téléphoné d'Amsterdam, coincé, sans moyen de revenir à Olomouc. Plus facile de retourner vers Amsterdam. Ses parents étaient partis d'Olomouc, en voiture, le matin même pour le récupérer. Mon couple d'hollandais aurait probablement aimé être du voyage. À l'heure d'Internet et du co-voiturage, c'est assez ridicule. Mais évidemment comment trouvé une organisation rationelle dans un moment aussi désordonné.

J'ai essayé de trouver mes billets de trains par Internet mais à partir de la République Tchèque, cela semble impossible. Un petit volcan crache et tout ce qui semble fonctionner comme sur des roulettes, laisse chacun au milieu des trubulences.

Les européens que j'ai croisé (ce n'est pas statistique) ont l'air tout à fait mûr pour que nous dépensions notre énergie autrement. Un peu moins de gaspillage nous dit l'esprit du volcan qui souffle d'Islande.

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