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Toucher le fond
En grandes lettres sur le fond.© polEn allant faire mes courses – avec l’impression que les prix flambent – je marche sur une inscription sur le bitume. J’ai piétiné – sans m’en rendre compte - l’emplacement où les transporteurs de fonds se garent. Je n’avais jamais remarqué ce type d’inscription dans le paysage urbain. Je me suis senti coupable ! Peut-être faut-il éviter de marcher dessus ! J’ai regardé si un de ces coffres-forts roulants n’était pas à l’horizon. Ouf ! Personne ne m’a interpellé, verbalisé pour ce manque de respect pour l’argent, l'élément de base de nos sociétés. Et puis je me suis dis qu’au fond, marquer fond sur la chaussée c’était assez comique. On touche, jsutement, le fond en ce moment ! J'ai toujours eu le sentiment qu'un martien qui passerait par là, penserait que les gens penchés à une billeterie, pour retirer l'argent, pratiquent une cérémonie religieuse où ils vénèrent le veau d'or.
Transport de fonds c’est plus drôle encore puisque le mot peut être synonyme d’exaltation, d’émotion forte. C’est aux tréfonds que tout cela se passe.
Les forces en jeux, à propos de la spéculation, du krach boursier en cours, me paraissent assez monstrueuse, et cela dépasse mon entendement. Au fond, je n'y comprend vraiment rien.
Paul Jorion dans Libération hier synthétisait tout à fait clairement la situation : Il y a une superposition de crises. Crise des matières premières: on a dépassé sans doute le pic pétrolier. Crise environnementale et climatique: la survie même de notre espèce sur la planète est en jeu. Crise du crédit: une grande partie des bénéfices des entreprises, au lieu de servir à l’autofinancement, a été distribuée en dividendes aux actionnaires : les « investisseurs », et aux dirigeants de ces entreprises, au lieu de revenir aux salariés, qui se sont endettés pour essayer de compenser une baisse du pouvoir d’achat due à la stagnation des salaires au cours des trente dernières années. Crise philosophique : l’introduction de l’ordinateur et les calculs extrêmement complexes nous dépassent. La machine ne connait pas la peur comme nous la ressentirions et prend des décisions extrêmement risquées. http://www.pauljorion.com/blog/
On ne pourrait pas mieux dire, il faudrait que cet homme-là présente le journal télévisé, il explique bien et il me semble, il a aussi l’avantage de proposer des solutions. Je pourrais naïvement m’étonner que les gens sérieux et responsable ne se rangent pas à son avis, parce qu’au fond, j’ai vraiment l’impression que son analyse est allé assez profondément dans les mécanismes de la crise et qu’il l’a comprend depuis assez longtemps.
Mais pourquoi faire semblant de croire que les dirigeants ne sont autres que des idéologues qui défendent un libéralisme plus ou moins sauvage. Est-ce même possible de penser qu’on pourrait domestiquer un tel monstre ? C'est là que je me demande si on pourrait mettre en pratique les solutions de Jorion? Il faudrait que Yukong déplace les montagnes… Et individuellement, en écrivant mon petit blog, parmi des millions d’autres, qui écrivent la même chose, j’ai seulement la force de l’aile d’un papillon. L’ouragan arrive, mais personne ne le dirige, nous touchons le fond. Ou alors l'ouragan c'est nous? Mais là j'ai bien peur de devoir m'excuser tout de suite pour ne pas être condamner comme les deux jeunes anglais qui ont pris quatre ans de prison pour avoir - si j'ai bien compris - appeler à manifester!

