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« Pourquoi je quitte un NPA devenu sectaire et trop personnalisé » par Philippe Marlière, Rue 89, 18 février 2011

Il y a deux ans, Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l'University College London, qui a beaucoup nourri l'argumentaire contre le traité constitutionnel européen, qui s'est beaucoup interrogé dans ses livres sur la social-démocratie, avait écrit à Martine Aubry pour expliquer pourquoi il quittait le PS pour rejoindre le NPA. J'avais alors publié sa lettre. Il me semble normal que je reproduise l'article qu'il vient de publier sur Rue 89 pour expliquer pourquoi il quitte le NPA. Je partage l'essentiel de ce qu'il exprime.

 

Comme tant d'autres camarades, je quitte le Nouveau Parti anticapitaliste sur la pointe des pieds. Je ne regrette pourtant pas de l'avoir rejoint il y a deux ans. Le NPA souhaitait se donner les moyens d'en finir avec l'hégémonie à gauche d'un Parti socialiste qui n'a tiré aucune leçon de la crise du capitalisme et qui vient de se rallier aux institutions monarchiques de la Ve République.

Le nouveau parti semblait le mieux placé pour rassembler une gauche de gauche, plurielle et unitaire. Il apparaissait le plus résolu dans son combat anticapitaliste, le plus à même de susciter un espoir dans les milieux populaires et chez les jeunes. L'objectif était ambitieux, aléatoire, mais réalisable.

Le « pari du grand parti » de la gauche anticapitaliste a, selon moi, spectaculairement échoué.

trans.gifUn parti ouvert, pas l'avant-garde léniniste

L'une des originalités du projet NPA était de mettre de côté la conception du parti d'avant-garde pour s'ouvrir aux personnes traditionnellement exclues du militantisme : les femmes, les ouvriers, les jeunes et les individus issus des minorités.

Les premiers temps avaient été prometteurs : des représentants d'associations antiracistes, féministes, écologistes, des jeunes de banlieue s'étaient impliqués. Des syndicalistes, des altermondialistes et même quelques excommunistes et ex-socialistes avaient répondu à l'appel. Il s'agissait d'imaginer un mode de fonctionnement du parti plus décentralisé, fédéraliste, d'expérimenter une forme inédite de démocratie partisane. L'expérience fut de courte durée. Le cas de la candidate voilée Ilham Moussaïd, investie par le comité d'Avignon lors des élections régionales, est symptomatique de la reprise en main de l'appareil. Le premier congrès vient de décider qu'à l'avenir, de telles décisions devraient être prises par les instances nationales.

De la même manière, les comités locaux qui ont préconisé des alliances avec le Front de gauche lors des élections régionales et cantonales ont été mis au pas par la direction du parti.

Pas un pouvoir ultra-personnalisé autour de Besancenot

Il faut reconnaître des succès : la base traditionnelle de la LCR (fonction publique, intellectuels) a été un peu élargie. Proportionnellement à sa force militante, le NPA compte plus de jeunes et de femmes que tout autre parti de gauche. Des militants des banlieues sont arrivés, mais ont fait l'objet d'attaques de la part de la direction dès que leur indépendance politique a commencé à gêner (Abdel Zahiri sur la laïcité, par exemple). La controverse à propos de la candidature d'Ilham Moussaïd a découragé nombre d'entre eux.

Au NPA, les esprits sont certes plus évolués sur la question du voile islamique qu'au Parti de gauche ou au PS. Cependant, une culture républicano-communautariste, antivoile y prédomine toujours. Le congrès vient de décider que des militantes voilées peuvent militer dans le NPA, mais ne peuvent pas y représenter le parti comme candidates.

Comprenne qui pourra.

Il est étonnant qu'un parti révolutionnaire luttant contre l'institutionnalisation du politique ait pu à ce point personnaliser le pouvoir autour de son porte-parole. Selon toute vraisemblance, la direction s'apprête à mettre en scène la troisième candidature de Besancenot à l'élection présidentielle.

Ajoutons à cela le déclin intellectuel de l'encadrement partisan. Daniel Bensaïd est décédé, des cadres chevronnés se sont retirés et la nouvelle génération d'intellectuels du parti a été superbement ignorée. Tout est à nous, l'hebdomadaire de l'orga qui a succédé à l'illustre Rouge, est une feuille syndicalo-gauchiste illisible. En fait, la vie intellectuelle du parti se déroule en marge du NPA : dans la Société Louise Michel ou encore avec la revue Contretemps et son site internet.

Un parti unitaire, pas sectaire

Jamais deux sans trois. Après les échecs des élections européennes et régionales, le NPA s'entête dans un isolement à gauche aussi absurde que suicidaire. La direction du NPA agit comme s'il n'existait aucune force entre le NPA et le PS. A chaque élection et à chaque mouvement social, les faits lui donnent tort : Front de gauche, FASE, Verts de gauche, Attac, Fondation Copernic ; l'espace à la gauche du PS est en fait saturé. Un minimum de lucidité permettrait de comprendre que les discours unitaires du Front de gauche ne l'ont pas desservi, bien au contraire.

Outre son combat contre la bureaucratie stalinienne, ce qui a fait l'intérêt du courant trotskyste, c'est son souci de bâtir l'unité contre les sectarismes de gauche. La LCR se souciait des débats dans la gauche communiste et socialiste. Ce n'est plus le cas. Le réflexe unitaire a presque disparu, remplacé par une ligne « gaucho-guevariste » de type « le NPA seul contre tous ! ».

Ce positionnement est sectaire, arrogant et stupide :

  • sectaire, car en dépit des dénégations de Besancenot, le NPA apparaît aux yeux des électeurs comme le parti qui s'oppose à l'unité de la gauche radicale ;

  • arrogant, car le NPA semble estimer que les forces de gauche vont, par enchantement, se rallier à lui ;

  • stupide, car il prive la gauche d'une alternative au sociallibéralisme.

Pour inquiéter le PS, une gauche de gauche unie

Une gauche unie autour d'un programme crédible recueillerait en France entre 15 à 20% des voix. La mobilisation contre la réforme des retraites a encore démontré que les travailleurs français sont en Europe le fer de lance de la lutte contre les politiques de régression sociale de la droite et de la plupart des gouvernements sociauxdémocrates.

Pourquoi, par exemple, le NPA n'a-t-il pas saisi l'occasion de cette mobilisation populaire pour unir la gauche autour de propositions concrètes ? Le PS, qui a voté le passage de 40 à 41,5 annuités, dont le candidat putatif a soutenu la réforme Sarkozy, dont les eurodéputés votent avec la droite le démantèlement des services publics au parlement européen, n'en menait pas large. Une telle démarche aurait non seulement permis de rassembler la gauche autour du NPA, mais aussi de confondre la duplicité de Solférino. En outre, les électeurs socialistes auraient apprécié !

Seule une gauche de gauche unie serait à même d'inquiéter le PS. Pour commencer, elle déraillerait une candidature Strauss-Kahn à l'élection présidentielle. Le sectarisme du NPA fait le jeu de DSK, car il permet aux cadres socialistes d'exprimer leurs tropismes droitiers en toute quiétude.

Olivier Besancenot, qui n'a qu'un tour dans son sac, nous refait aujourd'hui le coup de 2007 ; celui d'une « candidature de rassemblement issue du mouvement social ». Il faut se demander par quel concours miraculeux ce « candidat issu du mouvement social » sortira des rangs, puisque le NPA refuse toute négociation avec le Front de gauche, la composante la plus importante de la gauche radicale. Comme en 2007, le NPA prétendra rechercher une candidature unique, fera tout dans les faits pour qu'elle capote et, faute d'alliés, intronisera Olivier Besancenot.

Répondre à l'ouverture du Parti de gauche

On peut légitimement se méfier des intentions de Jean-Luc Mélenchon. Mais à quoi bon faire une fixation sur son passé mitterrandiste ou son leadership autocratique ? Ne serait-il pas plus utile d'essayer de faire du NPA le point névralgique de l'unité ? Il suffirait pour cela de répondre à l'ouverture du Parti de gauche.

Le PG se dit prêt à appliquer en France un « programme de radicalité en rupture avec le système capitaliste et les logiques productivistes » ? Discutons-en, mettons-nous d'accord sur ce programme, et malheur à qui rompt le pacte et s'allie avec le PS.

Un programme a minima arrimerait le PG à gauche et empêcherait toute alliance gouvernementale du Front de gauche avec le PS. En l'absence de tractations, Mélenchon peut se poser en « victime » du sectarisme du NPA. Plus grave encore, le président du PG peut en toute liberté continuer de discourir avec radicalité sans que personne ne vérifie si cette radicalité est réellement motivée, ou s'il ne s'agit que d'un discours de façade.

Que faire ? Ne surtout pas se résoudre à l'incurie des étatsmajors de partis, ni baisser les bras. Il est clair que le repli sectaire du NPA va installer le Front de gauche au coeur de la gauche. Il faut donc regarder ce qui s'y passe et agir sur ce qui s'y fait.

Les obstacles sont pourtant importants : ni le PG, ni le PCF ne laisseront se développer des courants radicaux en leur sein. Il faut donc espérer que les militants anticapitalistes unitaires puissent se regrouper au sein de la nébuleuse Front de gauche. C'est évidemment plus facile à écrire qu'à faire. On peut aussi rêver que le NPA, par instinct d'autopréservation, abandonne sa ligne sectaire et rejoigne le combat unitaire.

Tous les commentaires

Ce lien vers le texte de Marlière fut proposé par Mars4 sur un fil concernant le NPA sur un autre blog. Il y eut réponse de Velveth et moi.

Vous ne lisez donc pas les fils concernant le NPA?

Mais pourquoi ce deuxième billet sur votre blog à propos du NPA alors?

Avez vous vu la réponse J.R. Velveth et de Ph. Corcuff à votre interpellation de Corcuff sur son blog?

Parler de débats nécessaires ne serait-ce qu'une figure imposée pour vous?

Parce que selon vous, Velveth aurait la même valeur intellectuelle que l'auteur de cet article, à qui je donne mille fois raison sur toute la ligne ?

Je dis que si on interpelle quelqu'un et que ce quelqu'un vous répond, on lit sa réponse, on s'y intéresse, on répond à nouveau. Vous voyez ce que je veux dire? Un truc étranger au monde de la "communication"(de la propagande) et du soliloque, un truc qui peut permettre une discussion.

Je dis que pour ce qui est de juger de la place politique du NPA, RM Jennar n'a pas de position remarquable. Ni Marlière. Leur passage éclair parmi les dirigeants du NPA ne suffit pas.

Je dis que si c'est d'un débat qui est souhaité, répéter que le NPA est sectaire et ne pas répondre aux arguments avancés à l'encontre est une position d'expert, de politologue peut-être, de militant sûrement pas.

Pascal B,

Contrairement à celles d'un Velveth ou d'un J. Fortin, je trouve l'argumentation de R. M. Jennar fort bien étayée et tirée au coin du meilleur bon sens.

Quand l'union permet de démultiplier les forces qui se rassemblent, au prix parfois de certains sacrifices, la division ne fait qu'apauvrir l'image de partis qui sont censés avoir l'esprit de l'intérêt général et de la solidarité comme principales valeurs.

Couler le navire parce qu'il ne va pas exactement dans la direction qu'on aurait souhaité le voir prendre, sans même savoir, d'ailleurs, où celle-ci l'aurait conduit, relève de l'irresponsabilité.

Cordialement.

Après 2012 et les 6% de Mélenchon, tout ce petit monde de lucioles opportunistes va s'évaporer dans la nature.

Elections, piège à cons, encore et toujours !

Merci pour ce texte.

Cordialement

Comprenne qui pourra, comme dit Marlière.

Moi, ce qui me fait halluciner, c'est qu'on puisse - justement - pointer le rrrépublicanisme de certains au NPA et en conclure qu'il faut rejoindre le Front de gauche, attelage chauvin, mitterrandolâtre et grrrépublicain.

Quant à Jennar, qu'en dire ? L'opportunisme, moi, ça me débecte.

Surtout, admirons le départ "sur la pointe des pieds" sauf que les pieds sont chaussés de gros sabots, ce qui rend les quelques départs récents (moins d'une douzaine) pour le moins assourdissants !

Jean Louis et Yvan, je suis à la fois d'accord (je me suis fait la même remarque sue vousJean Louis) et pas d'accord : on crève de confondre militer et penser politique avec "laver plus blanc que blanc".

Je m'explique : on mélange 2 niveaux - celui des partis électoraux (NPA compris) et celui de la pensée politique. Le NPA de mon point de vue est, comme tous les partis depuis des lustres, pauvre en pensée politique ; son énergie se perd, entre autre, dans des processus "démocratiques" il faut bien le dire aussi épuisants que bêtement bureaucratiques (voir le type de texte qu'il faut s'avaler et les conflits où on mélange tout) : ceci dit, je sais que là est une question - comment fonctionner ? - je n'ai pas la réponse.Ce que je sais par expérience, c'est que les procédures démocratiques sont vite réglées dès qu'un groupe est fédéré par un vrai désir, étayé par des idées et des largeurs d'esprit et non une agitation. Faut dire qu'en France, les groupes, ça merde. Signe des temps ? analyse à mener.

J'avais humbement proposé dans mon comité qu'on ne s'occupe pas d'élections, sauf à la marge, et pourquoi pas dans une dynamique unitaire (je n'ai aucun mépris pour ceux qui pensent que les élections comptent dans le paysage, même si je ne me fais pas d'illusions sur l'effet à moyen terme) et qu'on se forme plus pour aborder les gens de la rue dans une double perspective :

1. expliquer réellement quelques sources de nos maux (ex : la finance) et étayer notre révolte d'arguments qui ne prennent pas les gens pour des idiots, simples consommateurs de slogans. 2. Ceci aurait un autre bénéfice, c'est de développer l'analyse dans ce parti dès la base, et on se serait un peu moins enflammé sur le voile (j'y pense lorsque ce club s'enflamme dans des guéguerres idiotes). De mon point de vue la politique ce sont des "principes" et un sens soplide de la réalité environnante. Quand on tient les deux, les gens s'en rendent compte.

Salut à tous.

Sur "la formation" je suis totalement d'accord avec toi. surtout si on considére la formation non pas dans une perspective "scolaire" mais "éducation populaire" (ou il n'y a pas "des sachants" et "des gens à conscientiser") avec échanges sur un plan d'égalité (sinon de vécu, du moins de capacité partagée à réfléchir ensemble, à lister les points "qui font probléme", etc)

La question qui m'intéresse : est-ce que participer aux élections a un intérêt pour le développement des idées qu'on défend ?

Je réponds oui à chaque fois qu'un groupe politique est capable de faire débattre sur des idées dans la société au-delà de ses sympathisants.

Pour ce qui est du NPA, mon impression est que l'idée qui ressort de tous ces débats depuis un an ou deux est celle de la laïcité.C'est LE point* qui fait discuter quand on dit "NPA".

 

Or, aujourd'hui , les révoltes de la jeunesse des pays arabes ne portent plus sur des questions d'identité religieuse.

Tant qu'on en reste à cette seule idée de la laïcité, je trouve donc que la réponse est non : non ça n'a pas d'intérêt que le NPA participe aux élections, puisque l'idée qui se trouve mise en avant par la force des jeux à la fois internes et mediatiques est une idée qui n'est pas porteuse d'avancement de l'idée d'émancipation sociale (à mes yeux ).

 

*(je n'aborde pas ici le problème des alliances électorales, j'en reste à la question : participer aux élections pour quoi, en vue de quoi ?)

 

/// mon impression est que l'idée qui ressort de tous ces débats depuis un an ou deux est celle de la laïcité

Ton impression est fausse. L'idée de base est plutot de "politiser" des combats et des milieux qui ne le sont guère (y compris d'ailleurs par médiapart) : les quartiers, les précaires, les "sans" (droits, sans papiers, sans logement, sans emmploi, sans retraite etc) La dessus, le probéme de la "politisation" des quartiers est une question essentielle (et difficile) Nous sommes les seuls des "forces politiques traditionneelle" à s'y ateler, avec bien des difficultés et des erreurs de notre part. Le débat laicité est un surgeon de celui ci, et celui qui améne au plus d'engueulades, de désacords, d'éclat de voix... Il se trouve que les quartiers sont en totale déshérence politique aprés avoir été "trahies par la gauche". De plus, le tissus associatif de léducation populaire est lui même en crise (il n'y a qu"a voir le processus de "municipalisation" dans l'éduc pop) Conséquence de tout ça : de nombreuses association culturelles "islamiques" se sont construites, bien plus sur le volet "culturel" que "cultuel" d'ailleurs. Et c'est la dedans qu'il y a un vivier militant. Vivier militant qui intéresse d'ailleurs aussi la "gauche de gouvernement" Mais la différence, c'est que eux c'est pour trouver les relais pour remettre de l'ordre dans "leurs" municipalités, alors que nous c'st pour trouver les relais pour mettre du dawa dans la société. Ce qui n'est pas exactement la meme chose...

Raoul Marc Jennar se répand depuis quelques semaines sur le NPA - qui n'est pas exempt de défauts, loin s'en faut, et mérite donc critiques.

Mais il est des acharnements suspects.

J'ai été de ceux, à la LCR, qui ont conduit à ses côtés, avec beaucoup d'autres, la campagne (désastreuse) de José Bové en 2007.

A la suite de quoi, le processus de création du NPA étant lancé, j'ai organisé un dîner entre Raoul Jennar, Alain Krivine, Guillaume Liégard du Bureau Politique de l'ex-LCR et moi-même pour discuter de ce qui serait le socle de ce nouveau mouvement, sachant que Jennar n'étant pas marxiste, pouvait-il trouver place dans ce NPA en construction ?

D'autres contacts s'ensuivirent et rien dans le processus de création du NPA (un sacré "bordel" !) ne sembla gêner le politiste.

Raoul Jennar a voté les principes fondateurs du NPA, a été élu à sa direction et a même été désigné tête de liste pour l'élection européenne qui suivait de quelques semaines le congrès fondateur du NPA (alors qu'il est peu coutumier dans ce courant politique de présenter des candidats ayant dépassé allègrement la soixantaine).

Peut-on demander à un mouvement plus d'ouverture que celle qui a été offerte à Jennar alors qu'il n'avait rien à voir ni avec le passé de la LCR ni avec quelconque tradition du mouvement ouvrier ?

Parti dès l'été 2009 pour le Cambodge, Raoul Jennar aura milité au NPA durant 5 mois en tout et pour tout avant de prendre la décision de s'en éloigner en signant sa lettre de démission "Conseiller du Gouvernement cambodgien" !

Je ne lui reproche rien. Je m'interroge simplement sur les raisons de sa morgue à l'égard du NPA alors que l'accueil qui lui avait été réservé montrait bien que le NPA était loin d'être une LCR élargie.

Si je suis très critique sur les premiers pas quelque peu arrogants du NPA, faut-il rappeler qu'il n'est pas le seul responsable des divisions. Le couple PC-PG en demandant avec insistance un ralliement au Front de Gauche porte une responsabilité au moins équivalente d'autant que le PCF n'a jamais voulu se situer dans une perspective d'indépendance à l'égard du social-libéralisme.Les déclarations de l'époque comme les plus récentes démontrent le choix opéré: rééditer une "gauche plurielle". Pour le PG, c'est moins clair et je ne ferai pas de procès d'intention nonobstant le passé mitterrandolâtre de son leader.

Comprenons-nous bien: aujourd'hui, même si ceux qui sont appelés les "unitaires" au sein du NPA devaient être majoritaires, l'unité ne serait possible qu'à condition d'admettre un ralliement sans condition au Front de Gauche, étape vers une "nouvelle union de la gauche".

Raoul Jennar peut-il comprendre qu'il y a là un obstacle qui n'a strictement rien à voir avec les gênes du trotskysme ou de je ne sais quel isme ?

En outre, ses remarques ad hominem concernant Olivier Besancenot (qui serait instrumentalisé !!!) discréditent son intervention tant cette interprétation est ubuesque .

Cela dit, Raoul Jennar a tout a fait le droit de préférer les partis qui se proposent de s'investir dans les institutions.

Avec son expérience qui est grande, il n'est pas sans savoir qu'il est impensable de les subvertir dans le cadre actuel.

Il n'empêche que Raoul Jennar demeure l'un des meilleurs défricheurs des politiques néo-libérales européennes et que ses analyses dans ce domaine sont toujours d'une grande pertinence.

S'il a tout loisir de porter force critique sur le NPA, la hargne répétée de Raoul Jennar à l'égard d'un parti dont il a partagé que 5 mois de sa vie reste pour moi incompréhensible.

Comme si l'ensemble de la vie politique et économique de la planète devait être suspendue aux humeurs de quelques "partants" du NPA.

Ne se passe-t-il rien d'autre dans le monde ?


 

 

La soupe, Velveth, la soupe ! Au Cambodge ou ici, si la soupe est bonne, d'aucuns accourent. S'il manque quelques légumes, ça daube, ça se casse, ça démolit. Je ne suis pas au NPA (c'est pas faute d'avoir essayé...) mais cette tendance au débinage me fait gerber.

Quant au passé mitterrandolâtre du patriote républicain... Passé, t'es gentil... Mitterrand, pour Mélenchon le laïcard, c'est l'Eternel, pas moins !

Cher Raoul Marc Jennar,

Au delà de cet article reproduit par Rue89 à partir du Blog de l'auteur que Raoul Marc Jennar à son tour nous donne à lire ici, or que cet article n'a sans doute pas, depuis, échappé à beaucoup de monde à gauche et surtout à ceux qui ces derniers temps n'ont de flèches que contre le NPA, au point d'ailleurs, lorsque l'on parcours leur tribunes ou leur critiques, un Mal-être-politique a du mal à se cacher entre les lignes de ces grands auteurs critiques.

 

Le NPA serait-il ce miroir qui leur parle qui leur cause qui les interroge parce que ils l'interrogent aussi, lui parlent et causent, dans cet échange, leur interrogations certainement sincères voire même objective une fêlure, une fissure, une incompréhension de fond, ils demandent au NPA de se dénaturer, tellement qu'ils ont succombés dans cette espèce de pathologie chronique que Abdelmalek Seyad et Bourdieu définissent comme "la Haine de soi", alors ils veulent briser le miroir;

sérieusement ! ne trouvez-vous pas, franchement et sincèrement, que l'actualité Internationale est actuellement très dense comme jamais depuis au moins 20 ans et que la sagesse nous y invite tous bien sûr à un peu plus de sérieux ? tout comme l'actualité en France ou Europénne d'ailleurs...

...vous avez écrit un billet sur DSK il y a quelques mois, ici, sur Mediapart que j'ai lu et trouvé intéressant par rapport à l'actualité surtout et particulièrement depuis 2 semaines que la doxa parisienne n'a que ces 3 lettres à la bouche, elle fourmille DSK par-ci, DSK par-là; vous auriez été encore plus percutant si c'est ce même billet sur DSK que vous avez reproduit aujourd'hui ici au lieu de ce billet connu du tous, puisque visiblement vous avez arrêté de réfléchir.

Cordialement !

La lecture des commentaires fournit une mine inépuisable de réflexions sur la nature humaine et les réactions observables dans ce que certains appellent "un débat."

Tout d'abord, cela fait des années qu'on a remarqué que certains, sur Internet, perdent tout contrôle, se lachent et n'hésitent pas à franchir la ligne de la plus élémentaire courtoisie.

C'est particulièrement le cas, lorsque, à court d'arguments de fond, ils s'en prennent à l'auteur du texte qu'ils désapprouvent. Alors, ils se lachent sans retenue : procès d'intention (mes prétendues "motivations alimentaires" à la base de mes choix politiques, ou le fait "d'aller à la soupe" par ex) et réécriture d'une biographie (mes "5 mois au NPA" alors que je me suis inscrit dans son processus de création dès avril 2008 et que je l'ai quitté exactement deux ans plus tard).

Il est très représentatif de la mercantilisation des esprits de voir toute démarche politique ravalée à des préoccupations de carrière, à des intérêts personnels. Comme s'il était devenu impensable qu'on puisse faire au XXIe siècle des choix par conviction. Sans autre préoccupation que de suivre sa conscience.

L'outrance n'est pas non plus absente : trois papiers sur le NPA - qui a quand même constitué pour moi et pour quelques milliers de personnes une grande espérance et qui aujourd'hui provoque une immense déception - cela devient de "l'archarnement."

En fait, ce qui semble manifeste, c'est l'impossibilité chez beaucoup de respecter une opinion qu'ils ne partagent pas. C'est leur refus que s'exprime cette opinion. C'est la difficulté d'accepter la liberté d'expression pour tous. Les mots de Rosa Luxemburg sont des paroles pour l'éternité : "La liberté, c'est d'abord la liberté de celui qui pense autrement".

 

Mais personne ici n'entend limiter la liberté "de penser autrement". Le voudrait on qu'on ne le pourrait tout simplement pas. Aprés, c'est affaire de tempérament (individuel) et de pratiques de débat (collectives). De plus, Internet est là, qui régit certaines des régles implicites des échanges (tout le monde peut interpeller tout le monde, les agressions n'ont pas la même "charge" affective qu'une réelle discussion "dans :la vraie vie", etc. . Effectivement, le fait de faire de tous les partisans du "front de gauche" des carriéristes finis ne songeant qu'à une future situation sous les ors et les pompes de la république est caricaturale. De même, faire des partisans du npa des bolcheviques au couteau entre les dents, ou des obsédés d'une impossible pureté révolutionnaire. Si on veut empécher le débat de sombrer dans les simplifications polémiques, encore faudrait il être exemplaire à cet égard, et à ne pas considérer avec complaisance dans son camp ce qu'on refuse avec acharnement dans le camp d'en façe...

Les propos de Marc Tertre me paraissant frappés de bon sens, je n'entretiendrai aucune polémique.

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