Jeu.
20
Juin

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Le TTIP : la pire menace pour les peuples d’Europe (I)

TTIP, voilà un sigle nouveau auquel chacun doit se familiariser. Ce 14 juin, les gouvernements des 27 Etats membres de l’Union européenne (UE) ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier avec le gouvernement des USA la création d’un marché commun transatlantique. Ce projet s’appelle, en anglais bien entendu, TTIP : Transatlantic Trade and Investment Partnership. En français, on parlera d’un partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement. Un décodage s’impose. De quoi s’agit-il ? Dans cette première partie, je vais m’efforcer de rendre public et lisible le texte du mandat. Dans une seconde partie, je fournirai des indications sur les dangers qu’il contient.

En dehors des peuples 

Après le Parlement européen le 23 mai, les gouvernements viennent ainsi de donner le feu vert au Commissaire européen Karel De Gucht pour négocier ce projet au nom des 27 Etats (voir mon article du 29 mai, L’objectif ultime des libéraux de droite et de gauche : une Europe euro-américaine : http://www.jennar.fr/?p=2994). Que contient ce mandat ? Selon la volonté de la Commission européenne soutenue par les 27 gouvernements qui se prétendent démocratiques, ce document est « restricted », c’est-à-dire qu’il n’est pas public (en dépit d’une disposition qui affirme non sans humour que « rien dans cet accord ne devrait affecter le droit de l’UE ou des Etats membres concernant l’accès du public aux documents officiels »). Ce qui signifie qu’il ne peut y avoir aucun débat public sur les enjeux d’un projet qui, comme on va le voir, est d’une ampleur sans égale depuis la création du marché commun européen, en 1957. Mais nul ne doit s’étonner. Depuis le traité de Rome, des choix de société fondamentaux ont été effectués sans que le peuple ait eu la possibilité de se prononcer. Cinquante-six ans de « construction européenne » se sont traduits par un bon demi siècle de destruction démocratique.

Barroso: un ennemi pour l'Europe

par Costa-Gavras, Bérénice Béjo, Daniele Luchetti, Radu Mihaileanu et Dariusz Jabłoński.

Publié sur le site du Huffington Post, le 14 juin 2013 (http://www.huffingtonpost.fr/costagavras/libre-echange-etats-unis-europe-culture_b_3428819.html)

Nous avons à la tête de notre Europe un homme cynique, malhonnête et méprisant qui nuit aux intérêts européens !

Voilà le constat lapidaire que nous faisons à l'issue d'une journée passée au Parlement européen où nous avons côtoyé le meilleur - l'engouement des représentants du peuple européen en faveur de la culture - et le pire - la rencontre avec un Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui reste désespérément sourd à la nécessité de défendre le droit des européens à soutenir et promouvoir leur culture.

Depuis 3 mois, la mobilisation des milliers de professionnels de la culture, et de tous les grands cinéastes que compte le continent européen, ne faiblit pas pour demander l'exclusion de l'audiovisuel et du cinéma des futures négociations commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis.

Cette mobilisation est à la hauteur du sentiment de trahison qui a été ressenti par tous les cinéastes à la lecture du projet de mandat de négociation mis sur la table par la Commission européenne et qui fait de la culture, de notre culture européenne une simple monnaie d'échange dans des discussions commerciales.

NPA, chronique d'une (r)évolution manquée

Retracer cette expérience inédite - un parti en pleine croissance grâce au talent de son jeune leader qui décide de se dissoudre pour lancer le projet d'un rassemblement plus vaste - était tout, sauf facile. Je salue donc l'effort. 

Mais il y a un parti pris qui fausse l'analyse. Celui d'avoir choisi trois jeunes, certes représentatifs de certaines couches du NPA, mais qui ne reproduisent  pas à eux seuls, loin s'en faut, ce que fut le NPA à la période de son lancement. D'autant que la réalité des influences diverses dans le NPA naissant laissait très, très minoritaire le courant constitué par l'Etincelle. Dont la représentante dans ce webdocumentaire occupe une place très largement disproportionnée par rapport à la place réelle de son courant dans le NPA de 2008-2010. Même si le volontarisme de la personne fait plaisir à voir, sans pour autant qu'on partage sa démarche.

Assassinat d’un antifasciste

La haine de tout ce qui est différent, fortement  encouragée par le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble et pendant sa campagne électorale, la banalisation du FN par les médias toxiques, la

Le PS, complice des délocalisations

Vous connaissez la BEI ? La Banque européenne d’investissement. Créée en 1957 par le traité de Rome, c’est la banque de l’Union européenne. Les actionnaires sont les 27 Etats membres de l’UE. Chaque Etat est représenté par son ministre des finances ou la personne qu’il délègue. Les décisions se prennent à l’unanimité.

L’objectif ultime des libéraux de droite et de gauche : une Europe euro-américaine.

« L’Europe est (…) vouée à un destin analogue à celui du Canada, c’est-à-dire à être progressivement dépossédée de toute indépendance économique et culturelle à l’égard de la puissance dominante. En fait l’Europe vraiment européenne fonctionne comme un leurre dissimulant l’Europe euro-américaine qui se profile et qu’elle facilite en obtenant l’adhésion de ceux qui en attendent l’inverse exact de ce qu’elle fait et de ce qu’elle est en train de devenir. » Pierre Bourdieu, Vienne, 10 novembre 2000 et Contre-feux 2, Raisons d’Agir, 2001, p.68

Dans ce livre qu’avait voulu Pierre Bourdieu, « Europe la trahison des élites », (2004), je décrivais (p. 72 et suivantes) le processus préparé par la Commission européenne qui confirmait l’affirmation de Bourdieu : créer une zone transatlantique unique. Je fournissais en annexe le long « programme d’action » de la Commission qui décrivait les étapes à réaliser pour y parvenir. Ce document reçut l’aval des deux grands courants du Parlement européen, chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates, en ce compris les « socialistes » français. Mais jamais, les médias, dans leur écrasante majorité, n’en ont fait état.

Le 7 mars 2006, consultant au Parlement européen auprès de la Gauche Unitaire Européenne, je signais une chronique intitulée « Le PET ou la disparition de l’Europe » (dont voici le lien : http://www.jennar.fr/?p=265 ). Le PET signifiait alors « Partenariat Economique Transatlantique ». Puis, c’est devenu le « grand marché transatlantique » (dont traite bien un petit livre de R. Cherenti et B. Poncelet publié en 2011 chez Bruno Leprince).

A l’évidence, nous sommes confrontés à un projet patronal soutenu depuis plus de dix ans par les libéraux de gauche comme de droite. Après le temps des propositions et des programmations, voici venue l’heure de la mise en oeuvre. Le Parlement européen vient de donner le feu vert à l’ouverture de négociations « en vue d’un accord de l’UE en matière de commerce et d’investissement avec les Etats-Unis ». Une phraséologie qui dissimule mal qu’il s’agit de créer une zone de libre échange très avancée, disons-le tout net, un marché commun, entre l’Union européenne et les USA.

Paler "cru et dru" ?

Dans son superbe discours de fin de congrès, dimanche, Jean-Luc Mélenchon a revendiqué, au nom de la gravité des choix de l’oligarchie qui nous domine, le droit de parler « cru et dru ». Parce qu’il y a nécessité de parler clair. Mais un certain vocabulaire, où l’insulte tient lieu d’argument, offre-t-il l’avantage de la clarté ?  Je ne le crois pas. Je diverge totalement sur le choix qui est fait. Parce qu’au lieu de fournir la clarté, il brouille le message.

On s’adresse à juste titre aux électeurs de Hollande déçus après dix mois de ce nouvel exécutif qui n’a de socialiste que le nom. Mais en parlant «cru et dru », on les repousse. Dans l’Oise, au premier tour, le FdG n’obtient même pas 11% des voix.

Mais qui est donc Moscovici ?

Le PS et avec lui son relai médiatique qu’est le journal Libération ont inventé une parade à toute critique de Pierre Moscovici. Critiquer ses choix politiques relèverait de l’antisémitisme.  C’est évidemment très commode pour empêcher tout débat politique.  Ils en sont là ! La débâcle du PS est telle, son bilan après dix mois à la direction du pays est si catastrophique, son électorat traditionnel est à ce point désorienté, qu’il faut museler toute critique de gauche.

Néanmoins, au risque d’encourir cette accusation infamante, je voudrais rappeler quelques choix de Pierre Moscovici. Des choix politiques et idéologiques.

Merci Mediapart !

Bonne semaine pour la démocratie ! Grâce à un journalisme rigoureux et indépendant, devenu beaucoup trop rare en France, l’opacité dans laquelle la classe politique se protège et protège ses manquements, vient d’être quelque peu levée.

Le droit de vivre, avec ou sans emploi

(paru dans la page Rebonds du quotidien Libération de ce jour)

Pour que les immolations par le feu de chômeurs, comme celle de Djamal Chaar à Nantes, ne se reproduisent jamais plus

Il est temps de repenser le droit de vivre, avec ou sans emploi, d’ouvrir grands les yeux sur la catastrophe humanitaire qui sévit en ce moment même autour de nous, d’écouter la souffrance, le désespoir et les revendications légitimes des innombrables exclus qui n’en peuvent plus.

Djamal Chaar, ce chômeur immolé devant son agence Pôle emploi à Nantes, n’est ni le premier[1], ni le dernier[2]. Djamal s’était vu réclamer un « trop-perçu », soit des allocations de chômage versées par erreur alors qu’il avait retravaillé quelque temps comme intérimaire, cumulant ainsi de maigres allocations et un bout d’emploi précaire. Or, il estimait que ses heures de travail lui ouvrant des droits au chômage n’avaient pas été toutes prises en compte, mais il ne parvenait pas à faire réétudier son dossier par les agents de Pôle emploi, eux-mêmes débordés et soumis à une pression croissante à la rentabilité. 

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