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Les vieux

Je suis infirmiere libérale dans une région plutot rurale de Basse Normandie. Beaucoup trop de mes patients trés âgés vivent dans des conditions indignes. Trop pauvres pour la maison de retraite, pas assez malades pour l'hôpital, ils restent chez eux. Je passe tôt le matin pour faire leur toilette. Ils sont dans leur urine ou leurs excréments depuis la veille. L'aide menagere passe donner le repas 3 fois par jour, et je passe à nouveau le soir pour les laver et les coucher. Ils passent le reste de la journée seuls souvent attachés dans leur fauteuils.... Un chien traité de cette façon verrait son proprietaire condamné par la justice!!!!!! Voilà l'évolution de notre société. C'est pour moi un symbole trés fort de cette vertigineuse dégringolade.

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Merci Ravicelle d'évoquer la réalité. Une réalité propre à cette France, un pays riche. Ce pays qui a les moyens mais qui ne veut pas voir. Exactement comme la France ne veut pas voir le sort de ses prisonniers. Et aussi de ses handicapés. Difficile d'accepter cette cécité d'un pays qui se réclame du Siècle des Lumières, patrie des Droits de l'homme. Comment pouvons nous être des donneurs de leçon et, en même temps, refuser de mettre en place des dispositifs minimum répondant à un minimum de dignité humaine pour nos vieux, nos incarcérés? C'est une de nos contradictions, et pas la moindre. Fouquet's, Vanity, Rollex, Yacht d'un côté. Souillures d'urine et de selles d'un autre...Nous sommes TOUS responsables, même si le chef d'Etat doit donner l'exemple. Faudra-t-il, pour nous ouvrir les yeux, procéder comme pour le tsunami, et monter au JT de 20h, des IMAGES de ce vieux gisant dans sa merde la nuit, attaché à son fauteuil le jour?

bien sûr que c'est la seule solution : les images. Nous ne sommes plus bons qu'à ça, regarder des images. Nos émotions ont du mal à exister sans elles. Mais je doute que nos médias télé publique soient les plus à même de présenter ce genre de constat bien humiliant pour nos politiques sociales. Peut-être Arte ? Donc appel aux documentaristes !!!! Nous connaissons tous plus ou moins un exemple dans notre entourage, mais je pense que l'accumulation de ces exemples serait "choquant", dans le sens "qui provoque un choc".

Ravicelle, votre témoignage est très important. Merci de continuer à nous faire part de votre vie en Basse-Normandie. Et tout ça à côté de Trouville-Deauville..

Oups! Excusez moi, je n'avais pas vu que vous étiez de Bréhal, et donc près de la magnifique Abbaye de Hambye.

Est-ce que quelqu'un sait on en est la promesse du candidat à l'élection présidentielle faite par écrit et qui disait : " si je suis élu j'augmenterais de 25% (vingt cinq pour cent) les petites retraites et (de mémoire) les retraites de conversion". On sait qu'il a été élu grâce aux votes des personnes âgées. Il ne faut rien oublier et le rappeller est nécessaire parfois. Pourquoi ne dénonce t'on pas ce fait beaucoup plus qu'il n'est fait ? Comment accepter qu'un joueur qui tricherait et que l'on a découvert puisse gagner la partie et toute sa mise ? Déjà cela est trop, alors si on ajoute le reste. Merci Ravicelle pour cet authentique témoignage.

Il me semble avoir compris que cette augmentation aurait lieu sur 5 ans (durée du mandat), mais ce complément d'information n'a pas été médiatisé, c'est un peu comme pour les contrats que l'on signe, il faut être très vigilant sur les clauses en tout petits caractères! . Juste avant les élections municipales, ces personnes ont reçu 200 € d'un coup : l'augmentation de cette année, soit 5%. .

L'hôpital n'en parlons pas puisque la notion d'assistance publique est en train de s'effacer, supplantée par le privé (je le déplore mais c'est la réalité) : qu'elles aient de quoi payer ou que ce soit la collectivité qui le fasse, je me demande s'il y aurait suffisamment de maisons de retraite pour l'ensemble des personnes âgées pouvant y prétendre, et surtout assez de personnel pour leur apporter les soins élémentaires pendant la nuit. Maintenant, j'essaie de me projeter dans le futur, en me visualisant au stade ultime, à peu près toute ma tête mais, entre autres misères, des spincters qui ne répondent plus, cette régression d'être mouillée et malodorante : j'aimerais mieux avoir un(e) garde de nuit à mes côtés chez moi en plus des soins journaliers que vous mentionnez. Croyez-vous qu'on aille plutôt vers cette formule ou bien est-elle d'office encore plus ruineuse à tous égards si on fait les comptes ?

Lire "spHincters" avec un beau H bien entendu, quel bonheur qu'ils tiennent encore !

"Souvent attachés dans leur fauteuil", pourquoi? pour ne pas tomber? Est ce que c'est vous ou l'aide ménagère qui êtes contraintes de les attacher?

La technique dite de "l'attaché" au fauteuil est une pratique extrêmement courante (mais pas recommandée) maintenant la personne assise avec une petite garantie qu'elle ne tombe pas sur le sol! Cette pratique signifie que la surveillance n'est pas permanente, ce qui est le cas dans beaucoup de lieux. Il s'agit souvent de personnes "désorientées" (Alzeihmer ou autre) chez qui l'on craint qu'elles essayent de se lever sans y parvenir, ou risquent de chuter. C'est toujours le signe d'un "échec" pour ceux qui y ont recours...On espère aussi éviter ainsi la formation d'escarres dits de décubitus (ulcère par insuffisance circulatoire sanguine sur un territoire cutané) dans le dos ou aux talons. Ce n'est pas un soin mais plutôt un "bricolage"...

J' admire votre courage, et aussi le courage ceux qui meurent ainsi dans l'indignité.

Merci Ravicelle de votre témoignage qui ne doit pas nous laisser indifférent face à ces situations qui sont hélas trop nombreuses tant en miliu urbain que rural. Que faire ? nos politiques sont intéressés par leur carrière, leur "maroquin", mais sont "heureux" de compter sur les voix de ces pauvres malades. Toute mes félicitations et j'admire votre courage pour ce que vous faîtes.

Merci Ravicelle de votre témoignage qui ne doit pas nous laisser indifférent face à ces situations qui sont hélas trop nombreuses tant en miliu urbain que rural. Que faire ? nos politiques sont intéressés par leur carrière, leur "maroquin", mais sont "heureux" de compter sur les voix de ces pauvres malades. Toute mes félicitations et j'admire votre courage pour ce que vous faîtes.

C'est aussi notre responsabilité à tous en tant que citoyens, pointemilou 33...Et il ne s'agit pas de "malades", "seulement" des vieux...

Ceux qui sont décrits ici sont malades, pas seulement vieux, et pour moi le problème est autre. Pour les "simplement vieux", le problème est celui des retraites. Pour les "vieux et malades", le problème est tout à fait différent : la sécurité sociale doit-elle tout prendre en charge ? Peut-elle tout prendre en charge ? Quels sont les critères ? Quels devraient être les critères ? La comparaison avec le chien, dans l'article, me semble un peu abusive : on sait tous très bien ce que l'on ferait d'un chien dans cet état, et personne ici ne le souhaiterait pour des êtres humains. Il faut donc trouver d'autres solutions, c'est évident. Merci à tous.

Attention delphes, votre distinction est d'une importance primordiale: diriez-vous que, dès lors qu'une personne présente des problèmes de "continence"(fuites urinaires, fuite des selles), elle est MALADE? Diriez-vous que, dès lors que vous ne pouvez plus vous laver seul, sans aide, vous êtes MALADE? Diriez-vous que, dès lors que vous n'êtes plus en état de préparer seul votre repas, faire un peu de cuisine, vous êtes MALADE? Cher delphes, quel âge avez-vous?

Mourir dans la dignité, un beau sujet de débat pour nos législateurs et gouvernants.Et le culot de nous parler de soins palliatifs, la solution miracle, pour qui? Quelques centaines ou milliers de lits? En fait, ces soins palliatifs sont réservés à une toute petite minorité. C'est l'arbre qui cache la forêt d'une triste réalité que nous révèle, Madame Ravicelle, infirmière libérale. Le maintien à domicile, dans les cas décrits c'est un calvaire. C'est pas un système ultra-libérale, ayant pour seul objectif la recherche du profit maximum, qui liquide les services publics pour le seul profit de l'oligarchie ploutocratique qui nous gouverne, qui condamne la solidarité, ce n'est pas elle qui aidera ces personnes âgées à vivre et mourir dans la dignité.

Mon cher Laurent: il ne s'agit en aucun cas ici de "soins palliatifs" mais simplement d'un "accompagnement à la dépendance" chez des personnes qui ne sont pas malades, mais simplement vieux, chez qui l'hospitalisation ne se justifie pas. La maison de retraite, oui, je dis éventuellement, car la rupture avec le lieu habituel de vie(chez soi) est souvent synonyme d'apparition de troubles de désorientation , ce qui aggrave encore la dépendance...

Plus on vieillit, plus on est disponible, plus on est fragile, plus on est lent. Autant de valeurs en rupture avec les valeurs dominantes de la société. Mais, vieillir reste un phénomène qui va de pair avec un accroissement des disparités sociales. Espérons que les 50 et + sauront s’organiser en Graue Panther et jouer ce rôle de « mouches du coche » pour faire bouger la société, les élus de tous bords...

Les sociétés d'assurance vont nous vendre des assurances dépendances avec la bénédiction de notre bien-aimé président ... Enfin, pour ceux qui pourront payer !

C'est, en effet, un énorme marché, extrêmement juteux et en pleine expansion: le bon placement, aujourd'hui, c'est ça, le capital d'une maison de retraite pour gens friqués. Ça rapporte énormément, pendant longtemps! Et les assurances le savent aussi, attendent avec gourmandise. On retombe sur les "fonds de pension américains" (et bientôt européens), la crise des subprimes... et le tour est bouclé!!

Merci Mr Philips de vos explications. Je croyais que cette " technique-bricolage" n'avait plus court..où seulement pour de jeunes enfants.

Il faut sortir de cette merde (pas d'autre mot si on a bien lu Ravicelle). Je communique ce que j'ai lu dans Le Monde du 27/28.7.08 : des femmes du Périgord y écrivent "Notre but est de vieillir autrement. Nous ne voulons pas des maisons de retraite, à la fois pour des raisons économiques - ce sera de + en + cher - mais aussi pour être responsables de notre destin plutôt qu'être prisonnières de structures souvent infantilisantes ou contraignantes." Elles cherchent un équilibre entre vie privée et vie de groupe. Il y aurait des appartements et des parties communes. Je n'en dis pas plus mais c'est dans la commune de Saint Julien de Lampon (Dordogne) et l'association s'appelle, en occitan : Lo Paratge (pas besoin de dico). En effet, il y a des lois pour punir les mauvais traitements à animaux mais pas pour sanctionner une société quio tolère une misère fréquente comme décrite par Ravicelle. Et merci à toi, infiniment.

Merci pour cette info. Je crois utile de donner le lien de l'article: http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/26/des-femmes-du-perigord-preferent-la-cooperative-d-habitants-a-la-maison-de-retraite_1077494_3224.html et pour que cette initiative prenne toute sa vraie valeur, je précise que le "paratge" c'est bien plus qu'une simple traduction du mot partage. Le "paratge", c'est la famille, la parenté, mais c'est aussi la noblesse de cœur, la noblesse de l'âme.

A ROBERTCLEMENT : ce type de structure "village" que vous mentionnez semblerait se répandre : ce sont des constructions pour les moments collectifs et emplacements individuels + organisation d'animations et de soins, mais, en dehors de l'éternel problème de porte-monnaie (en appoint d'aides financières éventuelles pour perte d'autonomie), peut-on continuer à y séjourner quand on devient grabataire, ça m'étonnerait ! Pour la question très taboue dans notre société que RADICELLE soulève, la question reste posée où qu'on se trouve, il faut soit un système de lit ou de fauteuil équipés d'un "pot" qui resterait à inventer (est-ce si saugrenu comme idée ?...), soit une personne présente de nuit pour changer les couches plus souvent.

Travailler plus pour gagner plus...et payer des assurances dépendance hors de prix que proposent à tour de bras les banques, mutuelles et assurances privées. Sans parler des petits malins qui s'enrichissent dans la "résidence du 4ème âge médicalisée" (cf : M. J.F. Gobertier, passé en une année de la 91ème à la 68 ème place du classement Challenges des fortunes françaises !!! ce qui doit remplir d'admiration un certain N.S. que la visite des mourroirs du public doit indisposer. Honte à une société qui cache ses vieux, qui méprise ses vieux , qui n'aime pas ses vieux. Comme elle fait de même avec ses jeunes, sa perte n'est sans doute pas loin. Heureusement, il existe des trentes/cinquantes qui font dans le lissé, le musclé, le bronzé, le friqué, le siglé, à l'instar de notre omniprésident "agité compulsif" bling-bling et pensent être à eux seuls la société toute entière. Et dire que celui-là a été élu par les vieux !!!

Reflets d'un monde devenu effroyable ! Mais, qu'as-t-on concrètement remis en cause précédemment ? J'ai honte et, aussi, ... il me faut pouvoir garder la capacité de "couper la lumière" quant il sera temps ; sans plus.

témoignage pathétique de la misère ordinaire ... la jeunesse comme la viellesse engendre la peur, et nos défenses provoquent la cécité il est vrai que la mort fait peur ... alors la souffrance ! combien de temps pourront nous faire les autruches avant que ça nous arrive ? il est vrai que le monde merveilleux de oui-oui est plus "vendeur" que la triste réalité .. gare à qui sort des normes marketing !

Compatir n'est pas agir ! Et quand je pense qu'il y en a qui ont minimisé les compétences de Madame Royal à devenir présidente du fait qu'elle se préoccupait beaucoup des problèmes journaliers et terre à terre des français, des plus démunis, des handicapés. Une solidarité, une fraternité qui n'a pas d'action se résume à se donner bonne conscience. Elle est inutile voire contre productive. Toute action est valable si petite soit elle mais la plus forte sera la prise de conscience au sommet de l'état qui pourrait à lui seul faire participer des dizaines de millions de personnes, rien que pour la France. Alors les choses bougeront ; la plus grande contribution que l'on puisse faire pour rendre la société plus humaine est celle qui permettre de mettre les bons dirigeants aux postes de décision. Dans une vraie démocratie il s'agit d'un vote libre et non influencé de manière désiquilibrée. Compatir n'a jamais ni soulagé ni nourri personne.

mon temoignage etait un peu brut, dicte par la colere. l alongement de la duree de vie necessiterait un service public du grand age, la formation de personnel competant et bien forme.et surtout que l on considere ceux qui ferait ce travail.creatoin d emploi et surtout au bout ducompte economie pour la securite sociale.certain semblaient choque spar le fait que j etais obligee d attacher ces patients dans leurs fauteuils,sachez qu il s agit la du seul moyen d eviter les accidents, les chutesetc...je vois venir une societe de plus en plus dure pour les plus fragiles en general.le profit est devenu le nerf de laguerre!!ne penser qu a soi et sa sticte famille, oublier la solidarite,ne plus savoir s unir pour lutter ,se laisser prendre au discours qui tend a nous diviser,laisser sans broncher les acquis sociaux se faire grignoter par le pouvoir en place et j en passe : voila le mal qui nous ronge.pour ma part j ai vote en pensant d abord a mes enfants et a mes petits enfants.le 6 mai 2007 a ete puor moi unjour de tristesse profonde.l humain au service de l economie ou l economie au service de l humain. pardon pour les fautes de frappe je ne sais pas crriger sans tout effacer!!!!!!

Ravicelle, sachez que vous n'avez pas à vous excuser! Votre article, si spontané, a fait beaucoup pour faire connaître une situation réelle et très sérieuse. Ne pensez pas qu'il existe une seule personne pour vous "reprocher" de contenir un vieillard assis. Vous n'avez fait qu'appliquer la moins mauvaise des solutions dans ces si douloureuses situations. Nous sommes très nombreux derrière vous!

mon temoignage etait un peu brut, dicte par la colere. l alongement de la duree de vie necessiterait un service public du grand age, la formation de personnel competant et bien forme.et surtout que l on considere ceux qui ferait ce travail.creatoin d emploi et surtout au bout ducompte economie pour la securite sociale.certain semblaient choque spar le fait que j etais obligee d attacher ces patients dans leurs fauteuils,sachez qu il s agit la du seul moyen d eviter les accidents, les chutesetc...je vois venir une societe de plus en plus dure pour les plus fragiles en general.le profit est devenu le nerf de laguerre!!ne penser qu a soi et sa sticte famille, oublier la solidarite,ne plus savoir s unir pour lutter ,se laisser prendre au discours qui tend a nous diviser,laisser sans broncher les acquis sociaux se faire grignoter par le pouvoir en place et j en passe : voila le mal qui nous ronge.pour ma part j ai vote en pensant d abord a mes enfants et a mes petits enfants.le 6 mai 2007 a ete puor moi unjour de tristesse profonde.l humain au service de l economie ou l economie au service de l humain. pardon pour les fautes de frappe je ne sais pas crriger sans tout effacer!!!!!!

Merci Ravicelle pour votre témoignage sur l'humain : seul cause valable à sauver sur cette terre, et pour cause si il se détruisait par cupidité (mais je ne le pense pas tant qu'il y aura des gens comme vous). Quant aux fautes d'orthographe je n'en n'ai pas vu tant la profondeur de vos propos en excluaient tout besoin d'une forme qui dans des propos vides n'est qu'un luxe dérisoire. Je me permet de rappeller ici un post que j'ai déjà publié sur ce que pourrait-être un vraie rupture pour améliorer la vie de tout un chacun, si pas dans le monde, commençons par la France. --------------- Une vraie rupture : Le monde de la violence (guerre, tortures, viols, égoïsme forcené, bling bling, mémoire courte ...) est orienté masculin : tout le contraire de ce que l'intelligence dans un monde civilisé "essaye d'éduquer", de "maîtriser". De nos jours ni force physique, ni argent (dans nos pays riches) ne sont plus le gage du vivre mieux ; aujourd'hui c'est l'intelligence qui fait la différence : non pas la ruse ou la malignité qui ne conduisent qu'à un mieux être provisoire toujours en conflit. L'intelligence qui nous est donnée à tous, celle qui nous incite à rechercher le monde meilleur que nous avions défini comme Libertaire, Égalitaire et Fraternel. Si le monde que nous connaissons avait été géré en "bon père de famille" ,nous pourrions aujourd'hui l'appeler eden. On ne refera pas l'histoire. Changeons notre approche et essayons de gérer le monde en " bonne mère de famille" (ce qui n'est pas un monopole féminin). Ceci est l'avis d'une Personne (... accessoirement de sexe masculin).

je suis tout a coup un peu soulagée de lire que parmi vous beaucoup me comprennent. je suis souvent mal a l aise en exerçant mon métier d infirmiere.oui il m arrive de me sentir complice indirectement ,et je ne sais comment faire avancer les choses.ce qui m inquiète pour l avenir, c est aussi le fait que nous sommes mal payees.pour ma part, je suis proche de ma retraite et mes enfants sont autonomes financièrement..mais les vocations des plus jeunes vont devenir rares.70heures de travail par semaine,beaucoup de disponibilite,peu de week end,etc...qu en sera t il de l avenir de ma profession..et mes camarades du milieu hospitalier,leurs conditions de travail se dégradent de plus en plus.c est un métier ou il est difficile de concilier famille et travail..je suis de cette génération de femmes qui voulaient reussir dans les deux domaines.j ai élevé mes trois enfants et je me demande aujourd hui comment j ai peu mener cette affaire a plutot bien!!!! la nouvelle génération n a plus les mêmes priorités et elle peut être pas tord..faudra t il faire appel a l immigration choisie si chère a notre vaillant président???après tout on pourra encore les payer moins cher!!

Chère Ravicelle, vous êtes allé à l'essentiel et vos préoccupations sont celles de beaucoup de gens. Plus le temps passe, plus on se "satisfait" de conditions de travail anormales: celui qui est hospitalisé ne devine pas ce qu'endure le personnel qui garde le sourire! Vous avez un si beau métier et il est si dévalorisé. "On" sait que vous ferez toujours passer vos patients avant le reste, alors on vous presse comme un citron! Et, à côté de cela, un petit traider de 30 ans, on le laisse jouer avec des milliards d'euros et la Société Générale, malgré une perte de 5 milliard d'euros, fait encore des bénéfices! Incroyable!

je suis tout a coup un peu soulagée de lire que parmi vous beaucoup me comprennent. je suis souvent mal a l aise en exerçant mon métier d infirmiere.oui il m arrive de me sentir complice indirectement ,et je ne sais comment faire avancer les choses.ce qui m inquiète pour l avenir, c est aussi le fait que nous sommes mal payees.pour ma part, je suis proche de ma retraite et mes enfants sont autonomes financièrement..mais les vocations des plus jeunes vont devenir rares.70heures de travail par semaine,beaucoup de disponibilite,peu de week end,etc...qu en sera t il de l avenir de ma profession..et mes camarades du milieu hospitalier,leurs conditions de travail se dégradent de plus en plus.c est un métier ou il est difficile de concilier famille et travail..je suis de cette génération de femmes qui voulaient reussir dans les deux domaines.j ai élevé mes trois enfants et je me demande aujourd hui comment j ai peu mener cette affaire a plutot bien!!!! la nouvelle génération n a plus les mêmes priorités et elle peut être pas tord..faudra t il faire appel a l immigration choisie si chère a notre vaillant président???après tout on pourra encore les payer moins cher!!

Ce n'est qu'un avis. Il semble que les pays nordiques ont une bonne approche sociale de ce sujet : les personnes âgées et le social. En France, si on laisse aller les choses en l'état et en simplifiant : la société se divise en deux à la mauvaise image entre autre des U.S.A.. Il y aura ceux qui pourront se payer une aide sociale et médicale et puis ceux qui ne le pourront pas. Par égoïsme, cupidité et facilité le système actuel abandonne la partie de la population "mal née" et qui sera d'autant plus pauvre et aura difficile de raccrocher qu'elle sera ignorée ou cachée. Le tiers monde sera dans le pays et non plus seulement ailleurs. L'étranger, c'est l'autre disait un auteur bien connu. Des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres : le retour au moyen âge à ceci près que la "démocratie" oblige de conserver un nombre suffisant de personnes dans une classe sociale qui permet de voter pour ceux-là même qui provoquent ce déséquilibre. Tout le monde sait que les malheurs n'arrivent jamais qu'aux autres et cela est d'autant plus vrai que l'on est bien portant et très riche. Oui la politique comme je la pressent aujourd'hui en France peut satisfaire une majorité suffisante pour se maintenir en place au profit maximum d'un minimum de personnes. C'est le compte d'une malignité toujours en proie aux conflits. Tout cela peut être dévelloppé, ce serait trop long ici. Toute "démocratie" telle q'uorganisée aujoutd'hui en France et dans tout pays où une partie de la population est occultée, abaissée, pout toutes causes non avouable serait à modifier profondément par une élite qui accepterais de remettre en cause ses propres prérogatives : ce n'est pas gagné ! Mais des modèles meilleurs existent et sont appliqués, donc cela vaut la peine de se battre pour la solidarité, car la paix totale ne peut s'obtenir que dans une société, un monde égalitaire aux défauts près bien sûr de la nature humaine qui le met en place et qui évolue toujours. La force et la qualité d'une chaine bient faite se mesure à son maillon le plus faible, quand même tout les autres seraient très fort. Madame, votre billet et vos précisions par les témoignages et l'authenticité qu'ils apporttent auront, pour le moins éveiller les esprits, rendu courrage à ceux qui comme vous n'acceptent pas la fatalité. Pour que nos enfants, malgré les sacrifices des parents (trop souvent des mères) soient obligés de vivre demain dans un monde qu'on aurait voulu leur éviter. gaebus@hotmail.com

Cher gaebus, tout ce que vous écrivez, je le partage. Moi aussi, surtout depuis 10-15 ans, j'ai vu se creuser un vrai fossé social avec, d'un côté, nous, les "nantis", qui pouvont encore dépenser 9 € pour lire Médiapart et les autres qui, bien qu'ayant un travail, n'arrivent plus vraiment à finir le mois, n'iront pas chez le dentiste, ne peuvent plus s'offrir un cinéma, ont la hantise d'une voiture qui tombe en panne et ne remplacent pas des pneus usés. Est-ce d'avoir été "favorisé" au cours des 30 glorieuses qui nous a rendu si égoïste? C'est sûr que la "solidarité" est plus grande quand les conditions de vie sont difficiles: on aide car on se dit qu'on peut avoir besoin de l'autre! Ferons-nous marche arrière? Notre président, que nous avons démocratiquement choisi, ne nous en donne pas l'exemple.

Mais est ce que ça ne dépend pas aussi des maires des communes? " Dans mon village", une dame âgée, vient d'être mise à l'hôpital régional, ( elle n'est pas malade), en attendant qu'il y ait une place en maison de retraite... Elle ne s'occupait plus d'elle même, ni de la vingtaine de chats qu'elle hébergeait, et ce sont ses voisins qui se sont plaints de l'odeur. Elle était locataire -pour un petit loyer qu'elle payait, de sa maisonnette. Pour l'instant, elle semble accepter d'être à l'hôpital, mais ayant "visité" certaines maisons de retraite en Basse Normandie, j'ai peur pour elle que ce soit pire, plus tard. Je ne connais pas les statistiques, mais n'y a t'il pas des régions comme la Basse-Normandie rurale, "pires" que d'autres, avec moins d'argent pour la solidarité?

à Vancouver J'ai lu tous les commentaires avec beaucoup de respect ,sans vouloir ajouter au diagnostic . La Basse-Normandie est sans doute un modèle d'inégalités socio-économiques et territoriales. Enfin !!!vous soulevez la véritable question du "quoi faire ", pas nécessairement pour résoudre ,au moins pour réduire les situations décrites. Vous dites :Mais est ce que ça ne dépend pas aussi des maires des communes? La réponse me semble être dans la question . Connaissez-vous des communes qui ont mis cette question devant toutes les priorités du mandat confié récemment aux conseils municipaux ? Avez-vous une petite idée de ce que rapporte le "produit net des jeux" justement à certaines communes de la région citée. Il s'agit de savoir si les électeurs ont la moindre préoccupation de la solidarité intergénérationnelle et bien sûr de la solidarité économique. Qui a élu ces conseils municipaux ?

A Jacques Pouzet A Bréhal chez Ravicenne, je ne sais pas. Près de Trouville, oui, je sais. Mais même "dans mon village", qui était un village de marins-pêcheurs, et dont le Maire est socialiste..Il y a une grave dérive. Si je savais écrire un billet je le ferais..C'est un tout petit village, où on trouve la demi soeur du président de la République, Jacques Séguéla et beaucoup d'autres. Ce village est acheté et devient une banlieue chic des villes de "jeux" au détriment des habitants; Oui, le Maire de Trouville était avec F.Bayrou et l'a laché pour l'actuel président.. Mais je ne veux pas ennuyer Ravicenne avec ce débat là. Bien à vous,

@ Jacques Pouzet, Juste pour vous encourager à écrire un billet. Comme vous j'hésitais et j'y suis finalement arrivé grâce à des encouragements que j'ai eu sur se site. Je ne le regrette pas et je crois pouvoir vous renvoyer tous ces encouragements. Ravicelle nous a montré un chemin qui vaut la peine d'être suivi. Gaetano Buscemi

Les vieux en France... c'est l'un des plus grand scandale et c'est celui que la Société civile, vous, moi n'avons pas envie de voir... pour la bonne raison que cela nous ramène à nos peurs, à nos lâchetés, petites et grandes... car c'est notre futur, notre devenir Regardez dans nos rues, nos villages : vous ne voyez plus du "quatrième" âge en train de papoter sur des bancs (en disparition eux aussi), des vieilles derrières des rideaux ... on les escamotent, cela pourrai faire peur ! On admet les vieux en pleines formes, mais gare aux autres ! J'ai la tutelle de ma mère, Alzeimer à 50 ans, maison de retraite médicalisée depuis 1990, je paye 2000 euros par mois...au moyen de sa retraite + pension de reversion... je sais que je vais devoir mettre au bout car cela n'est plus suffisent. Si vous demandez de l'aide, vous devez rembourser au décès, il faut le savoir ! Moi, je ne pourrai pas me payer ça quand je serai âgé suite à chômage... les annuités !!! Quant à ceux et celles qui travaillent dans ces lieux : 130 heures/mois environ 850 euros/mois, j'ai des amies qui y travaillent suite à divorce... il y aurait beaucoup de chose à dire sur ces établissements... là, où est ma mère, cela a changé de propriétaire le mois dernier, et c'est un type qui en a déjà trois, et les banques qui courrent derrière. Je vais tous les mois rendre visite, je ne m'habitue pas à voir tout ce 4ème âge dans des fauteils roulants, des coquilles pour d'autres, des fauteuils... les regards trop vieux, vides pour certains, tristes pour d'autres ... tous ne sont pas grabataires et alzeimer... Mais aucun n'est heureux d'être là ! Dernièrement j'ai dit à une amie qu'au lieu de nous prolonger une triste vie, Sarkozy devrait plutôt distribuer un KIT pour partir dans l'au-delà rapidement ce qui serait tous bénéfices pour la société et qui éradiquerait les "vieux" dont je ferai parti un jour prochain ! Je plaisante... quoique ?? Mais c'est vrai que c'est un problème sociétale qui défini le mieux >STRONG>le politique. On pourrait dire : Montre moi comment tu traites les "aînés" et je dirais quelle sorte de société tu es ! Les Philosophes qui trainent sur Médiapart pourraient le dire mieux que moi en citant les grands auteurs grecs, latins...etc... qui se sont penchés sur le sujet... mais je doute fort que la France soit un exemple... je dirais même que la solidarité intergénérations s'éffiloche plus la précarité augmente... et des vieux attachés nous en verrons de plus en plus si nous changeons pas de politique .... le débat est ouvert !

Je suis 100/100 d'accord avec l'entièreté de vos propos, l'ai déjà écrit sur Médiapart pour d'autres "minorités": celles des prisons, des handicapés. NOUS SOMMES CETTE SOCIÉTÉ LA, point-barre; Comme en montagne: "là où il y a une volonté, il y a un chemin".

@ LAFOREST : je pense, comme vous, que si nous ne changeons pas de politique, la solidarité intergénérationnelle se perdra, sauf pour les plus riches, bien évidemment. Avec Ségolène ROYAL, j'ai tendance à penser que certaines coupes sombres auraient été évitées... Quand on voit que l'AER (Allocation Equivalent Retraite) est supprimée pour tout demandeur à partir du premier janvier 2009 (au lieu de ressources d'environ 960 euros, c'est passer à 450 euros mensuels... pour bien des anciens qui ne retrouveront pas de travail (ou si peu, et souvent peu payé !), c'est la pente assurée vers la misère toujours plus tôt, pour certains dès 55 ans ! Il faut le savoir, cette info est passée sous silence, on insiste toujours sur la capacité des Seniors à continuer le boulot. Mais cette mesure impitoyable va jouer un rôle prépondérant dans la suite des malheurs du grand âge !

Si nous ne changeons pas de politique et de Président,la FRANCE s'enfoncera dans le malheur,vous avez encore là l'exemple de la CHINE et sa présence pour les droits de l'homme dont il n'est là que pour vendre des centrales nucléaires,et s'il a fait la promesse de ne pas renconter le Dalai_lama c'est pour pouvoir faire ses marchés se sale menteur de Président,ce qui vous dit bien que si l'on veut il n'y en a plus pour longtemps pour viellir si l'on veut avec tout ce nuléaire,surtout déja dans la Manche,avec les EPR ET LA HAGUE! Les Chinois en possession du Nucléaire feront ainsi sauter notre continent trés vite,Merci Monsieur SARKOZY Sale dictateur!Ce n'est pas de cet façon qu'il soignera quelqu'un n'est-ce pas?

J'ai une profonde admiration pour des gens comme vous qui font au mieux pour améliorer le quotidien de nos anciens. Je ne sais pas si c'est votre cas mais j'ai vu à l'oeuvre une personne qui a pu aider mes grands parents, elle était admirable de dévouement. C'est comme un don du ciel !... Beaucoup de gens ne peuvent pas faire ce que vous faites ... Certains des commentateurs de votre message ont indiqué qu'il fallait faire des images ou une campagne d'information. C'est très certainement moins médiatique qu'un tsunami ou qu'un 11 septembre. La détresse solitaire est malheureusement beaucoup moins porteuse.... La Sécurité Sociale a été créée dans un élan de solidarité nationale. Aujourd'hui subrepticement tout est fait pour la démanteler (sans débat public)... C'est un peu du même coup de la solidarité nationale qui s'en va dans une période ou l'individualisme est beaucoup plus de rigueur. Il faudrait un abbé Pierre des vieux pour remobiliser tout le monde dans un élan de SOLIDARITE.

Vous savez que "les vieux" au niveau démographique seront de plus en plus nombreux en Europe et il faudrait repenser sérieusement à assurer une fin de vie digne aussi bien au niveau pécuniaire, que confort de vie physique et mentale. Aucun d'entre nous, peut savoir comment il ou elle vieillira... Le grand âge a des caractéristiques que le gérontologue connait bien dans sa diversité... Nous ne savons pas si nous pourrons rester à domicile... il faudrait développer les expériences qui sont faites en Alsace, dans certains pays du Nord pour le niveau institutionnel, faciliter des experieces privées mais en les encadrant au niveau juridique, pour éviter les abus... je recommande souvent à des connaissances qui se retrouve à gérer une tutelle problématique ( cela arrive!) de faire appel à l'ordre des Chevaliers de Malte qui peuvent prendre en main et surtout protéger le ou la pupille au mieux de ses intérêts et ce, sans souci de "captation d'héritage". Il faut que le prochain ou prochaine à l'Elysée fasse une réelle politique vis à vis des plus faibles et des plus démunis... car ne nous leurrons pas, ce n'est pas avec la faiblesse des salaires et les annuités nécessaires de plus en plus problématiques à obtenir pour une retraite, pleine et entière que nous pourrons nous payer des maisons de retraites du Privé qui augmentent leur tarifs comme les autoroutes à péage... Et puis il faut que le regard de la Société change: en Afrique quand un vieux meurt... on dit qu'une bibliothèque disparaît... en France on courre chez le notaire ! (j'exagère...??) mais si peu... les vieux, c'est ringard, ça emmerde, ça s'oublie... et puis c'est une charge, un poids mort, ça radote... il n'y a que Dujardin, l'écrivain, pour faire leur apologie Si on prenait le temps d'écouter, de faire parler sur leur jeunesse, leurs experiences, leurs amours.. cela quand ils ont encore leur tête... car après... c'est le temps où votre parent ne vous reconnait plus et vous devez faire le deuil des souvenirs communs... votre parent est là, mais ce n'est plus celui ou celle que vous avez connu... vous devenez le parent protecteur... mais c'est loin d'être facile : d'où souvent l'abandon. Et la société n'aide pas à faciliter les rapports parents-enfants... On devrai pouvoir améliorer tout cela mais pas dans cette société de "mercantiles" comme disait mon grand - père mort à 100 ans et toute sa tête ( mais qui en avait marre de vivre !)

Bonjour Ravicelle, Votre texte m'a beaucoup émue . Voilà quelques années de cela j'ai dû placer ma mère en maison de retraite, car n'ayant plus toute sa raison, elle se mettait en danger. Par bonheur nous avons pu, mon compagnon et moi-même, choisir que l'un de nous deux travaille à mi-temps, afin d'être présents tous les jours à ses côtés. Ce placement a été pour nous un véritable déchirement, doublé d'un énorme sentiment de culpabilité. Nous avons alors choisi d'être auprès d'elle quotidiennement pour préserver sa dignité, pour l'arracher à l'enfermement, pour qu'elle sache que pour nous elle était la même et que nous l'aimions toujours du même amour. Chaque après-midi mon compagnon la sortait en fauteuil roulant et l'amenait promener, boire un jus de fruit au café, passer à la pâtisserie. Et, selon un rituel bien rôdé il l'amenait ensuite au parc : là il la plaçait à un endroit stratégique d'où , profitant d'une heureuse perspective, ma mère guettait mon arrivée du travail (je travaille à 30km de mon domicile ). Nous restions ainsi tous les trois, puis la ramenions ensemble à la maison de retraite que ma mère, dans un éclair inattendu de lucidité, appelait parfois «la prison» au moment où nous en franchissions l'entrée. Après souper nous montions à nouveau la voir juste avant qu'elle ne s'endorme. Nous avons fait cela durant 3 ans, jusqu'à son décès. C'est donc forte de cette expérience que je sais que vous avez, Ravicelle, entièrement raison. Hélas. Et il est exact que pour de multiples raisons, de nombreux vieux semblent abandonnés par leur famille. Leurs regards éteins, perdus dans le vide nous serraient le coeur à chaque fois. Nous ne nou.s y habituions pas. Ils étaient tellement en quête d'amour, que lorsque nous ramenions le soir ma mère dans la salle à manger commune, icertains nous saisissaient la main ou le bras pour que nous les regardions. Parfois ils nous tiraient autoritairement vers eux pour qu'on les embrasse, et nous le faisions de bon coeur. Je ne m'étendrais donc pas davantage Ravicelle, car je sais que vous savez, et réciproquement : nous savons que lorsqu'on leur donne beaucoup d'amour ils restent dignes. Ma mère tenaient des propos confus et les passants qui la connaissaient nous regardaient d'un air de dire « elle est devenue folle». Pourtant ma mère ne s'est jamais trompée sur nos prénoms quand elle nous voyait arriver à la maison de retraite. et elle avait souvent des éclairs de lucitité. Coïencidence inouïe, j'ai trouvé la semaine dernière dans ma boîte aux lettres un poème, qui a été trouvé dans les affaires d'une vieille dame irlandaise, après sa mort. C'est Rachel, une des aides-soignantes préférée de ma mère, qui me l'a envoyé avec ces quelques mots : « en souvenir de votre mère et belle-mère, qui était une femme formidable» . Je ne résiste donc pas au plaisir de le partager avec vous : QUE VOIS-TU, TOI QUI ME SOIGNES, QUE VOIS-TU ? QUAND TU ME REGARDES, QUE PENSES-TU ? Une vieille femme grincheuse, un peu folle Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait, Qui bave quand elle mange et ne répond jamais, Qui, quand tu dis d’une voix forte «essayez» Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas, Qui docile ou non, te laisse faire à ta guise, Le bain et les repas pour occuper les la longue journée grise. C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ? Alors ouvre les yeux, ce n’est pas moi ; Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux : Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère, Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux. Une jeune fille de 16 ans, des ailes aux pieds, Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé. Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie Au souvenir des vœux que j’ai fait ce jour là. J’ai 25 ans maintenant et un enfant à moi Qui a besoin de moi pour lui construire une maison. Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite, Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront. Quarante ans, bientôt il ne sera plus là. Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi. Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés ; Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé. Voici les jours noirs, mon mari meurt. Je regarde vers le futur en frémissant de peur, Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs, Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connus, Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folle, Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent, Et il y a maintenant une pierre là où jadis j’eus un cœur. Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche. Je me souviens des joies, je me souviens des peines, Et à nouveau je sans ma vie et j’aime. Je repense aux années trop courtes et trop vite passées, Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer. Alors ouvre les yeux, toi que me soignes et regarde Non la vieille femme grincheuse. Regarde mieux, tu me verras !

Chère Christiane, Le temps a passé. Le temps où 3 générations (parfois 4!) vivaient sous le même toit. Où chacun avait sa place et jouait son rôle en fonction de son âge, de ses capacités, des circonstances. Il y avait toujours soit une vieille, ou une sœur un peu attardée pour s'occuper des tout petits quand la mère travaillait. La pression du modernisme a bousculé tout cela. La famille s'est réduite à 2 générations. Les enfants sont pris en charge très tôt à l'extérieur de la famille, ne savent plus ce que peut être un ancien. Et, ces anciens, ces vieux, ne leur restent aucun rôle à jouer. Ils deviennent une charge, on les place. Voilà ce que vous décrivez. Avec toute la douleur qui l'accompagne. Car derrière cette lente et pénible descente, il y a des êtres chers. Quelle triste civilisation que celle-là.

Je suis pret a cotiser pour louer des panneaux publicitaires grand format et y mettre ce texte. Tant qu'il est encore temps, et avant que Soleil vert 2 ne réaparaisse en "live"

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