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Une justice efficiente face à la folle finance

Pas de démocratie sans réelle séparation des pouvoirs. La théorisation faite par Locke et Montesquieu et reprise dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (1789) avait pour but de protéger les individus et la société de la survenue d’une dictature. Il n’en reste pas moins, pour en revenir à notre époque et à notre pays, que les attaques frontales ou sournoises contre l’indépendance de la justice n’ont fait que croître depuis cinq ans.

 

En 2009, le réalisateur Thomas Lacoste interrogeait le juge Renaud Van Ruymbeke sur sa spécialité : la Corruption et la criminalité économique et financière (in Penser critique, 2012, voir infra). Des années 1990, qui ont vu l’instruction de l’affaire Urba et l’intérêt croissant des juges pour les affaires politico-financières en Europe (en Italie et en Espagne notamment), de sombres remugles nous parviennent encore en 2012 quant au financement de la campagne présidentielle de 1995 et celle de 2007. Malgré les scandales, malgré le fait qu’une ancienne juge d’instruction elle aussi spécialisée dans ce type de dossiers, Eva Joly, soit candidate à l’élection présidentielle, la question de la Justice reste un sujet marginal pendant cette campagne, alors qu’il s’agit d’un pilier – par endroits moulu des vers-de-gris – essentiel de la société.

 

Voici ce que réclamait Renaud Van Ruymbeke en 2009, lui qui voulait réformer le système afin de lutter contre ce que le discours sécuritaire s’est plu, depuis, à nommer ’délinquance financière’ : « nous, on est dans le camboui, on voit exactement où ça ne passe pas. Lever du secret bancaire dans toute enquête ; c’est-à-dire l’information donnée instantanément dès qu’un juge va demander – là je suis en plein rêve – à un juge de Singapour, ou des îles Caïman de lui donner des relevés bancaires. Aucun obstacle, aucun recours, aucune contestation, on fait confiance. » Ensuite la centralisation des comptes : « vous avez un compte dans une banque suisse, il n’y a que la banque suisse qui le sait ; s’il y avait une centralisation des comptes on saurait tout de suite qui a des comptes partout. » Ce sont les « deux mesures simples » qu’il préconise avec la suppression des recours en Suisse, au Luxembourg et au Liechtenstein.

 

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