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De la professionnalisation de la politique ou qu’est-ce qu’un parti politique (de gauche) ?
La semaine dernière, « Le Monde » publiait un article abordant la professionnalisation de la politique et se référait à la pratique du PS, notamment dans les collectivités territoriales où il a désormais un ancrage solide. Cet article m’a interpellé.
S’il est bien informé, et je crois qu’en l’occurrence il l’est, le PS recherche des fonctionnaires territoriaux de valeur, détenteurs de diplômes type master (bac+5). Jusque là, rien qui ne soit pas acceptable. L’universitaire que je suis et qui a créé deux diplômes à orientation professionnalisée est heureux de cette reconnaissance de la valeur de nos universités françaises. Evidemment, le militant syndical et politique présent en moi ne va pas jusqu’à penser que l’enseignement supérieur soit le réservoir unique des cadres des collectivités territoriales et de la politique. Ceci dit, je n’ignore pas le procès fait aux partis (pas seulement le PS) de placer leurs créatures aux postes de responsabilité administrative. Le recrutement sur appel d’offres permet (en partie seulement) de récuser cette accusation de copinage ou de clientélisme.
La voie de l’avenir pour la politique ?Il n’empêche : le bât blesse. Et pour ce qui est du PS, si j’en crois « Le Monde », c’est toute une conception du parti qui est en question. Les élus cherchent des collaborateurs, les meilleurs, ils ne les connaissent pas nécessairement, et ils espèrent trouver la perle ; selon un témoignage, s’il s’instaure une certaine complicité, c’est le top du top. Le cadre recruté sera le bienvenu au PS, et il sera parrainé par son patron élu pour embrasser une carrière politique, s’il désire « entrer en politique » , comme on l’entend dire parfois (affreuse formule qui fait penser à « entrer en religion »). De l’échelon local, l’heureux protégé pourra monter à l’échelon national, voire, si les conditions sont bonnes, dans les cabinets ministériels. Et voilà comment un fonctionnaire territorial deviendra un homme (une femme) politique. Ce serait là la voie royale pour devenir un politique, un élu ? Quel rétrécissement dans l’accès aux responsabilités politiques ! Ce n’est plus la méritocratie, mais le tri sélectif avec une bonne dose d’opportunité aléatoire. Sans oublier le lien de subordination que crée de fait le salariat.
Cela a toujours existé, me répliquera-t-on. Oui : un certain nombre de préfets sont devenus députés, ministres (je pense à Jean-Pierre Soisson qui jadis expliquait qu’il préférait prendre les décisions plutôt que d’avoir à les appliquer). Mais Bérégovoy fut ajusteur. Une autre époque ?
La question prend aujourd’hui un tour nouveau même s’il n’est pas tout nouveau. C’est celui de la professionnalisation de la politique. On a gaussé cette IIIe ou cette IVe République dont les ministres avaient fait tous les ministères au cours de leur carrière – sans compétences particulières en général, affirme-t-on. Enfin, ceux qui ont connu une telle carrière furent bien moins nombreux que ceux qui, après quelques essais ministériels, retournaient dans l’obscurité et l’oubli.
Et surtout, ils avaient une administration qui, dans le contexte de l’instabilité gouvernementale élevé au rang de principe républicain, permettait d’assurer la continuité par delà les inflexions, les retours en arrière, les bonds en avant. Et les ministres avaient pour mission de mettre en œuvre une réforme avec elle ; quand c’était compliqué, on recourait à des politiques expérimentés pour trouver les moyens d’arriver au but recherché, ce qui n’arrivait pas tout le temps.
Professionnels de l’appareil d’Etat et politiques Aujourd’hui on veut des professionnels. Cela veut dire officiellement : on ne veut pas des amateurs. Allez à l’école (pardon : à l’université, à Sciences po ou à l’ENA), et vous pourrez prétendre devenir un politique, un élu, quelqu’un qui sait de quoi il parle ! Je sais qu’en principe, l’université est diverse, que l’ENA ou Sciences po sont ouverts à la diversité. Il n’empêche cette diversité n’est pas si diverse que cela. On en ressort avec un corps de connaissances, des méthodes de travail qui vous rendent reconnaissables entre tous. On a un esprit de corps, d’école… Encore, si vous avez un travail de recherche consistant derrière vous, on peut penser que vous avez l’esprit ouvert, mais ce n’est pas toujours le cas : certains chercheurs ont leur dada, qui les fait remarquer mais qui (parfois) les fige dans une posture d’esprit à laquelle ils tiennent. En politique, c’est redoutable.
Pour nos cadres territoriaux de valeur; ils sortent le plus souvent des facs de Droit et sciences économiques. Des équipes prises dans un champ intellectuel bien délimité, donc, et encore souvent marqué de conservatisme dans la manière d'aborder les questions.
Ces professionnels de la politique, que l’on veut généraliser, ne seront jamais, en tant que tels, que des professionnels de l’appareil d’Etat. Pour devenir un bon politique, il faut autre chose. Il faut avoir entendu plus que des profs, fussent-ils remarquables, connaître plus que des livres et des statistiques : il faut connaître le grand livre du monde ; il faut parler avec le commun des mortels (le fameux « homme de la rue » dont on nous rebattait les oreilles dans la philosophie de lycée), partager son expérience, comprendre son point de vue.
J’entends parfois pousser des cris d’orfraie : le député n’a pas le temps d’être un législateur, il se transforme dans sa circonscription en assistante sociale (jugez de ce féminin dépréciateur). Autrement dit : assez de ces élus qui écoutent les plaintes et les malheurs de leurs électeurs. J’ai même entendu des élus dire : celui-là, il n’est pas de mon canton ou de ma circonscription. Comme si on ne devait pas porter assistance à celui qui ne vous élit pas directement. N’avez-vous pas remarqué ceci : des députés peu recommandables, condamnés par la justice, déclarés inéligibles pour un temps, se font réélire triomphalement. On leur reproche leur clientélisme. Avec raison parfois, mais le clientélisme n’est que le côté perverti de la nécessaire action de solidarité de l’élu.
« Votez pour moi, je vous donnerai quelque chose » se confronte en permanence à « Comprenez pour quoi cela vous arrive, je vous aiderai à trouver la solution, allez voir un tel qui peut être utile et soyez certain que votre problème m’a ému et apporté une raison de plus de persévérer dans mon engagement ». Cela s’appelle « la fonction tribunicienne » qui eut mauvaise presse à une époque où on l’opposait à la volonté de prendre des responsabilités gouvernementales. Le problème, c’est qu’en l’oubliant, on se coupe de ses concitoyens, c’est-à-dire de la vraie politique et de la capacité à rectifier les inévitables erreurs de la vie politique. On s’enferme dans son enceinte d’élu ou dans son parti, on se « bureaucratise »
Un parti politique n’est pas un syndicat de professionnels de la politique, même stagiaires Allons plus loin : il ne faut pas que les partis qui veulent avoir une assise populaire deviennent des partis de cadres, de notables ou d’aspirants notables, où l’on trouve des élus, entourés de leurs salariés et d’une constellation qui rêve à une future élection. Il faut bien dire que le PS actuel est depuis un certain temps sur cette voie dangereuse. C’est retrouver la voie mortifère de la défunte SFIO.
Le PS a fait le choix depuis longtemps de porter à sa direction nationale des élus. Il serait nuisible qu’il n’y en ait pas en nombre significatif. Mais dans le contexte de professionnalisation de la politique, est-ce se donner les meilleurs moyens d’avoir le lien avec la société telle qu’elle est ? Il existe une assemblée de représentants de la société civile qui étudie quelques questions importantes, mais son rôle est restreint et c’est plutôt une assemblée des élites sociales.
La grande question est bien de ne pas devenir un syndicat de professionnels de la politique, même en période de stage, et d’intégrer à tous les niveaux des militants politiques mais aussi, en nombre suffisant, syndicalistes et associatifs, bien au courant de ce qui se passe dans leurs milieux. Ce qui ne sera efficace que sur un fond d’ouverture politique sans précédent. Non pas l’ouverture tous azimuts à 20 € pour élire un candidat (ceci dit : une cotisation d’appel la première année pourquoi pas ?), mais une ouverture sur un programme politique et idéologique (le vilain mot) mobilisateur pour tous ceux qui sont confrontés aux difficultés de la vie.
Un parti de professionnels de la politique : attention danger à gauche. Un parti de gauche a pour vocation d’être un parti non seulement de militants mais aussi de simples adhérents fidélisés par une vie intérieure intéressante, ce qui est loin d’être toujours le cas, ce qui leur permettrait, quand ils en ont le désir ou le temps, d’avoir ne serait-ce que des loisirs militants. Ce qui est fort différent de la politique professionnelle (et de son avatar anticipateur : le révolutionnaire professionnel).
Professionnalisme et amateurismeJ’ai rencontré il y a quelques années le responsable d’un théâtre amateur. Il me confiait qu’à ses yeux le théâtre amateur supposait la qualité et la rigueur comme pour les professionnels : la différence ? « On n’en fait pas un moyen d’existence, mais on bosse autant, pour le plaisir. » Et si l’on considérait la politique sous cet angle ?
Encore faut-il que les partis ne remettent pas aux autres le soin de former leurs militants. Il n’y a pas que l’université pour faire de bons politiques. Le ministre de la Fonction publique Le Pors avait voulu créer une troisième voie pour permettre l’entrée à l’ENA d’anciens élus ou d'anciens responsables de syndicats. Quel scandale ! Le moule risquait de se casser. Chirac le fit supprimer immédiatement. Depuis on cherche à démocratiser le recrutement à Sciences po. Intéressant. La question reste : comment lier cette élite à la société et la rendre apte à entendre le message de ceux qui ne s’expriment pas facilement ? Est-ce possible ? Ne faut-il pas que les partis politiques se donnent eux-mêmes les moyens de le faire ?
Le seul vrai creuset du civisme et de la politique pour le plus grand nombre, ce sont bien eux, qui, selon la constitution, concourent à la formation de l’opinion publique. Qu’ils se le rappellent donc. Ils sont en principe les garants du pluralisme. Refusons tout ce qui irait à l’encontre de cette nécessaire diversité.
Qu’en pensez-vous ?


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Peut-être y a-t-il une voie à suivre dans le non cumul et la limitation dans le temps pour les élus, accompagnée d'une réforme du statut. Il y a également une voie à explorer en direction de revalorisation des postes fonctionnels qui devrait être assimilés à des postes politiques avec les risques y afférents (rupture du contrat). Les institutions locales et particulièrement les communes sont peu si ce n'est pas du tout démocratiques. A quand leurs réformes en profondeur car les caudillos locaux ne manquent pas? Ceci aussi est un handicap pour la démocratisation de la vie politique afin de libérer les partis des féodalités locales. Les partis eux mêmes doivent se réformer et certains devraient diparaître purement et simplement. Enfin, il faut tirer le bilan du modèle léniniste qui irradie toutes les formations politiques et dont on voit bien en France qu'il est une machine à exclure les citoyens au profit des militants professionnels. Que pouvait-il être d'autre que cette machine?
Beaucoup de choses, avant tout j'apprécie le souci d'une meilleure représentativité du corps politique et la conscience qu'il nous faut sortir de cette reproduction des élites qui fourvoie la démocratie dans un nuage d'ombres qui n'ont plus rien de "politique" en tant qu'elles ne sont plus que des gestionnaires du lien social, bon an mal an... Merci à vous
Cette évolution est cohérente avec une vision qui voit la politique comme l'art de "manager" un pays. Vision portée à gauche, à partir de l'expérience Clinton, par la plupart des partis "socialistes" d'Europe. Avec les brillants résultats que l'on connait. Voir le cas du New labour
Et voilà, le grand responsable de tout, l'américain, pointe son nez. Le vieux continent s'exonère ainsi à peu de frais d'au moins un siècle et demi de chaos ce qui a l'échelle de la démocratie est un temps plutôt court. Les USA mettent seulement quelques années à mettre à nu la politique catastrophique de leurs dirigeants actuels alors que nous n'en sommes qu'au balbutiements d'un regard collectif et critique sur la guerre d'Algérie et plus globalement la période de la décolonisation mais c'est quand même les Etats unis qui portent en eux la régression. Ce sont eux les responsables de la vison managériale et de la crise du politique en France! L'Europe a inventé et sort à peine de l'emprise totalitaire mais c'est quand même Clinton qui a entraîner les européens sur la voix de la désaffiliation politique massive dont souffre nos démocraties. Pour peu on l'accuserait même d'avoir coulé le Titanique, ce pauvre Clinton. Buch lui au moins correspond à l'idée que l'on se fait du grand Satan américain. Lui au moins nous conforte dans nos convictions anti américaines. . Si Obama est élu, nos consciences vont souffrir. . Soyons sérieux. La tendance au management politique (bel oxymore) n'a aucun besoin des américains pour s'affirmer. Russes, allemands, français et autres italiens ont largement œuvré à cette situation de dépolitisation du politique. . Comme disait Freud: "il faut se reconnaître comme le seul scélérat".
Affligeant de réduire à ce point mon commentaire. Clinton, a lui seul, ne représente pas l'Amérique qui a par ailleurs une application beaucoup moins dogmatique que les européens, et surtout les français, des théories managériales. Vous avez raison de pointer les catastrophes totalitaires du continent. Mais vous m'avez lu beaucoup trop rapidement en appliquant une grille pro/anti américain que, pour ma part, je refuse. Un peu de subtilité ne nuit pas à l'échange.
Alors Pourquoi Clinton ? Vous avez raison, c'est affligeant de réduire à ce point votre commentaire.
Simplement parce que c'est la filiation revendiquée par Blair lui-même.
Que penser alors de Schmitt et de Delors? Que pensez des grands ancêtres du management politique que furent Trotski et ses camarades quand ils réduisirent la crise de l'humanité à la crise de la direction révolutionnaire? Blair, Clinton, sont-ils à ce point "auto-fondés" qu'on puissent dire d'eux qu'ils fondent "cette reproduction des élites qui fourvoie la démocratie dans un nuage d'ombres qui n'ont plus rien de "politique" en tant qu'elles ne sont plus que des gestionnaires du lien social" comme l'exprime Gwénaël Glâtre. . N'y a-t-il rien ni personne avant eux pour expliquer cette tendance effectivement lourde au "management d'un pays"?. Je crois que nous en sortons pas des cadres anciens qui fondent encore la gauche actuelle. Le management n'est ni plus ni moins pour moi que la reproduction de la théorie des avant-gardes issu du communisme frère ennemi et totalitaire du capitalisme. . Stakhanov et Taylor sont-ils si éloignés l'un de l'autre ? Que pensez-vous de la phrase d'Aragon: "On n'entre en quelques minutes dans la parti, mais il est vrai que cela peut prendre trsè longtemps pour que l'on soit à proprement parler un communiste"? Quel lien entretien-t-elle avec le nuage d'ombre, l'illusion...? . Blair et Clinton ont-ils fondé quoi que ce soit pour mériter de réduire ainsi à eux seuls votre propos?
So what ?
Lâchez Clinton, lâchez Blair, "Lâcher dada, lâcher tout."
Lâchons donc.....
Je suis globalement d'accord avec vous Alexy, même si je ne comprends pas trop la verve avec laquelle vous reprenez nos propos, à Thierry et à moi. Sur le temps court, je reconnais mon propos sur les élites et leur reproduction comme limitation de la vie démocratique. Sur le temps long, évidemment que les problèmes sont plus profonds, pensons à Arendt sur la réduction du champ politique dans les sociétés complexes. Et votre lien entre Taylor et Stakhanov est fondé, URSS et USA sont deux sociétés qui se sont construites sur la production matérielle, bien que les structures d'organisation fussent différentes. Nous pouvons nous rejoindre sur ce point, il me semble. Bien à vous
u
oui la verve n'est pas ajustée. vous avez raison. Merci de ramener le calme que j'avais perturbé dans un moment d'inadvertance antiaméricanoïaques injustifié.
OK Bill
ça marche Boule
bel exemple de modération participative
Tu l'as dit Bouffi, ya pas de problème, bonne soirée!
Ca alors, en une heure, vous avez créé à vous deux, Alexy et Thierry, une saynète de politique endiablée sur laquelle Gwenaël vient tirer le rideau ! J'en suis tout baba (cool de toute façon).
ça fait plaisir finalement, on est des gens bien donc on va pas s'engueuler sur des incompréhensions quand même! Vous êtes surpris, René Lorient? Je ne perds pas tous les jours mon sang froid, il faut un cloclo ou un aborigène pour me sortir de mes gonds... Clin d'oeil. Au rhum (le baba)
Let's go and good night !
Les français n'aiment pas les technocrates. Voudrait on faire élir les technocrates que l'on ne s'y prendrait pas autrement. Nous avions une chambre des députés où les juristes étaient nombreux. Ce n'est pas illogique si l'on ce souvient que les députés font les lois. Les technocrates sont seulement chargés de l'application pratique et de règler des points de détail. Quand nous aurons une chambre de techniciens de l'administration, alors les textes législatifs ne seront que pinailleries, et verbiage bizantin, sans rien de pratique. Les principes constitutionnels seront confrontés à des détails minuscules. Tout à fait de ce donc les députés européens et la commission européenne s'occupent, la camembert au lait cru, la forme des banane, les verres de lunette, etc... C'est un catalogue à la Prévert, hilarant et sinistre.
. L'année dernière, en cette grande année électorale, la fantaisie citoyenne m'avait pris d'écrire un opuscule politique (148 pages de petit format : 14x6). . C'était ma façon de participer, puisque depuis très longtemps je ne vote pas, sans être ni fier ni heureux de cet état de choses. . Je plaidais notamment contre la professionnalisation de la vie politique. Je ne vois absolument pas comment un personnel politique élu, mais dans des conditions telles que victoire ou échec électoral, une fois parvenue à la situation de politicien professionnel, il revient très rarement à la profession antérieure, comment une telle situation, dis-je, peut -être compatible avec le principe fondamental de la démocratie qui est la délégation de pouvoir du peuple à des représentants. . Il n'y a pas une seule profession (boulanger, médecin, maçon, professeur, etc) qui puisse se dire représentative de la population; c'est simplement absurde. . J'aimerais, si je me trompe, qu'on veuille bien m'éclairer. . Ci-dessous, trois pages et la couverture de mon opuscule; en m'excusant pour la qualité de la reproduction. . jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net . page 49 .
. page 50 .
Bonsoir, pourriez vous préciser ce qu'est cette profession "payés sur fonds publics" représentée à 51,3% à l'assemblée ? Les fonctionnaires et les enseignants sont déjà cités.
. Je ne suis pas spécialement à l'aise pour commenter ce tableau : son origine figure en regard de la page 50 dans la page 51 qui n'est pas passée et que je vais, par la même occasion, essayer de remettre en ligne. Le tableau est extrait d'une brochure publiée par l'association "Les Contribuables Associés", dont le site internet est celui-ci : . http://www.contribuables.org . Il s'agit du numéro 4 du mois de novembre 2005 d'une série de publications qui s'intitulent "Les monographies des contribuables associés". . Le pourcentage de 51, 3 m'étonne davantage (surtout associé au zéro de la colonne "population" ) que le label "payés sur fonds publics", derrière lequel, j'imagine qu'il faut entendre essentiellement les EPIC (établissements publics à caractères industriel et commercial, dont : IFREMER, SNCF, INA, INC, RATP CNES, la poste...les ports autonomes...les aéroports... EDF et GDF, France Télécom, l'ex-seita, aujourd'hui Altadis, la caisse des dépôts et consignation, la météo, l'agence du sang, de nombreux établissements culturels... ). . Je ne saurais vous en dire plus, sauf que, en tout état de cause, la constitution socio-professionnelle de nos deux assemblées ne correspond en rien à la structure démographique du pays. Donc la question de la réprésentativité et son impact sur la notion même de démocratie reste entière, du moins pour moi. . page 51
couverture
S' agit-il réellement d' un problème de "professionnalisation de la politique ? Pour ma part, je crois que l' on peut comprendre l' initiative du PS au regard de la campagne présidentielle. Le PS disposait d' une multitude d' élus locaux (régions, départements et dans une moindre mesure communes). On aurait pu s' attendre à ce que le programme du PS prenne appui sur ces diverses expériences qui pouvaient suppléer à "la rupture" entre ce parti et les corps intermédiares (notamment les associations). Or, il n' en a rien été. Ces cadres terirtoriaux pourraient permettre au PS de reprendre le contact avec des problématiques, des expériences, des initiatives de "terrain". Cette remarque ne m' empêche pas de souscrire à l' article et aux commentaires, d' autant qu' il devient trop rare d' aborder ces questions sous un angle social. La tendance est plutôt à insister sur le manque de diversité "culturelle" pour ne pas dire "ethnique". Or, je pense que résoudre la question sociale, c' est sans doute résoudre, au moins en partie, la question "culturelle". La rareté des élus issus de milieux populaires (employés, ouvriers qui représentent pourtant environ 55% de la population active) s' explique peut-être par l' abstentionnisme de cet électorat et l' électoralisme du PS. Il me semble que Dominique Strauss- Kahn a écrit qu' il était inutile de prendre des mesures pour venir en aide à des catégories qui de toutes façons ne votent pas... Il doit être aussi inutile de promouvoir des individus issus de ces milieux... Au début des années 80, Galbraith écrivait " La république des satisfaits" pour expliquer et dénoncer le programme très classe moyenne des partis étatsuniens (il s' adressait surtout aux démocrates...). Il l' expliquait par l' abstentionnisme des classes populaires... Cette analyse ne vaut-elle pas pour un PS qui gagne Paris et Lyon mais perd Marseille ?
tout à fait d'accord...
Question centrale à terme pour le PS et pour la gauche. D'où l'intérêt du débat sur le cumul des mandats (http://www.mediapart.fr/club/edition/l-observatoire-du-congres-de-reims/article/160608/une-petition-qui-va-gener-au-ps), qui est un moyen certes partiel, mais quand même, pour favoriser d'autres façons de prendre des responsabilités. Le système actuel du cumul actuel permet, en effet, à deux ou trois "grands élus" par fédération (députés-maires ou députés-présidents de conseil général, etc.) de verrouiller le système en contrôlant la répartition de l'essentiel des moyens et des postes dans le PS et à l'extérieur (emplois de chargés de mission divers et variés, postes de cabinets,collaborateurs des groupes...) Dans beaucoup de fédérations, la voie royale (voire exclusive) pour accéder aux responsabilités est d'être recruté, formé et intronisé par un "baron" local, à qui l'on sera redevable ensuite. Que cela passe par l'étape d'assistant parlementaire ou de membre d'un cabinet d'élu local, c'est à chaque fois le même résultat : des professionnels de la politique qui n'auront finalement jamais connu d'autre "métier" que celui de faire de la politique en milieu institutionnel, et qui consolideront et perpétueront le système par simple mimétisme sans penser même à mal. En outre, si les membres du cercle "élus-collaborateurs" vivent quasiment ensemble et se voient régulièrement à un niveau où l'on ne démêle plus le professionnel du politique, les moments de réunions et de rencontres pour les militants sont en revanche de plus en plus rares. A quoi sert de réunir une section, par exemple, puisqu'on se voit de toutes façons "ailleurs", pour ce qui compte vraiment ? Il ne reste, comme moments de "rencontre" avec les militants que les meetings ou les campagnes électorales, où l'heure est aux acclamations et à la mobilisation. En fin de compte, être adhérent ou militant est vraiment le moyen de plus saugrenu pour peser d'un poids quelconque dans le PS aujourd'hui. Dans ma fédération de l'Isère, j'ai même noté que les "grands élus'" (députés, maires, conseillers généraux...) ne se donnent plus la peine, pour 85% d'entre eux, de venir assister aux conseils fédéraux du PS, où quelques hommes de paille font semblant de mimer des réunions sans intérêt devant une assemblée à laquelle ne participe plus que quelques "loosers" des sections qui n'ont pas d'élus (et ne pèsent évidemment d'aucun poids). Par ailleurs Farid s'es trompé dans la citation de DSK, qui voulait dire le contraire : il s'agissait justement d'expliquer qu'il fallait défendre des principes de justice et d'égalité et ne pas réduire le combat électoral à la défense de "ses" électeurs, ce qui dans le cas du PS voulait dire en gros identifier l interêt général à la défense des intérêts particuliers des bénéficiaires des 30 glorieuses et des employés et cadres les plus protégés (fonction publique, grandes entreprises). En outre, l'exemple comparé de Paris, Lyon et Marseille est peu pertinent. Le poids de la fonction publique et des services est écrasant à Marseille et pourtant... Je ne suis pas certain que les réseaux marseillais qui ont finalement dealé avec Gaudin (cf. notamment certains syndicats municipaux) aient beaucoup à voir avec les classes populaires.
Votre expérience rejoint la mienne et celle d´amis de quelques autres fédérations.
Profession : homme politique. C'est ce que nous vivons aujourd'hui. Mandats successifs considérés comme un du, système favorisé par la possibilité illimitée de se faire réélire, méthodes marketing de plus en plus pointues pour les campagnes électorales donc assimilables à la gestion d'une entreprise, création de liens dans les milieux économiques qui favorise la connivence (liens étroits que la possibilité de mandats successifs sans limite permet de consolider). Tout est dit et on s'éloigne durablement du principe de la démocratie qui voudrait que chaque citoyen puisse être élu quelque soit son parcours. C'est une bien grande méfiance vis à vis de la population que de croire qu'il faille un cursus particulier pour faire de la politique ... c'est conduire à la création d'un élitisme qui mène tout droit à l'oligarchie ... sans compter la charge héréditaire qui devient la norme de plus en plus souvent. Les citoyens feront de moins confiance à leurs élus. Attention danger !
Il y a toujours eu des hommes politiques á la longévité remarquabe (par exemple Clémenceau, Daladier, Herriot...). Mais effectivement, depuis la guerre et la IVe République (oui, la IVe), la longévité et le cumul des mandats se sont développés. Comparez la liste des maires entre 1879 et 1940, et celle des maires entre 1945 et 2008, par exemple dans les grandes villes : à coté d´une liste consistante, vous trouverez le plus souvent une liste très courte. A Marseille trois, si je ne me trompe. Et Marseille n´est pas la seule. Evidemment le "peuple" les a élus.
Certes le phénomène n'est pas nouveau mais il s'amplifie surtout par des élus qui ne sont pas des gloires nationales comme ceux que vous citez. Par contre il convient de mentionner que Clémenceau démissionna de son mandat de maire de Montmartre lorsqu'il entra au sénat. Ce qui n'est pas très souvent mentionné c'est le cumul sur des fonctions qui ne sont pas soumises au suffrage direct des électeurs comme : les présidences de syndicats mixtes. Il est frappant de voir que partout on retrouve le même groupe d'élus à toutes ses fonctions qui en fait contrôle un territoire.
. Il y a cumul et cumul; le cumul dans le présent :plusieurs mandats en même temps; et le cumul dans la durée: un (ou plusieurs mandats) renouvelés (plus ou moins) infiniment. . Les deux existaient, effectivement, sous la IIIème République, et il n'y avait pas besoin d'être une gloire nationale. Mais, pour ce qui est des mandats simultanés, ce n'était certainement pas la norme; pour ce qui est du cumul dans la durée, c'était plus fréquent. C'est-à-dire que la professionnalisation de la politique était déjà commencée. . Le plus gênant me semble être le cumul "député-maire" (je connais les arguments ressassés en sa faveur); mais ce qui me semble regrettable, c'est que, pratiquement, tous les députés sont maires. Le petit pourcentage de députés à ne pas être maire correspond à ceux à qui il a plus d'abandonner leur statut de premier magistrat de leur ville (en général pour en faire cadeau au directeur de la dernière campagne, ou à quelque proche qu'il est bon de récompenser). Ce qui veut dire, en dernière analyse, c'est que pour être candidat à la députation, vous devez d'abord être maire. . Un autre détail: les présidents de la république : la norme est en train de devenir deux mandats consécutifs, et pourquoi pas plus ? Si Chirac avait pu, il se serait représenté... Cela n'existait pas sous la IIIème République : le premier à solliciter un second mandat fut Albert Lebrun, en 1940, en raison des événements. . jpylg
J'adore l'article, sur le fond comme sur la forme, j'aimerais aussi avoir du style quand j'écris. *** Juste un point me perturbe ? Vous cité Bérégovoy comme exemple du gars qui arrive au gouvernement sans formation. Cas trop rare. Certes. Mais le "recrutement" des élus en est-il la seule raison ? Peut-on vraiment croire (pour reprendre le tableau de PY Le Goff) que s'il y a x% d'ouvriers dans la population, alors il doit y avoir x% d'ouvrier à l'assemblée ? ***** Ayant une formation universitaire, enseignant tout les jours à des élèves, en banlieue et faisant de la politique depuis peu de temps, sans réellement pouvoir l'exprimer simplement, je suis perplexe sur cette histoire de représentativité des couches populaires. Y-a-t-il un parti qui est dirigé par des ouvriers... Même la LCR ne l'est en réalité pas, puisque Besancenot a passé son coucours pour entrer à la poste après une licence d'histoire ! ****** Enfin, j'adhère pleinement en revanche au problème de formation et de renouvellement des élus.
Je n'ai pas voulu dire que Bérégovoy fut sans formation. Mais il a commencé par une formation professionnelle non universitaire. Ensuite il a fait ses classes politiques. Syndicats et partis politiques jouaient leur rôle de formation à l'époque. Les écoles du PCF (avec le sommet de l'école d'un an en URSS) étonnaient, il y a quarante ans, par leur niveau intellectuel élevé pour un public de futurs cadres à la formation initiale courte. Y a-t-il eu des partis dirigés par des ouvriers ? Oui : le(s) Parti socialiste(s) avaient des ouvriers dans leurs directions jusqu'à la guerre. Ils avaient aussi de grands intellectuels : Jaurès, Bracque-Desrousseaux, Blum... Le PCF affichait sa volonté d'avoir sinon des ouvriers, du moins des travailleurs à sa tête. Pierre Semard : un cheminot, Maurice Thorez, un mineur, Waldeck Rochet, un paysan, Marchais, un ouvrier de Renault, sans oublier Duclos, l'ouvrier boulanger. Mais il a eu aussi dès le début des intellectuels de haut niveau : de Marcel Cachin, l'ancien franc maçon emblématique, aux normaliens G. Cogniot et P. Juquin, pour ne citer, injustement, qu'eux. On a dit que les dirigeants communistes n'étaient plus des ouvriers mais des permanents poltiques. Certes, mais ni plus ni moins que tous ceux qui ont consacré leur vie à la politique. En tout cas, dans la période du déclin, certains dirigeants du PC ont repris leur métier après un long temps de responsabilité permanente : Mireille Bertrand, qui jeta l'éponge, et Juquin, par exemple, qui alla à l'INRDP. Pour les cadres populaires, ce fut plus difficile, ce qui explique le suivisme au moment où il aurait fallu de l'indépendance d'esprit. Mais il y eut un certain nombre de cadres départementaux qui réintégrèrent le monde salarial, et parfois à un niveau fort modeste. Rien à voir avec Schröder ou Clinton... Vous avez raison de citer l'équivoque sur le petit facteur. Ceci dit, en une époque où le niveau de formation s'est considérablement élevé, beaucoup de "travailleurs" ont un vrai bagage. Quelqu'un comme Laurent Baumel, qui travaille sur les classes moyennes dans un esprit sans doute plus républicain centre gauche que socialiste, pressent que cela risque de se développer. Il y a là un phénomène de prolétarisation d'un aspect très nouveau qui complique pas mal la rénovation des pensées socialistes. Je ne veux surtout pas oublier ceux qui se sont sortis de la "galère". Au risque de me faire incendier, je dirai que Fadela Amara, qui fut au PS et à sa "gauche", était un exemple de militante manifestant des qualités d'organisation et un attrait politique. La question reste de savoir comment les salariés diplômés, pour ne parler d'eux, qui ne sont pas "mastérisés", auront le droit concret d'accéder à des postes de responsabilités politiques (dans les partis ou dans les assemblées élues) sans devoir montrer la patte blanche de l'ancien étudiant en sciences po ou en sciences juridiques ou économiques. Il est d'ailleurs d'autres secteurs importants que les cabinets d'élus négligent trop souvent : les secteurs scientifiques, ceux des sciences humaines et sociales ...et tous les autres. La diversité politique dans un parti doit être une diversité de culture, de méthodes, de centres d'intérêt.
J'ai évoqué Laurent Baumel dans le commentaire ci-dessus. Lapsus fâcheux puisque je voulais parler de Louis Chauvel dans son livre "Les classes moyennes à la dérive". Que l'un et l'autre m'en excusent.
Compétence ou légitimité ? . La règle en politique c'est que l'élu est légitime, le principe unique démocratique c'est que celui qui est élu a raison, fût-il Balkany. Et de véritables charlatans ont été réélus triomphalement pendant des lustres, à des postes de député ou/et de maire ; fallait-il dissoudre le Peuple ? . Le principe de compétence, est fort différent, c'est la technocratie dont on nous rebat les oreilles. . Il y a une certaine logique à ce que les partis soient atteints à des degrés divers par l'imprégnation technocratique : d'une part la complexité de certains dossiers, les barrières théoriques à l'entrée, écartent les moins formés, ou favorisent les plus spécialisés. On ne gère plus la France aujourd'hui comme on le faisait il y a une 100e d'années. Même si on peut avoir un regard critique sur la qualité humaine du personnel politique, globalement le niveau technique monte. C'est très frappant si on regarde ceux qui sont dans l'ombre, derrière les plus célèbres. Il est très difficile aujourd'hui de faire de la politique à un niveau exécutif sans aucune formation techno-administratif. (le problème de la dette, la construction européenne, les problèmes de la protection socale, la question des retraites) Certains députés peuvent encore s'en passer, mais c'est rare, et il faut voir le boulot des assistants parlementaires ou des administrateurs des deux assemblées derrière. . Par ailleurs et on peut le regretter, il faut aussi être sensible à des contraintes matérielles impérieuses : dans le privé on a moins de temps que dans la FP, particulièrement dans l'enseignement ou dans les coll. territoriales où l'on est très attentif à favoriser la vie politique. Et puis ça coûte aussi de l'argent de faire campagne, c'est un risque financier majeur, à défaut d'être fonctionnaire où le risque est moindre. . C'est un vrai problème que la démocratisation du personnel politique au sens de sa diversification. Mais faut-il "faire élire" des gens spécifiques au motif qu'ils ressortent de certaines classes sociales ? C'est un peu du tonneau de cet ouvriérisme gentil dont on a un peu rigolé en 1968. . Vieux débat en suspens depuis Aristote : aristoï contre démos.
. Vieux débat en suspens depuis Aristote : aristoï contre démos Stephane D. . Concernant le modèle d'Aristote, il s'agit du gouvernement d'un petit état (Athènes et sa région, grande comme le Luxembourg) par une minorité de gens libres (autour de 20%, je crois, de la population totale). Les autres n'ont rien à dire. . Ces 20% votent, effectivement, pour savoir qui gouvernera l'Etat : les hommes libres uniquement, bien entendu. . On est déjà fort loin, même aux antipodes, de ce que nous appelons la démocratie. . Mais, pour ce qui est des ... disons 1 ou 2% qui "gouverneront" tous les autres, ce ne sont pas des "représentants" qui sont élus, mais des gouvernants. Ils sont élus pour un an, exercent le pouvoir pour un an et le laissent l'année suivant à d'autres. Ce ne sont donc pas des gouvernants représentants, mais des gouvernants alternants. Dans le microcosme des hommes livres, tout le monde gouverne, mais alternativement; personne ne gouverne au nom des autres. On gouverne pour un temps, court d'ailleurs, et on revient immédiatement à sa profession (si l'on en a, car ce sont, en réalité, des riches) On est donc, , là encore, aux antipodes de la professionnalisation, à une exception près : c'est que on s'aperçoit très vite qu'il est risqué de confier la fonction de la défense à des personnes sans préparation et donc le responsable de la défense reste en place. . Le raisonnement que font les grecs pour la fonction de défense pourrait, d'ailleurs, s'étendre à d'autres fonctions. Et c'est ce que vous faites, apparemment, et vous n'êtes pas le seul et il y a des raisons sérieuses de faire ce choix. . Simplement alors, il faut dire que la politique est un métier, lequel n'est pas accessible à tout le monde, mais exige, au contraire, une formation particulière, sur laquelle il s'agirait d'être clair. Non seulement la formation initiale, mais encore ET SURTOUT, les conditions d'accès aux postes de décision. . Pourquoi pas des politiciens professionnels ? Nous avons des juges professionnels (qui jugent au nom du peuple) ...nous avons des militaires professionnels (qui défendent l'ensemble du peuple). (Personnellement, je suis contre les politiciens professionnels et je pense qu'il est possible de trouver d'autres solutions, pourquoi pas donc...) Mais alors, j'attends toujours qu'on m'explique comment la profession de politiciens est compatible avec le principe fondamental de la démocratie qui est celui du gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Si nous avons des politiciens professionnels, je ne vois pas ce que les élections au suffrage universel viennent faire là-dedans. A moins de considérer que les électeurs qui seraient sans formation puissent ,malgré cela ,distinguer parmi les candidats qui, tous, par définition, ont une formation, lesquels sont les meilleurs, les plus compétents... je ne vois pas... . jean-paul yves le goff http://www.lelivrelibre.net
. On s'en doute, j'ai été très intéressé par le témoignage d'Olivier Rey 17/06/2008 11:06 - ( confirmée par René Lorient - 17/06/2008 11:50) : "Votre expérience rejoint la mienne et celle d´amis de quelques autres fédérations." . Je considère qu'elles apportent de l'eau à mon moulin; à tort, peut-être, car rien ne dit que ce soit leur intention. En tous cas, j'aimerais que des témoignages de ce type soient plus nombreux et plus détaillés. . On a compris que je suis un adversaire acharné de la professionnalisation de la politique. . Qu'on ne vienne surtout pas me bassiner avec la compétence. . La vraie compétence que je reconnais aux politiciens professionnels est d'assurer la prochaine élection. . jpylg
A mes yeux, la compétence d'un homme politique se montre dans sa capacité à faire approuver une politique qui ne va pas de soi, surtout quand elle s'en prend aux exigences inadmissibles de la finance internatiionale : par exemple le retour sur investissement de 15 %.
. C'est une définition. . jpylg
N'étant pas un professionnel du commentaire, les miens arrivent toujours en retard et parfois pire encore. Ce que vous dites des fonctions politiques me paraît s'appliquer tout aussi bien à d'autres professions pour lesquelles la professionnelisation est globalement une catastrophe : assistante sociale, fontionnaire de l'ANPE, chef d'entreprise, professeur, même si, quand il s'agit de "représentation nationale" et que le camembert représentatif couvre au maximum 20 à 30% du cercle, avec bien sûr quelques bavures des pourcentages déconsidérés, il est urgent de se poser des questions. Les progrès de la productivité qui font que le travail n'est plus qu'une superstructure entretenue un peu artificiellement pour ne rien perdre des divisions sociales, ne devraient-ils pas être utilisés pour qu'une vie qui est faite de plusieurs excellences et de plusieurs chances comme le corps est fait de plusieurs membres puisse investir son énergie et son intelligence dans des domaines où elle peut être momentanément utile? Serge Koulberg