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Hedge funds et doctrine néolibérale
(texte envoyé au courrier des lecteurs du journal Le Temps le 3 août 2009, lire l'article en question ci-dessous attaché)
La lecture de l'article de Monsieur Stepek "Les projets de réglementation des hedge funds se trompent de cible" suscite en moi un profond malaise.
L'auteur annonce dès le départ la couleur : les hedge funds ne seraient en rien le "catalyseur" de la crise. Les quelques commentateurs qui diraient l'inverse seraient des ignares ; la majorité d'entre eux tenant cette affirmation pour vraie. On se souvient que cette même majorité n'a pas su voir venir la crise financière... L'argument parait ici au mieux simpliste voir même carrément comique.
Bon nombre de commentateurs ont fait le lien entre la crise de 1929 et celle débutée en 2007. Paul Jorion par exemple, dans un billet paru en juin 2008 sous le titre "Comprendre la crise", fait référence de manière claire au rôle des hedge funds. Après avoir rappelé l'origine de la crise financière liée dans les deux cas à la spéculation immobilière, il écrit : "Les grandes fortunes étaient à la recherche de rendements élevés pour leurs placements et déléguaient leurs efforts à des établissements financiers dont le nom a simplement changé : appelés à l’époque investment trusts et hedge funds aujourd’hui. Ces officines avaient alors trouvé le moyen de découpler leurs opérations de leur responsabilité financière et utilisaient massivement l’effet de levier pour multiplier leurs chances de gain."
L'auteur laisse entendre ensuite par trois fois que les réformes politiques en cours aux USA et en Europe, visant à mettre en place une règlementation de ces mêmes hedge funds, tiendraient plus du populisme que de l'intérêt commun. Quand au rôle des Etats pour avoir sauvé l'industrie financière : aucun commentaire.
On est en droit de se demander si les certitudes affichées par Monsieur Stepek ne sont pas les mêmes que celles qui nous ont conduit au bord du précipice. Le modèle économique néolibérale et ses adeptes nous réservent encore bien des surprises. Mais, cette fois, la population suisse est prévenue.

