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Des statines qui ne manquent pas de sel
"Les chaînes de restauration rapide devraient offrir gratuitement à leurs clients des statines, un médicament contre le cholestérol, avec les hamburgers, préconisent des scientifiques britanniques", annonçait il y a trois semaines l'AFP.
En effet, l’étude Jupiter (2008), financée par les laboratoires AstraZeneca, a été présentée comme la preuve qu'un traitement anti-cholestérol avec des médicaments de la classe des statines pouvait être bénéfique pour des personnes en bonne santé.
Mais les études ne font parfois appel qu'à la science du marketing !
Ainsi, cette étude Jupiter, comme le souligne le site psychomédia, soulève de nombreux conflits d'intérêt :
" l'étude a été conduite par des employés du laboratoire AstraZeneca; 9 des 14 coauteurs ont des liens financiers avec le laboratoire et la majorité des membres des comités censés “surveiller” les aspects méthodologiques et éthiques de l’étude ont des liens avec l’industrie pharmaceutique; le principal auteur est lui-même co-détenteur du brevet du dosage de la CRP, le test biologique qui identifie les personnes en bonne santé qui devraient se voir prescrire une statine".
Bien plus, le site signale une autre étude contradictoire (Kausik Ray et al. de l'Université de Cambridge) : ses résultats mettent en doute les avantages préventifs des statines, ces médicaments pouvant avoir des effets secondaires sévères chez certaines personnes, considèrent les auteurs.
Pour finir, Psychomédia présente une analyse du sociologue Donald Light, professeur en politique de santé à l'University of Medicine and Dentistry du New Jersey, qui n'y va pas par 4 chemins :
"Parfois, les compagnies pharmaceutiques cachent ou minimisent des informations sur de graves effets secondaires des nouveaux médicaments et surestiment les avantages des médicaments", dit-il. "Puis, ils dépensent deux à trois fois plus en marketing qu'en recherche pour convaincre les médecins de prescrire ces nouveaux médicaments. Les médecins peuvent obtenir des informations trompeuses et ensuite désinformer les patients sur les risques d'un nouveau médicament."
L'idée était pourtant géniale : puisque les millions de hamburgers et autre saloperies consommées quotidiennement favorisent le cholestérol, vendons aux chaînes de fast-food des millions de pilules de statines pour annuler cet effet désastreux et promettre une bonne santé aux goinfres obèses tout en préservant leurs mauvaises habitudes (et le chiffre d'affaire des chaines de restauration qui deviendraient leur premier client).
Mais cette opération n'aurait pas les effets de santé publique recherchée (la réduction des risque d'accidents cardio-vasculaires), l'excès de sel étant un autre facteur majeur de risque : "Il était important que soit reconnu qu'une consommation excessive de sodium contribue à l'hypertension, qui est le principal facteur de risque d'accident vasculaire cérébral", explique le Dr Hakim, directeur scientifique du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires.
D'autre part, Pierre Meneton (Inserm) déclarait, il y a déjà dix ans : "Un siècle d’études médicales et scientifiques le démontre : consommer trop de sel est responsable d’une élévation de la pression artérielle chez l’homme et de l’augmentation du risque d’accidents cardio-vasculaires. Les recommandations américaines, canadiennes, suisses, scandinaves, australiennes....et même celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconisent de réduire la consommation de sel".
Plutôt que de se gaver de statines prophylactiques pour brûler nos graisses excessives (et prendre un risque inconsidéré d'interaction médicamenteuse), mieux vaudrait réduire l'excès de sodium (sel) dans notre alimentation (un excès défendu par un puissant lobby), et faire de l'exercice physique.
L'association WASH milite pour
une réduction du sel dans l'alimentation
Mais ce genre de démarche n'enrichit pas les laboratoires, qui préfèrent communiquer sur des sujets qui eux non plus, ne manquent pas de sel.





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Simple : si les statines rendrent malades à leur tour, distribuer aussi un médicament pour corriger cet effet.
Pour les plus grands bénéfices de qui ?!