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Les quatre cavaliers de l'apocalypse

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La fin de la guerre en Afghanistan ne se fera que par le retour au pouvoir des seigneurs de guerre. Dostom et Fahim sont dans le gouvernement Karzaï, mais ils ne représentent que des minorités ethniques. Le ralliement des Pachtounes risque de coûter cher. Voici quatre portraits de chefs de guerre avec lesquels il faudra compter dans les mois qui viennent.

 

Abdul Rachid Dostom, la brute Ouzbèke

 

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Abdul Rachid Dostom, 55 ans, seigneur de la guerre d'origine ouzbèke, seigneur de Mazar-e-Charif, ancien général de l'Afghanistan communiste coutumier des changements de camp, est précédé d'une réputation sulfureuse. Les autorités internationales lui reprochent des massacres sanglants et arbitraires pendant sa longue carrière militaire.

Le président Hamid Karzaï vient pourtant de le rétablir dans ses fonctions de chef d'état-major de l'armée afghane. Il était titulaire du poste jusqu'à ce qu'en 2008 il refuse de collaborer à une enquête sur la disparition d'un rival, et soit poussé vers la sortie.

Assassinats, viols, torture... Rien ne l’arrête. Il est accusé d’avoir laissé mourir des milliers de talibans enfermés dans des conteneurs au soleil.

Pour M. Karzaï, la promotion de Dostom a plusieurs avantages: le général, pas très regardant sur les méthodes, est un militaire d'expérience, et sa notoriété en fait un rabatteur dans la communauté ouzbèke d'Afghanistan.

 

 

Mohammad Fahim, le truand Tadjik

 

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52 ans. Actuel vice-président et trafiquant notoire. Rejoint Massoud à la chute du régime communiste, puis devient ministre de la Défense. Suspecté de crimes de guerre pendant la guerre civile (1992-1996), il a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat. Mais Fahim est un influent Tadjik, la deuxième communauté du pays dont Karzaï, issu de la majorité pachtoune, espère ainsi se rallier les suffrages. Considéré comme un des hommes les plus riches d'Afghanistan, Fahim, fils d'un religieux musulman né dans un petit village de la vallée du Panchir, a étudié la loi islamique à Kaboul. Il a rapidement rejoint la résistance afghane après l'invasion soviétique de 1979.

Mohammed Qasim Fahim "est l'un des chefs de guerre les plus connus du pays, il a le sang de nombreux Afghans sur les mains depuis la guerre civile", a réagi Brad Adams, directeur de l'ONG Human Rights Watch pour l'Asie, pour qui "voir Fahim revenir au gouvernement serait une terrible régression".

Ministre de la Défense et vice-président de la première administration post-talibans en 2002, Mohammed QasimFahim avait été écarté du pouvoir après la victoire d'Hamid Karzaï à la première élection présidentielle de l'histoire afghane, en 2004. Karzaï avait tenté de le maintenir dans son équipe pour le scrutin de 2004, avant de céder aux pressions internationales. Par la suite, le président avait néanmoins élevé au prestigieux titre de maréchal à vie celui qu'il appelle "son proche ami de confiance". Depuis, Fahim était cependant devenu l'un de ses plus farouches rivaux, à la tête du Front National, branche politique de l'Alliance du Nord, qui regroupe les principaux opposants au président Karzaï.

 

 

Gulbuddin Hekmatyar, le fanatique Pachtoune

 

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Ancien commandant de la lutte antisoviétique (1979-1989) en Afghanistan et éphémère Premier ministre dans les années 1990, Gulbuddin Hekmatyar, connu pour ses retournements d'alliance, est aujourd'hui activement engagé dans l'insurrection contre les autorités afghanes et les forces internationales, au travers de son mouvement Hezb-e-islami.

Ancien protégé du Pakistan et des Etats-Unis, qui lui ont abondamment fourni argent et matériel lors de la lutte contre les Soviétiques, il est désormais recherché pour "terrorisme" par Washington, qui l'accuse d'être lié à al-Qaïda.

Il entretient des relations ambiguës avec les talibans, qui avaient affronté ses troupes lors de leur conquête de l'Afghanistan dans les années 1994-1996. Depuis, ils ont rejeté à plusieurs reprises les propositions d'Hekmatyar pour constituer un front commun contre les forces étrangères dans le pays.

Le groupe d'Hekmatyar bénéficie d'une implantation ancienne dans les environs de Kaboul et dans l'est de l'Afghanistan, en particulier au Nouristan(1) (une région farouche que les soviétiques n'avaient jamais contrôlé), dont la population suit le rite islamique salafiste, ce qui est opposé à l’école de pensée hanafite des talibans.

Aujourd’hui, les membres du Hezb-e-Islami, gravitent autour d'Hamid Karzaï, et Hekmatyar ne cache pas sa volonté de négocier un accord avec le gouvernement. Mais cela n'empêche pas Hekmatyar de combattre férocement les Français qui occupent son territoire de Kapissa, au nord-est de Kaboul.

 

Jalaluddin Haqqani, le guerrier Pachtoune

 

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Petit et maigre, le commandant Haqqani détient un record de victoires sur les troupes soviétiques ; celle de Matun, en 1991, s’avéra être la pierre de touche de l’effondrement russe et de la prise de contrôle de Kaboul par les moudjahidins en 1992. Il a été proche de Hezb-e-islami avant de faire allégeance aux talibans. Bien qu’il soit l’un des meneurs d’hommes les plus compétents, il a toujours été négligé par le mollah Omar : il n’est pas taliban, et il a connu un échec contre l’Alliance du nord à la fin des années 1990. Lorsque les talibans émergèrent en 1994, il fut le seul à offrir inconditionnellement la reddition de son fief, Khost ; mais il ne faisait aucunement partie du mouvement, ce qui lui valu d’être rejeté. Sous le régime taliban (1996-2001), il fut ministre des frontières et ne fut jamais consulté pour les affaires politiques.

A l’occasion de l’offensive de 2006, le mollah Omar se rendit à l’évidence de la compétence de M. Haqqani, et lui laissa carte blanche. Le commandant Haqqani est donc aujourd’hui, après le mollah Omar, une des personnalités les plus importantes d’Afghanistan. Il disposait déjà de quelques milliers d’hommes entre Khost et le Waziristan nord, mais il en a eu bien plus après avoir reçu le commandement de l’offensive. Son fils Sarajuddin est lui aussi un commandant renommé sur la frontière du Waziristan.

Le réseau du religieux et chef tribal afghan Jalaluddin Haqqani serait impliqué dans l’attentat suicide monté contre la CIA le 30 décembre 2009 qui a tué sept hommes à Khost.

 Les Haqqanis seraient liés à Al-Qaïda et Washington les considère comme étant les "forces les plus léthales" en Afghanistan, comme le souligne le New York Times. Ils contrôlent la plupart des opérations contre les forces de la coalition dans le Sud-afghan et seraient à l'origine de nombre d'attentats meurtriers à Kaboul.

Le réseau Haqqani serait impliqué dans l’attentat suicide monté contre la CIA le 30 décembre 2009 qui a tué sept hommes à Khost. Le Pakistan, qui offre sa médiation entre les talibans du Waziristan et Hamid Karzaï se garde bien d'attaquer Haqqani, qui n'attaque pas l'armée pakistanaise en retour.

 

Sources :

(Le Monde Diplomatique, Libération, Le Point, grands-reporters.com, Le Nouvel Obs, Jeune Afrique, Le Figaro, Daily Times )

 

 

 

(1) : Notes sur le Nouristan

Le Nouristan (pays de lumière) est un territoire montagneux et boisé situé sur le versant sud de l’Hindoukouch, à l’extrême est de l’Afghanistan. Cette petite contrée de 121 000 km2 environ, autrefois appelé Kafiristan (pays infidèle) jusqu'à sa conquête par l’émir de Kaboul et l’islamisation de ses habitants à la fin du xixe siècle, jouxte le Chitral pakistanais où vivent encore quelques centaines de kafirs (païens), les Kalash. Ces derniers ont la particularité d'être souvent blonds aux yeux bleus, comme l'attestent de nombreux documents.

Ce territoire consiste en un ensemble de vallées étroites et très isolées, s’étageant de 1 200 à plus de 3 000 mètres d’altitude, et entourées de montagnes atteignant 5 500 mètres. Cette situation a permis aux habitants, cultivateurs de céréales (les femmes) et éleveurs de chèvres (les hommes), de conserver leur indépendance jusqu’à il y a un peu plus de cent ans, ainsi que leurs parlers très particuliers, appartenant à une branche distincte de l’indo-iranien.

Les Kafirs pratiquaient une religion où coexistaient la croyance en un dieu suprême, Imra ou Yamrai, le culte de divinités secondaires et la vénération de figures d’ancêtres-héros. Les pratiques liées aux croyances variaient selon les vallées.

Kessel y voyait le pays du vin, et ses habitants les possibles héritiers des armées d'Alexandre le Grand. D'autres l'origine de la "race aryenne". Cette idée agitait les esprits du début du XXe siècle, et en 1935, une expédition allemande, la Deutsche Hindukush Expedition, passa plusieurs semaines au Nouristan à la recherche des premiers « Aryens ».

Les Kafirs  sculptaient d’étranges « idoles » de bois : divinités ou images d’ancêtres. Certaines figuraient des cavaliers, d’autres des personnages montant des capridés, d’autres encore des guerriers debout. En 1929, quatre de ces sculptures furent données au Musée Guimet. Ces sculptures attirèrent l’attention de l’avant-garde parisienne. La revue Document publia Un cas de régression vers les arts « barbares » : la statuaire du Kafiristan, voyant dans ces figures grossièrement sculptées une pratique dégénérée issue d'un souvenir des sculptures de la Grèce antique. Le roman de Kipling "l'homme qui voulut être roi" se déroule dans cette contrée, en se basant sur cette légende des descendants des soldats Macédoniens et Grecs.

(d'après Pierre Centlivres, « Max Klimburg, The Kafirs of the Hindu-Kush. Art and Society of Waigal and Ashkun Kafirs »)

Un article du Rimbusblog

Tous les commentaires

Ils n'ont des têtes à vouloir se laisser faire.

Si c'est pareil pour ceux qui les suivent, le résultat me paraît couru d'avance.

Franchement, on n'est pas taillés pour aller faire la loi chez ces gens.

Bref, le bicamérisme à l'anglaise n'est pas encore un modèle universel. 

C'est sûr, c'était bien la peine de faire 9 ans de guerre pour en arriver à ce résultat. C'est ce qui s'appelle se foutre dans un bourbier dont on ne sait plus sortir. Obama paye l'addition des délires de Bush.

40 soldats Français y ont déjà laissé leur vie, et l'engagement de la France en Afghanistan nous coûte des millions d'euros par an (en période de crise c'est génial).

Le candidat Nicolas Sarkozy avait pourtant promis lors de sa candidature à l'élection présidentielle 2007, que "la France n'avait pas vocation à être présente en Afghanistan et que s'il était élu il ferais procéder au retrait des troupes" (sic)

Il a fait tout le contraire en nous plaçant sous coupe réglée de l'Otan et des USA.

@ +NEO- 

Merci pour ces informations,qui illustrent parfaitement mon billet intitulé "Mourir en Afghanistan : pourquoi ?"

La dernière offensive de l'OTAN semble avoir été un coup pour rien puisque l'Etat-Major annonce qu'elle a réussi...

Vouloir rétablir la démocratie en Afghanistan avec une telle équipe de « Truands » c’est vouloir initier un Congrès de séminaristes au Kamasoutra. !!  Soyons sérieux pour une fois surtout lorsque la vie humaine est en jeu.

    Dans cette équipe de bandits le seul qui me semble crédible dans ses convictions et dans sa conduite personnelle de guerrier , c’est Jallaluddin Haqqani, qui peut paraître le plus sûr des combattants talibans. Jusqu’à présent il l’a prouvé en particulier avec la mise en déroute des Soviétiques de l’Afghanistan.

    Quand aux autres ils vont montrer aux Américains et leurs alliès Occidentaux aussi stupides, qu’ils vont désormais « payer pour se faire tuer » !!!

     Mais il faut être aussi « illuminé » que notre Ministre des Affaires étrangères pour pouvoir apporter son aide et son appui à un tel Gouvernement (celui de Karzaï), pourri, gangrené et vérolé jusqu’à la moelle des os.. C’est d’ailleurs la raison principale qui a provoqué ce soulèvement, cette guerre sainte. Alors comme je le crains ce n’est pas demain que nous verrons la victoire des mercenaires étrangers en Afghanistan mais plus surement leur mort  et peut-être avec beaucoup de chance (pour eux) leur fuite.

 

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