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28
May

MEDIAPART

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L'épisode suivant de cette histoire verra le jour lorsque qu'au détour d'un chemin, peut-être au même endroit que jadis leur père, le tueur de Grignan, sera abattu de deux coups coups de feu nocturnes et bien placés par deux tireurs embusqués derrière un fourré.

Une interrogation???????

Qui peut être assez "bête" pour acheter une truffe à 800 euros le kilo, non pour se nourrir, mais pour donner un petit arôme, qui lui, disparait en un quart de seconde dans l'estomac?

Il y a trop de gens RICHES insoupçonnés en France.

je propose une vérification du patrimoine pour toute personne achetant une truffe!

Le bien a-t-il été bien acquis?

Ou supression de la vente des truffes!

Ce serait franchement, une bonne loi.

 

 

 

Tout ça pour des truffes!

En plus, ça ne se cultive, les truffes, si je suis bien renseignée.

Ce tueur est juste le propriétaire provisoire ( la " terre" n'est à personne) d'un hasard de la nature.

Merci pour ce fait divers. Nous vivons une époque barbare...

A Madame de G...

Une terrible histoire est venue ce matin à mes oreilles et il faut que je vous la conte, ma très chère fille. Elle a eu lieu dans vos terres de Grignan. Un paysan, de ceux qui se sont enrichis récemment avec le commerce de la truffe et qui se haussent du col pour en paraitre importants, a abattu un homme qu'il soupçonnait de vouloir lui voler sa précieuse marchandise. On m'a rapporté que cet homme, qui va laisser bien démunis deux pauvres enfants et leur mère, ne faisait en réalité que passer en bordure du champ. Las, les coups de fusil l'ont atteint à bout portant.

Vous allez vous moquer de moi, ma bonne, et penser que votre mère fait ici assaut de trop de sensiblerie. Ce n'était qu'un paysan me direz-vous. Mais enfin, tout ceci ne laisse pas de m'atteindre. Et il me vient à l'esprit que l'idée de propriété est cause de bien de malheur. Cette terre qui nous nourrit, les fruits qu'elle nous donne, tout cela ne nous appartient pas en propre, nous n'en sommes que les dépositaires. Et je me plais à imaginer une justice qui punirait ceux qui s'arrogent ainsi le droit de mort sur leurs contemporains pour la simple raison qu'ils voient partout atteinte à ce qu'ils estiment être à tort leur "bien".

Je vous embrasse, ma chère fille.

Armelle,

Votre lettre m'a emu, a la facon dont une lettre adressee par la mere a sa fille sait toucher le coeur de l'aimee.

Mais revenons sur les faits: cet or brun si recherche par les amateurs au point de le payer fort cher met l'esprit des hommes en folie, tout comme les diamants coutent la vie a tant de travailleurs noirs pour le plaisir des dames et celui des galants qui les offrent.

Rien de bien nouveau en ce bas monde. La cupidite regne en maitre, meme si la propriete n'est pas le vol, contrairement a ce que pretendait Proudhon.

Jean-michel de pen-lan

sans titre de propriete

 

Bonjour

je n'ai fait que pasticher très très modestement la "belle épistolière" dont la statue orne une place de Grignan.

Proudhon parlait de la propriété industrielle et commerciale. Celle du capitaliste qui accaparait une part léonine de la plus-value travail produite par l'ouvrier; laissant à ce dernier, juste de quoi subsister misérablement. En ce sens, la propriété, c'est le vol! (Montebourg est en train de remettre au goût du jour les idées de Proudhon sur le capitalisme et le travail coopératif)

Quant aux truffes (tuber mélanosporum) il y a bien longtemps qu'elles sont cultivées, en Provence comme en Périgord. L'investissement dans les plantations de chênes et de noisetiers truffiers est certes plus long qu'une opération en bourse, mais sûrement moins risqué.

Ce qui ne justifie en rien que l'on truffe de plombs le voleur....

 

Les truffes, ça se ramassent, c'est tout. Mais les propriétaires de chênes-truffiers, en majorité dans cette région du Comtat-Venaissin, sont gens très sourcilleux. Et les histoires vont bon train dans tout ce qui possède chaumière avec truffes apparentées.

Qui , de nuit , avec ou sans chien, en tout cas à pas de loup, s'en va s'agenouiller un moment, à un endroit repéré la journée, par, parfois, une odeur précise, mais le plus souvent, par la présence d' un petit essaim de moucherons à quelques centimètres du sol , s'en va donc s'agenouiller au dit-endroit, auprès d'un arbre , gratte un peu la terre, avec un petit instrument légèrement incurvé, puis d'un geste vif remet tout ça en place, comble le trou, et efface les traces de son larcin en balayant-vite-fait de la main les petits éboulis de terre creusée, pour s'en relever vivement et , souple, filer jusqu'à la prochaine génuflexion.

Ces rituels se déroulent durant les nuits d'hiver et parfois plus en avant dans la nouvelle saison.

 

 

 

J'ai eu un terrain superbe, face au Ventoux, où j'allais me prélasser au son des cigales. Il se trouve qu'il y avait une palanquée de jeunes chênes truffiers. L'été, sous le soleil-lion d'aôut, sur les conseil d'un pro, il m'est même arrivé...de porter des pains de glace sur les "brûlés" afin d'exciter les jolie mycorhizes de la belle mélanosporum. Eh oui! Si tu arroses, avec le cagnard, ça va s'évaporer tout de suite, tandis que la glace, avec un bourras dessus, va fondre lentement et délicatement caresser les petites truffes en gestation.

 

Mais, vers cette époque, lorsque je venais tenter de ramasser quelques belles rabasses... quelques sangliers à deux pattes étaient passés avant moi...

 

Je n'ai pas acheté de fusil mais j'ai vendu ce terrain et mes rêves de gastronomes... Non sans avoir les aliboffis bien gonflées!

Tout le monde sait à la campagne qu'il existe des munitions de défense, plus ou moins puissantes, qui envoient des morceaux de plastique largement suffisants pour faire déguerpir -définitivement - tous les voleurs de truffes ou de fruits sans les blesser gravement. Donc notre agriculteur a pris le risque de tuer ! Et il a pris le risque de passer quelques années derrière les barreaux pour défendre son gagne pain... La puissance publique n'aurait - elle pas fait son travail de prévention ? Madame de Sévigné en aurait sûrement tiré une lettre admirable.

L’auteur présumé, interpellé par les gendarmes, est "quelqu’un de bien, un jeune homme honorable, engagé", d’après la mairie. Selon le parquet, il n’a toutefois pas été victime récemment de vol de truffes. "Je suis consterné, sous le choc", a indiqué le maire de Grignan, Bruno Durieux. "C’est un drame pour les deux familles. J’ai une pensée pour la victime, qui laisse une veuve et deux orphelins".

Selon lui, M. Rambaud est "un garçon travailleur, honnête, pompier volontaire", dont le père et le grand-père ont été membres du conseil municipal.

 

Drôle une drole de manière de dénoncer un meurtre..

C'est exact, c'est affligeant, très affligeant, mais les iNTERNAUTES qui commentent savent-ils que l'agriculture est en ruine?

S'installer, jeune actuellement, c'est le risque de se suicider dans quelques années. Les suicides dans ce domaine sont nombreux, mais individuels et personne n'en parle.

les banques vous réclament immédiatement vos emprunts, alors que vous n'avez aucune rentrée. Le jeune a tué un voleur pour une truffe, mais c'est lui qui en fait s'est suicidé!Le monde de Sarko est tellement triste.

GRIGNAN....dont les habitants, sont des truffes..!...armés de surcroit..?...tirant sur tout ce qui bouge, pour mettre du beurre dans leurs épinards..!

BRAVO au syndicaliste agricole de la FNSEA, vous savez cette organisation ,cul et chemise avec l'UMP et la droite, et qui casse, dégrade ,empoisonne ,le pays ,en toute impunité ,grande pourvoyeuse de ministres, fayots et avides!!!! IL lui volait "ses" truffes!! il le truffe de plomb!!!! MIS en tôle, ce trufficulteur syndicaliste,organise un comité de soutient et une manif pour défendre sa truffe!!! DAME ,au prix de la truffe c'est de l'or qu'on lui vole!!!AH!! on est en pleine insécurité!!!! mais que font les truffes sarkozystes, depuis 10 ans!!!!AH , oui ,elles plombent la FRANCE, pillent, grugent ,bouffent,se goinfrent comme des porcs truffiers, avec la bénédiction des agriculteurs de la FNSEA, et de leurs héritiers putatifs , les "jeunes"(sic) agriculteurs!!!!!

@ Guy Bertrand,

"vous savez cette organisation ,cul et chemise avec l'UMP et la droite"

Dans cette attribution des rôles, je serais curieux de savoir qui fait le cul et qui la chemise ? Peut-être, afin de ne pas être en reste et trop sentir mauvais, inversent ils les rôles régulièrement.

Salutations.

 

l'homme à la gachette facile se serait en fait retrouvé nez à nez et truffe à truffe avec un individu égaré dans une propriété non clôturée, soupçonné seulement d'avoir du nez mais désarmé et sans forfait prouvé.

Il sera difficile d'invoquer la légitime défense

Pauvre maire de Grignan qui laisse défiler dans ses rues ces abrutis de villageois soutenant un assassin..Comment arrive t-il à penser "un peu "aux enfants de la victime....il ne fait que parler de son heros de ci de la .Village à éviter , pensez donc ,une envie de pisser et tu trépasses....fallais pas pisser sur les truffes !

C'est avant tout un triste fait divers comme il en existe tant, et l'histoire d'une récupération syndicale et politique, y compris dans les commentaires de ce billet.

Se faire tuer pour des truffes est-ce plus bête que de se suicider pour des poireaux?

 

Mon père, maraîcher en Périgord, se plaignait de ce qu'on lui volait petitement mais régulièrement quelques kilos de poireaux. Un soir, il décida de faire le guet derrière un talus, qui surplombait le champ.

 

Au bout de quelques heures, une bicyclette s'immobilisa dans le fossé qui séparait le champ de la route, une ombre, munie d'une fourche, s'empressa de piquer le sol déjà durci par le gel.

Mon père ancien seconde ligne de rugby, grand, des mains comme des pelles, n'a pas d'arme. Il n'y a jamais eu d'arme à la maison. Malgré la fourche, il s'écria « Haut les mains! Ou je tire!» Le voleur n'écoutant que sa surprise et sa peur, prit la poudre d'escampette et disparut dans la nuit noire et glaciale les jambes à son cou, abandonnant là, son vélo et sa fourche.

Mon père prit les pièces à conviction, remettant l'investigation au lendemain.

 

Les vélos de cette époque, portaient souvent sous le guidon, une bague en métal avec le nom du propriétaire. Les gendarmes ne mirent donc pas longtemps à retrouver l'auteur du larcin, mieux que des empreintes génétiques.

C'était un pauvre homme qui vivait dans un cabanon miséreux, sans travail et sans ressource, il n'y avait même point de RMI à l'époque... Mon père refusa de porter plainte et convint avec les gendarmes que de s'être ainsi fait prendre, suffirait à le dissuader de récidiver à jamais.

Mon père refusa même aux gendarmes, la proposition de remboursement échelonné du pauvre hère. Oui parce que, comme le révéla le brigadier, ce n'était point pour sa consommation personnelle qu'il volait, mais pour se faire quelque argent au marché.

Bref, tout le monde décida d'en rester là.

 

Le lendemain, dans la matinée, mon père, croyant l'incident clos, fut surpris de recevoir à nouveau un coup de fil des gendarmes.

Ils lui apprirent que dans la nuit, notre pauvre voleur s'était suicidé en débranchant le tuyau du poil à bois dans sa cabane.

Mon père en fut tout retourné, il n'en dormit pas pendant plusieurs nuits.

On lui vole encore de temps à autres quelques fruits et quelques légumes, il n'a toujours pas d'arme. Seulement un vieux chien un peu sourd, qui monte la garde...

 

 

 

 

Jolie histoire, triste à souhait, tragique en Diable. Une histoire d'homme, de pauvreté et de sagesse empreinte de mélancolie. Elle m'évoque " La ficelle " de Guy de Maupassant.

 

Magnifique histoire vraie Cacochyme.

En ce soir de Noël, votre père sera pour moi, la figure de l'homme honnête français.Je penserai bien à lui et espère que vous lui ressemblez.

je n'aime pas le rugby, mais les sportifs Oui.

Joyeuses fêtes.

...un monde ou le poid d'un homme vaut moins que 200 grammes de truffe.

 

 

On dit que l'argent n'aurait pas d'odeur (mais la truffe oui...); Moi je pense qu'il en a et de fortes, de celles qui vous font mettre un mouchoir sur le nez, de celles qui vous font monter dans la gorge cette forte nausée, déclenchée par les émanations que les cupides et les voleurs de vie dégagent

On se tue plus à la ville pour une place de parking ou quelques grammes de canabis, qu'à la campagne pour des truffes.

Il faut arrêter de délirer sur un triste fait divers, jusqu'à y voir se cristaliser les méfaits de l'argent, de la propriété, de la cupidité et du capitalisme.

Ce criminel était peut-être cocu; peut-être avait-il des soucis d'argent, c'est peut-être la faute du Crédit Agricole après tout. Peut-être est-il tout simplement stupide, ou méchant, ou a-t-il était mal éduqué par ses parents.

La passion, le ressentiment ont pris le dessus sur le libre-arbitre, et d'ailleurs, le libre-arbitre, existe-t-il vraiment?

L'assassin est engagé dans le principal syndicat agricole de droite donc il a droit de tuer c'est en substance ce qu'a dit le maire de droite de Grignan.

Après une manif de 250 policiers pour soutenir six policiers menteurs condamnés par la justice, voilà une manif de 250 péquenots pour soutenir un truffier assassin.

Manque plus que l'intervention d'Hortefeux pour soutenir l'assassin après avoir soutenu les menteurs.

Grignan a été le village de Mme de Sévigné, il restera le village où l'on tue les voleurs de poules mêmes quand ils n'en sont pas!

Petite précision entendue à la radio :

le brave agriculteur était armé d'un fusil à pompe. La précision est d'importance, puisque pour tirer un deuxième coup, il faut réarmer la culasse, donc le faire volontairement. Selon le reportage, le premier coup à attend l'ignoble voleur aux jambes, et le deuxième à la tête, pour faire bonne mesure.

Le plus consternant est cette solidarité des villageois, solidaires d'un meurtre et de l'auto-défense. Car c'est de ça qu'il s'agit. Quand un médiapartien, un peu plus haut, suggère d'utiliser le flash-ball pour protéger son pré carré ou son terrain truffier, on croit rêver. Mais Hortefeux a donné l'exemple en soutenant des policiers, contre une décision de justice...

A rapprocher de cette histoire:

 

Mangez-le si vous voulez !Le 16 août 1870, un mois après la déclaration de la guerre à la Prusse, quelques jours après l'annonce des premiers désastres sur le front de Lorraine, dans la chaleur d'un été torride, plusieurs centaines de paysans, venus comme chaque année à la foire d’Hautefaye, petit village de dix maisons perdu dans la campagne du Périgord, s'en prennent avec une violence inouïe à un homme jeune, connu et estimé dans la région, l'accusent à tort de souhaiter la défaite de la France, d'envoyer de l'argent à l'ennemi, d'avoir crié : Vive la République! L'homme qui. bien que réformé, vient de s'engager comme simple soldat et doit partir dans deux jours combattre les Prussiens, proteste de sa bonne foi, s'efforce de convaincre ses agresseurs qu'ils se méprennent. Mais la foule, échauffée par le vin, égarée par des rumeurs sans fondement, aveuglée par le désir de trouver à tout prix un responsable à ses malheurs, sourde aux protestations de celui qu'on a montré du doigt, l'invective de plus belle. Des menaces, elle en vient aux actes, attaque l'homme à coups de poing, à coups de bâton, à coups de pied. toute une population hargneuse se rue sur la victime désignée par quelques-uns, hurlant à la mort du « Prussien ». Des vieillards, des enfants s'acharnent avec une hallucinante férocité, sans se soucier de savoir si les accusations lancées contre cet homme sont le moins du monde justifiées. Faute d'avoir réussi à le pendre à une branche de cerisier, des enragés l'attachent à un travail à ferrer les bœufs, lui arrachent des ongles de pied, le martyrisent à coups de sabot, à coups de crochet dans la tête, le traînent en sang dans l'unique ruelle du bourg aux cris de : Vive l’Empereur ! Vive la France! tentent de l'écarteler, dressent un bûcher, le jettent encore vivant sur le bois mort, demandent aux plus jeunes enfants de craquer l'allumette, dansent autour des flammes avec des déhanchements obscènes, triturent le « cochon qui grille », recueillent de sa graisse sur du pain, en mangent et se réjouissent à l’idée que le gouvernement va leur verser une paie pour les récompenser d'avoir accompli cet exploit héroïque!
Immédiatement colporté de bouches à oreilles le bruit des scènes de barbarie d’Hautefaye sème l'horreur et la panique dans la région. L'affaire est évoquée à la Chambre des Députés dans les fièvres des nouvelles désastreuses qui arrivent de la guerre. Le ministre de l’Intérieur fait hâter les poursuites, demande un châtiment exemplaire. Une soixantaine de personnes sont arrêtées. Entre-temps Napoléon III capitule à Sedan, l’Empire s'écroule. Le 4 septembre la République est proclamée. Vingt et un prévenus sont finalement inculpés et jugés aux assises de la Dordogne, le 21 décembre 1870 : tous paysans et artisans honnêtes de treize à soixante-douze ans, sans passé judiciaire. Au cours du procès, aucun d'entre eux n'a pu énoncer le moindre grief contre leur victime. « C'était un brave homme, disent-ils. On nous a trompés, nous étions ivres... »
Un brave homme écorché, torturé, brûlé vif par des braves gens. Telle est la physionomie singulière du crime d’Hautefaye, répétition « exemplaire » dans la France rurale de la fin du XIXe siècle d'un rite de violence sociale vieux comme le monde : le meurtre de la victime émissaire.
Quatre des accusés sont condamnés à mort et guillotinés sur la place minuscule du bourg, sous les yeux de la population.
Survenu dans les profondeurs du pays en pleine guerre, commis sous l'Empire au nom du souverain, jugé sous la République, à la veille de la Commune de Paris, au nom de la civilisation, le crime collectif d’Hautefaye n'a guère laissé de trace dans l’Histoire. A Hautefaye même et dans les environs le bûcher, puis la guillotine ont imprimé dans la mémoire collective le souvenir d'un tel cauchemar, que pendant trois générations, les gens ont préféré se taire et oublier.
Pourtant cet épisode dramatique de l’Année terrible qui en connut tant d'autres est beaucoup plus qu'une sombre affaire locale. C'est à l'échelle d'un hameau reculé l'irruption, fulgurante, à un moment critique de notre Histoire, de toute la « sauvagerie » contenue d'une société villageoise ordinairement paisible. Irruption que rien de précis ne donnait à prévoir et qui aurait pu se produire ailleurs, avec la même déconcertante soudaineté d'un phénomène volcanique né d'une fracture de l'écorce terrestre.
La tragédie d’Hautefaye a ceci de particulier que ses origines sont diffuses, ses circonstances fortuites, à la fois lointaines et proches, nationales et régionales, en tout cas indissociables des événements politiques qui ont secoué le pays dans les derniers mois du Second Empire. Evénements peu glorieux de notre passé récent - et, pour cette raison, volontiers méconnus. Evénements [qui] ont créé le climat qui a rendu possible la transe meurtrière des voraces d’Hautefaye, avivé leur délire de cruauté, nourri leur ivresse de sang et de feu.

Avant-propos d'un livre: "Hautefaye, l'année terrible", de Georges Marbek.

 

 

Quand les sociétés se fragilisent ou sont en voie de l'être, ressurgissent des gestes, craquelures, des fêlures, réflexes, des élans soudain, parfois, comme dans l'exemple admirablement sus-cité, des rituels complets et complexes qui nous donnent à assister à une cérémonie qui est de l'ordre du sacrifice humain.

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