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des enseignants précaires et insuffisamment formés

La fragilisation du statut des (jeunes) enseignant, c'est la fragilisation des élèves les plus fragiles...

La formation des futurs adultes sera à l'image de ce qu'on aura fait d'eux dans le système scolaire.

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4124

 

Ancien titre modifié le 7/11 (je lis les conseils...) :Derrière la "mastérisation", la montée en puissance du recours à des enseignants précaires et insuffisamment formés

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25/10/2010, 13:56 | Par Fantie B.

Rien que ce scandale-là devrait mettre les parents dans la rue...

Y a-t-il beaucoup de ces faux stagiaires dans les lycées de centre ville, dans les "bonnes classes à option" ?

07/11/2010, 20:48 | Par ro

En ce domaine, il y a, si j'ai bien compris, une certaine diversité d'une académie à l'autre. Dans certaines, les mastériens bouchent les trous en fonction des besoins non satisfaits, au risque de trahir les engagements de ne pas mettre ces nouveaux enseignants face à des classes ou des élèves particulièrement difficiles ! Le cas de la Seine-saint-Denis sera à surveiller de près.

En complément, je renvoie au site ministériel...

http://www.education.gouv.fr/cid25081/les-nouvelles-conditions-recrutement-des-personnels-enseignants-education.html

Oser écrire qu'il y aura amélioration de la formation !

Enfin, comme toujours, tout est très bien sur le papier.

On peut remarquer que rien n'est dit sur les conditions de la première année devant les classes. Il est en revanche question de "stages en responsabilité" de 108h maxi, faisant l'objet de "gratifications" à hauteur de 3000€ avant l'obtention du concours : y aurait-il là matière à traiter ces stagiaires comme des "non-salariés", dépourvus des droits dont bénéficiaient les stagiaires ?

Quand je vois comment ce gouvernement "s'occupe" des futurs enseignants qui débuteront dans les années qui viennent, je vois deux choses :

- pour éviter des débuts catastrophiques, les futurs débutants seront bien obligés d'accepter à l'avenir (et à vrai dire, de chercher eux-mêmes) ces stages rémunérés ou non, en responsabilité ou non. La précarité que connaissent déjà les doctorants qui aspirent à une carrière d'enseignants du supérieur (avec moins de perspective pour ce qui est de la carrière de chercheur). Ce n'est donc pas un changement dans la manière de se former en soi (même si certains à coup sûr refuseront ce marché de dupe, là où l'année de stage était obligatoire) : mais là où les enseignants se formaient un an après l'équivalent du M1 (année du concours pour ceux qui le passaient juste après la licence), mais une fois devenus fonctionnaires d'État, ce sont à présent des postulants, reçus ou non, qui sont amenés à faire des heures dans des conditions de précarité accrue par rapport aux "professeurs référents", qui verront aussi moins de certitude à ce que leurs efforts aident un futur collègue, puisque ces étudiants stagiaires seront encore susceptibles d'échouer au concours. Double bénéfice si l'on fait l'hypothèse que ce gouvernement se méfie des "profs", suspectés d'être massivement de gauche et surtout, objectivement très autonomes vis à vis des administrations centrales, et globalement assez solidaires face à une expérience partagée. Que deviendra cette solidarité avec un tel écart dans les conditions d'entrée dans la carrière ? Surtout que les candidats vont se transformer : le métier devient nettement moins attractif ; la pénébilité des premières années étaient relativement compensé par le statut. Celui-ci en prend un coup. Deuxième bénéfice, financier, et il est conséquent : reporter l'essentiel du coût de la formation pratique vers les candidats, du moins, ceux qui ne voudront pas travailler sans filet (quant aux autres, ils coûteront moins, à court terme : à long terme, ils coûteront en dépressions, réorientation, gâchis humain). Restera ce "volant" d'étudiants et de précaires qui essayeront sans doute de repasser le concours, malgré tout.

- Même si on peut espérer que le milieu enseignant "résiste" à tout cela, notamment dans des équipes soudées, qui essayeront tant bien que mal d'accompagner les débuts des nouveaux profs, la désorganisation ambiante va faire à terme d'autres victimes du côté de la formation universitaire. Dans quelques années, on tentera de leur faire porter le chapeau en montrant du doigt ceux qui n'auront pas réussi la quadrature du cercle de bien préparer ces candidats au sein des masters enseignement, alors même que rien, absolument rien, n'est prévu pour améliorer ce qui pêchait déjà : le lien entre formation pratique et théorique, les échanges entre IUFM et enseignants en poste... Les critiques contre les IUFM s'étant accumulées ces dernières années, notamment en provenance des candidats et lauréats en année de stage, qu'en a-t-on fait? Rien. On fait juste exploser ce qui "marchait" dans cette formation : l'année de stage "en responsabilité" mais avec un service adapté, et un statut protégé, permettant de s'investir totalement dans l'apprentissage du métier. Les apprentis seront désormais en train de jouer leur recrutement en préparant le concours, sans garantie de réussite, bien sûr.

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