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Georges Frêche ou le tricard magnifique

Avec les manœuvres préparatoires aux élections régionales, la région Languedoc-Roussillon vit des moments extraordinaires. Son ineffable président Georges Frêche, exclu du PS pour de graves écarts de langage aussi bien envers ses propres électeurs (« une majorité de cons » ; voir ICI ) que les harkis (des sous-hommes ; voir ICI) ou les joueurs de l'équipe de France de football (trop de noirs ; voir ICI) gère ouvertement la machine partisane locale qui va le conduire à la tête de liste. Proférer une nième charge d'indignation morale et citoyenne ne servirait strictement à rien (le web en regorge). En revanche s'interroger sur les connexions possibles entre les caractéristiques géopolitiques de cette région et la présence de ce personnage hors normes à sa tête peut ouvrir la voie à une intelligibilité des faits qui ferait l'économie de l'imprécation ...

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Languedoc-Roussillon : de bric et de broc

La région Languedoc-Roussillon n'a pas d'unité géographique et culturelle. Construite arbitrairement sur des ensembles naturels distincts elle est tiraillée dans tous les sens : le sud du Gard est tourné vers la Provence ; l'Aude et l'extrême ouest héraultais vers Midi-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales appartiennent, en grande partie, à la Catalogne Nord. Seul le cordon littoral assure une certaine unité davantage climatique que géographique (climat méditerranéen) encore que les Causses de Lozère constituent une exception notable. Si la région était une personne on dirait qu'elle est née schizophrène. C'est peut-être la raison pour laquelle elle fut dirigée pendant 18 ans par un psychiatre auquel succéda en 2004 le professeur de droit Georges Frêche régulièrement qualifié de « visionnaire » voire de « mégalomane » par la presse.

La Septimanie, un fiasco XXL ...

De la mégalomanie il en fallait pour se lancer, aussitôt élu, avec autant de moyens (un coût estimé entre 2 et 12 millions d'euros) et de brutalité dans le changement du nom de la région en Septimanie. Une fausse réminiscence car ce terme n'eut jamais d'existence réelle, de réalité historique. Hormis peut-être Georges Frêche, personne ne savait vraiment de quoi il était question. Et c'est sans surprise que l'on vit les Catalans de tous bords politiques monter au créneau car, s'ils existaient tant bien que mal dans l'ancienne dénomination, la Septimanie ouvrait sous leurs pas une trappe historique définitive. Plus surprenante fut la retraite précipitée et la capitulation en rase campagne du président du Conseil Régional. En fait la démarche n'était pas vraiment dirigée contre eux mais procédait d'une violence symbolique radicale visant à mettre fin à la schizophrénie originelle de ce territoire en vue d'une démarche « marketing ». Mais demander aux Catalans de devenir des Septimaniens pour mieux se vendre c'était vraiment trop, surtout sous la férule d'un empereur symbolique ... Le fiasco fut à la mesure de la prétention démesurée du projet ...

Le PS sous injonction contradictoire

On ne s'étonnera donc pas de rester dans la métaphore psychiatrique en abordant la question des régionales telle qu'elle est posée au PS qui vient de désigner un « premier socialiste » qui aussitôt élu (largement) déclare incarner « l'unité et le grand rassemblement autour de Georges Frêche. ». Nous sommes bien dans l'injonction contradictoire à savoir deux ordres en un qui se détruisent l'un l'autre : perdre la région sans Frêche ou perdre son âme avec Frêche. Mais les deux termes de l'alternative ne sont pas de même niveau : le premier est pratique, il a des conséquences matérielles, surtout pour des élus de carrière ; le second est éthique et c'est évidemment celui qui devait s'imposer puisqu'il a conduit à l'exclusion de l'histrion. Les justifications avancées visent à rationaliser la situation en louant avec emphase les qualités de gestionnaire de Georges Frèche tout en organisant un black out complet sur le second terme, l'ensemble de ses dérapages.

A usage interne, il y a de quoi masquer le dilemme, sans y apporter de solution ...et pour cause ... sur ce plan il reste donc encore à interroger la psychiatrie sur les situations de « double bind » ...

A usage externe, on nous dit, comme dans la fable* :

« De celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire.»

 

 

 

* La Fontaine : Les Grenouilles qui demandent un Roi, Livre III - Fable 4

 

Tous les commentaires

Par rapport à leur proportion dans la population, les Blacks sont surreprésentés dans l'équipe de France de foot, tout comme les Auvergnats le sont parmi les bistrotiers de Paris. Mais personne ne s'offusque de la seconde constatation.

Le problème n'est pas dans la constatation arithmétique mais dans l'effectivité de la constatation ... le voir est une chose (nous le voyons tous) mais le dire est autre chose ( seuls des histrions genre Le Pen, Frèche ou Hortefeux sont capables de lancer dans l'espace public ) surtout quand on porte une parole institutionnalisée ...

"Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage", pour le PS, G.Frêche est incontournable pour conserver la région, mais il n'est pas en odeur de sainteté à Solférino à cause, entre autres, de son soutien à Ségolène Royal.

Alors les bien-pensants "de gauche" souhaitent tout sauf Frêche y compris une victoire de la démocratie avec l'UMP.

Il est vrai que Mr Blanc était un vrai démocrate allié à un parti très démocratique le FN.

Un grand classique ... On va lentement mais sûrement vers la socio-hystérie ... Personnellement je n'ai pas encore de boutons ni de tics, peut-être parce que je suis mal pensant et totalement étranger à ce parti et à Solferino .... et vous ?

Vous feriez mieux de dire plus directement pour qui vous déployez tant d'efforts : probablement le courant Hamon.

Si tel est le cas, je crains que votre Si la région était une personne on dirait qu'elle est née schizophrène, puisse être remplacé par un 'si le Ps était une personne, on dirait que le courant Hamon est né schizophrène'.

Schizophrénie contre schizophrénie, donc bref, les militants Ps du Languedoc Roussillon semblent avoir fait leur choix.

Ce choix contrecarre les projets de votre camp, qui n'est rien d'autre que du Tssr, c'est gros comme une maison.

Peut-être avez vous raison sur le fond de la question, mais vos intentions sont encore plus nuisibles que la candidature Frêche.

Peut-être me trompé-je, et devrais adresser ce post sur le blog de votre collègue anne-marie masson, qui en fait des tonnes.

 

Chère peneloppe : je ne suis pas dans le double bind (voir ma réponse à ssc ci-dessus) et mes intentions sont purement analytiques, l'analyse consistant dans ce cas à nommer la situation objective du LR dans le champ lexical de la socioanalyse ...

Fort bien, cher robert marty, je n'habite pas la région et les passions de la région ne m'habitent pas.

Concernant l'extrait de la fable de La Fontaine, en revanche, je suis sûre qu'un autre serait pire, dans ce panier de crabes.

Aussi, mieux vaut à mon avis laisser courir, le moment n'est pas propice à des épurations incontrôlées.

Bien à vous

J'entends bien chère peneloppe, mais le problème est que, dans ce panier régional, un trés gros crabe a mangé tous les autres !

Ce sont des choses qui arrivent, et entre nous, à 72 ans, ça ne devrait plus durer très longtemps ! Comme il n'y a guère de génie méconnu, le prochain n'a plus qu'à attendre son heure, rien ne sert de s'agiter dans le filet ! o-;)

J'ai vu pour la pemière fois Hélène Mandroux à la fête de la Fraternité, et elle m'a beaucoup plu, à première vue.

Ce serait super qu'elle devienne présidente de la Région, qu'en pensez-vous ?

Disons, qu'à 73 ans je me demande si je vais pouvoir terminer ma réponse ... lol ... Maintenant, Mme Mandroux a déjà à mes yeux l'immense mérite de ne pas défrayer la chronique en abaissant la politique et la démocratie dans l'espace public ....

Ok ! Pardon, je ne les ai pas encore, mais j'espère que ça viendra-;)) N'empêche, je suis pour la limite d'âge pour les mandats électoraux - encore un truc oublié de la 'rénovation' -.

La direction du Ps n'a donc qu'à s'en prendre qu'à elle-même, et arrêter de nous bassiner avec ce 'problème' Frêche, quand c'est elle-même qui est le problème.

Vive Mme Mandroux, donc ...

Une seule solution pour se dissocier des "problémes de la direction du Ps", la quitter. C'est ce qu'on fait Kouchner, Besson... et Royal.

Scro gneuh gneuh ... Et pourquoi cet 'oubli' de Mélenchon ?-;))

Sans doute parce que Mélenchon n'a pas quitté le socialisme. Ni l'idée d'une direction. :-)

Rattrapage facile de mauvais esprit, je veux parler de celui qui tue le socialisme, autant que les Frêche, et peut-être même pire.

Si vous le dites...

Oui, ainsi que vous venez d'en faire la démonstration.

Et c'est bien triste.

Puisque vous le dites...

Avez-vous lu le billet de Naja, "La Gloire et la riviére", paru cette nuit, les uns et les autres? Vous devriez. Vous pourrez parler Frêchement, après.

Je viens de le lire ... Il y a un rapport : l'acceptation généralisée de l'abaissement de la politique et de la démocratie gouverne ce type d'événements ... c'est quand il y en a trop qu'il y a des problèmes ( dans la ville, dans l'équipe de France de football) ... alors il faut les expulser sans ménagements ...

Oui. Et sans frêcheur. Le type de discours que tient cet admirable gestionnaire (Papon aussi était un trés bon administrateur) est ce qui méne au "silence des pantoufles".

"Frêche est le seul qui soit capable de faire gagner la gauche". Parce que cette gauche-là est sinistre.

Le maire UMP de la Port-la-Nouvelle ne fera rien "qui puisse nuire à G. Frêche"

C'est dans l'Indépendant des Pyrénées-Orientales de ce jour ... Tout va pour le mieux pour le tricard du PS ...

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