Beckham et Obama: quand le fond l'emporte sur la forme
Est-qu’ils sont trop beaux, les deux? David Beckham icone fashion globale et vaillant milieu de terrain vient de jouer son quatrième match sous le maillot du Milan AC ce week-end, remportant le titre d’Homme du Match (ca se dit in french?), auteur de ce but http://www.youtube.com/watch?v=3dtNzQL3hhE pour un score final de 4-1 contre Bologne. Depuis des années, on reproche à l’ancien joueur de Manchester United et de Real de Madrid d’être trop beau, trop riche, trop célèbre – et d’avoir une épouse insupportable. D’après les experts, sa carrière est finie (depuis plus de cinq ans, juste.). Et pourtant, regardez-le : il a l’air de s’en sortir plutot bien au sein de ce qui est sans doute un des meilleurs clubs du monde. J’ai toujours cru déceler des traces de jalousie et d’envie dans toute cette vague anti-Beckham. Critiquer ce joueur honnete, travailleur et plutot doué n’est pas simplement une expression de la bêtise ou de la mauvaise foi ambiante, c’est aussi participer à la détérioration du langage critique. Un peu comme quand les gens soutiennent que Breat Easton Ellis est un bon écrivain. Dans le même esprit, on entend aussi beaucoup dire que Barack est « trop [insérer ici l’adjectif de votre choix] pour être vrai ». Au nombre de ses modestes ruptures avec l’ère Bush, son dernier pas en date est d’avoir engagé un dialogue directe avec le monde arabe, dans une interview accordée ce lundi à la chaine de télévision Al Arabiya. Entre autres choses, il a déclaré : «America is not your enemy», «. . . the language we use has to be that of respect» et «The Iranian people are a great people». L’intégralité de cet entretien est disponible ici (en v.o.) : http://www.huffingtonpost.com/2009/01/26/obama-al-arabiya-intervie_n_161127.html.
Vous direz ce que vous voudrez, vous ne pourrez pas nier qu’on est loin de la rhetorique de la Guerre contre le terrorisme chère à Bush. C’est un virage fondamental dans l’attitude de l’Amerique vis-à-vis d’une part consequente de la population du monde, diabolisée depuis près d’une décennie. Ce n’est quand même pas rien ! Alors que doit faire Obama pour nous convaincre de sa bonne foi ? Pour nous prouver son intelligence et sa sincérité ?
Je crois que nous ne pouvons tout simplement pas nous empêcher de détester les gens beaux. C’est l’effet Alain Delon. La dime sur le sublime. Sommes-nous si allergiques à quelques jolis sourires ? Et prendrions-nous Beckham et Obama plus au sérieux s’ils avaient la tête de Woody Allen ?


Tous les commentaires
J'aime cette approche décontractée de la critique :-) Bon Maggy n'était pas vraiment l'incarnation du Beau et du Bien et elle était détestée... Ok toute thèse a ses limites qui paradoxalement la renforce... Quant à l'approche sociologique/politique via le prisme footbalistique, elle reste malheureusement une spécialité british (je pense à Irvine Welsh et son amour des Hibs)... Pour finir, pourquoi etre méchant avec ce bon vieux Breat Easton Ellis (et Woody ? :-) ?
Oui, vous avez raison, excusez moi. For Bret Easton Ellis please substitute Nick Hornby (& thanks to Christine Marcandier-Bry for the reminder & the very nice linguistic compliment). never mechant with Woody mais on peut pas nier qu'il n'est pas tout a fai mignon!
You're welcome ! Je ne me souvenais pas que Bret Easton Ellis ait écrit sur le football ;-) Si quelqu'un se souvient du titre de ce volume (un poche je crois) des Inrocks sur le foot (10 nouvelles, je crois), je prends parce que c'est en train de me rendre folle...
Il y a aussi la branche allemande du lien football/littérature, qu'on pense à Peter Handke (L'Angoisse du gardien de but avant le penalty) et même française, il me semble que Duras avait écrit dans Libé sur Platini... J'ai aussi le souvenir d'un bouquin publié par les Inrocks sur le sujet, mais je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve dans ma bibliothèque... Je ne retrouve même plus le titre... Mais spécialité anglaise, oui. On peut aussi penser à :
Savoureux texte, encore, Robert. Votre français est délicieux.
"Je crois que nous ne pouvons tout simplement pas nous empêcher de détester les gens beaux" Bof, les gens beaux peut être, mais les gens bons sûrement pas, surtout ceux du côté de Bayonne. Et puis je connais (pas personnellement) un certain président Français qui est très détesté et pas beau quand même. Mais sa femme l'est (belle), et même un "l'est belle" qui marche, ceci pouvant expliquer cela...
Robert, vous êtes aussi drôle et savoureux en anglais qu'en français, donc surtout ne vous arrêtez pas. Maintenant, je suis déçu qu'évoquant les canons de la beauté, vous n'ayez pas parlé de John Major...
you're sweet. it takes fucking centuries in french (and whenever there are accents it's a good sign i have had some assistance). A propos Major, I tried monter l'image de Steve Bell 'Pants of Fire' sur votre blog mais j'ai complaitement echoue. Dommage, c'est remarquable. Il faut la voir.
It is amazing how complete is the delusion that beauty is goodness. Leo Tolstoy
I'm not sure beauty is the real problem with both of them.... there is also another thing..... and it is called charisma.... maybe that more than Beauty, what we hate is what we may not have. This specific touch that makes the difference !!???
I never yet disagreed with Tolstoy about anything (though he was an absolute sucker for a pretty face himself, male or femaile). Je pense que nous avons un instinct naturel pour resister aux gens sur-benis des dieux. Votre anglais ext impeccable.
à Christel . Méfiez-vous de ce type. L'autre jour il a essayé de m'initier au gaëlique. J'en tremble encore. (Encore que, après tout, pourquoi pas ? Il a l'air plutôt bon en langues, non ?)
Puisqu'on ne me le demande pas, je vous donne mon avis. Si ces deux gars attirent autant d'animosité, c'est peut être parce qu'ils donnent l'impression de ne pas être naturellement supérieurs aux autres au départ. Beckam est incapable d'aligner trois mots...c'est un brave garçon... Obama est noir et encore bon nombre de personnes blanches ont du mal à admettre qu'il puisse avoir plus de qualités qu'elles. En général, il n'y a rien de plus insupportable à quelqu'un de moyen que la réussite exceptionnelle de l'un de ses semblables... Après, si en plus ils sont beau...ça doit crisper un peu plus... PS: la prochaine fois que j'ai rien à dire j'essaierai de le faire en anglais Bonne continuation ça fait plaisir de vous lire
you know, i met a beer just like that . . . once.
What an enigmatic message... Even if I am in Dublin for few months, my English is still shite. I understand every single word but not the whole meaning (history of my life...). If you have time, could you explain?