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May

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Débats participatifs et en ligne : pourquoi entend-on plus les "radicaux" que les "modérés" ?

"Le Monde.fr" a publié récemment un article très intéressant sur la distorsion entre les opinions exprimées et les opinions réelles d'une communauté. D'un raccourci très abrupt, on pourrait dire que tout débat a tendance à faire émerger les opinions les plus polarisées, quand bien même l'opinion publique réelle s'avère modérée." Le phénomène s'auto-entretient : persuadés qu'ils représentent l'opinion majoritaire, les plus extrémistes s'expriment plus volontiers que les modérés, renforçant l'impression qu'ils sont majoritaires, ce qui les incite à prendre plus facilement la parole."

On retrouve ici une critique récurrente de plusieurs dispositifs participatifs : dans une réunion publique, un conseil de quartier, un débat en ligne, etc., "on entend toujours les personnes qui râlent, même s'ils ne représentent qu'eux-mêmes".Bien souvent hélas, la critique s'arrête ici : chacun a conscience que la démocratie participative est parfois bien imparfaite, mais finalement les participants ont rarement intérêt à viser un élargissement au "grand public" :

 

- les participants habituels voient dans les dispositifs participatifs qu'ils investissent une caisse de résonnance pour leurs idées et leurs intérêts ; de même, ces dispositifs les placent dans une situation d'interlocuteur exclusif du pouvoir (que ce soit dans une relation d'opposition ou de soutien) ;

- l'imperfection des dispositifs participatifs peut représenter une "soupape de sécurité" pour le pouvoir : si les résultats d'une concertation sont conformes à ses attentes, on pourra juger la participation légitime, mais si la concertation fait émerger une forte opposition, on pourra toujours nier la légitimité des opposants en rappelant le manque absolue de représentativité du public participant.

 

Pour le praticien de la participation, deux axes d'amélioration doivent au contraire être envisagés. Le premier concerne la conduite des débats à l'intérieur des instances existantes : il s'agit d'adopter des règles de débat favorisant l'écoute d'autrui et la prise en compte de son opinion, par une animation active qui incite chaque participant à "ne pas camper sur ses positions". Toute la difficulté pour l'animateur est de ne pas verser dans une modération excessive des débats: si des conflits ou des polémiques existent, il ne s'agit pas de les nier par un lissage excessif des comportements.

 

Le deuxième axe d'amélioration est de diversifier les dispositifs de participation pour toucher un public plus divers, avec de plus grande chances de saisir l'opinion publique réelle : actions dans la rue, panels de citoyens tirés au sort, participation en ligne, etc., pourront utilement compléter les réunions publiques classiques.L'écueil à éviter ici est celui des sondages ou des micro-trottoirs : recueillir l'opinion des citoyens, c'est bien, encore faut-il que ceux-ci soient pleinement informés des tenants et aboutissants de la question qu'on leur soumet, et aient l'occasion d'un débat argumenté.

 

Bien sûr, cette sur-représentation des opinions "extrêmes" est aussi une question posée aux médias participatifs :

- avant tout, est-ce que l'on constate dans notre communauté ce déséquilibre "radicaux-modérés" ?

- s'il existe, est-ce un problème ou non ?

- si c'est un problème, comment le résoudre ?

 

Les questions ne sont pas neuves dans le club de Médiapart, mais cette étude présentée par Le Monde permettait de faire le lien entre les phénomènes que l'on constate d'une part dans les débats en ligne et d'autre part dans la "démocratie participative" institututionnelle. Dans ces deux espaces, les comportements sont assez similaires, mais cela veut-il dire pour autant que les solutions à apporter doivent être les mêmes ?

(ajout : comme l'ont signalé les commentateurs, voir aussi, sur un sujet proche, le billet d'Anna V, "Une minorité fait l'opinion")

Tous les commentaires

Merci pour votre billet qui pose de manière très précise le problème de la participation à la vie démocratique.

 

=>"les plus extrémistes s'expriment plus volontiers que les modérés,"

 

D'accord avec ça. Mais c'est surtout une question de forme. Ils prennent plus "vivement" la parole (pour être courtoise) et ont tendance, portés par des convictions établies AVANT les débats, à être plus tranchants, plus véhéments. Le citoyen qui doute et qui vient pour tenter de se faire une opinion est une denrée rare dans les assemblées "participatives". On y voit souvent la reproduction, en utilisant le support du débat en cours, de jeux de pouvoir dont les règles sont écrites ailleurs.

 

=>encore faut-il que ceux-ci soient pleinement informés des tenants et aboutissants de la question qu'on leur soumet, et aient l'occasion d'un débat argumenté.

 

Certes, et surtout, aptes à décrypter ces tenants et aboutissants. On touche là aux limites de l'Education populaire. On a beau dire que les uns et les autres sont les experts de leur vie, l'expertise s'exerce dans un champ très limité qui est celui de l'individu et ne prend pas en compte les impasses inévitables dans l'application des énoncés de revendication à un champ plus large, celui d'un système englobant DES individus.

 

Vos trois questions finales sont très pertinentes.

 

1-A mon sens, oui. Les uns n'hésitent pas à s'exposer. Les autres comptent les points, à partir d'un regard "en surplomb" fort commode pour ne pas prendre de risques.

 

2-Cela devient un problème lorsque les premiers épuisent le temps de parole à leur profit en enchaînant des argumentaires tout prêts à l'emploi qui interdisent de fait l'émergence d'une opinion "construite" sur place par le jeu même du débat. Maintenant, une dose de "radicalité" permet souvent de faire sortir ce qui resterait coincé dans des sous entendus. Le leadership de fait ainsi constitué n'est pas forcément une mauvaise chose pour peu que ses tenants soient honnêtes intellectuellement.

 

3-Les modes de résolution ne sont pas les mêmes selon le lieu du débat.

 

*En "public", la modération est toujours le fait de l'animateur déclaré. Il en faut un. Mais il doit être complété par un "gardien du temps" impératif qui coupe le micro des tenants de la diarrhée verbale (la plaie des assemblées, certains en mission pour pourrir l'affaire par des digressions inopportunes et polémiques). Les règles d'intervention doivent être précisées au départ de manière très ferme. D'autre part l'échange pour être productif ne peut avoir pour références un vaste fourre-tout idéologique. Sinon les demandes d'interventions sont si nombreuses qu'il est impossible de réserver à chacun le temps nécessaire à développer.

 

*Les débats de forums en ligne n'échappent pas aux mêmes nécessités sur le fond. Pour la forme, des solutions techniques existent qui permettent de laisser la parole à chacun, tout en laissant les destinataires libres de choisir s'ils ont envie ou pas de tout ingérer. C'est indispensable étant donné que sous ce format, il n'y a pas de limitation de durée mais que la censure s'exerce de facto au profit des plus mal intentionnés qui investissent le champ par des pollutions cyniques le rendant inutilisable.

Oui.

 

Mais peut-être faudrait-il s'entendre sur "radicaux"et "modérés". Il me semble que beaucoup de gens qui pensent tenir un discours "radical" sont en fait plutôt conservateurs qu'innovateurs. Et les "modérés", quand on les laisse parler, expriment parfois des nouveautés difficilement audibles et donc non prises en compte. Il peut arriver que des "modérés", las d'être étouffés sous le brouhaha, cèdent à la tentation de prendre le mégaphone et deviennent tranchants, pour attirer l'attention. Ce pour quoi ils s'attirent la haine des beaux parleurs et grandes gueules reconnues, et sont priés de se taire (*) ou de déguerpir, ou les deux.

 

Ce qu'ils finissent par faire, de guerre lasse, s'étant avisés que le jeu n'en vaut pas la chandelle.

 

* cf les filles dans les AG de 68. Sois belle mais tais-toi. Sinon, tu n'es qu'une hystérique mal baisée.

Remarque: l'article, dont on a deja bcp parlé, y compris sur Mdpt, est paru le 22 octobre, pas "aujourd'hui".

Oups, en effet. Comme Le Monde l'a remis en page d'accueil aujourd'hui, j'ai cru qu'il était "frais du jour" et n'ai donc pas cherché à voir ce qu'il en avait été dit sur Médiapart. Merci de cette remarque !

Sur un sujet proche, AnnaV avait publié un intéressant billet, un poil provocateur, et qui avait provoqué, justement, une série de commentaires intéressants : "Une minorité fait l'opinion".

 

Sans nier l'intérêt d'entrer dans le fond des questions soulevées - et notamment d'essayer de comprendre comment se construit "l'opinion" sur Internet - on peut aussi s'interroger en parallèle sur l'appétence du Monde, ici, ou des Echos (billet d'AnnaV) pour cette idée selon laquelle ce seraient des "extémistes" qui fabriqueraient l'opinion sur Internet.

 

Je serais tenté de penser que cette idée est bien en phase avec un discours ambiant (Internet est dangereux, c'est une poubelle, un égoût, un repaire de terroristes et de pédophiles, etc.) d'autant plus prégnant que les medias traditionnels sont asservis aux pouvoirs, que les formes classiques de démocratie multiplient les signes de faillite... et qu'Internet reste encore pour le moment le seul lieu où peut circuler une information alternative.

 

Il est vrai que sans les extrémistes du Net, la fulgurante ascension de Jean de Neuilly n'aurait sans doute pas été stoppée de façon aussi anti-démocratique (c'est vrai, quoi, il a été élu démocratiquement au CG92, puis élu démocratiquement au CA de l'EPAD, de quoi se mêlent les extrémistes ?)

Bien d'accord avec Gilles Garcia au point de reprendre une large partie de son commentaire:

Sans nier l'intérêt d'entrer dans le fond des questions soulevées - et notamment d'essayer de comprendre comment se construit "l'opinion" sur Internet - on peut aussi s'interroger en parallèle sur l'appétence du Monde, ici, ou des Echos (billet d'AnnaV) pour cette idée selon laquelle ce seraient des "extémistes" qui fabriqueraient l'opinion sur Internet.

Je serais tenté de penser que cette idée est bien en phase avec un discours ambiant (Internet est dangereux, c'est une poubelle, un égoût, un repaire de terroristes et de pédophiles, etc.) d'autant plus prégnant que les medias traditionnels sont asservis aux pouvoirs, que les formes classiques de démocratie multiplient les signes de faillite...

Le billet se range, c'est le moins que l'on puisse dire, dans " le conservatisme" le plus plat. Prendre comme exemple de "participatif" les conseils de quartiers - qui sont davantage des compte-rendus de mandat à la gloire des élus et des lieux de manipulation de la population - montre que l'auteur se range du côté du Monde et de ses a priori.

Mais je suis certainement un extrémiste !

Cher Velveth, je n'ai pas eu cette impression. On peut s'interroger sur le fonctionnement d'instances pleines de promesses mais dont le fonctionnement n'est pas toujours satisfaisant. J'assiste à de nombreux débats publics de nature "participative" dans différentes sphères politiques et je me suis beaucoup interrogée sur les modes de prise de parole. Ce questionnement me semble bienvenu. Il m'apparaît (mais je peux me tromper) que ce billet ouvre un espace de réflexion qui peut être fécond. Surtout si on laisse de côté les anathèmes a priori pour se consacrer réellement au contenu.

Pour les conseils de "quartiers", lieu de manipulation, de division des communautés, en sous-ensembles décrétés de manière totalement arbitraire, je suis d'accord avec vous. Le dernier auquel j'ai assisté méritait d'être conservé comme "étalon" du genre. Sous verre au Pavillon de Breteuil !

Chère Dianne,

J'ai quelque peu extrémisé ma pensée en la couchant par écrit.

Tout comme vous, j'assiste régulièrement à de "vraies" réunions participatives - dans le sens de lieux qui non seulement donnent la parole pour 5 minutes de célébrité mais permettent des élaborations collectives. Tels ne sont pas les exemples données dans le billet.

Au fait, je viens de mettre en ligne "les 25 auteurs préférés des médiapartiens et médiapartiennes" après un long dépouillement !

Bien à vous.

En fait je ne crois pas que l'on soit si en désaccord que cela.

 

1°) Je cite les conseils de quartiers comme exemple d'institution participative parce qu'il s'agit de la forme la plus répandue, mais certainement pas pour les considérer comme la forme de participation la plus aboutie et qu'il faut défendre à tout prix (cf un ancien billet là-dessus). Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il existe des "vraies réunions participatives" qu'il faut développer et valoriser (si je n'y croyais pas je changerais de métier), mais je ne crois pas hélas qu'il s'agisse des plus répandues. A distinguer aussi deux types de débats : l'un dans une association ou un parti, dont les membres partagent a priori un des valeurs et un objectif commun, l'autre au cours de débats publics où le but est justement de définir ces objectifs et ces valeurs parmi une collectivité hétérogène.

 

2°) Si je distingue de manière un peu abrupet "radicaux" et "modérés", ce n'est sûrement pas pour promouvoir une attitude contre l'autre. Trop souvent, des participants qui parlent un peu trop fort sont disqualifiés par le pouvoir, au motif qu'ils ne respecteraient pas les règles d'écoute et de dialogue serein de la démocratie participative.Pourtant, si des citoyens s'estiment victimes d'une injustice, il est bien légitime qu'ils l'expriment haut et fort ! Si la démocratie participative revient à disqualifier les formes de mobilisation conflictuelles (manifestation, pétition, etc.), je ne la trouverai plus très démocratique...

Nous sommes d'accord. Encore qu'il existe des associations extrêmement plurielles qui sont réellement participatives. Je suis membre de la Fondation Copernic ou toute la gauche sociale (de certains membres du PS au NPA, des intellectuels, des syndicalistes etc) élabore dans la diversité nombre de documents ou d'ouvrages toujours collectifs.

Dans un tout autre domaine (quoique...), une autre asso dont je suis membre, La Commune Libre d'Aligre, a un fonctionnement extrêmement participatif avec des adhérents (2600 au total !) qui n'ont comme lien commun que le vouloir "vivre ensemble".

Merci néanmoins de votre réponse fort argumentée.

Puis-je me permettre de donner le lien vers le site de l'association que vous citez : http://www.cl-aligre.org/spip/ (tiens, c'est le quartier où loge notre journal participatif et préféré, d'ailleurs).

 

Justement, j'aurais aimé savoir comment, en tant qu'association de quartier, la commune libre d'Aligre se positionne par rapport au conseil de quartier et autres dispositifs institutionnels, ainsi que par rapport à la mairie.

 

Après tout, même si la ville propose le CQ comme outil de dialogue préférentiel, votre association doit être plus représentative des opinions du quartier avec 2600 adhérents ? Mais si la mairie (centrale ou d'arrondissement) consulte en priorité l'association, cela risque-t-il pas de délégitimer "son" conseil de quartier ? La situation a été maintes et maintes fois observée et étudiée, mais cela paraît intéressant de connaître votre propre avis ou des cas qui illustrent ces rapports.

Les réponses concernant le positionnement de l'asso "La commune libre d'Aligre" se trouvent dans une interview que j'ai réalisée avec l'un de ses principaus responsables:

http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/270209/la-commune-libre-d-aligre-l-asso-d-approprietaires

Merci ! Au passage, on trouve un cas emblématique de ces "concertations" qui demandent au citoyen comment mettre en oeuvre un projet, mais lui interdisent de se prononcer sur son opportunité...

@Velveth : La littérature participative ! Merci, la compil est jubilatoire... Mais il va y avoir un grand souffle de frustration dans les voiles !!!!Clin d'oeil

C'était certain.

Je trouve néanmoins "l'exercice" fort intéressant et riche.

Pour une partie non négligeable des convulsionnaires numériques, la radicalité ne me semble pas tant celle des opinions que des comportements, cher Romain Lacuisse. La Toile recèle des êtres qui activent à leur profit, non sans brutalité symbolique parfois, une sorte de «crochet électronique» faisant d'eux la reine ou le roi d'un jour. Prenant une revanche attendue et à leurs yeux légitime sur une vie défectueuse, ils compensent avec une hargne récapitulatrice les années perdues, convaincus d'occuper enfin d'importantes fonctions dans le domaine de la direction de l'esprit. Ces néo Périclès ou Aspasie digitaux se persuadent d'imposer une dicature du noos (esprit en grec), alors qu'ils nous infligent la tyrannie de leur nombril.

Ensuite, chez ces gens-là, l'opinion n'est plus qu'une question de posture.

Bien à vous cordialement,

Cher Antoine, vous rejoignez en partie (en grande partie) l'analyse que faisait Meuh Meuh Bouton d'Or. La conclusion est cruelle pour les gens qui ne se satisfont pas de ce petit jeu: il vaut mieux pour eux partir. Ce que Melchior a très bien vu, il y a trois semaines.

 

Au fait, comment faut-il s'y prendre pour accélérer le passage en grisé ? Y a un truc ?

Là aussi, je ne suis pas sûr que le Net ait l'exclusivité des comportements de débat "extrêmes". Certes, le fait d'écrire sous pseudonyme et de ne pas voir directement son interlocuteur permet de "se lâcher" davantage qu'en face à face. Toujours est-il qu'il arrive aussi à des réunions publiques de se transformer en "radio-crochet participatif"...

C'est presque toujours l'effet d'une mauvaise organisation ou d'un mauvais cadre donné au débat. Ce qu'on apprend au CM2 quand l'instit pratique la pédagogie institutionnelle... Sourire

D'accord sur la mauvaise organisation, mais... mal organiser le débat peut être une stratégie après tout !

Si le pouvoir donne aux citoyens des informations, les incite à réfléchir puis à argumenter sans pour autant remettre en cause leurs convictions, ce pouvoir devra ensuite répondre à des avis très pertinents et donc potentiellement gênants : quand les citoyens gagnent en compétence, ils gagnent aussi en exigence !

Tandis qu'on peut mettre en place à moindre frais des réunions publiques avec une information minimale, une prise de parole absolument pas organisée et incitant les participants à parler fort plutôt qu'à réfléchir et à écouter. Cette forme de non-organisation fournit au pouvoir beaucoup d'arguments pour ne pas tenir compte des avis exprimés.

 

C'est là cependant un calcul à très court terme :

- c'est d'abord une stratégie à quitte ou double : en agissant ainsi, le pouvoir doit parvenir à éteindre les conflits, sous peine de les voir resurgir encore plus fortement par la suite ;

- c'est ensuite un choix catastrophique à long terme : la participation publique a été valorisée pour renouer le lien entre les citoyens et la politique ; s'il s'avère que cette "démocratie participative" est elle aussi de la poudre aux yeux, ce fossé entre élus et électeurs n'est pas près de se réduire, avec les risques que cela implique...

" mal organiser le débat peut être une stratégie après tout !.../...Cette forme de non-organisation fournit au pouvoir beaucoup d'arguments pour ne pas tenir compte des avis exprimés."

 

Absolument d'accord avec vous... Et dans ces cas là on glane fort peu d'informations réelles. On échange des opinions de manière plus ou moins musclée, c'est tout. Se pose aussi, au-delà de l'organisation, la question des contenus et de la pertinence du choix des intervenants censés donner du grain à moudre. Les "sachants tout d'un bloc" qui professent ex-cathedra sont tout aussi toxiques que les brouillons qui comptent sur leur charisme pour faire du vent élégamment. J'ai vu les deux écoles à l'oeuvre...

abonné récent de Médiapart, j'avoue avoir été surpris par le ton des forums et le caractère tranché d'une majorité d'interventions. Mais j'imagine que les miennes ne sont pas plus appréciées, si elles sont lues : il est plus facile de voir la paille etc...

D'ailleurs, est-ce que je les écris pour les autres ou simplement pour me faire plaisir ?

Mais en fait il est très rare que les articles posent des questions auxquelles chacun pourrait apporter un éclairage personnel et nourrir un débat constructif. La plupart présentent l'opinion du journaliste exactement de la même façon (je parle de la forme) que le font leurs confrères des médias non participatifs. On sent que l'auteur souhaite être lu (bien sûr!) , qu'un commentaire appréciateur ne lui déplairait certainement pas, mais que l'idée que le lecteur puisse en savoir -sinon autant que lui- du moins assez pour aller plus loin , semble rarement l'effleurer.

Du coup, nos interventions sont bien des commentaires et non un élément du dialogue. Le seraient-ils d'ailleurs, que le nombre des interventions, leur croisement, les changements de sujets, d'angle de vue, et de style ne rendrait pas le dialogue plus aisément constructif.

Pour le reste, je partage les idées de Dianne en 1) et 3), mais reste très réservé quant à l'intérêt de la radicalité (radicalisme ?): oui elle peut être utile dans un premier temps, en posant les problèmes et en les explorant. Mais les opinions minoritaires, qui sont les plus intéressantes, puisqu'elles sortent des sentiers battus, ne sont admises que dans cette première phase d'exploration. Elles se heurent ensuite à un front commun (regroupant parfois des opinions opposées entre elles) prompt à condamner toute déviance intellectuelle.

Monsieur Lacuisse,

Parce que les "modérés" sont modérés. S'ils n'étaient pas modérés, ils seraient plus "radicaux". Cela dit, "modérés", "radicaux", deux notions assez vagues lorsqu'elles ne sont pas étayées par des exemples...

Tiens pardi...

Coqauvent est un censeur. Sur son blog, le défenseur de "la démocrratie libérale pluraliste" (la négation de la démocratie !), girouette autoproclamée, supprime des commentaires selon son humeur. Logique, si l'on peut dire.

Tiens pardi !

Coqauvent est un censeur. Sur son blog, le défenseur de "la démocrratie libérale pluraliste" (la négation de la démocratie !), girouette autoproclamée, supprime des commentaires selon son humeur. Logique, si l'on peut dire.

Tiens pardi !

"La démocrratie libérale pluraliste" ou comment, suite à une regrettable erreur de frappe, se réjouir d'un crissement. Dont n'est pas exempte "la démocratie libérale pluraliste", celle que défend bêtement Coqauvent, à longueur de cocoricos. Cette démocratie-là a les défenseurs qu'elle mérite. La démocratie à laquelle Rancière travaille correspond mieux à l'idée que nous nous en faisons.

Bienvenue sur ce fil. Si je peux être utile à votre discussion faites-moi signe.

Tiens pardi ! N'empêche que sans la démocratie libérale pluraliste tu ne capterais à la radio et à la télé ni Badiou ni Rancière.

C'est de l'humour involontaire ?

Tiens pardi !

C'est chouette, le comique de répétition.

 

C'est chouette, le comique de répétition.

 

C'est chouette, le comique de répétition.

 

C'est chouette, le comique de répétition.

Cette enquete ne revele rien d extraordinaire,elle confirme juste que les memes phenomenes se produisent quel que soit le lieu d expression.

Les medias ne parlent que des trains qui n arrivent pas a l heure(phenomenes extremes),et seules les gens anormaux attirent l attention,de fait,parce qu ils sont extra-ordianires.

Bref pas de quoi s extasier,c est plutot l inverse qui eut ete etonnant.

Certes, rien d'étonnant dans ces résultats. L'étude citée par Le Monde a néanmoins ceci d'important, d'une part le fait qu'elle valide nos impressions, et d'autre part le fait qu'elle place la "démocratie participative" (ou en tout cas ses formes sommaires voire détournées) devant l'une de ses contradictions majeures : si d'une part nos dispositifs participatifs ne parviennent pas à voir le "citoyen lambda" exprimer son opinion, et si d'autre part ils ne favorisent pas l'échange d'opinions informées et réfléchies, qu'apportent-ils donc de plus par rapport aux relations traditionnelles entre pouvoir et citoyens ?

En effet, l'étude ne montre rien de très surprenant, mais en matière de démocratie participative, il ne faut jamais perdre une occasion de rappeler les questions qui fâchent !

De fait,la majorite ne peut etre que banale puisqu elle est la moyenne et ses impressions n enfonce que des portes ouvertes.

Seules les extremes,les plus betes ou les plus instruits,donnent du grain a moudre.

Les plus betes parce qu ils peuvent choquer sans le savoir mais aussi nous rappellent aux plus simples verites et les plus instruits parce que du haut de leur montagne,ils voient juste les choses differemment et/ou possedent un art de la rethorique plus affine.

Il ne faut pas penser qu un nouveau media apporte un plus si ce n est celui de demultiplier la facon de communiquer ou d echanger.

La facon de communiquer change mais pas le processus de la communication.

Tiut à fait d'accord avec le fond de l'article qui vise à interroger la méthodologie du débat plutôt que de faire des procès d'intention, ce que relèvent bien des commentaires.

Je ne rajouterai qu'un point, c'est qu'il me paraît intéressant de faire le lien avec les hypothèses, l'analyse, et les propositions de Philippe Breton dans ses ouvrages sur l'"argumentation démocratique, particulièrement dans son ouvrage "l'incompétence démocratique, la crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique", éditions de la Découverte, 2006.

Vous trouverez par ce lien une interview de Philippe Breton, publiée dans la lettre du cadre territorial au moment des élections présidentielles.

En voici une citation, qui concerne plus précisément l'échelon local : "Le problème n’est pas de faire participer : il faut que les électeurs soient partie prenante d’une décision à partir du moment où cette décision les concerne. Il y a une administration territoriale qui est là. Il y a une compétence permanente, administrative : ce sont des ressources d’expertise pour que la décision soit éclairée. On pourrait se dire, au fond, que les structures territoriales ne sont pas là uniquement pour éclairer la prise de décision de l’élu, mais aussi du citoyen !"

"Il y a une compétence permanente, administrative : ce sont des ressources d’expertise pour que la décision soit éclairée. On pourrait se dire, au fond, que les structures territoriales ne sont pas là uniquement pour éclairer la prise de décision de l’élu, mais aussi du citoyen !"

J'imagine que Breton parle en expert. Mais on atteint là à un autre niveau d'échange. Cette compétence se met au service des choix politiques issus du suffrage et ne saurait intervenir dans le débat à l'origine de cette désignation. Je n'ai jamais vu un expert territorial quelconque donner à des citoyens furibards contre leur maire des renseignements de nature à leur fournir des moyens d'action pour invalider une décision arbitraire qui leur déplaît. A ce niveau la ressource (et son devoir de réserve) est bel et bien confisquée par l'exécutif.

Oui, j'imagine bien que Breton n'appelle pas à une insurrection des fonctionnaires municipaux contre leurs élus, il faut bien que l'autorité territoriale leur donne le feu vert pour que les apporter éclairage aux citoyens.

 

En effet, si l'on veut vraiment développer la participation des citoyens aux décisions publiques, il faut que les citoyens bénéficient au cours des débats du même niveau d'information que les élus, d'où la nécessité de davantage permettre la parole des fonctionnaire. Cela est certes de nature à changer profondément les interactions entre les élus, les techniciens et le public, mais comment la participation publique pourrait-elle se développer sans que influencer nos processus de discussion et de décision ?

A noter que la seule facon de faire emerger de facon plus evidente l opininion de la majorite est sans doute la possibilite d accorder ou note ou "coup de coeur"

a telle ou telle commentaire.

Partant du principe que un lecteur egale,une voix et que la population est "participative" vous pourrez degager une majorite.

Quant a savoir si la majorite a toujours raison....

majorite relative,posez la meme question sur un forum du figaro,du monde,de liberation,vous aurez trois majorites differentes...

C' est peut-être tout simplement la "loi", ou le "principe" ... ou ... je ne sais ... des MINORITES AGISSANTES.

Comme elles sont minoritaires, elles essaient de se faire entendre pour convaincre... et gagner des "points"; si, sur quelques sujets elles influencent les majorités en place , c' est un forme de victoire .

Mais si elles "faisaient l' opinion", elles ne seraient pas des "minorités" !

 

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