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Le marché du PDG
On nous explique que l’économie française est langoureusement paresseuse et paraît-il rebelle aux brusques adaptations que le « progrès » impose au monde, parce qu’elle a au fond de l’estomac un plat qui freine la digestion : son marché du travail. Pensez donc, en France, on souhaite que les travailleurs gagnent suffisamment pour se nourrir, se soigner, et éduquer leurs enfants ! Il paraît même qu’on ne peut pas licencier le personnel sans expliquer pourquoi ! Comble d’acharnement, certains ne travaillent que 35 heures par semaine ! Alors, comment s’étonner que d’innombrables nutritionnistes s’acharnent à inventer des recettes allégées pour flexibiliser, fluidifier ce marché du travail décidément si lourdement indigeste ? On épice le travail avec des allègements de charges, par ci, on écorne les heures supplémentaires par là… On alimente des débats sans fin pour fustiger le manque d’attractivité de notre pays etc..etc..
Le marché du travail du tout venant est certes, visqueux, mais ce n’est rien à côté du marché du PDG. Pensez donc, sur ce marché du travail-là on est obligé de proposer des salaires équivalents à des centaines de fois le SMIC, parce que rien n’est plus rare paraît-il que le PDG de qualité. C’est paraît-il normal, car à ce niveau là on n’est rien si on ne peut pas s’offrir un château ou un yacht. Il est urgent, afin de rendre notre pays plus attractif, de fluidifier aussi de toute urgence ce marché-là. Il faut fabriquer du PDG massivement afin de disposer de deux ou trois candidats de qualité pour chaque fauteuil. On aurait alors une saine concurrence et une baisse drastique du coût du PDG sur un marché enfin transparent et fluide. On en aura alors fini avec les parachutes dorés et autres retraites chapeau. Il reste un problème : comment recruter le PDG de l’institution chargée de produire du PDG ?

