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Bongo
17 Juin 2009
Par
Ruth Emmere
En voyant tous ces ex obligés de Bongo se fatiguer à allonger des tristes mines, lors de ses obsèques j'ai éclaté de rire! Puis j'ai été triste en pensant à la disparition de Léopold Sédar Sanghor, aux obsèques duquel, aucun officiel politique français de haut rang, ni Chirac, ni Jospin n'ont jugé utile d'assister.
Voilà une comparaison qui vaut un long discours. Il est utile de l'évoquer, car elle caricature la triste vérité de la real politique...
emmere


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Dans Le Monde du 24 août, Monsieur de Villepin s’applique à sculpter sa propre statue d’hyper républicain. En regard, sur une pleine page, Patrick Weil, dans un texte lumineux explique l’essence de la citoyenneté française. Demain, j’oublierai le premier texte dont tout le monde parle aujourd’hui, mais je me souviendrai du texte de Patrick Weil dont personne ne parle ! Je regrette que « les médias » n’aient pas donné plus d’écho à ce texte, au moins à parité avec le texte de Monsieur de Villepin.
Au-delà de cette réflexion « latérale » sur le rôle de la sphère médiatique, force est de constater que ces deux hommes aiment la France. On sent bien que se demander si l’un est plus français que l’autre est une mauvaise question, car aucune réponse de bonne foi ne peut être apportée. À vivre côte à côte, ces deux visions passionnées de la France sont destinées à s’enrichir l’une l’autre.
Ce cheminement de mes réflexions, me conduit à me demander si les présidents de la cinquième République que nous avons élus depuis 1958 ont aimé la France qu’ils incarnaient ? Cette question inhabituelle n’est pas illégitime. Alors pourquoi ne pas essayer de jouer avec ?
Pour de Gaulle, on ne peut pas, sans paraître mesquin, nier qu’il est, à l’aune de ce critère, hors catégories !
Pour Georges Pompidou son amour de la poésie française le qualifie à mes yeux, pour une place sur le podium.
Avec Giscard, les choses se compliquent. Il ne lui a pas suffi de nier à ses adversaires le monopole du cœur, et de mettre utilement son intellect au service du pays, pour convaincre l’opinion qu’une quelconque passion pour la France l’habitait. Il peut cependant dire pour sa défense qu’il a œuvré utilement à consolider l’image que les étrangers se font de notre pays. Pour lui donc, au bénéfice du doute, réservons-lui une place au pied du podium…
Chirac lui, était la France, dans la mesure où, comme la majorité des citoyens de ce pays, il aimait la tête de veau, les vins de pays, et montrait un intérêt jamais démenti pour le monde rural.
L’amour de la langue française, la mobilisation dans ses discours de connaissances historiques encyclopédiques, ont fait de Mitterrand, le vrai fils spirituel du général De Gaulle.
J’en viens au Président Sarkosy. Aime-t-il la France ? On sait déjà, qu’il n’aime ni la laïcité, ni l’immigration, ni la passion des Français pour l’égalité matérialisée par la Constitution, et qu’il préfère la compagnie des riches à celle des gens modestes de quartiers populaires. Il snob volontiers La France du savoir et la culture. Enfin, cerise sur le gâteau, il en est réduit à visiter le salon de l’agriculture en catimini, par crainte de se faire huer…
Alors, je formule une hypothèse, pour expliquer ses déboires actuels : le Président Sarkosy souffre d’un handicap majeur : il n’aime pas la France. Alors, lisez ou relisez l’article de Patrick Weil dans le monde du 24 août, « Les quatre piliers de la nationalité », et vous verrez que cette hypothèse vaut qu’on s’y arrête un instant.