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03
Sep

MEDIAPART

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Mediapart et Denis Robert, même combat !


Dans ce qui est devenu « l’Affaire Cahuzac », le moins que l’on puisse dire est que Mediapart est malmené par certains confrères qui lui reprochent ses méthodes. Soutien total au travail de salubrité publique de notre journal ! Ceci étant, avec mon esprit mal tourné, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Denis Robert…

Il fut un temps pas si lointain où un journaliste sérieux et courageux, auteur d’un travail passionnant et salutaire, eut à faire face à un tir groupé de critiques de la part de ses confrères. Auteur d’une longue enquête, riche en témoignages et en documents divers, Denis Robert se retrouvait pourtant accusé de légèreté, d’incompétence si ce n’est de pure mythomanie.

En ce temps-là, et pour des raisons que la raison ignore, je me souviens que Mediapart prit position de manière bien peu confraternelle. C’est peu de le dire puisque notre journal favori se livrait, au moment du procès Clearstream, à une véritable descente en règle du travail de Denis Robert, qualifié de « chimère journalistique », d’enquête « boiteuse » ou encore d’obsession « extrêmement fragile ».

La suite, beaucoup la connaissent… En février 2011, la Cour de Cassation mettait fin à 10 ans de combat judiciaire de Denis Robert contre la société Clearstream et donnait raison au journaliste en soulignant « l’intérêt général du sujet traité et le sérieux de l’enquête ».

Mediapart, arroseur arrosé ?

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai écouté, dans le cadre de l’affaire Cahuzac, Edwy Plenel et Fabrice Arfi expliquer, sur les plateaux d’Arrêt sur images et de Mediapart, que le travail d’un journaliste n’est pas celui d’un juge. Le premier cherchant à informer, à alerter, puis laissant au second le soin de poursuivre le travail. Et de rappeler, à l’appui de l’argumentaire, un certain nombre de scandales révélés sans preuves matérielles initiales : écoutes au Canard enchaîné, affaire du Rainbow Warrior, Watergate,…

On ne peut qu’être d’accord avec cela, tout comme on peut l’être avec Edwy Plenel quand il nous dit : « le jour où la presse française se penchera sur les informations plutôt que sur les méthodes de ses confrères, elle se portera mieux ! » (http://www.lexpress.fr/actualite/medias/affaire-cahuzac-mediapart-feuilletonne-et-alors_1196546.html).

Et je me suis souvenu des arguments d’Edwy Plenel lorsqu’il fut invité à expliquer son « désaccord professionnel » avec Denis Robert : ce dernier n’apportait pas suffisamment de preuves. J’ai retrouvé la bande ! (video) « Je pense que, si vous voulez, ce qu’on n’arrive pas à démontrer n’existe pas (…) Je pense que ce qu’a voulu établir Denis Robert, et qui existe peut-être, n’a pas été établi parfaitement (…) Peut-être que c’était vrai. Je dis juste que ça n’a pas été établi, au sens établi comme une vérité indiscutable s’agissant de Clearstream et permettant de les poursuivre, de les condamner. » 

 

Je déduis de tout cela qu’il n’y a donc plus de « désaccord professionnel » entre Edwy Plenel et Denis Robert. Je m’en réjouis ! Il aura fallu attendre longtemps, mais cela en valait la peine… Le journalisme d’investigation est un sport de combat, risqué et courageux, qui gagnerait sûrement à un peu plus de confraternité.

Vive l’information libre ! Merci Mediapart ! … et merci Denis Robert !

Tous les commentaires

17/12/2012, 11:50 | Par Marc Bontoux

"Je déduis de tout cela qu’il n’y a donc plus de « désaccord professionnel » entre Edwy Plenel et Denis Robert"

Bravo !

17/12/2012, 12:04 | Par Corinne N

Sourire

17/12/2012, 12:10 | Par âge du faire

Excellent article. J'ai suivi Denis Robert et son grand courage. C'est terrible de dénoncer les fauteurs puissants surtout quand on est SEUL.On y laisse sa santé!

L'avantage des journalistes de Médiapart c'est qu'ils sont tout de même plusieurs et que leurs sources secrètes n'ont pas toutes été dévoilées.Et puis, ils discutent entre eux de la suite avec leurs avocats.

Il faut être prudent et tant pis si on ne peut tout dire. Il faut aussi préserver sa famille et son gagne-pain.

C'est bien aux personnes qui doutent de continuer leur travail. Il y faut du temps mais la Vérité par sa force elle-même finra par s'imposer.

17/12/2012, 13:17 | Par dianne en réponse au commentaire de fabrizia le 17/12/2012 à 13:08

Oui.

18/12/2012, 23:03 | Par Diogène de Tours en réponse au commentaire de fabrizia le 17/12/2012 à 13:08

@Fabrizia,

je vous approuve complétement. En s'attaquant à la dérive fort probable d'un élu, Médiapart fait un travail utile, mais qui n'est pas de la dimension de celui auquel Denis Robert s'est attaqué seul, prenant tous les risques avec une insouciance pratiquement suicidaire : vouloir éclairer ce qui se passe au coeur le plus opaque du système mondialisé des transferts de fond et de la "compensation". Là où passe tous les trafics, les fraudes, les blanchiments, les corruptions, les financements illicites, les paiements des coups tordus, le rric en ce qu'il a de plus criminel. L'attitude d'Edwy Plenel s'associant à la meute des salauds face à Denis Robert n'a pas - d'évidence - correspondu aux exigences fondamentales, ni de l'honneur, ni de la confraternité, ni a fortiori du courage. En conclusion, j'ai infiniment de respect et considération pour Denis Robert, et j'adresse à Edwy Plenel l'assurance de mes sentiments les plus distingués, étant capable de voir qu'il n'a pas fait que des bétises.

17/12/2012, 14:09 | Par Juliette Keating

Le courage de sortir des infos : ok!

Le courage de reconnaitre qu'on s'est gravement trompé sur DR : ?

17/12/2012, 15:42 | Par fabrizia en réponse au commentaire de dianne le 17/12/2012 à 14:24

 Tu pourras lui dire que j'ai connu bien des gens qui ne se sont pas ou plus abonnés à MdP à la suite de la réaction du site face aux avanies infligées à Denis Robert. (Et aussi, même si ça n'a rien à voir, face à la partialité de MdP pendant la campagne électorale).

17/12/2012, 15:52 | Par dianne en réponse au commentaire de fabrizia le 17/12/2012 à 15:42

A sa prochaine expo ! Je ne suis pas dans ses familiers et ne le rencontre que lors des manifestations publiques auxquelles il convie ses anciens soutiens dans "l'Affaire des Affaires".

nb : il a remercié chacun par un courrier individuel et m'a dit regretter n'avoir pas pu joindre quelques contacts qui ont changé de coordonnées.

18/12/2012, 10:00 | Par SamJoffre

J'aime bien les toiles de Denis Robert, mais je dois dire que sa plume me manque (dites lui Dianne svp !). 

Sur ce, je vais boire un Armagnac pour fêter cette réconciliation !Rigolant

 

18/12/2012, 10:24 | Par profil_inactif_145012 en réponse au commentaire de SamJoffre le 18/12/2012 à 10:00

 

C'est Edwy Plenel qui offre la tournée ?... Sourire

19/12/2012, 19:08 | Par dianne en réponse au commentaire de profil_inactif_145012 le 18/12/2012 à 10:24

Ce qui le meut... :-))

06/01/2013, 15:45 | Par avellino en réponse au commentaire de dianne le 19/12/2012 à 19:08

par curiosité... c'est de qui ?

06/01/2013, 16:08 | Par SamJoffre en réponse au commentaire de avellino le 06/01/2013 à 15:45

L’Affaires des affaires. De Denis Robert, Yan Lindingre et Laurent Astier. Dargaud 2009

Une belle critique du tome 1 par Dominique Bry ici :

http://blogs.mediapart.fr/edition/comic-strip/article/260109/l-affaire-des-affaires-denis-robert-mene-l-enquete-0

07/01/2013, 17:36 | Par avellino en réponse au commentaire de SamJoffre le 06/01/2013 à 16:08

merci

j'ai cru que c'était  extrait d'un album sans rapport mais dont juste cette planche coïncidait ...

19/12/2012, 18:01 | Par BobLobLaw

Denis Robert > *

 

Au passage, Edwy se trompe totalement. Ce dont il nie l'existence a bien existé pendant très longtemps à savoir une comptabilité cachée. On ne vire pas l'ensemble de la direction d'une boite comme clearstream sur base d'une rumeur. 

D'autre part, Denis Robert a gagné tous ses procès ce qui le conforte dans son analyse.

Dommage que personne ne l'ait soutenu. Dommage que personne cherche à savoir si cette pratique continue depuis...

19/12/2012, 17:52 | Par slyos42

J'aimerais rectifier une allégation de ce sympathique correspondant. Ce n'est pas que cela ait beaucoup d'importance aujourd'hui mais la précision en ce domaine est utile. Quand il est dit que des affaires "sortent" sans preuve matérielle, cela est vrai mais faux dans le cas bien spécifique des écoutes du Canard Enchainé. C'est le journaliste Escaro qui, ayant oublié un document pour continuer son travail chez lui, est revenu au Canard et monté dans son bureau mettant ainsi en fuite les poseurs de microphones qui laissèrent nombre d'éléments "confondants". Voilà pour la petite histoire. Demandez à Edwy comment il s'est finalement aperçu qu'il était espionné continuellement lors de l'affaire dite de Vincennes. Mitterand avait pourtant juré que les écoutes illicites étaient définitivement interdites et arrêtées. Cela dit, ce pauvre Edwy s'est fait, comme nombre de journalistes, piégé par des informations pour le moins bizarres et contradictoires....Quand on pense que le fameux général, ancien de la DGSE, écrivait quasiment en toute lettre dans son agenda ses rencontres avec de Villepin ou les autres sans oublier de commenter ce qu'il recueillait comme infos.....C'était à mourir de rire si ce n'est que cela mettait en danger nombre d'investigateurs, pas tous journalites, tant s'en faut. Enfin, il est vrai que, par cerains aspects Denis Robert ne paraissait pas toujours d'une grande franchise vis à vis des faits. En dire trop ou pas assez, c'est toujours la même question. Le bon journaliste doit constamment choisir, coincé le plus souvent, entre la protection de ses sources et la soif de savoir de sa hiérarchie légitimement avide de faits nouveaux....et surtout la pression des pouvoirs publics (pour ne pas entrer dans les détails) pour battre en brèche le principe du secret des informations pour le journaliste. La loi existe pourtant. Elle est simple, précise, facile à resoecter. Eh bien, elle subit encore des atteintes graves et répétées. Chaque fois, le(s) journaliste(s) est(sont) obligé(s) de se battre our qu'elle soit respectée. Ce qui inadmissible.

19/12/2012, 19:02 | Par SamJoffre en réponse au commentaire de slyos42 le 19/12/2012 à 17:52

Merci pour ces précisions sur l'affaire du Canard, que je ne connais pas vraiment : je ne faisais que reprendre l'exemple donné par fabrice Arfi. 

Par contre quand vous dites "par certains aspects, Denis Robert ne paraissait pas toujours d'une grande franchise vis-à-vis des faits", il faudrait que vous m'expliquiez par quels aspects... Il me semble que son travail était largement documenté, qu'il reposait sur des témoignages solides et que l'auteur gardait la prudence nécessaire dans ses accusations. Rien à voir avec la lecture de son travail qu'en ont fait (ou pas faite, et c'est tout le problème !) pas mal de ses confrères. Dans le cas inverse, il est peu probable que les juges de la Cour de cassation lui aient donné raison après avoir minutieusement étudié ses ouvrages...

20/12/2012, 01:44 | Par mite54

Patience Denis Robert aura droit , lui-aussi, au "coming out" du boss. Notre Fabrice aussi pratique beaucoup le "je" .... Et il y a encore beaucoup d'affaires  "sur le feu"  ....

 

07/05/2013, 12:56 | Par Eiffel22

Il serait utile de préciser qu'à l'époque où Denis Robert sort son enquête sur Clearsteam, en 2001, Edwy Plenel est directeur du Monde, qui, encore plus que d'autre journaux, ne fit preuve, c'est le moins que l'on puisse dire, d'aucune solidarité envers Denis Robert. Tout cela est bien rappelé ici.

Enquêter sur les réseaux d'influence utilisés par Cleastream pour déstabiliser D. Robert à l’époque, à l’image de ce que  Marion Bougeard a pu essayer de la faire vis-à-vis  F. Arfi plus récemment  dans l'affaire Cahuzac, serait une un utile travail journalistique.

18/12/2013, 21:38 | Par InternetDev

Grand respect à Denis Robert. Parce que souvent seul, ça ne doit pas être facile de foncer dans ce genre d'histoire seul

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