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Stress, vous avez dit stress?

Une femme est venue consulter : elle est déboussolée, inquiète car son médecin lui a dit qu'elle était déprimée. Elle est responsable d'une équipe de 25 personnes. Mais à la suite d'une restructuration de l'entreprise pour rationaliser les coûts, c'est son jeune collègue, lequel dirige une équipe de cinq personnes, qui a été choisi. Il faut dire qu'elle a beaucoup plus d'ancienneté, cela coûte, et un passé de syndicaliste. Elle en est très affectée, vit cet événement comme une vraie blessure, et décrit la violence des rapports dans son entreprise, les évitements, les faux-semblants, les pseudos-tentatives d'apaisement. Au détour d'une phrase, pour nommer ces deux responsables hiérarchiques, elle dit : « mon n+1 et mon n+2 se sont concertés... » ! n+1, et n+2 ... elle devenant « n », ( ou haine ?). Voilà arrivé en guise de nomination, du nombre, des mathématiques ! Elle même a intégré cette langue de l'entreprise où les individus ne sont plus des personnes mais des numéros ! D'ailleurs la plainte récurrente que j'entends est bien celle du « on est que des pions ! »
Autre exemple :
Un homme travaille lui dans une multinationale en informatique. Il me décrit son lieu de travail, son espace : un open space, encore heureusement réduit à une quinzaine de postes de travail. Chaque poste est équipé d'un petit bureau, une prise électrique et une prise pour l'ordinateur. Mais aucun n'est attribué : chaque jour les employés arrivent et branchent leur PC portable là où il y a un poste libre. Impossible donc de personnaliser son espace, d'y mettre quelque signe d'intimité, d'y inscrire sa marque, son style, ne serait-ce simplement par une photo personnelle, une carte postale, un stylo, ou autre signe singulier qui signifierait que l'individu marque sa place, existe dans ce lieu, reviendra le lendemain. Chacun est interchangeable, nulle singularité, nulle distinctivité. Chacun se branche là où il peut ! Tiens, encore un mot passé dans la langue commune : « Branché » !
Voilà deux exemples de ce que l'on entend des conditions de travail de certains salariés dans le cabinet du psychanalyste.
Dans une édition du Club de Mediapart, «Travail en question», Mathieu Magnaudeix semble se féliciter : «Les pouvoirs publics se penchent enfin sur le stress et les suicides au travail». Il rend compte du rapport établi à la demande de Xavier Bertrand par un médecin psychiatre, le docteur Patrick Legeron.
Or il se trouve que ce psychiatre est un membre éminent d'une association scientifique de thérapies comportementales, dont il a été président, et aussi responsable d'une société de conseils en entreprise. Ce type de société apporte une aide psychologique à certains employés, assure ce que l'on appelle du coaching, sociétés qui fleurissent car il y a là un marché très lucratif et en pleine expansion ...
Le choix de cet expert n'est vraiment pas anodin : j'avancerai même qu'il est quelque peu idéologique. En effet, le ministre aurait pu choisir par exemple un autre psychiatre, éminente personnalité également, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, Chaire de santé et travail, auteur de plusieurs publications sur le monde du travail et notamment des souffrances au travail, comme «Souffrance en France», en 1998. Je veux parler de Christophe Dejours.
Mais problème peut être, Christophe Dejours est psychanalyste... et pas comportementaliste.
Or les thérapies comportementales visent essentiellement à l'adaptation d'un individu à un environnement perçu comme difficile ou provoquant des troubles réactionnels. Elles s'inscrivent dans cette idéologie de l'individualisation des problèmes, et la pathologisation du lien social, des comportements, la médicalisation de l'existence.
La référence à la psychanalyse, l'approche psychanalytique vise elle, à ouvrir des questions, à mettre en question les situations, à œuvrer afin que l'individu se saisisse des éléments qui suscitent son mal-être, sa souffrance, et fasse son cheminement pour trouver ses propres réponses. Il y a peut-être un risque pour l'entreprise si on remet trop de choses en question, un pente peut-être subversive....
Alors doit-on se réjouir que les pouvoirs publics se penchent sur le «stress». Ah le joli mot que voilà : mot-mode, mot-valise, fourre-tout qui a fait irruption dans le langage courant vers la fin des années 80. Fortune du mot, qui vient actuellement succéder à la fortune d'un autre maître mot signifiant de la fin des années 90, «harcèlement». Succès de librairie, expert es-stress, après les experts es-harcèlement. Passage dans la langue commune. Tout comme «gestion», «gérer»... «je gère pas bien mon stress», « tu gères bien tes émotions, toi ? » « - oh non arrêtes, tu me stresses ! ». Ainsi chacun est renvoyé à sa propre façon d'affronter, de supporter, de réagir à une situation. Cela devient une question psychologique personnelle et pas la question de l'organisation du travail, des rapports humains, de la violence de l'idéologie à l'œuvre dans l'entreprise, et dans la société.
Pendant que chacun va s'occuper de son stress, ne passe-t-on pas à côté de l'essentiel ? Car n'est-ce pas la déshumanisation qui envahit le monde de l'entreprise, brise les solidarités, empêche une approche collective des rapports sociaux ?
Faut-il s'occuper du stress, c'est-à-dire de ce qui affecte un individu, pour ne pas poser la question des rapports humains, de la place de l'humain dans l'entreprise ?

Tous les commentaires

07/04/2008, 15:48 | Par Agathe Duparc

Merci pour ce blog.

07/04/2008, 23:19 | Par myr

Je me souviens d'un "petit" colloque à Toulouse avec Christophe Dejours lors de la sortie de son livre Souffrance en France. Votre texte me rappelle que cela date de 10 ans... Que s'est-il passé pendant ces dix années ? Les questions que vous posez à la fin de votre texte soulignent la pleine actualité de ces souffrances qui restent sans réponse. Votre texte est fort intéressant. Merci.

08/04/2008, 14:28 | Par jp.briand

La souffrance au travail ne date pas d’hier. Je rappellerai que jusqu’au 16ème siècle souffrance et travail étaient synonyme. Ne dit-on pas encore qu’une femme « est en travail » pour dire que les souffrances de l’accouchement commencent et que la femme va entrer dans la « salle de travail », longtemps salle des souffrances de l’enfantement. Les plaintes liées au travail sont entendues essentiellement par les médecins généralistes et les médecins du travail : ce sont eux les véritables experts. Beaucoup plus rarement les psychiatres qu’ils soient psychanalystes ou comportementalistes sont appelés pour ce type de difficultés psychiques. Ceci est d’autant plus marqué que la plainte est de nature somatique. Tous les troubles psychiques ou les psychopathologies rapportés au travail ne correspondent pas obligatoirement à une souffrance morale générée par le harcèlement ou l’organisation pathogène du travail au sein de l’entreprise. Les conflits et la compétition inter individuels, les injustices ressenties, mais aussi les brimades et les atteintes à la dignité sur les lieux du travail mais non liées directement à l’entreprise et à son organisation peuvent aussi en être les générateurs mais aussi être les puissants révélateurs de troubles, de déséquilibres ou de maladies mentales pré existants. Toute la tâche du médecin est de repérer ce qui provient de l’organisation du travail dans l’entreprise et de déterminer ce qui est du à des troubles ou des maladies psychiques pré existants, se révélant au travail…

23/10/2010, 14:44 | Par titinesf en réponse au commentaire de jp.briand le 08/04/2008 à 14:28

Qui peut se targuer d'être équilibré de nos jours !!!

Quelques semaines passent et mis sous pression, passé à la moulinette de la norme, écrasé apr les injonctions contradictoires, par la course individualiste d'un bonheur toujours promis, voilà que le dit "normal" se retrouve aculé , à terre abattu !! Montré du doigt par les jeunistes, le senior expérimenté devient poids finaancié pour l'institution ! Le cadre qui avait une connaissance du terrain devient un gestionnaire de statistiques qu'il ne sait pas toujours interpréter justement et passe le rouleau compresseur des restructurations quitte à liquiderla main d'oeuvre indispensable à fair vivre l'entreprise !

Oui il y a des souffrances au travail ! Demain parce que nous entrons en résistance nous serons tous des handicapés !!Plutôt vivre handicapé de la vie que mourir au travail d'avoir consenti à se laisser piétiner par des chiffres inhumains et sans regrets !!!

08/04/2008, 15:04 | Par Franck Gauthey

La reconnaisance du stress au travail est une première étape, qu'il soit d'origine organisationnel, individuel, sociétal (désublimation, rivalité mimétique)... Effectivement, compte-tenu des idéologies actuelles, nous pouvons nous questionner quant à la manière dont le problème sera repris, traité par le pouvoir et les institutions? Effectivement entre la psychanalyse qui pose des questions: imaginaires leurrants, rapports de domination, le désir, le sujet sa subjectivité et son histoire? et d'autre part le comportementalisme, le conditionnement, la banalisation du subjectivement inacceptable pour le sujet, un tel choix est forcément politique...et non des moindres! Nombreux psychiatres, analystes, observent bien dans la psychiatrie actuelle une tendance à l'émergence de nouveaux paradigmes: - la santé normalisatrice ...avec soumission librement consentie - le discours managérial: le patient doit se surveiller comme une micro entreprise - le naturalisme et la biologie... pour tout expliquer...et connecté à l'économie De tels présupposés traduisent, préparent une vision darwienne des rapports humains avec des arrières plans qui évoquent, le nazisme. Comment le problème sera étudié, légiféré par les institutions et vraiment mis en place dans les entreprises et institutions apportera un éclairage "critique" sur l'état de notre humanité dans ce pays?

08/04/2008, 15:20 | Par Claude.S

Merci pour ces références. Lisez "LNA, Le Nouvel Ane" et vous y verrez décortiqués les nœuds du tissage politico-économico-cognitivo-comportementalisme, à l'oeuvre dans la gestion des université, des laboratoires de recherches et de la recherche pour faire court. Le mise au rencart de la subjectivité, de la question humaine. Sur LNA voir le site www.forumpsy.org Bonne lecture.

08/04/2008, 16:22 | Par Claude MARIUS

Bravo pour ce billet! Il est réconfortant de lire une analyse prise "par le bon bout" de la problématique du "stress au travail". Tant que l'idéologie libérale dominera les esprits, il sera difficile d'avancer sur le problème. Si vous n'êtes pas capable de gerer votre "stress", c'est que vous n'êtes pas "performant"! Donc...tchao et au suivant!

08/04/2008, 18:59 | Par pierino

S'il est pertinent de mettre en garde contre le seul traitement individuel du stress, il me paraît simplificateur de vouloir opposer approche comportementaliste et psychanalytique, aucune d'entre elle à elle seule ne pouvant suffisante en terme de réponse concrète à un problème réelle.A ma connaissance, la psychanalyse n'est pas opérante pour résoudre les problème d'organisation collective où l'humain prends toute sa place. Je conseillerais volontiers à l'auteur et aux lecteurs d'aller visiter le site de l'IME (Institut de Management Evolutif) www.ime.fr , organisme qui allie recherche scientifique et pratique managériale et propose des interventions en entreprises pour faire évoluer les modes de management et les organisations vers une gestion plus respectueuse des individus (en particulier de leurs motivations souvent insuffisemment utilisées) au service d'une "vie" collective plus sereine, donc plus efficace dans la durée. Cette approche, fondée sur une certaine éthique des relations inter-personnelles, necessite une démarche volontariste et "sincère" quant à ses finalités mais peut aboutir à des changements en profondeur et durables.

08/04/2008, 22:52 | Par Cecile A.

J'avais trouvé très provoquant de la part de Carlos Goshn (pdg de Renault) de faire la une d'un magazine (hélas je ne me rappelle plus le nom, mais si quelqu'un le sait...) quelques mois après la série de suicide de cadres ayant eu lieu dans son entreprise, sous le titre ultra-provocateur pour les familles des victimes "comment gérer son stress". Façon de dire, ok, on a mis une pression de fous sur vos proches, mais ils n'avaient qu'à tenir. Pourtant, les familles des victimes ont bel et bien eu gain de cause au tribunal puisque Renault avait été condamné à leur verser des dommages et intérêts, si je me souviens bien...Si quelqu'un a des données plus précises à fournir à partir de mes vagues souvenir, cela me fera plaisir.

09/04/2008, 00:26 | Par JoHa

« La souffrance au travail ne date pas d’hier », dites-vous cher jp briand. Vous avez raison de le dire mais est-ce une raison suffisante pour que cela continue ? Vous parlez ensuite des médecins comme des « véritables experts ». Etant médecin, je vous assure que je me passe bien du statut d’expert qui équivaut à se passer de mes compétences de soignante, voire à les dévaloriser, les « précariser » quand elles ne correspondent pas aux guide-lines édictés aux USA par l’Evidence-Based-Medicine. Depuis quand la médecine est-elle basée sur des évidences ? Ecouter, rechercher, continuer à se former, oui, mais suivre des évidences statistiques stupides à la lettre, décidément non. Le patient que je reçois, celui-là et pas un autre, n’est peut-être pas compris dans les statistiques, il présente peut-être le premier cas qui invitera à réviser certains éléments de théorie acquis de longue date. Oui, je me passe bien du statut d’expert qui consiste en général à quémander mes services pour donner des avis dont on ne tient ensuite pas compte puisqu’ils ne vont pas dans le sens du vent actuel, soit celui du comportementalo-cognitiviste commercial qui envahit tous les champs de notre existence individuelle et collective. Une lecture vivifiante sur les experts : http://lieuducrime.free.fr/ « Crime » pour critique de la marchandisation des esprits… Je recommande aussi chaudement la lecture de la revue « Le Nouvel Ane », spécialement LNA 8 de février 2008. Et la lecture des petits opuscules de Christophe Dejours ainsi que celle de « La politique des choses » de J.C. Milner. « Toute la tâche du médecin est de repérer ce qui provient de l’organisation du travail dans l’entreprise et de déterminer ce qui est dû à des troubles ou des maladies psychiques pré existants, se révélant au travail… ». En tant que médecin, je vous contredis sur ce point : ma tâche consiste à recevoir mes patients et à leur permettre à eux – et non à moi – de repérer ce qui appartient à l’un ou à l’autre. Et je ne considère pas le travail comme un « révélateur » des faiblesses intrapsychiques : au contraire, un travail épanouissant ou simplement régulier, dans une bonne atmosphère, aide bon nombre de mes patients à construire un délicat équilibre psychique qui ne leur avait pas été donné clef sur porte par les déterminismes de leur histoire personnelle. Un équilibre qui devient souvent « précaire » de nos jours car les conditions de travail se détériorent à grande vitesse. Y en a-t-il tant parmi nous qui puissent se targuer d’avoir reçu un équilibre à toute épreuve ? Y en a-t-il encore tant des postes qui permettent au sujet du collectif de se construire dans ce collectif ? A l’heure du « précariat » généralisé, à l’heure du « capitalisme de dissociation » (cf. Daniel Cohen, professeur de sciences économiques à l’Ecole normale supérieure), ne sommes-nous pas beaucoup à nous sentir « précarisés » de diverses manières ? « Précariat » : un nouveau mot pour un nouveau monde ! On peut lire un bon article à ce sujet « Qu’est-ce que le précariat ? » de François Schreuer dans la revue Politique n°46 : http://politique.eu.org/archives/2006/10/333.html « Il me paraît simplificateur de vouloir opposer approche comportementaliste et psychanalytique, aucune d'entre elle à elle seule ne pouvant suffire en terme de réponse concrète à un problème réel », dites-vous, cher pierino. Vous en connaissez beaucoup des approches suffisantes à elles seules ? Par contre, approches comportementalistes et psychanalytiques sont non seulement opposées mais incompatibles, cela, en tant que psychanalyste, je le soutiens. L’une, la comportementaliste, prétend éradiquer le symptôme, rééduquer les comportements, sans souci des dommages éventuellement causés quand on s’attaque à un symptôme qui était peut-être indispensable au sujet qui en était affligé – il n’était quand même pas là pour des prunes ce symptôme. L’autre, la psychanalytique, s’intéresse à la relation que le sujet entretient avec le symptôme dont il se plaint pour soutenir sa recherche d’une autre solution moins douloureuse. La psychanalyse est donc plus modeste qui considère que nous disposons tous d’un symptôme nécessaire – ce peut être un métier par exemple ou un partenaire amoureux : certains s’en plaignent, d’autres pas… « La psychanalyse, ajoutez-vous, n'est pas opérante pour résoudre les problème d'organisation collective où l'humain prend toute sa place. » Oui, d’accord, et… tant mieux - en ce qui concerne le "résoudre" - car tant qu’il y aura des humains, il y aura des problèmes individuels et collectifs qui, anciens et/ou nouveaux, se poseront et appelleront à l’intervention de chacun dans la recherche de nouveaux équilibres : il me semble que la psychanalyse peut participer à cette aventure humaine, la création du collectif – il n’y a pas qu’elle bien sûr. En espérant qu’il n’y ait pas de « solution finale » : nous avons vu ce que ça donne ! En espérant aussi que l’espèce humaine, comme symptôme envahissant posé à la planète, ne solutionne pas définitivement le problème constitué sur cette planète… Merci à l’auteur de cet article et aux commentateurs divers.

10/04/2008, 22:55 | Par Fred Oberson

J'ai retransmis votre texte à un ami à Genève, John Goetelen, qui vous répond sur son site: www.hommecible.com sous le titre en début de page: "Mai 68 a enterré la pensée autoritaire marxiste " Je ne puis à l'instant vous l 'envoyer et s'il y a problème, contactez-moi Bien à vous Fred

12/04/2008, 14:29 | Par Paul Machto en réponse au commentaire de Fred Oberson le 10/04/2008 à 22:55

Cher Fred Oberson, Merci pour l'attention que vous avez porté à mon billet. La réponse de votre ami genévois est absolument délicieuse : pour quelqu'un qui va débusquer le "marxiste" tapi en moi, il en vient à tenir un discours fleuve qui m'évoque curieusement Fidel ... J'ai commencé à lire son discours mais comme j'ai assez peu de temps je vous promets d'aller jusqu'au bout plus tard et de tâcher de vous transmettre quelques commentaires. Juste déjà un premier éclat de rire : lorsqu'il me soupconne d'avoir qq préférences pour exalter la liberté du travailleur en URSS ou en chine, et lorsqu'il m'assimile à un gourou de gauche !!!! Vous avouerez que c'est un peu court et quelque peu archaïco-réac ce type de discours. Alors : un : je ne suis pas journaliste deux : je suis psychiatre -psychanalyste trois : ce que j'énonce , je le tiens de l'écoute des personnes qui viennent s'adresser à moi, et de ce que je peux en entendre de leurs discours, leurs mots, et d'une certaine souffrance au travail. Bien cordialement Saül

13/04/2008, 20:10 | Par Paul Machto en réponse au commentaire de Fred Oberson le 10/04/2008 à 22:55

Cher Fred, Comme promis , j'ai donc lu ce texte de John Goetelen ... Que vous en dire , sinon que c'est un discours idéologique, dans lequel le simplisme et le réductionnisme, (qu'il m'attribue, simple effet de projection ?), ne méritent pas que je m'y attarde beaucoup. J'en suis désolé. Mais c'est un assemblage de tels poncifs ( cf "les psychanalystes et les psychiatres tiennent à conserver leur pouvoir et la lenteur de leurs traitements leur permet de conserver leurs revenus" !!!!, non mais je rêve !). Désolé mais je n'ai nulle envie et de temps pour relever toutes ses contre-vérités, cette accumulation de stupidités, dont la profondeur en dit long sur les appuis théoriques d'un laudateur du coaching, et du comportementalisme réunis. Au fait, quels sont les tarifs pris par ces "thérapeutes" de bon sens, et à l'efficacité si rapide ???? Saül

16/04/2008, 11:38 | Par Fred Oberson en réponse au commentaire de Paul Machto le 13/04/2008 à 20:10

Cher monsieur Matifou, Le "facteur" que je suis devenu... a transmis votre réponse à son ami John et qui va peut-être vous répondre à son tour. Pris entre la poire... et le fromage (suisse) je ne suis ni psychanalyste ni coach et ne saurais ajouter mon grain de sel de Camargue à cette controverse, bien que j'ai mon opinion à ce sujet. Je trouve la formule interactive de Mediapart remarquable et j'espère qu'il tiendra financièrement le "coup" au moment où la presse traditionnelle est à l'agonie. Cordialement vôtre Fred

11/04/2008, 10:21 | Par Fred Oberson

Voici le texte de John Goetelen: Mai 68 a enterré la pensée autoritaire marxiste. En réaction à un article paru dans Mediapart : “Stress, vous avez dit stress?”, paru le 3 avril 2008 sous la plume de Saül Matifou, je propose une critique des thèses de l’auteur et une relecture différente de Mai 68. L'auteur de cet article critique les approches comportementalistes (coaching, thérapies brèves) dans la gestion du stress professionnel. Sa thèse est que ce sont des moyens de faire porter toute la responsabilité sur les individus et d’évacuer le risque subversif d’une remise en cause collectiviste de l’entreprise. L’auteur aurait d'abord dû clairement annoncer sa couleur politique et ses références politico-intellectuelles. Le fond idéologique marxiste est si présent qu'il n'est pas possible de prendre son analyse pour objective. Il veut adapter la réalité à son idéologie plutôt que d'ouvrir des portes - comportement intellectuel classique des autoritarismes. Par exemple, à l'avant-dernier paragraphe: "La déshumanisation qui envahit le monde de l'entreprise, ... empêche une approche collective des rapports sociaux". Langage récurrent anti-entreprise des gourous de gauche. En terme de déshumanisation, le 19e siècle et la première moitié du 20e étaient à l'apogée du mépris du travailleur. La période actuelle est plutôt le Club Med à côté de cela... Et de toute évidence, la liberté du travailleur était un modèle en URSS de l'époque comme elle l'est en Chine actuelle... Nombre d'entreprises ont associé bien-être de l'employé avec productivité (et la productivité est un paramètre évident de l'entreprise). Cela marche souvent. Mais M. Saül Matifou ne fait pas dans le détail. Il aurait pu analyser différents exemples de grandes entreprises, ce qui l'aurait obligé à nuancer sérieusement son propos. Mais il rêve probablement encore du Grand soir... Concernant le coaching et la psychanalyse, je ne comprends pas pourquoi il les oppose de manière si tranchée. Est-ce par crainte de perdre son gagne-pain dont les résultats très lents rendent les patients dépendants? Il fait une présentation très réductrice des approches comportementalistes. Cela ne correspond pas à la réalité. Les coachs d'entreprise de renom ont introduit dans le cercle des managers des approches moins autoritaires de la gestion du travail, et valorisé le travail en équipes non hiérarchisées là où c'est possible. Le travail comportementaliste a une vieille tradition partout dans le monde. Toutes les grandes philosophies comme par exemple le bouddhisme pratiquent cela et proposent des règles de comportement, nonobstant les problèmes psychologiques des uns et des autres. Car en travaillant sur le comportement, on travail implicitement sur le motif profond qui l'a créé, et l'on incite à changer les rouages intérieurs en cascade à partir d'une pratique personnelle cognitive simple et accessible. Le comportementalisme ne serait-il que la mise en place de stratégies d'action, et non une réflexion sur le pourquoi de notre mode d'action? Faux, archi-faux. Toute stratégie implique une configuration psychologique personnelle ou sociale. Le changement de stratégie induit à terme un travail personnel et collectif sur ces configurations. Si par exemple un sportif de haut niveau se trouve régulièrement en situation d'échec, on va chercher à développer, dans l'esprit et dans les attitudes corporelles, un plan pour dépasser cela, et en ce faisant il peut aussi comprendre les raisons qui l'ont fait échouer, au moins à un certain niveau d'introspection. Il peut bien sûr faire dix ans de psychanalyse pour comprendre d'où cela vient, et en attendant renoncer à sa carrière sportive... Et puis la notion de stratégie, de comportement, d'adaptation, est un pôle fondamental du comportement humain et animal. L'employé qui fait un entretien d'embauche déploie une stratégie pour être apprécié. Le psychanaliste qui reste dans le silence lors des entretiens thérapeutiques a aussi une stratégie professionnelle. Les règles de déontologie de sa profession concernent d'ailleurs son comportement et non ses motivations profondes. Si les approches comportementalistes augmentent l'adaptation et les moyens concrets d'une personne, elles remplissent un rôle essentiel. Car cela développe les capacités à l'autonomie et à la responsabilité individuelle. C'est là que les visions politiques diffèrent. L'idéologie de gauche collectivise et diminue l'autonomie et la responsabilité individuelle. La pensée de droite au contraire soutient et favorise cette responsabilité individuelle, favorise les défenses de l'individu face à tout système. Il apparaît aujourd'hui que la valorisation de l'individu est devenue de droite. En ce sens, la révolution de Mai 68 était, sur les plans philosophiques et culturels, une révolution de droite. Dans le ressac marxiste, ce n'est pas par hasard si ce sont les partis de gauche qui accueillent les féministes doctrinaires pour qui la femme est forcément toujours victime, et donc irresponsable. D'où la prolifération de lois de plus en plus contraignantes, d'interdit de tous genres, puisque l'individu n'est plus perçu comme capable de trouver des solutions par lui-même. On ne construit pas une société autonome sur cela. L’esprit de 68 était: “Je prends mes responsabilités, je ne veux plus que l’on pense et décide pour moi”. Par contre cet intégrisme de gauche est visiblement inspiré par l'idée d'une société pure et sans danger, égalitaire de force, vision que le nazisme ne renierait pas. La pensée de gauche en reste au vieux schéma familial autoritaire: c'est par les autres, c'est ensemble sous l'égide du chef (de parti, de syndicat, du père-mère) ou du porteur de la pensée juste (et donc unique) que doit se faire toute action individuelle. Ce n'est plus le sens de l'Histoire. Mais dans le débat réductionniste introduit par ce journaliste, affleure un autre aspect soigneusement évacué: la rapidité d'action. Les approches comportementales ont souvent des effets rapides, sans prétendre pour autant résoudre la globalité de l'individu. Elles sont à court terme stimulantes et moins coûteuses. La psychanalyse par contre entretient bien ses praticiens, qui sont assurés de revenus à long terme. Le pouvoir de leur silence est d'autant plus insidieux qu'il ne permet plus aucune critique. Finalement, si ce débat n'était qu'un avatar de la lutte entre les dominants qui ont le pouvoir (les psychanalystes et les psychiatres) et qui craignent d'en perdre un peu, contre les autonomes libertaires qui rendent l'individu à ses propres ressources et à sa liberté du choix de son comportement dans des situations précises? (liberté, libéral, cela vient du siècle des Lumières et à été au fondement de la démocratie). Plus jeune, j’ai eu le coeur à gauche, par empathie et solidarité humaine avec ceux qui souffrent. Depuis que j’ai vu les magistrats socialistes à l’oeuvre dans des affaires de justice et les dérives autoritaires du féminisme marxiste, j’ai changé mon regard et mon analyse. Je pense que sur certains plans l'approche collective est utile, bien sûr. Je pense aussi que le capitalisme et le libéralisme sont des moteurs de richesse et de développement des sociétés, et je crois qu'il faut leur insuffler davantage un volet social en diminuant le volet financier. Cette forme d'économie est celle qui a permis la survie et le développement de l'espèce humaine, depuis les début de l’agriculture et de l’élevage. L'économie centralisée de l'URSS ne survivait, ne l'oublions pas, qu'en puisant dans ses colonies (ses satellites). N'oublions pas non plus qu'elle n'offrait aucun choix alternatif, aucune vraie liberté. Le marxisme n'a jamais produit de pensée ou d'économie autonome, et la "mondialisation" marxiste (l'Internationale socialiste) n'était qu'un colonialisme culturel, politique et/ou économique. J'aime l'honnêteté intellectuelle et la pensée bien construite: ce n'est pas le cas de cet article idéologique qui induit, dans les commentaires qui le suivent, des dérapages graves: il est question de nazisme à propos des effets philosophiques et sociaux du comportementalisme (voir l’article d’origine). On rêve ou quoi? Envoyons ces gens en Chine ou en Corée du Nord! En valorisant l’initiative individuelle, le vécu subjectif, le refus des autorités abusives, la discussion critique, Mai 68 a d’une certaine manière enterré le marxisme victimaire, collectiviste et autoritaire. Il y a bien des ressacs, comme cet article le montre. Il y a la tentative de faire passer le libéralisme pour l’ennemi mondial universel. C’est se tromper d’ennemi, de débat et d’époque. Mai 68 a été l’insurrection de l’individu, de la pensée libre, de la créativité, de la sexualité (féminine et masculine) contre l’uniformité et contre tous les autoritarismes. Même si elle demande des corrections comme par exemple dans l’éducation, cette révolution culturelle, qui a revendiqué un nouveau rapport au pouvoir, n’a pas fini de produire des pistes à explorer et à mettre en pratique personnellement et socialement. John Goetelen, Genève [email protected] http://www.hommecible.com http://www.coach-plus.net

18/04/2008, 12:09 | Par Mathieu Magnaudeix

Bonjour D'abord merci pour vos commentaires. Je voulais juste lever une petite ambiguïté et notamment répondre à Saül Matifou, qui semble penser que, par les deux articles courts que j'ai publiés dans l'edition Le travail en question, je cautionne une approche comportementaliste et quantitativiste d'un problème, la souffrance au travail, qui est autrement plus complexe. Laissez-moi vous donner quelques détails qui, je l'espère, vous permettront de comprendre que je ne suis pas une courroie de transmission du ministère du travail (nous n'avons quand même pas lancé un site indépendant pour ça!!! ;-) ) En fait, j'ai décidé d'ouvrir une édition, "Le Travail en question", dans la partie club du site pour essayer de faire vivre le débat autour de ce thème, plutôt que de tenir, comme beaucoup de médias, une chronique macabre et sans grand intérêt des suicides au travail. Pour inaugurer cette édition, j'ai voulu m'arrêter très brièvement sur l'actualité : 1/ la remise du rapport Nasse-Légeron : il est contesté, il est d'ailleurs contestable, mais il marque au moins une première, la prise de conscience des problèmes de souffrance au travail. D'accord avec vous pour dire qu'il ne suffit pas, qu'il propose une démarche essentiellement statisticienne et psychologisante du problème, mais il existe et il est fait pour être débattu, et j'encourage vivement tous ceux que le sujet intéresse à le faire 2/ autre évènement notable, l'ouverture d'une discussion sur le sujet entre les partenaires sociaux. Pour avoir depuis rencontré certains acteurs du dossier, on se rend compte là aussi que cette négociation n'est pas prête d'aboutir et que beaucouop considèrent d'ores et déjà que le sujet est mal posé... il n'en reste pas moins que le fait qu'une négociation s'ouvre enfin sur ce thème, bien après de nombreux pays européens, est important, ne serait-ce que parce qu'il montre que la France est très à la traîne sur le sujet.... D'ores et déjà, Claude-Emmanuel Triomphe a posté de très intéressants articles dans l'édition. Dans les prochaines semaines, je vais prendre contact avec d'autres spécialistes du sujet qui ont eux, une approche compréhensive du sujet mais ne connaissent peut-être pas tous encore Mediapart. J'espère qu'ils seront d'accord pour travailler avec nous et nous envoyer des contributions, des études monographiques, des analyses etc... . Mais d'ores et déjà, j'encourage tous ceux que le sujet passionne à faire vivre cette édition "Le travail en question", avec leurs commentaires et leurs analyses. C'est cela le principe de Mediapart : faire vivre le débat au sein de la communauté des adhérents. Voilà, c'était juste pour dissiper quelques malentendus. Amitiés à tous, et merci encore de vos commentaires vivifiants.

20/04/2008, 00:02 | Par JoHa en réponse au commentaire de Mathieu Magnaudeix le 18/04/2008 à 12:09

Cher Mathieu Magnaudeix, 1 - Vous dites que "la remise du rapport Nasse-Légeron (...) marque au moins une première, la prise de conscience des problèmes de souffrance au travail". Vous m'étonnez en disant "une première" : Une première pour qui ? Il me semble que cela fait belle lurette que ce phénomène, la souffrance au travail, est connu. A la lecture du rapport Nasse-Légeron - merci de nous l'avoir donné en lecture -, il s'avère que "la prise de conscience" concerne surtout le coût du petit absentéisme, un coût qu'il faut réduire car il tracasse l'Europe. Ce rapport me semble donc représentatif de la politique gouvernementale actuelle de la France : feindre de s'intéresser à la souffrance des "victimes" pour faire passer ensuite diverses mesures inquiétantes. Je ne vais pas me livrer ici à une critique approfondie de ce rapport mais je souhaite cependant attirer votre attention sur le risque réel de "santémentalisation" des travailleurs que l'on trouve dans ce rapport. Cette "santémentalisation" consiste à transformer des problèmes divers en problèmes de santé mentale et à épingler - ici, les "stressés" - de diagnostics psychiatriques qui risquent de les poursuivre ensuite, la notion de "traçabilité" des patients ne faisant, hélas, pas sursauter grand monde. Sans compter le fait que cela poursuive ensuite ces "patients" intérieurement dans l'idée même qu'ils seront amenés à se faire d'eux-mêmes. 2 - Vous dites que vous allez prendre contact avec d'autres spécialistes du sujet. Je serais très intéressée d'entendre l'avis de Christophe Dejours à propos du rapport Nasse-Légeron : avez-vous le projet de le rencontrer ?

20/04/2008, 19:47 | Par JoHa

Pour ceux que cela intéresse deux journées en mai sur la "Clinique du Travail" PARIS du Vendredi 30 Mai 2008 au Samedi 31 Mai 2008 Organisé par la Chaire de Psychologie du Travail LIEU: Conservatoire National des Arts et Métiers 292 rue Saint Martin, Paris 75003 Amphi Paul Painlevé Autour des axes : Actions et production de connaissances Clinique du travail et organisation du travail Subjectivité, activité et travail Travail, collectif, métier Travail et Santé Les intervenants : G. Amado, P. Béguin, M. Bournel-Bosson, C. Briec, Y. Clot, D. Cru, F. Daniellou, P. Davezies, C. Dejours, E. Diet, B. Doray, M.A. Dujarier, J. Duraffourg, D. Faïta, G. Fernandez, G. Francequin, C. Godart, E. Hamraoui, F. Hanique, G. Jobert, K. Kostulski, D. Lhuilier, D. Linhart, M. Litim, M. Loriol, J.P. Minary, P. Molinier, F. Osty, T. Perilleux, M. Peze, B. Prot, C. Revuz, J. Rhéaume, P. Roche, C. Rueff, M. Salmona, L. Scheller, O. Schwartz, Y. Schwartz, A. Thébarud-Mony, J.L. Tomás, J. Torrente, M. Vezina, S. Volkoff. Programme et inscription SUR LE SITE http://cliniquedutravail.free.fr/

25/04/2008, 23:23 | Par grain de sel

Vu l'autre jour sur France 2 un passionnant documentaire de P. Moreira intitulé "Travailler à en mourir", qui avait l'originalité de ne pas placer la souffrance au travail QUE sous l'angle du harcèlement mais mesurait AUSSI l'incidence sur des salariés (y compris jusque là très bien notés) du passage accéléré dans presque tous les domaines à une "culture du résultat". Certes, il y a les "petits chefs", leurs injustices et leurs humiliations (et ce n'est pas nouveau), mais ce qui est nouveau, c'est cette course au rendement, cette perpétuelle fuite en avant qui est désormais demandée aux salariés. Il y a les "bons" et les "mauvais", et on entraîne les "bons "à mépriser, voire à exclure les "mauvais"...Je pense profondément que l'esprit de compétition, lui aussi, poussé à son extrême le plus absurde, peut non seulement faire table rase de toute solidarité au travail, mais réellement tuer, comme le passage d'une culture d'entreprise à une autre culture par le biais de fusions, réorganisations, ou comme, évidemment, un plan social sans reclassements, etc... peut laisser de nombreux mutilés du travail au bord de la route. Il serait bon de savoir ce que peuvent faire VRAIMENT les médecins du travail dans les entreprises, de quels outils ou de quelles marges de manoeuvre ils disposent, quel est le suivi des signalements qu'ils peuvent faire dans l'entreprise, et comment on pourrait imaginer leur donner une plus grande indépendance vis-à-vis de l'employeur. Autre piste, dont j'avais un jour discuté avec un médecin-contrôle de la sécurité sociale très "ouverte" à ces problèmes: faire en sorte que les salariés en arrêt "dépression" ou autres pathologies directement liées à une souffrance au travail, soient NON PLUS contrôlés par le centre de Sécu dont ils relèvent en regard de leur adresse personnelle mais par celui correspondant au siège social de l'entreprise. Cela permettrait de mieux repérer les entreprises qui "FABRIQUENT" de la souffrance... voire de leur signaler qu'il y a vraiment un problème dans leur boîte et qu'ils doivent IMPéRATIVEMENT y remédier. Et pourquoi pas, à terme , de les pénaliser financièrement sur le coût des indemnités journalières que la collectivité est obligée de payer à cause de leurs manquements ? Ce ne sont que des idées en l'air, et je ne suis en aucun cas une spécialiste de quoi que ce soit, mais ce sujet me tient à coeur, ce qui explqie que j'ai décidé de suivre ce blog. ps: désolée, comme n'ai pas bien compris comment les contributions sur ce thème s'enchaînent avec les différents renvois, je fais ici un copier-coller d'une contribution que j'avais déjà mis en commentaire à un texte de M. Triomphe, dont je me suis rendu compte qu'il était chronologiquement antérieur...

23/10/2010, 20:37 | Par samines

03 avril 2008 !

Je ne sais pas qui a fait "remonter" ce Billet, mais je le/la remercie presque autant que son auteur.

Et toujours mon étonnement quant à la participativité...

Faut-il s'occuper du stress, c'est-à-dire de ce qui affecte un individu, pour ne pas poser la question des rapports humains, de la place de l'humain dans l'entreprise ?
On peut aussi poser la question de la place du travail dans une Vie humaine :)

Il y a, dans le monde du travail et associé à une logique purement économique, un réel usage de l'humiliation. C'est aussi, de mon point de vue et comme vous le signalez, d'une destruction du lien social que cela participe.

En nous faisant entrer dans le monde des ratios et des objectifs mesurables, nous sommes entrainés dans un monde dans lequel le non-mesurable devient impensé, et de ce fait mis à l'écart. Or la dimension vivante qui est la nôtre est indissociable de notre capacité à "entrer en relation avec". Indissociable, mais non mesurable.

Que demain la volonté de restaurer du Lien prévale, et toute l'organisation actuelle de l'économie mondiale s'écroule.

15/09/2011, 13:00 | Par ynneb

Et ca encore, c'est des problèmes de cadre.

 

Il faut absolument voir "danger travail" de pierre carles (et tous ces films en faite)

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