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Jazz in Marciac, millésime 2008!


Nouvelle édition de Jazz in Marciac, le festival gersois entame sa 31ème envolée. Ce vendredi 1er août, j’apprécie les premiers frémissements de l’ouverture : peu de monde dans les rues encore à 20h, mais les premiers passionnés se pressent en direction du chapiteau.

Et là une première surprise : un immense parquet a été installé sur la pelouse du stade de rugby ! Finis les nuages de poussière des retardataires et l’oppression respiratoire des soirs de canicule ! Adieu la gadoue des soirs d’orage ! J.I.M., pour les habitués, deviendrait propret ? Espérons que l’ambiance décontractée, l’atmosphère bon enfant des aficionados de ce coin de Gascogne, ne vont pas être entamées pour autant.
Aussitôt installés, on retrouve immédiatement l’ambiance du chapiteau de six mille places : l’écran géant suspendu, les deux écrans latéraux, qui pour nous faire patienter, font défiler le programme des deux semaines. Manque cependant en ce soir d’ouverture, la foule des jeunes bénévoles qui vendent à la criée le programme. Demain, peut-être ? Car il faut savoir que ce festival repose en grande partie sur de très nombreux bénévoles, lycéens, collégiens, retraités, gens du coin, qui se sont investis depuis des années et ont donné ce cachet si particulier à Marciac, une atmosphère quelque peu familiale, d’amitié partagée.
Cette année, le programme est encore une nouvelle fois croustillant : Paolo Fresu, le magnifique trompettiste sarde, particulièrement influencé par Miles Davis. Herbie Hancock, qui n’est plus à présenter. Uri Caine le pianiste qui va s’associer à John Zorn le prince de l’underground newyorkais, dont je suis bien incapable de définir le genre de jazz qu’il nous offre : spectacle somptueux, et toujours surprenant, qui a embrasé le chapiteau au cours des trois dernières années. Omar Sosa associé dans une même soirée à Dee Dee Bridgewater, Stéfano Di Battista, Mac Coy Tiner et Brad Meldau, Chucho Valdés, Biréli Lagrene, Richard Galliano, Emir Kusturica, la Mecanica Loca, sans oublier Émile Parisien, Manu Katché, Milton Nascimento, … et bien sûr le Parrain de J.I.M. : Winton Marsalis.
Comme vous en jugez, ce programme brasse toutes les formes de jazz, et je ne cèderai pas aux éternels polémiques gersoises, ou plutôt élitistes sur les territoires et les frontières puristes des courants jazzistiques.
Je dirai qu’il incombe plutôt aux spectacles du Bis, tous les jours de 11h à 19h, sur la place de la bastide, de permettre l’expression de nouveaux talents ou de mouvements musicaux inédits.
Ce vendredi soir, l’ouverture a été accordée au Brésil : en première partie, Hamilton De Holanda, avant la perle de Bahia, Caetano Veloso.
Invité voilà deux ans par Richard Galiano qui nous avait fait découvrir ce virtuose du « bandolim », sorte de mixte entre la mandoline et le banjo, un instrument à dix cordes inventé par Hamilton lui-même, le voici cette fois es-qualité avec un quintet. Autour de lui, Gabriel Grossi, harmoniciste sublime, qui déboule sur la scène en béquille !, Daniel Santiago, guitariste tout aussi merveilleux, André Vasconcelos à la basse, et surtout Marcio Bahia à la batterie. Celui-ci va nous livrer un somptueux solo qui se termine non pas dans le classicisme des solos, dans l’envolée qui embrase tous les publics, mais par un délicieux rythme délicat qui vient s’évanouir … et faire pâmer le chapiteau !!!
C’est une première partie tout en rythme brésilien, avec une petite merveille en solo d’Hamilton de Holanda, une interprétation inédite de … « la Mer » de Trenet.
Passé l’enthousiasme entraînant du quintet, Caetano va nous offrir une palette intimiste … pour quatre mille spectateurs ! (Le chapiteau, pour cette première soirée est plein aux deux tiers). Sacré pari, que Caetano va amplement emporter. Seul avec sa guitare sur la grande scène où trône sur la droite, l’immense boule bleue ! Les jeux de lumière, toujours parfaits, accompagnent amoureusement la voix suave, délicieuse, magique, charmeuse de Caetano. Une voix si particulière grimpant les octaves, envoûtante, chuchotante, qui s’approche de vous comme un baiser. C’est une partie de son répertoire immense qui va faire chavirer le chapiteau. « Paloma blanca » avec ses « coucourou coucou » que l’on a pu apprécier dans une scène sublime de « Parle avec elle » d’Almodovar, puis « Terra », le classique « Eu sei que vou te amar » d’Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes, « Qualquer coisa », entre autres titres. Enfin, Caetano va élever le public avec une interprétation a cappella de « Tonada de luna llena ». Interprétation que l’on peut oser comparer avec un chant sacré dédié à la saudade.
On quitte alors le chapiteau avec le plaisir au cœur, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qu’il en aurait été si Caetano Veloso était venu avec une petite formation. Seul petit regret, on espère toujours plus !!!

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Un petit tour sur la place de la bastide pour découvrir les couleurs de l’immense velum qui va accueillir demain dès onze heure Ronald Baker, s’enivrer un peu dans les bars – jazz qui fleurissent en cette saison.
Demain est un autre jour, et cèdera la place à Paulo Fresu et Herbie Hancock soi-même.
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Saül Matifou.

Tous les commentaires

05/08/2008, 11:35 | Par Yves Gigou

Nous n'irons pas à Marciac, cette année. Le programme est pourtant alléchant, mais d'autres routes doivent nous faire découvrir Tigran Hamasyan entouré des frères Moutin qui, nous l’espérons vont assurer à la rythmique, et en seconde partie Louis Winsberg dans une création sur le thème de Marseille. Mais revenons à l’actualité psy du moment, cette affaire dramatique du jeune Valentin, ce matin dans le journal Le Parisien ce commentaire : « Ils se disaient pèlerins originaires d’Australie. En mission en France, ils affirmaient vouloir effectuer des « descentes commando dans les gendarmeries françaises et chez des notables français ». Marginaux à la santé mentale défaillante ». Et me voici replongé en 1976, dans ce très beau film de Tavernier « Le juge et l’assassin » souvenez-vous le personnage du sergent Joseph Bouvier (remarquable interprétation de Galabru) parcourt la France du nord au sud, en criant à qui veut l'entendre qu'il est "l'anarchiste de Dieu" et ne saurait tolérer l'injustice. Pendant trois ans, il commet plusieurs assassinats avec une habileté diabolique, se déplaçant toujours rapidement, évitant ainsi les poursuites et les questions. Aujourd'hui que vont dire les psychiatres ? Madame le Garde des sceaux c’est quand à elle exprimé ; multipliant les adjectifs sur ce crime «atroce», «barbare», qui a «traumatisé les Français». Comment la loi de février 2008 sur l’irresponsabilité mentale, qui prévoit un débat contradictoire et public devant la chambre de l’instruction va-t-elle s’appliquée avec de telles commentaires ? Bon Jazz, mais restons vigilant, même en période estivale.

05/08/2008, 14:23 | Par Fini de rire

Merci d'avoir rendu cet hommage à Cetano Veloso, malheureusement si peu connu en France, alors qu'il est un des princes - et presque cofondateur, de la samba nouvelle. Ne manque qu'une référence à Maria Bethania et vous aurez tout juste !

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