Jeu.
23
Oct

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Quel accueil pour la folie?

J’ai participé au forum organisé par Libération, «Vive la culture», invité avec trois de mes amis psychiatres et psychanalystes, Hervé Bokobza, Franck Chaumon et Patrick Chemla. Trois débats ont été proposés : le premier «Qui veut la peau de la folie ?», le deuxième «Qui sont les fous ?» présenté par Antoine Lazarus et Laurent Le Vaguerèse, le troisième : «Quel accueil pour la folie ?».

 

 

Je propose donc ma contribution sur Médiapart et ouvrir ce débat si complexe, et souvent passionné, mais absolument nécessaire : cette affaire ne doit en rien être l’affaire des spécialistes, mais est bien l’affaire de tous.

 

 

Si ces trois débats ont eu lieu dans le cadre d

IMGP4768.JPG
e ce forum, c’est grâce à un événement culturel, un film, qui a permis l’irruption dans le débat public de la question de l’accueil de la folie, et donc des pratiques psychiatriques. Ce film, «Elle s’appelle Sabine», réalisé avec délicatesse, émotionet, il faut bien le dire, avec courage, par Sandrine Bonnaire a provoqué des réactions très contrastées. Il a jeté une lumière crue sur la complexité de ce type de situations. De nombreux acteurs et professionnels de la psychiatrie se sont pour certains particulièrement offusqués de «telles attaques contre la psychiatrie».

 

 

Mais auparavant quelques mots à propos de la présence de psy, de psychiatres, dans le cadre de ces journées consacrées à la culture. En effet, la tendance majeure actuelle, en tout cas celle qui a les faveurs de la plupart des médias, de nombre de politiques et notamment de nos gouvernants, tout particulièrement le premier d’entre eux, est orientée vers la Science, la Médecine, (et avec majuscules s’il vous plait), la belle, la noble, celle qui ne s’encombre pas de questions sur l’humain et sur la culture.

 

 

En effet, le scientisme galopant actuel, par exemple illustré par tels propos, sur le gène du suicide, la prétention à prévoir la dangerosité potentielle d’un individu, a rejoint le vieux désir, ou l’ancien complexe, de certains psychiatres d’être des médecins comme les autres, ou plutôt de singer les mandarins hospitalo-universitaires. Ceux-là oublient que les grands médecins furent d’abord des humanistes, érudits, et de grande culture.

 

 

Aller à la rencontre de la folie, à la rencontre du fou, invite nécessairement à se baigner de poésie, se passionner pour l’expression picturale, être pénétré par la musique, être entraîné dans l’imaginaire littéraire, attiré par la création théâtrale, sensible à l’image, les œuvres photographiques et cinématographiques. La folie, n’est-ce pas d’abord un discours énigmatique, une production créatrice et langagière, une expression corporelle tout autant mystérieuse, avant d’être source de peur, de désarroi, voire de terreur et de désespoir ?

 

 

Il faut se souvenir aussi par exemple, que des psychiatres qui deviendront d’illustres praticiens et théoriciens, fréquentèrent à leurs débuts les surréalistes, Lacan et Bonnafé pour ne citer qu’eux. La question de la folie fut d’ailleurs particulièrement accueillie, voire exaltée dans ces cercles. Bien évidemment, je n’oublie pas Antonin Artaud, l’art brut et Dubuffet.

 

 

La psychiatrie, l’approche de la folie, ont pleinement à voir avec la culture !

 

 

Alors revenons au film de Sandrine Bonnaire.

 

Nous sommes dans une histoire singulière, un parcours, la transformation d’une jeune femme aux prises avec des troubles psychiques et relationnels majeurs. Images en douceur, émouvantes, attachantes, qui alternent entre « un avant » et « un après » l’hospitalisation. Document qui pose donc question à la psychiatrie.

 

Mais document sans complaisance, qui montre la complexité de la vie quotidienne de ces personnes et avec elles, leurs difficultés comportementales, les pulsions agressives, mais aussi le désarroi et l’inquiétude, l’angoisse de l’abandon. Ainsi, nous sommes confrontés à ce qu’il en est, concrètement, de situations qui peuvent devenir insoutenables, renvoyer à une impuissance de l’entourage, qu’il soit familial ou professionnel...

 

Cependant, les flash-back, la narration du parcours vécu par Sabine et sa famille, interpellent massivement des pratiques psychiatriques.

 

 

Comment se fait-il que, depuis quelques d’années, de nombreux services hospitaliers renouent avec des pratiques coercitives d’une autre époque. À moins au contraire, qu’elles s’inscrivent tout à fait dans l’air du temps, on le voit dans d’autres champs du social, on réprime, on enferme, on isole, on expulse.

 

 

La logique sécuritaire qui attaque le lien social envahit aussi les pratiques psychiatriques.

 

Les pratiques mises en œuvremajoritairement dans les années 70 et jusque dans le début des années 90 avaient le souci d’une approche et d’un accueil humain de la folie, d’un foisonnement d’initiatives et d’expériences. (J’ai débuté en psychiatrie moi aussi, comme Patrick Chemla, par l’attirance pour les pratiques anti-psychiatriques, une autre approche de la folie).

 

Or depuis quelques années, et les « mesures » prises après le double meurtre à l’hôpital psychiatrique de Pau ont accentué la tendance : la multiplication des chambres d’isolement, pudiquement rebaptisées Chambres de Soins Intensifs ou ailleurs, doux euphémisme, « chambres d’apaisement », les programmes de formations aux techniques de contention, sont passées dans les mœurs hospitalières, les demandes par des professionnels de la psychiatrie, des syndicats locaux, d’unités pour malades perturbateurs .

 

Petite anecdote cocasse : dans certains établissements, les soignants ont un dispositif électronique, accroché à la poche de leur blouse. Ce petit boîtier a été appelé Dispositif d’Alerte du Travailleur Isolé, et dont l’acronyme couramment employé par les soignants, les administratifs est le D.A.T.I. !

 

 

Là est la gravité de la situation : dans l’accueil et le traitement des patients, des barrières sont tombées. Désormais les méthodes coercitives seraient-elles à ranger dans le « ça va de soi », dans « l’arsenal » thérapeutique ?

 

Curieuse dérive, signe de l’impuissance thérapeutique ? A-t-on oublié qu’en 1952, un psychiatre, Philippe Paumelle, relatait dans sa thèse, l’expérience d’un « Traitement collectif (par la psychothérapie institutionnelle) dans un quartier d’agités ». Je vous rappelle que les psychotropes n’existaient pas, le largactil fut découvert cette année 1952.... Actuellement pourtant la palette de neuroleptiques, malicieusement renommés « antipsychotiques » est des plus vastes, l’industrie pharmaceutique étant parmi les plus florissantes des multinationales.

 

Parfois certains, gênés, invoquent la sempiternelle pénurie, l’absence de moyens. Certes les politiques gouvernementales ont détruit les formations spécialisées en psychiatrie. Les politiques des directions hospitalières deviennent strictement comptables. Mais les professionnels peuvent-ils s’exonérer de toute interrogation pour autant ?

 

 

Sans être exhaustif, tant est grande la complexité de ces dispositifs, je souhaite ici, insister seulement sur deux points:

 

L’envahissement de l’idéologie médicale en psychiatrie et ce qu’elle induit dans les rapports entre les professionnels mais aussi comment elle modèle les demandes des malades et leurs familles. Certes ce mouvement de médicalisation est patent dans notre vie quotidienne et s’érige en processus normatif et de contrôle de nos conduites les plus banales.

 

Cette idéologie se traduit par une forme de pouvoir qui va réduire les pratiques pluridisciplinaires à des simulacres de travail d’équipe, une disparition de l’articulation entre les savoirs -faire infirmiers et les savoirs théoriques des psychiatres. Ainsi s’érige en fonctionnement institutionnel, un « je sais, tu exécutes », facteur de découragement, voire de désarroi chez les soignants, qui se « réfugient » souvent dans la plainte de ne pas être entendus et reconnus dans les difficultés rencontrées avec les patients difficiles, mais aussi de clivages, de processus persécutifs, d’affrontements voire de haines.

 

Cette conception médicalisante aboutit à une objectivation du malade, qui devient « objet » et non acteur de soin, un « usagé » ... Cette objectivation entraîne de fait, une mise à distance, facteur de moindre engagement relationnel, mais aussi l’absence de prise en compte de la dimension transférentielle des relations qui se tissent inévitablement dans une institution.

Cette objectivation se traduit aussi par le placage de l’approche médicale dans son rapport à la maladie dans la relation avec le patient, sa famille.

 

Ainsi, la soi-disante information sur la maladie psychiatrique : vous avez une schizophrénie, vous avez des troubles bipolaires, comme un médecin va annoncer le diagnostic de diabète, ou d’hypertension. ( d’ailleurs c’est fou, l’épidémie actuelle de troubles bipolaires ! avant on disait simplement que l’on avait des hauts et des bas ... maintenant, puisque c’est une maladie, ça se soigne avec des psychotropes). Nous sommes dans le domaine de l’avoir et non plus de l’être. Le psychiatre sait ce que c’est cette maladie.

 

Des laboratoires pharmaceutiques ont même réalisé des petits films à destination des patients ou de leurs familles : nous allons vous dire ce que vous avez ! ce qu’il faut faire pour bien vous soigner ! Tout ira bien si vous suivez bien ce que l’on vous explique. Ne provoque–t-on pas ainsi, ne modèle-t-on pas ainsi, et les symptômes, et les comportements ?

 

Ce qu’il en est d’une histoire singulière, de vos productions langagières, de vos créations fantasmatiques, tout ceci ne sont que des scories dont nous n’avons que faire.

 

 

Le deuxième point concerne l’ambiance dans les établissements hospitaliers. Les contraintes de tous ordres s’imposent tel unrouleau compresseur.Je citerai juste la logique budgétaire comptable qui frise parfois l’absurde, et qui prend le pas sur ce qui est l’essentiel du « plateau technique » en psychiatrie : les personnels. La logique de l’évaluation, et l’envahissement des saisies informatiques qui ne peuvent se faire qu’au détriment du temps passé avec, et de l’attention pour les patients.

 

L’ordre réglementaire qui s’applique sans discernement, guidé par la peur paniquedes administratifs invoquant les risques de poursuites judiciaires, de mises en cause par la cour des comptes et le sacro-saint principe de précaution. Ainsi, des administratifs basculent dans l’interprétation abusive voire extensive de textes réglementaires et brisent parfois des pratiques de soins vivantes et humaines qui existaient depuis des années.

 

 

Dans un tel contexte, qui est le lot de la majorité des établissements psychiatriques, il faut le rappeler, peut-on parler d’accueil ? Accueil dans le sens véritablement de porter attention, ou encore de donner hospitalité à l’individu fou, en souffrance. Il s’agit plutôt, d’admission, - pourrait-on dire « d’admettre »,comme on peut dire « on admet, à la rigueur, puisqu’on est payé pour, puisqu’il y a des centres de soins, ou des services d’hospitalisation, », pas hospitalier pour autant, ou encore de séjour. Ces termes administratifs conviennent d’ailleurs mieux à ce qu’il en est des conditions « offertes » aux malades.

 

 

Cependant, dans ce décor général difficile, pesant, parfois décourageant, des équipes, des praticiens « résistent », comme on dit maintenant communément.

 

Des lieux d’accueil humain de la folie existent dans le service public comme dans certaines cliniques.Des services sont encore attachés aux pratiques soignantes dans la cité.Des initiatives se développent articulant thérapeutique et culture. Le souci d’une éthique des soins anime de nombreux professionnels en psychiatrie. Souvent ce sont des équipes qui travaillent en référence à la psychothérapie institutionnelle qui permettent que se créent des conditions de possibilisation pour qu’une rencontre soit possible avec une personne psychotique.

 

C’est dans ces lieux où primauté est donnée à l’accueil, à l’ambiance, concept cher à Jean Oury. « Soigner l’hôpital, soigner les soignants, avant de s’occuper des malades » fut le principe énoncé par Hermann Simon en 1929, repris par François Tosquelles à Saint Alban. Soigner, dans le sens de prendre soin, de porter attention.

 

C’est dans un tel contexte que peuvent être pris en compte les transferts à l’œuvre au sein du groupe des patients et des soignants.

 

 

La constitution de « Clubs thérapeutiques » ou d’associations permettent une « aire d’expérience » , un espace potentiel. Ces clubs ou associations instaurent une parité, un lieu où les initiatives, les projets sont débattus, des décisions sont votées, la circulation de l’argent discutée. Ce sont donc des temps où l’exercice d’une responsabilité individuelle est retrouvé ou expérimenté, où se restaure de l’imaginaire citoyen. Cette activité associative au sein du service public ou dans des cliniques comme à la Borde, à la Chesnaie ou à Saumery, ou encore à saint Martin de Vignogoul près de Montpellier,permet de faire fonctionner une part d’organisation interne de l’institution dans des liens sociaux « ordinaires ».

 

La relation « soignants- soignés » y trouve une autre qualité, une réciprocité contractuelle. C’est aussi un cadre qui traite la question de « l’être ensemble », où chacun peut être acteur et exercer sa responsabilité au sein d’un collectif. Ce recours à l’associatif permet aussi de tisser des liens avec le quartier, la cité, d’autres associations.

 

Dans ce type de pratiques, l’engagement des patients est ainsi favorisé, ils deviennent ainsi acteurs de leurs soins, car cette pratique de l’associatif est résolument du côté du thérapeutique, tout en étant du côté de la civilité, du lien social.

 

 

Enfin je vais aborder le dernier point de cet exposé, qui touche pleinement l’acte culturel. Depuis quelques années, les ateliers de création artistique se sont multipliés dans les institutions psychiatriques. Que ce soit par le biais de « Culture à l’hôpital », dont cependant la lourdeur administrative me semble limiter les initiatives locales, ou plus encore par le développement des ateliers de création.

 

Je dois bien sûr évoquer l’art- thérapie, même si je soutiens plutôt une orientation à l’opposé, car à des thérapeutes de l’art ou par l’art, je préfère des artistes n’ayant aucun autre bagage que leur sensibilité, leur attirance pour la rencontre avec l’autre.

 

Il faut aussi mentionner les initiatives de quelques hôpitaux psychiatriques qui ont permis la mise à disposition de locaux pour desrésidences d’artistes ou de compagnies théâtrales notamment. Je citerai Aix-en-Provence, l’association 3bisF à l’hôpital Montperrrin, et dans la région parisienne Ville Évrard enSeine-Saint-Denis avec la Compagnie Vertical Détour de Frédéric Ferrer et la Compagnie « Les Diseurs ».

 

Il faut savoir que ces initiatives rappellent d’autres plus anciennes, telle le ciné-club créé au début des années 60 à Ville Évrard, initié par de jeunes infirmiers particulièrement dynamiques, avec le soutien de cinéastes célèbres. Je rappellerai aussi « l’effervescence saint albanaise » des années 40 et 50.

 

Pour illustrer cette articulation d’une institution de soins avec une démarche de création, je vais vous présenter ce que nous avons mis en oeuvre au centre de jour de Montfermeil dont je suis le responsable depuis maintenant plus de dix ans.

 

Cette unité d’accueil de jour d’un secteur psychiatrique de 4 communes (Clichy-sous-Bois, Coubron, Le Raincy et Montfermeil), existe depuis 1982, rattaché à Ville Évrard, fonctionne en lien étroit, intriqué avec une association paritaire soignants – soignés, Champ Libre depuis plus de 20 ans. L’orientation institutionnelle repose sur le lien entre l’individuel et le collectif qui se tisse au quotidien.

 

 

L’option choisie fut de travailler avec des artistes d’abord avec une plasticienne pour l’atelier d’Arts Plastiques, et un musicien pour l’atelier Percussions. Le projet fut d’emblée de penser à l’extérieur de l’institution, à des initiatives vers le quartier, c’est-à-dire d’envisager un passage au public, que ce soit dans le cadre d’expositions dans la ville, ou d’évènements musicaux lors de diverses manifestations. Dans ces ateliers, participent patients et soignants, tous logés à la même enseigne avec l’artiste comme animateur, transmettant au groupe des bases, et accompagnant les créations de chacun.

 

Des expositions d’arts plastiques se sont tenues récemment dans le hall de la Mairie de Montfermeil, à l’Espace 93 de Clichy sous Bois. Ces expositions témoignent de cette articulation entre l’individuel et le collectif, de cette conjugaison du singulier et du groupe. Elles donnent lieu à un travail de recherche, de choix de thèmes, de visites d’exposition en rapport avec le thème, puis la participation de l’ensemble du groupe au choix des œuvres individuelles et collectives, à l’accrochage, et le cas échéant à la permanence d’accueil dans les lieux d’exposition.

 

 

En juin 2004, grâce aux liens tissés avec le Centre social intercommunal de la Dhuys, situé dans la cité des Bosquets, nous avons rencontré les comédiens du G.I.T.H.E.C. (Groupe d’Initiative Théâtrale Et Cinématographique) dirigé par Guy Bénisti, Michéle Bustamante et Christophe Ribet. Le GITHEC, implanté dans la cité des Courtilières à Pantin, participe à des actions de formation par le biais de créations théâtrales avec les habitants des cités. Le centre de jour s’est inscrit dans le projet alors en cours, une libre adaptation de l’Odyssée, « le Retour d’Ulysse ou le père retrouvé ». Une dizaine de patients, deux soignants et une stagiaire psychologue, nous nous sommes engagés dans ce projet, qui s’est écrit à partir du travail d’improvisation. Six patients et les trois soignants participeront à la représentation publique avec trois jeunes de la cité, des femmes, turques pour la plupart formant un chœur auquel participèrent des patients et des soignants.

 

Cette rencontre entre ces différents groupes fut particulièrement riche, enthousiasmante, permit au public du centre social d’accueillir les patients avec un autre regard. Le groupe percussions du Centre de jour assura le fond musical, l’atelier échanges de savoir permit de faire travailler ensemble à la confection des costumes, femmes du centre social et du centre de jour. La représentation théâtrale eut lieu fin décembre 2004 dans le gymnase de la cité des Bosquets devant un public de 300 personnes pour la plupart résidents des Bosquets et de la Forestière.

Cette belle aventure a donné lieu à un documentaire réalisé par Dominique Cœur, cinéaste.

Une telle expérience ne pouvait en rester là. J’ai réussi à ce que le Githec puisse voir son engagement officialisé en tant qu’intervenant artistique auprès du Centre de jour par l’hôpital de Ville Évrard, afin que l’atelier puisse continuer sous une forme qui ne soit plus clandestine.

 

 

Ainsi nous avons participé au cours des 6 derniers mois, à un nouveau spectacle « Le Cinquantième ou les amants désunis de la Françafrique », grande fresque sur la décolonisation mis en scène en extérieur devant l’Hôtel de Ville de Clichy-sous-Bois. Cette nouvelle aventure a permis la rencontre entre quatre patients et deux soignants, avec des réfugiés demandeurs d’asile qui fréquentent l’association Le Cèdre à Aubervilliers, des jeunes de Pantin et de Saint Denis. L’intensité du travail d’improvisation, puis les répétitions quotidiennes les quinze derniers jours ont mis véritablement à l’épreuve tout le monde.

 

Si parfois les patients ont manifesté des moments difficiles, ont vécu des épisodes éprouvants, ils ont été particulièrement soutenus par les autres « comédiens » et nous ont offert un magnifique cadeau, intégrant parfaitement leur texte et leur rôle. Cette rencontre entre des demandeurs d’asile et d’autres qui ont connu l’asile, psychiatrique celui-là... ou le fréquente encore quelquefois, fut particulièrement émouvante et des traces, des liens se sont tissés.

 

 

Que dire de ce type d’aventures ? Est- ce du soin ? est ce que ça guérit ? Je peux vous dire que j’ai été époustouflé par les capacités de ces patients, étonné devant tant d’efforts déployés, des progrès réalisés dans la mémorisation du texte pour l’une, dans l’élocution pour l’autre, dans la sérénité et la concentration pour un autre qui, habituellement, ne tient pas en place, ne cesse d’occuper l’espace avec un discours fleuve, intarissable, passant du coq-à-l’âne. Ils ont eu un plaisir à jouer, à être attentif à l’autre, à partager ce travail.

 

 

Ce type d’initiative où se rencontrent l’institution psychiatrique, les personnes accueillies, des artistes, la cité, un public, existe bien sûr, dans de nombreux autres endroits.

 

 

Je citerai rapidement de mémoire quelques lieux : l’atelier du Non-Faire à Paris, après avoir existé de nombreuses années à Maison Blanche, les ateliers à expression créatrice de l’hôpital psychiatrique de Montfavet en Avignon, les cliniques de la Borde et de la Chesnaie dans le Loir et Cher. On peut aussi citer les initiatives de rencontres du Centre Carpeaux avec des artistes contemporains dans le 18ème , l’hôpital de jour d’Anthony, avec notamment leur journal le Papotin, le centre d’accueil à temps partiel « Le Transfo » à Uzès, l’Espace culturel l’Astronef au sein de l’hôpital Édouard Toulouse à Marseille, les ateliers du secteur à Angers, le centre Antonin Artaud à Reims.

 

 

 

 

Cette orientation s’appuie certes sur la rencontre, sur l’ouverture, sur une intégration dans les lieux de la ville, bien sûr. Elle permet aussi une modification des représentations de la folie, une déstigmatisation, mais aussi que la folie soit accueillie, qu’elle ait droit de cité, d’une toute autre façon que celle qui nous est assénée, sous les formes de ladangerosité à exclure, à enfermer.

 

Tous les commentaires

25/06/2008, 00:20 | Par Dominique Conil

Me voilà abonnée de votre blog aujourd'hui, et votre exposé est tellement riche, qu'il suscite de nombreuses interrogations, envie de savoir. Comme il se fait tard, on va faire modeste. A propos du film de Sandrine Bonnaire, comment peut-il susciter de telles réactions parmi des psychiatres ? Il m'a semblé que c'était justement un film en retenue, honnête - elle ne dissimule pas, par exemple, la façon dont la famille , sans doute épuisée, s'est tenue en retrait pendant l'hospitalisation de sa soeur - et la pire attaque contre le traitement que sa soeur a subi tient en images, et dans l' absence totale d'image, l'avant, l'après. Vous mentionnez Saint Alban ( où, je crois me souvenir, certains surréalistes avaient trouvé refuge pendant la guerre): qu'est devenu ce lieu à part ? Enfin, ce n'est pas le sujet, mais ce n'est pas hors propos: pourquoi at-on si peu entendu les psychiatres au moment du vote sur la loi de rétention de sureté ?

27/06/2008, 07:39 | Par Paul Machto en réponse au commentaire de Dominique Conil le 25/06/2008 à 00:20

C'est justement peut être la retenue du film, sa touchante et tranquille mise en avant d'images, le contraste avec la chaleur et l'accueil dan ce petit lieu de vie qui a fait mouche ! C'est justement parce qu'il n'est pas une attaque frontale qu'il a fait réagir. En témoigne d'ailleurs la réaction du psychiatre Serge Effez qui tient blog dans Libé et qui s'amuse de moultes interprétations psy sur Sarkosy qui a réagi violemment à l'accompagnement fait par Libé ( Le "J'accuse" de Sandrine Bonnaire). Et puis je crois que de temps temps les psychiatres et les soignants n'aiment aps que l'on mette le nez dans les affaires. C'est pour cela qu'avec d'autres, nous avions "slogannisé" : "Il faut abattre les murs de l'asile, les murs du silence". Parler des pratiques est fondamental pour que puisse se dire la possibilité, l'existence de lieux d'accueil, d'hospitalité pour la folie. Et démonter les mécanismes de la logique asilaire et de l'enfermement. Quand à Saint Alban .... De ce lieu de l'élaboration de la psychothérapie institutionnelle, du secteur psychiatrique, de la résistance et de la création, il ne reste plus rien : depuis plusieurs années il a succombé comme bcp d'autres HP à la logique gestionnaire, à la logique sécuritaire, et aux pratiques "modernes" de certains psychiatres. Il ne tient qu'à une poignée de militants de la psychothérapie institutionnelle d'y réussir depuis plus de 25 ans "les Journées de PSychothérapie Institutionnelle" tous les ans en juin, moments d'échanges et de rencontres de grande qualité théorique et d'exposés de pratiques d'équipes. Cependant Jean Oury m'a-t-on dit, las de ce décalage entre ce qu'est devenu St Alban et ces journées annuelles, avait l'intention de déclarer son refus de revenir à St Alban, qu'il fallait faire ces rencontres ailleurs désormais et dénoncer la supercherie. Enfin quant à votre troisième point : il y a eu des réactions mais certes peu médiatisées : à preuve une soirée à Paris organisée par l'Union Syndicale de la Psychiatrie,( qui avait à de nombreuses reprises fait plusieurs communiqués et interventions), et Pratiques de la Folie, avec le Comité Européen Droit Éthique et Psychiatrie et le Syndicat de la Magistrature le 29 mars. Les autres organisations de psychiatres ont été bien timorées et ont fait le minimum.... Mais il est tout à fait justes que les psychiatres n'ont que très peu réagi publiquement et fortement ... comme cette loi aurait dû le faire. Ce qui illustre l'état d'atonie générale et d'inefficacité militante actuelle.... très inquiétant , très inquiétant ...

23/11/2011, 09:17 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Dominique Conil le 25/06/2008 à 00:20

A propos du film de Sandrine Bonnaire, comment peut-il susciter de telles réactions parmi des psychiatres ?

@ Dominique Conil

Bonjour Dominique,

A titre personnel j'ia la référence du film joué, entre autre, par Isabelle Hupert : http://www.toutlecine.com/film/0037/00379925-sans-queue-ni-tete.html qui me semble excellent.

Je vous remercie, par avance, poru votre point de vue.

A bientôt.

Amitié.

25/11/2011, 09:21 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Vivre est un village le 23/11/2011 à 09:17

LA CRITIQUE TELERAMA DE "SANS QUEUE NI TETE" LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 29/09/2010 3 Si l'on y pense, putes et psys ont plein de points communs. Ils demandent à leurs clients de s'allonger, ils leur soutirent du fric pour mieux les aider, ils sont extrêmement propres (désinfection obligatoire après chaque « passage à l'acte ») et ils dirigent leurs affaires selon un rituel précis. Voyez comment Alice (Isabelle Huppert) présente son « programme » à Xavier (Bouli Lanners). « On commencera par dix séances, selon un protocole que nous établirons ensemble. Si c'est vous qui les interrompez, vous ne serez pas remboursé. Si vous manquez le rendez-vous, il vous sera facturé »... Si Xavier rencontre Alice, c'est qu'il va mal : oui, même les psys peuvent, à force de dégoût de soi, se lasser des autres. Alice ne va pas bien non plus, perdue entre ses divers rôles : dominatrice, écolière, bourgeoise chic. Mais elle, elle est où dans tout ça ?...

Jeanne Labrune a toujours filmé nos désarrois, d'abord avec bien trop de sérieux et de lourdeur (De sable et de sang, Si je t'aime, prends garde à toi...). Jusqu'au moment où, saisie par la grâce - non, par le gracieux -, elle les a débusqués par l'humour. Ça a donné une trilogie joyeuse - Ça ira mieux demain, C'est le bouquet !, Cause toujours ! -, trois « fantaisies » dont il reste des traces dans ce film modeste, mineur et discret. Son goût des malentendus verbaux : sur le mot « pipe », par exemple, ou sur un « pouah » qui révèle, inconscient oblige, un problème de poids... Comme toujours, chez elle, les objets alimentent le désir et la frustration des personnages : un compotier, un lustre et une sculpture, un ange en bois polychrome jouent un rôle décisif dans cette histoire. Chez Jeanne Labrune, les objets, tels des humains, se métamorphosent, dès lors qu'ils changent de milieu social et d'apparence.

Peut-être les psychanalystes feront-ils la guerre au film. Ils semblent très nerveux, ces derniers temps, les « freudiens » surtout, exaspérés de voir un fan d'hier, Michel Onfray, jouer les « sociaux-traîtres » vis-à-vis de leur dieu. Se découvrir, en plus, profiteurs et cyniques ne risque pas de leur faire plaisir.

« Plaisir » : c'est le mot-clé, bien sûr. C'est ce que poursuivent, des deux côtés de la barrière, sans jamais y parvenir, les doux paumés de Jeanne Labrune. Toujours insatisfaits, les clients-patients d'Alice et de Xavier ne semblent venir à eux que pour entretenir leur dépendance. D'où le mépris qu'ils inspirent, d'ailleurs, à ceux dont ils attendent de l'aide : Alice appelle « le Lustre » celui qui va, précisément, l'aider à l'acheter ; Xavier se sert de la maladie de ses riches patients pour recenser les bibelots de son salon : « Ça, c'est mon obsessionnel », « Voilà mon hystérique », « Là, c'est mon paranoïaque »...

Heureusement, certains parviennent à s'en sortir. A force de volonté inconsciente, comme Alice. Mais aussi grâce... à la psychanalyse, qui a, sur certains, des résultats surprenants. Prenez le patient triste de Xavier (joué par l'irrésistible Didier Bezace). Au départ, il est une loque entre les mains de son psychanalyste : « Vous le voyez que j'ai envie de vivre ? Vous le voyez, non ? », le supplie-t-il, sans rien recueillir d'autre que le silence et l'indifférence. A la fin, en le découvrant encore plus désespéré que lui, le client triste décide, soudain, d'interrompre sa cure : « Tout ça n'a ni queue ni tête », constate-t-il. C'est tout juste s'il ne rigole pas sous cape. Et le voilà qui s'en va. Ailleurs. Là où, peut-être, ça ira mieux demain.

Pierre Murat

Source : http://television.telerama.fr/tele/films/sans-queue-ni-tete,18598386,critique.php

25/06/2008, 09:23 | Par Fantie B.

Moi aussi je m'abonne. Au-delà du sujet de la folie, je pense que ce billet est à méditer par nous tous, car il annonce la dérive - ou la nouvelle orientation - que prend actuellement notre société - et qui est très bien signifiée par le D.A.T.I.
Il me semble que nous arrivons (ou revenons) à une époque où le pouvoir serait dans les mains de ceux qui veulent le prendre, à tous les échelons, avec une disparition des cadres éthiques. Comment ces "petits porteurs de pouvoir" vont-ils résister à la tentation individuelle d'en abuser ? Il me semble que cette tendance, déjà en cours d'installation, est en train de se renforcer très très vite chez nous depuis qu'en haut de l'Etat un signal fort a été donné : allez-y. Chacun pour soi. Défendez-vous de l'autre.

01/07/2008, 23:37 | Par Dominique Conil

Maintenant, on aimerait en lire plus sur ce qui s'est dit samedi dernier. Et pas seulement sur ce qui s'est dit. Sur ce qui se vit, s'entend, jour après jour. Dedans, dehors, vous connaissez sans doute: tout semble à refaire, pourtant non. A redire, peut-être. Saint Alban, merci pour ces informations, tristes. Ce fut fugitivement pour moi un endroit où respirer l'air des cimes ( bon, du plateau), du village et de la folie, un lieu de construction , l'endroit où vivaient des amis, psychiatres et pensionnaires, un lieu, comme on disait. Si vous en avez le temps et l'énergie, une suite serait drolement bienvenue.

25/08/2008, 21:50 | Par JoHa

Je découvre à l'instant votre texte, Saül Matifou, Remarquable tour d'horizon depuis Saint Alban jusqu'à ce qui existe, heureusement, encore de nos jours mais qui risque de se raréfier. J'espère que de nouveaux commentaires viendront redonner actualité à votre billet...

25/08/2008, 22:28 | Par Vancouver en réponse au commentaire de JoHa le 25/08/2008 à 21:50

Oui.

20/09/2008, 00:32 | Par Liliane Baie

Je découvre votre texte ce jour. Et je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites de l'évolution, dramatique, de la psychiatrie. Par exemple à propos de l'inflation des diagnostics de bipolarité, avec prescription, à très long terme, de médicaments psychotropes pour des gens qui n'en n'ont pas besoin. Et que dire de l'usage croissant des psychotropes chez les enfants et les adolescents ! Presque plus de réflexions institutionnelle : les nouveaux psychiatres "médicalisés" ne sont pas formés pour ça. Et l'administration n'a pas les cadres pour quantifier ces actes pas identifiables comme le sont des consultations. Quelle perte pour ce secteur et pour les patients! Et donc, pour tout le monde!

23/11/2011, 09:11 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Liliane Baie le 20/09/2008 à 00:32

La prescription, à très long terme, de médicaments psychotropes pour des gens qui n'en n'ont pas besoin.

@ Liliane Baie

Bonjour Liliane,

Je partage compètment votre point de vue, en particuier les mots que je mets en exergue.

A titre personnel j'ai eu accès, sans ordonance en Espagne au Prozac et la douce euphorie provoquée parce médicament ne peut être que réduite sur un temps très court au risque d'ouvrir à des chercheurs d'emploi, comme ce fut et est encore mon cas, croire en des gisements d'emplois merveilleux qui n'ont strictement jamais existés !!!

Une très claire séparation entre psychiatres, c'et à dire fournisseurs d'adjuvants chimiques indispensables à tout progrès thérapeutique, psychothérapeutes, médecins soignants dans le cadre de notre système de soins officiel et psychanalystes n'y appartenant pas par choix est des plus impoortant.

Attire l'attention sur le fait de la pratique criminelles de sectes et le laxisme tout aussi criminel dont elle bénéficie est, tout simplement, scélérat, voir criminel.

Tout acte de psychanalyse ou autres thérapies libres et sans remboursement de la sécurité sociale est, par ailleurs, souvent assimilable dans son effet le plus pervers, c'est à dire la rupture de transfert et ou soin par manque de ressource financière.

Ces ruptures conduisent le plus souvent au suicide.

Le rappeler ne me semble pas anodin Je ne dis plus rienJe ne dis plus rienJe ne dis plus rien !!!

A bientôt.

Amitié.

Pour mémoire : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2683

23/11/2011, 08:57 | Par Vivre est un village

J’ai participé au forum organisé par Libération, «Vive la culture», invité avec trois de mes amis psychiatres et psychanalystes, Hervé Bokobza, Franck Chaumon et Patrick Chemla.

Trois débats ont été proposés : le premier «Qui veut la peau de la folie ?», le deuxième «Qui sont les fous ?» présenté par Antoine Lazarus et Laurent Le Vaguerèse, le troisième : «Quel accueil pour la folie ?».


 

 

Je propose donc ma contribution sur Médiapart et ouvrir ce débat si complexe, et souvent passionné, mais absolument nécessaire : cette affaire ne doit en rien être l’affaire des spécialistes, mais est bien l’affaire de tous.

@ Paul Machto

Bonjour Paul,

J'ai découvert, par hasard, votre billet qui me semble être de la plus haute importatnce.

Les sujets "Qui veut la peau de la folie ?" , "Qui sont les fous ?", "Quel accueil pour la folie ?" au quel je rajoute "Qui veut la peau de la psychotérapie laïque et républicaine donc remboursée par la Sécurité Sociale ?", ne doivent pas être affaire de spécialistes mais un souci majeur en ces temps de licenciements "à l'américaine", c'est à dire avec une débauche de violence, d'injustice et de Programmation Neuro-Linguistique assassine FurieuxFurieuxFurieux !!!

A titre personnel, je suis "en fin de thérapie" avec le Docteur Nadine Capdevielle qui est très proche du Docteur Guy Baillon et participante très active aux travaux du collectif des 39 http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2683 relayés sur Médiapart par Sophie Dufau SourireSourireSourire !!!

Bien entendu, des sujets comme les folies de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Angela Merkel, Barroso où autres dangereux délinquants qui tout comme Valéry Giscard d'Estaing et sa loi justement connue sous le nom de loi scélérate, reprise par l'article 123 du traité de Lisbonne doivent impérativement entrer dans le domaine de vos travaux car "Qui sont les fous ?" et "Quel accueil leur réserver ?" entre parfaitement dans le périmètre de vos travaux qu'il est plus qu'urgent de soutenir.

A bientôt.

Amitié.

 

24/11/2011, 14:04 | Par hasbeen

Un plaisir à lire ...

Peter Joseph évoque dans ce documentaire, de nombreux points de votre billet.

Merci

,°)

 

 

25/11/2011, 09:15 | Par Vivre est un village

documentaire

@ HASBEEN

Bonjour Hasbeen,

Quel bonheur de retrouver "notre taloneur" de notre ex "équipe de rugby virtuel" "Il faut plus qu'un murmure pour abattre les murs" !!!

A beintôt.

Amitié.

25/11/2011, 09:25 | Par Vivre est un village

Aller à la rencontre de la folie, à la rencontre du fou, invite nécessairement à se baigner de poésie, se passionner pour l’expression picturale, être pénétré par la musique, être entraîné dans l’imaginaire littéraire, attiré par la création théâtrale, sensible à l’image, les œuvres photographiques et cinématographiques. La folie, n’est-ce pas d’abord un discours énigmatique, une production créatrice et langagière, une expression corporelle tout autant mystérieuse, avant d’être source de peur, de désarroi, voire de terreur et de désespoir ?

@ Paul Machto

Bonjour Paul,

Je vous écris les yeux baignés des larmes que ces si belles paroles si dfférentes des horreurs sakoziennes FurieuxFurieuxFurieux prononcées sur ce sujet !!!

A bientôt.

Amitié.

 

25/11/2011, 09:28 | Par Vivre est un village

Il faut se souvenir aussi par exemple, que des psychiatres qui deviendront d’illustres praticiens et théoriciens, fréquentèrent à leurs débuts les surréalistes, Lacan et Bonnafé pour ne citer qu’eux. La question de la folie fut d’ailleurs particulièrement accueillie, voire exaltée dans ces cercles. Bien évidemment, je n’oublie pas Antonin Artaud, l’art brut et Dubuffet.

 

 

La psychiatrie, l’approche de la folie, ont pleinement à voir avec la culture !

@ Paul Machto

Pour que Nicolas Sarkozy lise et comprenne ces paroles, je lance une prière laïque et républicaine à l'humanité En prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prière

25/11/2011, 09:40 | Par Vivre est un village

Une conception médicalisante aboutit à une objectivation du malade, qui devient « objet » et non acteur de soin, un « usagé » ... Cette objectivation entraîne de fait, une mise à distance, facteur de moindre engagement relationnel, mais aussi l’absence de prise en compte de la dimension transférentielle des relations qui se tissent inévitablement dans une institution.

 

Cette objectivation se traduit aussi par le placage de l’approche médicale dans son rapport à la maladie dans la relation avec le patient, sa famille.

@ Paul Machto

Bonjour Paul,

L'absence de prise en compte de la dimension tansférentielle est une véritable plaie pour toutepsychotérapie et psychanalyse.

A titre personnel, je me suis beaucoup appuyé sur un livre exceptionnel trop peu souvent cité : "La psychanalyse et le désir du psychanlyste" deMoutapha Safouan.

Il me semble que ce livre doit absolument être mis beaucoup mis à l'honneure et, bein sûr (refrain) lu, compris et approuvé par Niclos Sarkozy. Clin d'oeil

A bientôt.

Amitié.

Pour mémoire : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=2697 , les travaux sur Mediapart de Guy Baillon et Sophie Dufau

 

 

25/11/2011, 09:43 | Par Vivre est un village

Ainsi, la soi-disante information sur la maladie psychiatrique : vous avez une schizophrénie, vous avez des troubles bipolaires, comme un médecin va annoncer le diagnostic de diabète, ou d’hypertension. ( d’ailleurs c’est fou, l’épidémie actuelle de troubles bipolaires ! avant on disait simplement que l’on avait des hauts et des bas ... maintenant, puisque c’est une maladie, ça se soigne avec des psychotropes). Nous sommes dans le domaine de l’avoir et non plus de l’être. Le psychiatre sait ce que c’est cette maladie.

@ Paul Machto

ApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissementsApplaudissements

25/11/2011, 09:46 | Par Vivre est un village

Des laboratoires pharmaceutiques ont même réalisé des petits films à destination des patients ou de leurs familles : nous allons vous dire ce que vous avez ! ce qu’il faut faire pour bien vous soigner ! Tout ira bien si vous suivez bien ce que l’on vous explique. Ne provoque–t-on pas ainsi, ne modèle-t-on pas ainsi, et les symptômes, et les comportements ?

@ Paul Machto

Il s'agit là, en effet, de lhorreur absolue CrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâneCrâne

25/11/2011, 10:01 | Par Vivre est un village

La relation « soignants- soignés » y trouve une autre qualité, une réciprocité contractuelle. C’est aussi un cadre qui traite la question de « l’être ensemble », où chacun peut être acteur et exercer sa responsabilité au sein d’un collectif. Ce recours à l’associatif permet aussi de tisser des liens avec le quartier, la cité, d’autres associations.

Dans ce type de pratiques, l’engagement des patients est ainsi favorisé, ils deviennent ainsi acteurs de leurs soins, car cette pratique de l’associatif est résolument du côté du thérapeutique, tout en étant du côté de la civilité, du lien social

@ Paul Machto

Bonjour Paul,

Un grand merci pour ce point de vue qui me semble extrêmement riche.

Mediapart peut être ce cadre qui traite la question de "l'être ensemble" où chacun peut être acteur et éxercer sa responsabiité au sein du collectif "Club Mediapart".

Ce recours à l'associatif peut permettre aussi de tisser des liens et , à ce titre, je regrette très amèrement que vous, Paul Machto, vous Guy Baillon, n'ayez pas plus de pouvoir aux côtés de Sophie Dufau.

La réunion "Où va le club ?" du 12 mars, en plus de son côté catastrophique pour le sujet censé être traité a permis une solidarité autour des licenciés de Generali particulièrement noble puisqu'elle a abouti à un triomphe en tout point comparable, dans ses résultats, à celui du larzac Clin d'oeil !

Pour une meilleure application psycho thérapeutique du club Mediapart, je formule une prière laïque et républicaine : En prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prièreEn prière

A bientôt.

Amitié.

25/11/2011, 23:52 | Par Lepeuple 74

En octobre 2002, j'ai rencontré un atelier de poésie dont les modalités mensuelles de fonctionnement m'ont convenu. Et je répondis au 1er thème, les cafés, par les piliers de bistrots...Sur ce thème, je voulus en ajouter un second qui aurait fait allusion aux piliers de rugby que plusieurs d'entre vous "vénèrent" comme moi-même. Pour aller jusqu'à la 3è mi-temps. Il reste à écrire...Et puis 2è thème en novembre Petite et grande folie ??? A J-2 ou 3, j'étais sec. Et ? me mit à faire des alex sans conduire des quatrains comme pour les cafés ou tous les autres thèmes qui suivraient durant 3 ans...Et ceci, sans raison donna un truc de 12, 6 et 12 lignes...Quelques ans plus tard, je fus plongé dans une situation proche...(J'aurais voulu voir le film de Sandrine Bonnaire)...J'ai découvert Bonnafé que vous citez, ami de Breton je crois et puis ai assisté aux Métallos à un débat où était le Professeur Bokobza. Et puis, sans toujours trop savoir, je me demande si ce que j'ai écrit correspond avec des savoirs que vous possédez ...Pas moi...

Juste les 12 dernières des 30 lignes :

 

"Tout ce début écrit était au figuré,

"Quelques lignes en vers qu'on avait demandées,

" Car au propre, la folie, qui exclut quelques fous,

" Est pour moi la violence, bête immonde, qui, partout,

" Tue encore et encor', depuis la nuit des temps,

" Par grappes entières des hommes, des femmes et des enfants.

" En ce chapître-là, je ne lésine point,

" Et orgueilleusement, je viens lever le poing :

" Je suis Victor Hugo, dix mille fois plus petit,

" Et rêve doucement que nous sommes amis,

" Unis, main dans la main, bien debout sur le sol,

" Pour créer une tache qui vit sans camisole.

En décembre, Monsieur Vivre est un Village, ne pourrais-tu pas être plus disert(?), bavard, sur cette équipe virtuelle de rugby bien sûr. Je reviendrai pour ma part sur ce sport, d'autant que lundi soir, j'ai rencontré un fou de 28 ans qui a repris service àVGA St Maur. En pilier !

Merci pour ce fil emmené par le professeur Machto. Bien à vous l'Equipe

Bernard

 

Newsletter