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Langues régionales, langues en danger ?
Je voudrais revenir sur le débat sur les langues régionales, et plus particulièrement sur deux tribunes parues récemment, l’une de M. Monneret dans le ‘Devoir’ (au Québec) daté du 2 juillet et l’autre de M. Lefeuvre dans le ‘Figaro’ daté du 27 juin. Les deux tribunes sont relativement semblables, à la fois dans leurs idées et dans leurs arguments. Il s’agit en gros de dire que les langues dites régionales de France ne sont en aucun cas menacées, et que si langue menacée il y a, ce serait le français.
Il me semble important d’analyser quelques uns de ces arguments donnés comme vérités sans aucune démonstration et de leur apporter quelques éléments de contradiction.
Langues régionales, langues minoritaires, langues minorées, ce ne sont pas les termes qui manquent. Le terme de langues en danger est également de plus en plus employé. On appelle langues régionales en France les langues historiques territorialisées parlées sur le territoire de ce qui est aujourd’hui l’Etat français, en métropole comme dans les départements et territoires d’Outre-mer, et ce même si le terme ‘régional’ est peu adapté (l’occitan est parlé sur trois Etats européens, le catalan et le basque sur deux, le flamand est une variété de néerlandais etc.).
A ce titre, on compte le breton, avec environs 200,000 locuteurs, le catalan (30,000 locuteurs peut-être, 7 millions en tout en comptant les locuteurs en Espagne), l’occitan (entre 600,000 et 3 millions de locuteurs), le corse (200,000), l’alsacien (500,000), mais aussi le basque, le flamand, le francoprovençal, les langues d’oïl, le Tahitien et les langues polynésiennes, les langues de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, les créoles des Antilles et de la Réunion. Les chiffres concernant les locuteurs donnés ici ne sont qu’indicatifs et relèvent pour partie de l’enquête INSEE-INED de 1999, que l’on trouve sur internet. Il n’existe pas de question linguistique dans les recensements en France, contrairement à ce qui existe au Royaume-Uni par exemple.
Les langues de France, les fameuses 75 langues de France dont on entend parler en ce moment, sont les langues déjà citées auxquelles on ajoute des langues non-territorialisées mais présentes en France depuis longtemps, le yiddish, le rromani, mais aussi des langues parlées en France et sans reconnaissance dans leur territoire d’origine (arménien occidental, arabe dialectal, berbère), ainsi que la langue des signes française.
Les statuts et situations sociolinguistiques de ces langues sont évidemment extrêmement variables, et l’appellation ‘langues de France’ est à ce titre ambiguë et insatisfaisante. Classer les créoles, qui sont la langue maternelle de la majorité des populations des Antilles et de la Réunion avec le berrichon qui n’est plus parlé (à ma connaissance) par aucun enfant est gênant. Organiser des séances au tribunal en occitan n’est sans doute pas la priorité aujourd’hui, même dans le cadre d’une politique de revitalisation de cette langue. Par contre, permettre un accès à la justice aux indiens de Guyane dans leur langue relève à mon sens du droit le plus élémentaire. Comparer le catalan, langue officielle en Catalogne autonome, avec le francoprovençal, n’est absolument pas pertinent.
Cet amalgame permet au final de ne rien faire, au prétexte qu’il faudrait organiser les mêmes services pour les locuteurs des 75 langues. Un droit fondamental dans un état moderne me semble être le droit au service public dans sa langue : c’est l’état qui doit s’adapter au citoyen contribuable, et non l’inverse.
Ceci étant posé, revenons sur quelques unes des affirmations de la tribune de M. Monneret, qui se déclare linguiste (c'est-à-dire universitaire ? amateur éclairé de langues ? locuteurs plurilingue ?). Toutes les langues ne seraient pas égales en dignité (« Ensuite, contrairement aux affirmations un peu aventurées de Ivon Balès, toutes les langues n'ont pas la même dignité »). Le mot ‘dignité’ resterait à définir, mais en général, ce ne sont pas les langues que l’on juge avec ce type de discours (les langues sont des instruments, sans qualités ou défauts intrinsèques, elles n’existent pas en dehors de leurs locuteurs) mais les locuteurs eux-mêmes. Et là, l’affirmation de M. Monneret pose indubitablement problème. En affirmant que les langues ne sont pas égales en dignité, il affirme que leurs locuteurs ne sont pas égaux en dignité, ce qui relève au mieux de la maladresse, au pire du racisme : un locuteur monolingue de kali’na en Guyane, pour s’en tenir à la France, ne serait pas égal en dignité à un monolingue francophone du XVIe arrondissement de Paris ? Je laisse le soin à M. Monneret de répondre.
Cela dit, sa tribune parlait de l’inexistence d’un Rousseau en occitan. Outre que M. Monneret semble peu au fait de l’existence d’un Prix Nobel en occitan (Mistral, 1904), l’argument est spécieux. Si la dignité d’une langue tient à son seul caractère écrit et à l’existence d’écrivains reconnus dans le monde occidental, alors peu des 6000 langues du monde sont dignes d’exister. Et tant pis pour leurs littératures orales plurimillénaires, tant pis pour leurs richesses linguistiques, leurs chansons, leurs poésies, leur capacité à faire rêver des milliards de personnes à travers le monde : il leur manque un Jean-Jacques Rousseau. Vae Victis ! Du folklore, inenseignable, et surtout, non monnayable. L’argument révèle en fait une vision du monde ultra-matérialiste et utilitariste. Je ne la partage pas, et les linguistes qui aujourd’hui se battent pour la diversité linguistique non plus.
Je passe rapidement sur l’argument selon lequel ‘il n’y a jamais eu de politique d’éradication’. J’aurais souhaité moi aussi que l’apprentissage du français ne se fasse pas sur la base du ‘soit le français, soit les langues régionales’. Mais ça n’a pas été le cas. A moins que l’on arrive à me prouver que les punitions et châtiments corporels à l’encontre des élèves parlant les ‘patois’ relevaient de la simple plaisanterie bon enfant (et là je ne parle pas de citations prises dans des livres, mais de témoignages que j’ai recueillis pendant mes enquêtes en territoire occitan et breton), et que l’on me démontre que lorsque Pompidou déclare en 1972 « il n’y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France destinée à marquer l’Europe de son sceau », il se tenait en même temps les côtes, content de sa bonne plaisanterie. Remarquons néanmoins la constance : l’Abbé Grégoire, en 1794 (déjà !) présente un rapport à la Convention « sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française » et de Monzie, ministre de l’Instruction publique, disait en 1925 : « pour l’unité linguistique de la France la langue bretonne doit disparaître ». La plaisanterie dure…
Enfin, M. Monneret écrit : « S'il y avait la moindre menace pour leur survie, ça se saurait! », et M. Lefeuvre écrit à peu près la même chose. En lisant ce passage, je suis resté perplexe. L’argument force étant qu’elles peuvent être passées au bac. Le français (qui, comme chacun sait, ne peut être pris au bac) serait lui en danger, selon lui. Il serait trop long de vouloir argumenter sur la notion de survie d’une langue, et de langue en danger, mais laissez-moi vous livrer quelques éléments :
- la plupart des élèves suivant un enseignement de langue régionale en France le font une heure par semaine, deux tout au plus. Sachant que la transmission (je parle des langues de Métropole) s’est arrêtée entre les années 1900 et 1950, il s’agit de réacquérir presque complètement la langue. N’importe qui ayant la moindre notion de didactique des langues comprendra l’impossibilité de la tâche. L’enseignement bilingue à parité dans l’enseignement public concerne moins de 1% des élèves scolarisés sur le territoire de la langue occitane, 7% au plus en Corse. Sachant également que la langue est complètement absente du domaine public dans la société, les élèves ne peuvent jamais pratiquer ce qu’ils apprennent en dehors d’un cercle familial qui se réduit de plus en plus. Parmi ceux qui présentent une langue régionale au bac, combien auront la possibilité de l’utiliser ? Aucun, ou presque. MM. Monneret et Lefeuvre confondent donc enseignement scolaire et pratiques réelles de la langue : ce qui les dérange, c’est que les langues soient utilisées comme moyens de communication. Auparavant, il était de bon ton de se réjouir de la disparition de ces langues, aujourd’hui on affirme qu’elles ne sont pas menacées. L’option précédente avait au moins le mérite de l’honnêteté intellectuelle. Pourtant, pour la plupart des langues régionales de France, les locuteurs sont âgés, peu d’enfants les pratiquent : c’est ce qui explique que l’UNESCO comme le SIL (Summer Institute of Linguistics) les classent comme ‘en danger’. Ça n’est pas le cas du français qui reste parlé par toutes les générations, transmis, enseigné, diffusé etc. Si le français est menacé, c’est dans son statut de langue véhiculaire internationale, il s’agit là d’un problème totalement différent.
- Toutes les langues dites régionales ne sont par ailleurs pas enseignées : le francoprovençal, langue de la région lyonnaise, de la Savoie, de la Bresse etc. ne bénéficie d’aucun enseignement et est en train de disparaître, petit à petit. Une voix de plus qui s’efface, des histoires personnelles douloureuses qui ne seront jamais racontées.
Certaines langues régionales de France, comme, selon le linguiste M. Krauss 95% des langues du monde, sont en train de disparaître, elles ne correspondent plus à la logique matérialiste et marchande du monde post-capitaliste du 21e siècle. D’autres continueront à être parlées, parce qu’un Etat voisin aura mis en place des mesures allant dans ce sens, c’est le cas pour le catalan ou le basque. S’l faut néanmoins signaler que certaines régions françaises ont mis en place ou vont mettre en place des politiques linguistiques, et que les choses changent, petit à petit, pour être réellement efficaces, ces politiques ont besoin de faire sauter le verrou constitutionnel. Tel était l’objectif de l’amendement des parlementaires.
Ceci posé, on peut penser ce que l’on veut sur la question, chacun est libre, bien heureusement. Mais dire que ces langues n’ont jamais été persécutées, qu’elles ne sont pas menacées, ou encore qu’elles n’ont pas la dignité du français, relève de l’insulte faite à leurs locuteurs, aux générations qui ont souffert parce qu’elles ne parlaient ou parlent pas la langue du pouvoir, et par respect pour les gens avec qui j’ai travaillé lors de mes enquêtes ici ou ailleurs, qui m’on fait partager leur savoir, je tenais à rectifier ces quelques faits.


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Merci donc pour cette "remise en place" :-) et merci pour ce billet en effet très pertinent.
Certes les temps sont différents. On peut peut-être comprendre les choix anciens qui bannissaient, souvent violemment, les particularités, dans un effort d'unification et d'accès à tous à la même culture. Aujourd'hui par contre, alors que le français n'est absolument pas en danger, on ne comprend pas bien le sens de ces réticences à entretenir les diverses richesses culturelles de la France, et notamment ses langues.
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Merci pour votre commentaire! La question de savoir si à une époque on pouvait comprendre le bannissement des langues dites régionales m'intéresse beaucoup. Je ne sais pas si on peut le comprendre, pour ça il faudrait essayer de comprendre l'état d'esprit du législateur de l'époque. De toute façon, dès qu'on parle de langue, on parle de politique. Mais je pose néanmoins la question: peut on jamais justifier qu'un état opprime son peuple pour une raison linguistique (ou toute autre raison d'ailleurs)? L'état étant l'amanation du peuple, si le peuple est plurilingue, la réponse est à mon sens non...
Mais les critères, les standards de pensée étaient différents. Ainsi l'exemple de la colonisation, qui était admise comme positive par tous, que ce soit les "sales capitalistes" pour des raisons purement mercantiles, ou leurs opposants "éclairés" qui y voyaient civilisation, santé et autres bienfaits.
Alors oui, à cette époque, il semblait raisonnable et constructif à tous, de reléguer au maximum les particularités et notamment les langues, pour tous adopter le même moule commun. Cette façon de voir fut reprise à la mode de "l'Internationale", il n'y a pas si longtemps par la Russie qui avait imposé à 15 peuples différents, de tous fonctionner pareil et même de s'appeler pareil (sans compter les nombreux petits peuples et langages qui ont disparu ou presque disparu pendant l'ère soviétique).
Bien entendu la manière de voir actuelle devrait aller dans votre sens. Il est évident que les particularités culturelles et les langues régionales par exemple, sont des avantages et des richesses dont les pays qui ont la chance d'en compter devraient profiter. Ainsi par exemple, la Finlande, la Suède et la Norvège, où vit tout naturellement la culture lapone et bien sûr la langue lapone (et en Russie aussi, surtout après la chute du régime soviétique).
Pareil pour les Cajuns de Louisiane: ce n'est qu'aujourd'hui, après les avoir fait presque complètement disparaître, eux aussi dans les violences et les brimades, qu'on leur reconnaît enfin un apport profitable à la culture de cette région des Etats Unis.
Effectivement, je ne pense pas qu'au 18ème siècle on aurait vu les cultures autres que la culture dominante comme 'enrichissantes' et porteuses de valeurs particulièrement intéressantes, on ne pensait pas en ces termes. Par contre, je reste persuadé que le terreau intellectuel était mûr pour permettre la reconnaissance de langues diverses, au nom de l'égalité des citoyens. C'est la monarchie qui avait imposé le français, la révolution aurait au contraire pu permettre l'égalité des citoyens quel que soit leur idiome. Le Printemps des Peuples n'est pas loin, et la création du Félibrige a lieu peu de temps après également (1854). La revendication linguistique est présente dans le domaine occitan dès le 16è siècle. Le pré-romantisme commence à permettre une meilleure appréciation des cultures marginales de l'Europe, avec Burns, MacPherson et son Ossian, livre de chevet de Napoléon plus tard. l'Ecosse est à l'honneur, la Bretagne le sera rapidement également. De fait, la Convention traduit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen dans les diverses langues du Royaume dès 1789, pour qu'elle soit comprise, tout simplement, et c'est la Terreur qui voudra imposer le français comme langue unique et éradiquer les "patois" quelques années plus tard.
Bonjour, Il me semble que vous avez choisi l'approche la plus "simple" (?) du débat, en vous appuyant sur le propos choquant lié à la dignité des langues. Pourquoi ne pas avoir discuté sur le propos de JL Mélenchon, et contester, argumenter contre les risques de communautarismes, de racisme etc. On peut refaire l'histoire, mais aujourd'hui que cela veut il dire de mettre les langues régionales dans la constitution? Obliger les enfants au bilinguisme? faire passer des tests de langue régionale pour obtenir un travail? un logement? l'accueil à la sécurité sociale, à la poste doit se faire en breton? l'autonomie des régions? les riches garderont leurs sous les pauvres se gratteront? Obliger le port de la coiffe bretonne, pourquoi pas, c'est l'identité du peuple breton comme sa langue...;o) Cela ne sent pas très bon derriere le rétablissement des langues régionales, comme leur éradication n'a pas été glorieuse... la vengeance est un plat qui se mange froid?
Ouh là, je ne peux pas laisser passer "la" coiffe bretonne, il y en a des dizaines différentes selon les "pays". Exemples ici

Mais la plus fameuse, c'est celle ci:
Coiffe du pays bigouden...
Et concernant "la" langue bretonne, même problème, il y a le breton (brezhoneg) et le gallo. (Voir ici) Pour un profane pas de différence sensible mais nous on ne se comprend pas d'un coin à l'autre.
En plus des considérations pratiques pour l'administratif, il est très difficile aujourd'hui de relancer une langue qui était principalement orale, mes parents nés en 1930 ont eu la communale en français, et ils se faisaient taper sur les doigts pour de vrai s'ils osaient parler breton à l'école. Pour ma génération des nés vers 1970, c'était le summum du plouc de parler en breton. D'ailleurs je ne connais que les jurons. (Merci Papa, merci Maman) Mais vers le milieu des années 80, on a commencé à voir fleurir des panneaux bilingues aux entrées des communes et aussi des écoles bretonnantes, les écoles diwan. Ce que j'aime c'est que quand on google "diwan" ça part moitié en Bretagne moitié au Maghreb, hi, hi, hi. En musique aussi: (Breizh) (Kabyle)
b'jour je ne connais que "Kénavo my love" par les "Legarnadec Sisters" ;o( ('tain, la broderie du plastron(?) c'est du Lacroix made in Breiz!!!!j'adore!) ps: concernant diwan il y a cela aussi... (grooossse provoc ;o) . "L'école Diwan veut enseigner en breton en interdisant l'usage du français. L'ensemble des matières est enseigné en breton, le personnel enseignant et de service s'exprimant aussi en breton. Le conseil supérieur de l'enseignement s'est prononcé en mai 2001 contre l'intégration de l'école Diwan dans l'éducation nationale (32 contre, 8 abstentions), malgré cela, quelques jours plus tard, J Lang ministre de l'Éducation nationale a signé l'intégration de Diwan et est venu ester l'événement à Rennes avec son ami H Hervé, maire de la ville. Mais le Conseil d'État a invalidé la décision. remettant en cause l'obligation faite aux enfants de ne parler que breton. Réaction de J. Lang « certains, ici à Paris ne comprennent pas qu'une décision comme celle là blesse et offense la Bretagne qui pendant si longtemps a été malmenée, méprisée et dont la culture a été excommuniée ». J Lang, ci-devant ministre de l'éducation nationale, en reprenant la phraséologie des autonomistes bretons ressassée depuis 80 ans, .feint d'ignorer que le breton est enseigné dans les établissements gérés par son ministère (...)" . (...) Diwan est une école ultra minoritaire. En 12 années de fonctionnement, le nombre d'élèves inscrits n'a pas dépassé 1200 sur une population scolaire de 800000 élèves soit 0,15% ( Tous les parents ont pour langue maternelle le français. Ils comptent sur leurs enfants pour leur apprendre le breton). Mais de quel breton s'agit il ? Le breton enseigné par Diwan n'existe pas. C'est une langue inventée en 1941 par Roparz Hemon condamné à la Libération pour collaboration avec les nazis. (...)" http://pagesperso-orange.fr/echanges/diwan.htm . ou ça: http://membres.lycos.fr/leguenne/etudes/diwan/origine.htm .
Nan c'est pas du Lacroix c'est la croix.... (et la bannière) pour supporter ça. D'abord on vous tire les cheveux sur le haut de la tête, ensuite on vous met une sorte de couronne de velours mais fixée avec des épingles et là en général on vous transperce le crâne, et ensuite on maintient le tout avec une bande qui gratte passée sous le menton.. Puis on vous attache la coiffe en dentelle sur la couronne. Aïe, encore une épingle! Ensuite il faut enfiler quarante jupons et la dernière couche a une ceinture à nouer donc terriblement serrée pour bien marquer la taille, et puis enfin on enfile cette camisole qui vous scie la gorge et vous empêche de bouger. Sauf au niveau des poignets c'est top confort. Bon, à part qu'il faut éviter de se mettre à table... ça balaie tout ce qui passe. En fait mon costume était trop petit, ils s'étaient fiés à mon âge sans m'avoir vue et à dix ans et demi je faisais 1m55... Une fois le harnachement en place il faut marcher des kilomètres avec un gugusse qu'on connait même pas au bras, surtout que le mien m'arrivait sous le bras... Alors c'est pas avec son chapeau rond qu'il a atteint ma coiffe. Mezeked (Shame on me) Tout ça pour faire le truc de folklore devant ces putains de touristes que j'ai haï cette année là comme jamais! Là c'était après le défilé et forcément j'avais les pieds en sang, pas pu mettre mes tongs, d'où la pose super glamour.... Voilà ce que c'était être bigoudène en 1981. Concernant les écoles Diwan, j'ai une cousine qu'en a fait une et ma mère ne comprenait pas un traître mot de son "breton"! Sinon, l'option breton au bac ça fait gagner des points il paraît....
Comme a commencé à le faire Bonne-voglie, ce serait intéressant en effet de poser le débat concernant les langues régionales dans leur contexte : - le contexte de la stratégie sarkozienne( flatter les identités, diviser pour régner) - plus généralement les réactions de repli identitaire face à la mondialisation. En voulant placer les langues régionales à la première place dans une constitution nationale, Sarkozy ne cherchait-il pas à avant tout provoquer diversion et divisions?
'jour Pour en rajouter dans la provoc...;o) pourquoi ne pas rétablir les anciennes mesures, utilisées avant le colonialisme républicain? "Aune de Quimperlé ou de Bretagne = 1,333 m (mais l'aune de Landerneau vaut 1,181 m)" le liard, l'écu, le louis, le journal, corde, arpent, perche, sillon, hommée... http://histoiresdeserieb.free.fr/mesures_monnaies.html#longueur Il est scandaleux que le système décimal ait tout supprimé. (et cela améliorerait le calcul mental pour les enfants?) http://histoire.du.metre.free.fr/fr/index.htm
Si vous lisez la fin de mon post, je ne cherche pas à imposer une opinion, mais à rétablir des faits, qui sont niés souvent avec beaucoup de mauvaise foi. Ces faits sont le suivants: - ce ne sont pas les langues que l'ont stigmatise ou que l'on encourage (une langue n'existe pas en dehors de ses locuteurs), ce sont des locuteurs, des personnes donc, que l'on juge d'une manière où d'une autre selon la langue qu'elles parlent. - la plupart des langues dites 'régionales' ou 'de France' sont en train de disparaitre, tout simplement, comme medium de pensée et de communication, comme manière de catégoriser le monde et de le penser. On peut s'en réjouir, moi je m'en attriste, mais ça n'est pas là le sujet, ça pourrait faire l'objet d'un prochain post, tiens. - Il existe, en Guyane, à la Réunion, aux Antilles, des gens qui sont français de fait, personne ne leur a jamais demandé leur avis, et il se trouve qu'ils ne parlent pas français. Doit-on les mépriser et leur imposer le français en ignorant ce qu'ils parlent, ou ne peut-on cesser de prendre de grandes postures idéologiques sur un soi-disant communautarisme et simplement faire en sorte que ces personnes ne se sentent pas stigmatisées dans une république qui accepterait les différences?
Je vivais en Guyane il y a une dizaine d'années. J'ai fait un tour sur le fleuve Maroni, de Saint-Laurent à Maripasoula, et j'ai discuté, entre autres, avec les instituteurs dans les villages. Ils avaient une consigne extrêmement précise: "Seul le Français est autorisé". Il leur était en outre fortement déconseillé (pour ne pas dire interdit, ça aurait fait mauvais effet) d'apprendre la langue locale", le taki-taki en l'occurence. Vive la liberté d'expression!
Pour le Guyane, voir: http://www.mediapart.fr/club/blog/ivanvilla/060608/chronique-d-une-zone-de-non-droit-la-guyane-francaise
Mais pourquoi faut-il que vous cédiez toujours à ce même travers: "imposer"? Il ne s'agit pas d'imposer, mais au contraire de choix, c'est-à-dire de liberté.
On doit pouvoir parler sa propre langue si on veut, mais comment, par quel processus de pensée tordue, ça vous fait aussitôt penser que parler sa langue implique dénigrer la langue de l'autre? Il s'agit de faire cohabiter toutes les langues naturelles d'une région, ensemble, c'est tout!
Pardon pour ce coup de colère. (EDIT ce post écrit en même temps que la réponse de seamasdubh à Bonne-voglie)
Né en 1930, décédé en juin dernier, l'Alsacien Adrien Finck, professeur à l'Université de Strasbourg, avait décidé en 1944 de ne plus jamais dire un mot en allemand. En 1955, parisien, il prend conscience de son "alsacianité". En 1980, premier recueil de poèmes en dialecte (germanophone). A partir de 1983, il accumule les honneurs et les participations à des sociétés de lettres autrichiennes, puis allemandes, dont il préside même certaines. Pour lui, au bout du chemin, la "triphonie" (français, alsacien, allemand) était devenue la "solution au problème de la langue". Pas besoin d'inscrire les langues régionales dans la Constitution: c'est la voie d'Adrien Finck qu'il faut essayer de suivre. "Relâcher son souffle - rendre ce que l'on a reçu - avec reconnaissance".
OK. Quel besoin alors d'y inscrire le français? S'il n'y en avait aucune d'inscrite, ça règlerait le problème. Or ça n'est pas le cas, et cet argument est régulièrement utilisé pour empêcher des initiatives du type de celles que vous citez.
Effectivement, les Etats Unis, par exemple, n'ont pas de langue officielle. Mais un nouveau problème se pose: l'immigration qui ne s'intègre plus dans cette nouvelle époque de TV-satellites. Et je crois bien que justement, les Américains sont en train de réfléchir très sérieusement à adopter une langue officielle qui serait l'anglais.
En Finlande, il y a deux langues officielles, le finnois et le suédois, mais comme les régions et les municipalités sont beaucoup plus libres qu'en France centralisée, pour décider et gérer ce qui convient localement, la langue lapone, sans être une troisième langue officielle de la Finlande, est aussi bien établie, officialisée, étudiée etc en Laponie, que le suédois dans les régions à forte minorité suédophone.