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Bretagne. Le patrimoine religieux en danger

 

Faut-il détruire ou restaurer l’église de Plounérin ? La question anime les débats en ce moment dans les rues de la commune.

La municipalité, par la voix de son maire Pascal Vieilleville, ne souhaite pas être seule à décider du sort de l'édifice et compte mettre en place un référendum. Deux possibilités s'offrent aux habitants : la restauration totale de l'édifice ou sa destruction.

 

 A l'image de cette petite commune du Trégor, de nombreux villages de France connaissent la même situation faute de budget permettant la remise en état des édifices religieux.  

 

«Je ne me vois pas démolir l'église qui se situe, ne l'oublions pas, au milieu du cimetière. D'un autre côté, je ne me vois pas prendre une décision de restauration qui pourrait handicaper financièrement la commune. C'est la population qui doit trancher», souligne le maire.   

 

Ecoutez la réaction de Pascal Vieilleville, maire de Plounérin.

 

 

Pascal Vieilleville© SB

 

 

Tous les commentaires

Je ne connais pas Plounérin, mais je sais une chose: il y a tellement d'églises, de croix et de calvaires à tous les carrefours de Bretagne, que l'on soit à pied, en auto ou en bateau, on ne peut pas être tranquille DEUX minutes sans en apercevoir une, à moins qu'on se trouve carrément nez-à-nez.
C'est une obsession qui ne me quitte pas, à peu près partout sur l'ensemble du territoire de ce pays soi-disant laïc, mais la Bretagne, elle, je crois qu'elle surpasse de loin toutes les autres régions de France, quant à son taux de monuments catholiques au kilomètre-carré...
Toutes ces croix partout en France tous les deux kilomètres (particulièrement en Bretagne), ces églises toutes plus vides les unes que les autres, et ces fêtes et jours fériés si chrétiens et si âprement défendus etc etc, j'ai toujours trouvé bizarre qu'un tel peuple de non-pratiquants (de manière générale), si fiers et à juste titre de leur laïcité, ne remarque jamais cette anomalie qui pourtant saute aux yeux en permanence?

Non seulement il y a des églises, mais des chapelles, des oratoires, des calvaires, sans oublier les sources et les fontaines où subsistent des traces du druidisme. Je ne pense pas qu'il y en ait trop. . Je suis breton. Je suis laïc et néanmoins religieux. Je suis très loin de me plaindre de trouver un peu partout des signes du passé. Je ne me plains pas non plus que ce passé fût très religieux.. Je regrette même énormément que de plus en plus de ces lieux soient fermés, faut de bénévoles pour accueillir le passant. . Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus. Je crois à l'âme des peuples. Je pense que certains peuples ont plus que d'autres la fibre religieuse. . Mais laissons plutôt parler les images. Même si elles renvoient à un temps où l'emprise de la religion, sous ces cieux-là, n'était pas que bénéfique. . jean-paul yves le goff .

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juste un petit mot pour ajouter qu'il y a aussi dans certaines églises et chapelles des trésors d'art populaire d'inspiration profane, notamment dans les sculptures peintes des sablières: des représentations de jeux et de travaux, des grotesques et même parfois des polissoneries sexuelles

"Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus. Je crois à l'âme des peuples. Je pense que certains peuples ont plus que d'autres la fibre religieuse."
Merci à JPY et à Humaro pour ces détails intéressants. Ne vous en faites pas, moi aussi j'apprécie l'intérêt de tout ça et visite volontiers les églises qui sont sur mon chemin (et en France, je ne risque pas de les louper, d'ailleurs je ne vois pas comment je pourrais les éviter!..), mais oui certes, il y aurait beaucoup de choses à dire... Ainsi je crois moi aussi que certaines personnes ou certains peuples ont plus que d'autres la fibre religieuse: par exemple les Français, mais voyez-vous moi qui suis croyant, cette manière de se détourner de Dieu et de s'adonner à l'adoration de colifichets j'ai tendance à appeler ça "les bondieuseries" (pardon je provoque durement alors que de vive voix ce serait juste une conversation passionnante).

Non, Axel, ce ne sont pas des "bondieuseries", mais des constructions qui font partie de ce qui nous a historiquement fondés. La foi de ceux qui ont dressé des pierres ou élevé des églises nous concerne, même si nous ne sommes pas croyants, au même titre que certains châteaux, même si nous sommes profondément républicains – celui d'Amboise a été acheté il y a quelques années par la municipalité, juste retour des choses –, ou plus modestement, même si nous avons machines à laver et eau courante, les puits collectifs (certains sont des merveilles) ou les lavoirs, qui ont été trop souvent détruits ou laissés à l'abandon, ou encore les loges de vignes. Il y a des associations qui essaient de conserver ou de remettre en état ce qui reste de ce "petit patrimoine architectural", cela revient cher et les subventions sont bien maigres. Conséquence de la séparation de l'Église et de l'État, les sommes que les municipalités doivent consacrer au fonctionnement des églises (par exemple, le chauffage) et à leur entretien pèsent lourd dans le budget des petites communes. Et l'État se montre pingre, à son habitude. Ainsi, la réfection du toit de notre église (classée, ce qui implique des contraintes sévères pour toute construction ou réfection dans un périmètre de 500 m tout autour) sera en grande partie à la charge d'une municipalité de 400 habitants. Et si l'église est le plus souvent vide et les messes du mercredi suivies par seulement une dizaine de paroissiens, si les baptêmes se font rares, très peu d'enterrements se passent de cette étape-là. En ces occasions, l'église pleine à craquer déborde par tous ses portails.

On le sait qu'elles nous ont historiquement fondé (et avant elles d'autres formes de cultures jusqu'à la Préhistoire) mais bon, il serait peut-être temps de passer enfin effectivement à cette laïcité dont officiellement nous nous réclamons depuis un siècle. Si nous sommes réellement laïcs, alors ce n'est pas à nous de financer les travaux des églises catholiques, mais au Vatican. Mais si nous sommes réellement laïcs et que nous décidons de financer tous ces monuments religieux qui sont tellement nombreux et qui font de notre paysage non pas un paysage laïc mais bien un paysage religieux, alors il faut être juste et financer aussi les mosquées en proportion du nombre de Musulmans, et aussi les synagogues etc, ah et si on veut vraiment être logique dans cette optique, arrêtons donc l'hypocrisie de la séparation église-état et faisons comme beaucoup de pays européens: instaurons une taxe aux églises, par défaut?
Mon problème n'est bien sûr pas culturel, mon problème c'est qu'objectivement, on ne peut pas passer plus de cinq minutes dans ce pays, sans être rappelé à l'Ordre, et même pas à l'ordre religieux en général, mais à un ordre chrétien-catholique-romain, ce qui constitue une sorte de déséquilibre pour les autres religions, alors qu'on est soi-disant si fiers de pouvoir toutes les traiter à égalité grâce à la laïcité.

. Il y a tant et tant de choses à dire sur le sujet de la religion et de la foi ! . Le problème évoqué à propos de la gestion du patrimoine architectural religieux est, déjà à lui seul, extrêmement épineux. Car il y a la valeur patrimoniale artistique et il est normal que l'Etat assume. Il y a, d'autre part, pour les mêmes lieux, l'aspect "instrument du culte" et il n'est pas normal que ce soit l'Etat qui assure et assume. . Mais surtout, en deux mots, - ou plutôt quatre mots , je voudrais dire quelque chose qui me tient à coeur. . Ces quatre mots sont: croyants, pratiquants, Dieu, Eglise. . La plupart des pratiquants croient qu'ils croient Dieu, alors qu'ils croient en l'Eglise. - Il est vrai que c'est beaucoup plus facile, car pour Dieu, on a bien du mal à savoir ce que c'est. Comment, donc, croire à on ne sait pas quoi. . Ils croient qu'ils croient à Dieu alors qu'ils croient à l'Eglise. Ils ont doublement tort : Dieu, ce n'est pas l'Eglise et inversement. D'autre part, Dieu ne ment pas. L'Eglise ment. . Quant aux croyants, je dirais qu'ils y en a pas mal qui pensent qu'il n'est pas utile d'être pratiquants. Je ne leur donne pas entièrement tort; pas entièrement raison non plus. . jpylg

. complément : . à propos des croyants non-pratiquants, j'allais oublier les non-croyants, c'est-à-dire ceux qui croient qu'ils ne croient pas, c'est-à-dire, en fait de non-croyants, les croyants-à-ne-pas. . jpylg . PS : sans oublier non plus les non-croyants pratiquants. Mais c'est le cas de la grande majorité des pratiquants, ceux que j'ai évoqués comme croyants à l'Eglise, croyants croire à Dieu.

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