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Primaire : le PS n’est pas dans le rythme (scolaire)

missive au bureau national du PS

Avec l'annonce de la remise du rapport sur les rythmes scolaires, Luc Châtel s'efforce de retirer une sacrée épine dans le pied de Nicolas Sarkozy pour 2012. Comment effacer la catastrophe Darcos, sans trop s'engager ? Mais l'essentiel n'est pas là. Il s'agit pour la majorité de couper l'herbe sous les pieds d'un PS qui affiche une véritable volonté de réforme des rythmes scolaires dans son projet. Amorphe et autocentré sur les primaires, le PS ne réagit pas à cette attaque alors qu'il peut encore prendre un coup d'avance. Proposition aux membres du Bureau National du PS.

Je propose aux membres du bureau d'appeler, très rapidement, dans les jours qui viennent, d'appeler donc l'ensemble des élus municipaux, des conseillers généraux, des conseillers régionaux du PS, et plus largement de toute la gauche, à ouvrir les discussions avec les parents d'élèves et les établissements pour préparer le changement des rythmes scolaires.

Réforme complexe qui ne peut se faire en un jour, changer les rythmes scolaires demande du temps et de la concertation. Ayant une majorité d'élus locaux, le PS doit, nationalement, lancer un appel pour mettre en œuvre, dès la rentrée, sans attendre la nouvelle concertation de Luc Châtel, le processus favorisant cette transformation. Parce que c'est une réforme qui ne peut se faire sans l'échelon local, parce que trop de mauvaises réformes touchant les collectivités territoriales ont été menées par Sarkozy, il est aujourd'hui prioritaire d'unir les forces locales porteuses de changements.

PS_2011_adapter_les_rythmes_scolaires_c_

Condition nécessaire pour réussir une réforme qui ne peut venir d'en haut, processus indispensable pour refonder l'école sur des principes qui mettent l'élève et l'enfant au centre des attentions, le changement de rythme est avant tout une obligation démocratique et politique.

Obligation politique, car pourquoi attendre une éventuelle victoire en 2012 pour commencer le travail ? La crédibilité politique, vient-elle du fait que l'on attende les prochaines échéances électorales, la désignation d'un candidat, ou vient-elle de la capacité à montrer que l'on peut agir aujourd'hui et maintenant travailler pour changer la vie des citoyens ? Le réseau d'élus locaux du PS peut, sur cette question, démontrer cette volonté de transformation et entamer un travail de fond sur certaines bases du comité ad hoc.

 

Obligation démocratique car du fait même que les questions en jeu sont locales, changer les rythmes scolaires implique un dialogue entre les élus et les citoyens. Quelle peut être la meilleure chose à faire pour la gauche que de commercer ces réformes, inscrites dans son projet (proposition 19), par un dialogue avec les français autour d'un objectif précis ?

Lorsque j'ai écrit pour les « désobéisseurs » un courrier à tous les partis pour demander un grand débat national sur les rythmes de vie de l'enfant (publié sur Mediapart le 19 septembre 2009), la FCPE (pour les parents d'élèves), le Modem, le PRG, les Verts, le MRC, le PCF et le PG nous ont répondu. Un dialogue a été possible et certains de ces partis invitent des « désobéisseurs » pour continuer à creuser les questions de l'école. Même la droite nous a finalement répondu en organisant, sous l'insistance de la FCPE, un débat national sur les rythmes scolaires. Malgré sa taille, son nombre d'élus, aucun élu socialiste n'a jamais entamé le moindre dialogue malgré plusieurs essais. N'est-ce pas curieux d'observer une rupture entre les instances du PS et des citoyens engagés ? Après avoir essayé de dépasser sa rupture avec les intellectuels, n'y t'il pas temps que le PS essaie de dépasser sa rupture avec le peuple ?

 

Après les annonces d'un Luc Chatel embarrassé sur le sujet, vous avez une dernière chance d'éviter de voir la question des rythmes scolaires laissée à ceux qui ont profondément désorganisé l'école avec la semaine à quatre jours. Comment ne pas déjà entendre Nicolas Sarkozy dire que c'est lui qui a travaillé la question pendant que le PS ne proposait rien de concret pour les français (selon le lancinant argument rabattu constamment par Copé et consorts) ! Le communiqué d'aujourd'hui de Bruno Julliard est à l'image de la malheureuse posture du PS : dénonciations et analyses pertinentes ("l’aveu d’échec du gouvernement") mais sans initiative immédiate.

Est-ce que vous saisirez cette dernière occasion ?

Tous les commentaires

Il y a quelque chose de vibrant dans cet appel qui réchauffe le coeur quand la réalité de la " chose" - l'Education Nationale et sa relation avec le PS- vous la glacifie.

Il faudrait d 'abord que le PS batte sa coulpe. A coups de gourdin car ses erreurs furent et continuent à être énormes sur tous les sujets. Le PS est en grande partie responsable de tous les echecs et de l'état lamentable où se trouve être l'EN. Il lui faudrait en finir de considerer l'EN comme un fromage où peuvent grignoter par millions d 'euros et à leur aise des apparatchiks politiques comme par exemple Roiron et Germain lequel, Maire d'une grande ville et émargeant à plus de 5000 euros par mois, recevait et reçut pendant 18 ans les 4500 euros d'une inspection générale où il ne mit jamaiss les pieds.

Il lui faudrait affuter sa conception de la pédagogie, redefinir les IUFM qui abandonnées n 'en existent pas moins, et surtout en finir avec la cohorte des délirants et profiteurs des mille comités Théodule qui plombent toute expérience et ne prennent jamais la mesure évidente de leur plein echec.

Putain, ca fait chier ces trucs en gris. Comment on fait pour se désabonner ? Je suis en prélèvement automatique mensuel par carte bleue.

@jssoldeville,

en est-il capable le PCM -ex PS- ? de se remettre en cause, et de battre sa coulpe, comme je l'y incitais? Bien sur que non!!! car là est son seul pouvoir: la manipulation des masses au service de quelques "zélites" ...

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