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Les inspecteurs d'académie bientôt dans la rue?

Les inspecteurs d'académie du SIA (syndicat des inspecteurs d'académie) descendront-ils dans la rue le 22 janvier pour dénoncer « les graves conséquences qu'aurait pour la jeunesse de France la mise en œuvre du budget 2011 » ? Si les inspecteurs, « déplaçables » comme des préfets, interviennent dans le débat public, c'est que la situation est grave pour l'école et...pour Luc Châtel !

Voici le communiqué :

« Le SIA (Syndicat des Inspecteurs d'académie) relève le grave manque d'ambition des politiques ministérielles qui portent depuis plusieurs années atteinte à la qualité du Service Public d'Éducation Nationale - suppressions de postes par milliers - avec une nette aggravation prévue au budget 2011, fermetures de classes, diminution des possibilités d'accueil des enfants de deux ans à l'école maternelle, disparition des RASED, baisse des dotations horaires dans les collèges et les lycées, hausse des effectifs des classes, mise en place d'une formation des professeurs a minima, menaces pesant sur le CNED... -

Le SIA, dont les membres assurent avec engagement et loyauté leurs missions au service du système éducatif sont particulièrement soucieux de la réussite des élèves et notent avec inquiétude le blocage de « l'ascenseur social » qui fonctionnait grâce à l'école publique. Cette situation porte en elle les germes de graves périls pour l'avenir du pays.

 

C'est pourquoi le SIA soutient l'appel du collectif « L'éducation est notre avenir » et invite ses adhérents et tous ceux parmi les Inspecteurs d'Académie qui lui sont proches à participer - de la façon qui leur paraîtra la plus appropriée à leur situation personnelle - à la journée d'action du samedi 22 janvier 2011 au cours de laquelle sont prévus notamment des manifestations, des rassemblements et des débats.

Cette prise de position publique de hauts fonctionnaires de l'État doit contribuer à éclairer chaque citoyen sur les graves conséquences qu'aurait pour la jeunesse de France la mise en œuvre du budget 2011 tel qu'il est actuellement arrêté.

Pour les membres de la CA nationale du Syndicat des Inspecteurs d'Académie, Le secrétaire général

Robert PROSPERINI »

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Pour dire les choses clairement, il n'y a plus que 32 personnes qui n'appellent pas à manifester contre la politique budgétaire du gouvernement (sur fond de réformes Darcos inefficaces pour améliorer les performances des élèves et désorganisatrices du service d'Education nationale) : les 31 recteurs d'académie et le Ministre Luc Châtel ! (ils sont les seuls supérieurs hiérarchiques des Inspecteurs d'académie).

Peut-être aurons-nous en 2012, un livre de notre futur ancien Ministre nous disant, plein de larmes, qu'il se battait come un chien pour redresser la situation après Darcos mais le mal sera fait. Imaginez qu'il le fasse avant ! ça aurait de la gueule ! Il pourrait presque se présenter à la place de Sarkozy, de Villepin et Bayrou ! Celui qui dit NON ! Wouah ! Bon arrêtons le délire et disons les choses, cette fois-ci, simplement :

Avec cette politique, il sera difficile, à n'importe quel gouvernement, de gauche comme de droite, de redonner confiance à la profession. Il faudra plus que des mots, plus de l'argent (pour les enfants, les postes, les profs...). Il faudra, peut-être, donner des responsabilités aux acteurs locaux sans contre partie de performance ; ce qui revient à faire le pari que la confiance sera plus payante en terme de résultats que l'empilement de données accumulées...La confiance n'est donc pas pour demain.

Tous les commentaires

Merci M. Sebastien Rome, vos articles sont toujours clairs, informatifs et utiles.

Attention, Sébastien : il ne faut pas confondre le corps des IA-IPR, dont le SIA est un syndicat spécialisé, et l'ensemble des IA-DSDEN.

 

Les IA-IPR sont les inspecteurs du second degré général et technologique. Ils sont spécialisés par discipline. On en dénombre environ 1000.

 

Les IA-DSDEN, sont les directeurs de services départementaux de l'Éducation nationale. On en dénombre une centaine. Il sont recrutés dans le corps des IA-IPR. Ils occupent donc un emploi fonctionnel. Ils ont un syndicat spécialisé, le SNIA-DSDEN, qui par loyauté envers le gouvernement a récemment décidé de se renommer "conférence des IA-DSDEN" pour ne pas être confondu avec les deux autres syndicats spécialisés d'IA-IPR (le SIA, cité dans ce billet, et le SNIA-IPR) qui ont la fâcheuse tendance à ses yeux de trop critiquer la politique éducative en place.

 

Bref, les recteurs ne seront pas seuls : les IA-DSDEN resteront avec eux Clin d'oeil

Merci de corriger mon ignorance : je suis allé trop vite...

 

Bon ça fait donc aux alentours de 150 personnes qui ne déclarent pas publiquement contre cette politique... Ce compte est un peu de mauvaise foi mais il indique bie, je crois une tendance de fond...

N'empêche si les IA/IPR, corps que je connais bien, décident de s'associer à cette journée, c'est que la situation est insupportable, en général ils protestent mais en interne et ne manifestent pas ou alors à titre individuel. C'est un signe important et révélateur.

Eh oui l'heure est grave! Depuis 2007, toutes les décisions de ce gouvernement (pardon, de Sarko) ont nui gravement à l'Ecole. Les enseignants l'ont dénoncé de nombreuses fois dans la rue mais on ne peut pas dire qu'ils aient eu le soutien des medias.Quand un gouvernement clame son mépris pour la pédagogie, première étape pour supprimer la formation, ça en dit long.A ce propos, je voudrais citer Jules Ferry s'adressant aux députés:"Le savoir est une chose, enseigner ce que l'on sait est une chose bien plus difficile. ce n'est pas d'aujourd'hui que vous avez entendu dire, messieurs, qu'on peut à la fois être un bachelier très éminent et cependant un très mauvais maître d'école."

Quant à la suppression du samedi matin (donc 2h d'école en moins par semaine) c'est la décision de Sarko alors que tout le monde savait que c'était nocif pour le rythme des enfants.Mais Sarko se fout complètement des enfants comme du reste de la population d'ailleurs. La seule chose qui l'intéresse c'est le pouvoir et son maintien au pouvoir donc trouver des "trucs" bien populistes pour y arriver. En 2012 débarrassons nous de ce malfaisant et de sa bande avant que les dégâts ne soient irrémédiables (et dans tous les domaines!)

Pour que des inspecteurs en soient là, c'est que la situation est bien grave. Merci.

PUB :

 

N'oubliez pas de faire un tour sur http://www.mediapart.fr/club/edition/changer-les-rythmes-scolaires-lodeve...et lire l'autre texte d'Hubert Montagner !

J'allais relayer ce message lorsque j'ai vu que Sébastien s'en était chargé! C'est une bonne nouvelle. Merci. Que les cadres jouent leur rôle de garants de la république, c'est une bonne nouvelle.

 

OUI MAIS.....

Totalement d'accord avec cet article et les protestations des inspecteurs: mieux vaut tard que jamais! J'enseigne depuis 1974....j'ai 59 ans, et je soutiens ces protestations, mais.....

Pourtant: que de complaisances à l'égard des différents pouvoirs en place, que je "jargon", que de langue de bois, que de cuistreries entendues de toutes part, avec des Diafoirius décorés, venant faire leurs "petit tourisme" pédagogique en Zep, en Lep, niant les évidences, etc!

Notez: du strict point de vue "carrière" et avancement, je n'ai rien à dire: j'ai même eu le "grand choix" une fois...

Mais je n'ai jamais eu un entretien intéressant, je n'ai jamais eu de "vraies réponses" à de "vraies questions", je n'ai jamais vu un inspecteur daigner répondre à une lettre au sujet de problèmes graves en zep ou en lep, et surtout, je n'ai jamais vu un inspecteur ou inspectrice avoir l'humilité de faire un geste simple: prendre une craie et faire un cours....

Bon courage!

C'est désolant, cher Mathieu. Mais ne généralisons pas outre mesure. Je connais des inspecteurs qui prennent encore plaisir à enseigner (à l'IUFM, en fac ou simplement en formation continue des professeurs) et à vivre des moments passionnants dans les classes au contact des élèves (personnellement, j'y passe au moins un quart de ma semaine, sinon les trois quarts selon les périodes). Il y en a plus que l'on ne croit. Mais savez-vous qu'au mieux, toutes catégories confondues, on a moins d'un inspecteur pour trois cents enseignants en France ? On voit bien que leur disponibilité pour l'ensemble des classes n'est pas aisée, surtout dans le second degré.

 

De même, ne généralisons pas en imaginant que tous les IA-IPR adhèrent au SIA (qui n'est que le 2e syndicat dans cette catégorie, après le SNIA-IPR) et seront dans la rue le 22 janvier. Je suis bien placé pour constater chez les inspecteurs (IEN comme IA-IPR) une baisse importante de la syndicalisation depuis plusieurs années, comme dans tous les corps de métier en France. Aux dernières élections professionnelles qui concernaient le corps des IEN, le taux d'abstention avait encore augmenté de 6 points.

 

Les syndicats d'inspecteurs (dont le mien) qui ont appelé à participer à la journée du 22 janvier sont minoritaires. Ne nous leurrons pas. Mais cela montre que tout le monde ne se résigne pas.

Cher Mathieu Correa de Sa, vous dont j'apprécie régulièrement les messages, croyez-moi, il existe des inspecteurs qui écoutent les professeurs, qui ont à coeur de les entendre et de les valoriser, qui viennent à la rescousse quand on le leur demande et qui n'ont oublié ni la craie, ni le tableau blanc et le feutre. Il en existe aussi comme vous les décrivez, mais ne généralisez pas.

 

L'UMP a décidé délibéremment de fabriquer des têtes vides disponibles pour être aliénée à une société de consommation .Ils ne veulent ni de penseurs libres et surtout pas égaux. c'est le nouveau visage du citoyen qui est formaté par les années bush.je vous propose de vous convertir à une socité de poker en ligne et d'initier les enfants au bonheur des jeux de hasard.

vous trouverez des subventions chez balkany bon courage j'habite la même galère . vivement que le front de gauche soit suffisemment représentatif au parlement .!!!

 

Bravo pour ces quelques conscients tardifs... Mais je persiste à penser que l'éducation nationale ne se relèvera pas tant que le corps de l'inspection , au lieu d'être dans la rue, sera "à la rue", c'est à dire à l'épreuve de la réalité. Comme M. Balladur, qui avait remarqué en 1995 que dans le métro, il fait chaud. :-)

Relire Guy Marcy : "Non à l'Inspection", 1974.

Quand les inspecteurs auront un vrai courage et un peu d'imagination au service de l'éducation, on verra!

En attendant je vous conseille un film passionnant sur une expérience pédagogique exemplaire en maternelle! Trois après, la directrice de l'école attend toujours un accord écrit de l'inspection qui ne veut pas se mouiller, on ne sait jamais:

http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-michel-paris/100111/ce-nest-quun-debut

Merci Sébastien. Très intéressant.

On parle toujours du rythme scolaire pour les enfants (avec beaucoup d'a priori éphémères) mais jamais pour les enseignants. Je connais pas mal de professeurs des écoles qui se demandent comment ils pourront tenir 5 jours d'affilés, d'autant qu'on prétend les obliger à faire 35h de présence à l'école comme s'ils se tournaient les pouces quand ils sont chez eux. Le sommet de l'état est squatté par une bande de truands qui croient que les petits fonctionnaires sont aussi malhonnêtes qu'eux ! Du coup, c'est la suspicion et le flicage généralisé... ce qui gaspille énormément de temps, d'argent et d'énergie, aux détriments des élèves, et pousse les vocations à la démission ou au suicide.

Les enseignants sont jugés à chaque seconde par leurs élèves, et tous les soirs par les parents d'élèves qui entendent ce que racontent leurs gamins. Aucun fonctionnaire ne subit une telle pression que ce soit de la part de ses administrés ou de sa hiérarchie.

(accessoirement, passer à 5 jours d'école au lieu de 4, cela signifie une augmentation de 25 % des frais liés à l'école, déplacements, cantine, chauffage..., autant de plus pour la facture énergétique et autant de moins dans les budgets des familles et des enseignants). Travailler toujours plus pour gagner toujours moins, c'est le sort des professeurs des écoles depuis Chirac.

A terme, les gens intellectuellement démunis faute d'instruction ne sauront pas se défendre par la verbalisation, ce qui conduira automatiquement à la violence : c'est l'avenir radieux que se préparent les riches cons en croyant qu'ils se ménagent de la main d'oeuvre bien docile en privant d'instruction les classes populaires.

Beaucoup de baratin en ce domaine: ayant été longtemps délégué du personnel en C.A.P.D. et au Comité Technique Départemental, je n'ai jamais vu un inspecteur s'opposer à une fermeture de classe, même dans sa propre circonscription. Je n'ai jamais entendu un Inspecteur s'opposer, même mollement, à l'autorité d'un Inspecteur d'Académie, chargé d'appliquer la politique gouvernementale.

Lorsque j'ai été sanctionné, en Conseil de discipline, parce que mon enseignement de l'histoire ne convenait pas à un groupe de gardes mobiles (parents d'élèves), je n'ai pas entendu une seule voix d'Inspecteur s'élever pour me défendre ....

Je pourrai citer bien d'autres exemples comme leur attitude de masse à faire imposer dans les Cours Préparatoires la méthode globale durant des années, sanctionnant les instit. qui ne s'y soumettaient pas, qualifiant la méthode gestuelle de Borel-Maisonny (orthophoniste) de "méthode pour singes" etc...

C'est un corps entier à détruire d'abord (en les renvoyant dans les classes: au turbin !!!) avant de créer un nouveau corps de pédagogues éclairés, non vassalisés, véritables défenseurs de l'école publique et laïque.

on comprend pourquoi les 31 recteurs d'académie ne descendent pas dans la rue. Ils viennent de recevoir une prime exceptionnelle qui s'apparente un peu à une prime de silence sans aggraver je suppose le budget 2011 : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/20/des-primes-variables-pour-les-recteurs-d-academie_1456066_3224.html

 

Logique...hélas!
L'Etat sarkozyste récompense les serviteurs zélés, ceux qui lui obéissent sans rechigner. C'est l'évolution recherchée depuis longtemps: casser ceux qui ont des scrupules, des interrogations, des objections, des contestations.
Regardez l'attitude de Madame le(a) Ministre A.M. :Proposer des briseurs de "grève" à Monsieur B.A....
Pour moi continuité évidente de la "pensée" dominante (celle qui domine notre action) ou dirigeante actuellement au pouvoir.
Provoquer une "guerre civile larvée" pour se poser en défenseur des "petits-bourgeois" ( dont je suis peut-être, où est la barre ?) et continuer à avantager les "grands-bougeois", ceux qui comptent en dizaines ou en centaines de milliers d'euros(salaires, jetons de présence...).
Excusez-moi, je squatte...

Merci pour ces informations.

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