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May

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Deuxième victoire de la désobéissance : Bastien Cazals à nouveau sanctionné

 

Et oui, ça tangue là haut ! On les sanctionne ou on les sanctionne pas, ces désobéisseurs ? (Ici la sanction et ici la levée des sanctions) L'hésitation gagne de plus en plus notre Ministre. Il faut dire que nous ne lui facilitons pas la tâche. S'il ne sanctionne pas, il légitime le mouvement de désobéissance en acceptant que ces services reçoivent ces lettres sans rien dire ; s'il sanctionne, il légitime la désobéissance en admettant que cette "minorité" est un danger et en construisant des figures de martyres où plus les sanctions sont lourdes et nombreuses, plus le pouvoir paraît sourd et aveugle. Deux questions se posent pour connaître la suite des évènements : est-ce que les lettres vont se multiplier comme des petits pains ? avec qui seront les parents d'élèves ? La bataille de l'opinion est bien engagée...

 

 

Nous voyons se dérouler sous nos yeux un des conflits les plus majeurs au sein de l'Education nationale. Il résulte d'un ras-le-bol déjà ancien (de plusieurs années) et de l'accumulation de réformes heurtant la sensibilité égalitariste et laïque des enseignants. Il semble se dessiner un affrontement des légitimités : Xavier Darcos oint de l'onction présidentielle tirant sa grâce du sacre populaire face aux prométhéens enseignants s'accaparant la devise républicaine, voire s'identifant à elle.

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Voici donc les dernières nouvelles :

COMMUNIQUE DE PRESSE DU RECTORAT - 20 décembre 2008

Christian Nique, Recteur de l’académie de Montpellier, s’étonne des propos de Monsieur Cazals rapportés par l’AFP.

Il précise que Monsieur Cazals s’est expressément et formellement engagé auprès de l’autorité académique à accomplir désormais l’intégralité de son service, conformément à ses obligations de fonctionnaire de l’Etat et notamment à mettre en œuvre l’aide personnalisée de deux heures dédiées aux élèves rencontrant des difficultés.

Le Recteur réaffirme donc que les retenues sur traitement qui résultent de l’absence de service fait liées au refus de mettre en œuvre l’aide personnalisée aux enfants en difficulté scolaire seront effectuées.

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LA REPONSE DE BASTIEN CAZALS

Ayant pris connaissance, par voie de presse, du communiqué de monsieur le Recteur de l'Académie de Montpellier et des propos de monsieur l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault, Bastien Cazals réaffirme son engagement d'accueillir des élèves sur le temps dévolu à l'aide personnalisé à partir de janvier 2009, et précise que cela sera fait dans le cadre du dispositif déjà validé par l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac, conformément à ses obligations de service.

En rejoignant ainsi la position commune aux "désobéisseurs" Bastien Cazals souhaite concilier ses obligations de service et la nécessaire poursuite d'une opposition active aux transformations actuelles de l'école publique.

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Le passage de Xavier Darcos à LCI résume l'embarras qu'il y a à « gérer » cette situation. (vers 7'40) « je ne transformerai pas [les désobéissants] en martyre mais un travail non fait ne sera pas rémunéré». Nous sommes d'accord. Accepter la sanction, lorsque l'on désobéit, c'est reconnaître la légitimité de la loi jusqu'au moment où elle change.

 

Tous les commentaires

Une lutte de "légitimité", c'est là qu'est l'intérêt de ce combat. Faire émerger toute une pensée pédagogique articulée à une pensée politique (au sens profond du terme) : je me dis que là se trouve une piste. Merci à vous.

Je laisse en commentaire une réponse que j'ai faite sur ma messagerie : La question : Je ne comprends pas exactement les positions de Cazals que vous expliquez dans votre dernier billet."Bastien Cazals réaffirme son engagement d'accueillir des élèves sur le temps dévolu à l'aide personnalisé à partir de janvier 2009, et précise que cela sera fait dans le cadre du dispositif déjà validé par l'Inspectrice de l'Education Nationale de la circonscription de Gignac, conformément à ses obligations de service." En quoi rejoint-il "la position commune aux "désobéisseurs ?" Quelle est exactement cette position ? Midi Libre et Libé disent là-dessus des choses différentes. Merci d'éclairer ma lanterne. Avec toute ma sympathie et mes encouragements. La réponse  : Il semblait qu'un compromis était trouvé. La levée des sanctions contre une désobéissance plus mesurée. Bastien Cazals reprenait le travail durant les heures d'aide personnalisée mais proposait à tous les élèves ce moment consacré à un projet pédagogique. C'est la position des "désobéisseurs" : la pédagogie de projet pour tous pendant les 2h et non un soutien qui s'apparente à une substitution du RASED.

Merci d'utiliser l'humour pour informer Avec les vacances, je parcours plus longuement les sites des "désobéisseurs", celui de Bastien Cazals est très riche avec de multiples liens http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/ J'en recommande vraiment la lecture, il faut parcourir tout ce réseau ... il s'y trouve des propos, des prises de position admirables, "Main basse sur l'école publique" de Khaldi et Fitoussi est aussi un livre surprenant qui met en cohérence toutes ces mesures Darcos qui tombent sur les enseignants du primaire sans qu'on comprennent toujours bien dans quels buts le gouvernement les produit. Je pense que la "désobéissance" va s'étendre mais il faut qu'elle soit relayée par des " parents citoyens" pour ne pas être marginalisée et défaite par ceux qui tiennent les médias sarkoziens. A suivre... de près.

Dépêches de l'Education du Samedi 20 décembre 2008 Près de 160 enseignants des Bouches-du-Rhône signent une lettre de désobéissance Près de 160 enseignants de maternelle et de primaire des Bouches-du-Rhône ont signé une lettre de désobéissance à l'adresse de leur inspecteur d'académie lui signifiant leur "refus de participer au démantèlement de l'école publique", a-t-on appris vendredi auprès d'eux. "Nous n'appliquerons pas les programmes de 2008 aux relents passéistes et continuerons d'appliquer ceux de 2002; nous ne vous informerons pas de notre décision de nous mettre en grève 48H à l'avance et continuerons à prévenir les parents le plus tôt possible; nous ne mettrons pas en place l'aide personnalisée (...) ce dispositif ne répond en rien aux besoins des enfants en difficulté", écrivent entre autres les 157 enseignants. Le courrier a été adressé le 5 décembre à l'inspecteur d'académie Gérard Trève et réactualisé cette semaine avec d'autres signatures, a précisé à l'AFP Erwan Redon, enseignant à Marseille et signataire du courrier. Par ailleurs, 17 de ces enseignants ont adressé un autre courrier mercredi à l'inspecteur d'académie pour lui signifier à nouveau leur refus "d'exécuter" ses ordres, à la suite de la décision de celui-ci de sanctionner l'une des signatrices, une professeur des écoles d'Eguilles, qui refuse d'effectuer l'aide personnalisée. L'enseignante a reçu le 11 décembre une lettre de sanctions de l'inspecteur d'académie dans laquelle il l'informe que son "salaire sera amputé pour service non fait, depuis le 9 décembre et pour tous les jours au cours desquels ce même constat sera effectué". Selon Erwan Redon, plusieurs écoles ont reçu la visite de leur inspecteur qui a menacé des mêmes sanctions les enseignants qui refusent d'appliquer l'aide personnalisée.

VERS UNE AUTRE DESOBEISSANCE Le collectif des villes d'Aups, de Carnoules, des Salles sur Verdon, de la Seyne sur Mer et de Brignoles a communiqué à la presse : "Républicains avant tout respectueux de la légalité, les maires sanctionnés ont vécu comme un déchirement de ne pas appliquer une loi. Mais celle du 20 août 2008 est porteuse de division au sein de notre société et dresse les élus et les collectivités locales contre les parents et les enseignants. Cette loi n'est que la concrétisation d'une promesse électorale démagogique, plus facile à tenir que celles concernant l'emploi, l'accès au logement et le pouvoir d'achat. Le collectif appelle donc les maires du Var et de PACA à voter une motion demandant le retrait de la loi du Service Minimum d'Accueil du 20 août 2008. Au delà, il appelle plus largement les parents d'élèves et les enseignants à se mobiliser pour être force de propositions afin de rendre obsolète un texte qui confond de fait la mission d'éduquer avec celle de garder, et qui est porteur de division et de confusion." Rappel historique : en 1851 des communes du Var s'étaient insurgées contre le coup d'Etat de Napoléon III.

Bonnes fêtes de fin d'année; et un seul mot d'ordre: recharger les accus!

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