Privés de serrure, de porte, de murs, de toit, ils n'avaient pour seule demeure… qu'une clé.
Deux étages que l'on monte à pied dans la précipitation, une porte que l'on ouvre et que l'on s'empresse de refermer, et c'est le monde dans son entier qui meurt sur le seuil comme une nécessité absolue, une rage de vaincre et d’abandonner ce monde à sa belle mort ; et sans regrets.
Une petite chambre sans confort les accueille. Ils n'en espéraient pas plus. C'est leur cinquième rencontre. Ils ne sont pas vus depuis quatre semaines. Jouir de l'instant : tel est l'objet de leurs retrouvailles ; un instant suspendu entre ce qu'ils ont quitté et ce qu'ils devront retrouver dans quelques heures.
Plantés au milieu de la chambre, ils se regardent un long moment, immobiles et muets, un peu essoufflés. Ils se sourient. Lui a pensé : « Ce qui importe c'est que mon premier geste soit le bon. Le premier geste ! Tout est dans ce premier geste. »
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Elle ferme les yeux un instant puis les ouvre. Elle lève la tête ; son visage à lui affiche un air grave, celui d'une émotion contenue, fruit d'une concentration qui n'a qu'un seul souhait : savourer son émoi à elle. Il caresse ses cheveux, cherche ses lèvres, les trouve, les effleure puis les embrasse tendrement pour, quelques instants plus tard, dévorer sa bouche, sa langue, son visage... tout ce qui se trouve à sa portée, s'y donnant tout entier comme si le temps lui manquait.
Défaillance sublime ! Une fois de plus, le charme de son amant se change en désir ; le désir en frénésie et la frénésie en une fièvre incontrôlable.
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Une énigme déconcertante, cette réaction immédiate au toucher ! Une connaissance frissonnée par tous les pores de sa peau, chair et sang, cette prise de conscience inédite car, rien dans son quotidien ne pouvait se rapprocher de cette félicité irréfléchie qui n'a plus rien à attendre du passé, sans appréhension face à l'avenir... puisque tournée vers un devenir éternellement présent au jour le jour et à chaque heure !
Leurs mains se joignent, démentes puis s'élèvent comme pour prendre leur envol. C'est l'adieu aux armes ; le triomphe inespéré et impudique d'une espérance folle enfin comblée. D'une main légère, il relève lentement sa jupe sans cesser de l'embrasser pour prévenir et taire toute objection. Son autre main se perd là où ses doigts rencontrent immanquablement un terreau humide. Patiemment, il extirpe d'elle sa nudité. Elle ferme les yeux.
Chacun de ses gestes contribue à son glissement aveugle vers une extase lente dans la soumission, l'acquiescement tacite, un flot de volupté miraculeux en cadeau d'où aucune gêne, aucun remords ne sortiront.
Fasciné, comme... hypnotisé, il la regarde avec une extrême attention. Il contemple un court instant son corps porteur d'une énergie folle et qui laisse présager des excès sans nombre et inédits ; un corps mince mais plein car, rien ne manque. Tout est là ! Oui ! Là ! Bien là ! Tout est là, lourd et céleste... tout à la fois.
Debout, lui faisant face, les yeux baissés dans la mémoire des timidités de l'adolescence, mise à nu plus nue que la nudité nue, sans plus de mystère, la poitrine dressée avec au centre d'une gravité solennelle et précieuse, une toison clairsemée, elle cherche une dernière fois son regard dans l'espoir d'y trouver l'assurance d'une acceptation totale avant de refermer les yeux.
Il s'agenouille lentement et coule inexorablement à ses pieds comme une fontaine. Il descend à sa source, assoiffé. Il y descend tandis que ses deux mains glissent sur son dos, puis ses reins, pour finir leur parcours sur ses hanches d'une finesse de peau surprenante. Il embrasse longuement son ventre rond avant d'entrouvrir ses cuisses d'un geste précis et doux mais rapide. Il lève une de ses jambes pour la faire reposer sur son épaule et sans mot dire, son visage disparaît.
Vorace, il est allé chercher ce qu'il était assuré de trouver : la lumière ! Sa lumière à elle ; et un chant aussi : un long cantique.
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Frisson prémonitoire. C'est la rupture avec tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Sûr de lui, de sa maîtrise émerge un sang-froid qui ignore tout de l'équivoque pour mieux privilégier l'audace jusqu'à ce qu'elle en perde tous ses moyens car, des doigts humectés l'ont contournée et cherchent, déterminés, là... où son imagination n'aurait jamais pu la conduire, une issue extravagante, une ligne qui la sépare en deux, une voie d'éblouissement entre deux obscurités.
Comme tombe un couperet mais sans verser de sang, dans sa tête, un dérangement sans précédent est venu tout bouleverser : les idées, les préjugés, les croyances, les lieux, les itinéraires. Elle n'a plus d'assise. Un déluge d'émotions la paralyse. Un éclat effarant, son visage congestionné sous l'activité innommable de ses doigts. Ses genoux se mettent à trembler. Dans ses veines, une panique se déverse. En bas, son ventre bout. Ses mains à elle saisissent son visage, ses cheveux, pour y chercher un appui précaire.
Le sol lui manque. Elle a pensé à la chute comme pour mieux la précipiter. Elle va rompre. Elle le prévoit et le redoute. Elle va céder et elle le sait. Elle va céder comme une attache, un nœud à bout de résistance car, son centre à elle qui jusqu'à présent la maintenait debout et forte, son centre a perdu ce qu'il ne faut jamais perdre en de pareilles circonstances, à savoir : son équilibre vital.
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Perdue d'angoisse, coulée comme dans de la chaux, elle s'effrite, elle s'émiette, elle se consume, elle se désintègre et elle s'évapore. Pour un peu, elle en viendrait à penser qu'elle n'existe plus que pour lui seul. Encore un instant et tout en elle chavirera dans le consentement.
Ses jambes fléchissent. Flageolante, sa petite masse s'apprête à vaciller, faute de pouvoir trouver un appui ferme. Anticipant l'inévitable, il fait basculer son corps mince et le renverse sur le lit.
Malade, il n'a plus qu'une seule conscience : celle de son désir tendu et dressé comme un impératif. Plus qu'une seule réalité : l'ambition impérieuse et démesurée d'une fièvre brûlante. Plus qu'une seule préoccupation : son apaisement.
Sans attendre, ses doigts ouvrent en deux l'abîme d'une ligne tirée sur une peau ferme et tendre pour reprendre, déterminés, leur chahut innommable. C'est au tour de sa langue. Une langue surhumaine, puis à nouveau ses doigts puis sa langue et encore ses doigts qui redoublent d'audace.
Couchée sur le ventre, ce qu'elle s'apprête à vivre lui a ôté toute faculté d'action et de réflexion. Incapable de faire le moindre geste et de prononcer un mot, elle accepte tout, enfermée dans l'instant : celui de la conduite de son amant et d'une appréhension jusque là, inconnue.
Voilà qu'elle s'entrouvre et dans un instant, elle s'ouvrira à la plénitude de son désir. La tête renversée, les flancs à découvert, son écorce se fend. Il touche au but et elle, y aboutit déliquescente. Elle fond. Elle n'en finit pas de fondre. Elle se dilate et se liquéfie sous l'action extravagante de ses doigts qui ne veulent pas renoncer. Elle s'entrouvre, tout illuminée, et à la pointe, à la cime, c'est l'enivrement ; au pied et sur le tronc, ça palpite; plus bas encore, c'est la peur et au centre, dans son plein milieu à elle, c'est l'abandon et le desserrement.
Ô ! Admirable sillon creusé pour lui ! Admirable et inespéré ce tracé sans lacets pour s'égarer et qui le conduira sans détour vers une ouverture sans précédent, une échappée vierge, entrée et sortie tout à la fois, et dans laquelle il achèvera de transpirer toute sa fièvre.
Une folie, sa fièvre ! Une folie, cette marée destinée au déferlement de son délire ! Instinct de vie qui disloque les volontés les plus déterminées et les plus morbides, cette charge, cette folie des sens ! Car, elle s'entrouvre et c'est l'émotion qui l'étouffe. Trop pour un seul homme ! Beaucoup trop. Il aurait fallu être à plusieurs pour partager cette déflagration inédite et rendre possible sa gestion, trouver un second souffle car, qu'est-ce que la jouissance comparée à la pénétration torrentielle d'un sens inné pour l'extase, sinon un voluptueux déchirement qui n'en finit pas de fendre, dans son accomplissement, la carapace d’interdits inconscients, fruits d'une retenue qui ignore tout maintenant de sa propre inhibition.
Abolition de toutes les limites et de tous les interdits. Maître mot que cette transgression qui vous laisse non pas orphelin mais pantois face à cette démesure et cette frénésie qui nous élève, nous grandit, divinisés que nous sommes. Mais... une divination séculière alors ! Une divination humaine qui ne transcende rien mais qui nous cloue dans ce monde de chair et de sang.
Immanence parfaite donc ! De quoi rassurer les mystiques les plus exigeants avant de les désarçonner, en les ramenant vers nous et avec nous ; seule condition qui puisse nous les rendre enfin fréquentables car, de ce monde, on ne se retranche plus. Non ! On l'habite la joie collée au visage ; une joie qui déploie son rayonnement par ricochet et qui engendre dans sa démultiplication, l'hilarité générale des êtres qui se reconnaissent enfin pour ce qu'ils sont… qui est ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être.
Il ne s'agit pas d'un paradis perdu puis retrouvé... mais d'un constat qui ne souffrira aucune contestation : notre vie est bien ici et pas ailleurs !
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Alors... non ! Elle ne sera plus jamais superficielle. Jamais plus ! Désormais, elle sera... avisée et profonde, immensément profonde car, une fois l'extase des possibilités infinies consommée, mille désordres éperdus hanteront longtemps, longtemps encore, sa mémoire en bataille, chahutée par un tohu-bohu de voix, de cris et de rires venus du fond des âges.
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Plus d'entrave, plus d'obstacle. Un besoin de désordre d'une violence douce et contenue les a saisis. Il est le fer et elle, l'aimant. La limite de sa réticence est franchie. Bûcher divin ! A la flamme de son désir, elle est sur le point de brûler vive. Il se redresse. Reposant sur ses genoux, des tenailles enserrent son bassin : ses cuisses. Des barreaux la neutralisent : ses bras puissants. Trônant au sommet d'un dôme édifiant, il ouvre la voie au passage d'une énergie incompressible et vitale ; son désir s'y engloutit avant de sombrer dans un désordre qui lui la montre si vulnérable, si fragile et précieuse.
Il ouvre l'espace de sa chair nécessaire au passage de sa fièvre ; une fièvre aussi raide qu'une obstination sans bornes pour la faire reculer car, il ne veut plus rien savoir. Non ! Il ne veut plus rien entendre ! L'inéluctable puissance de son désir l'absorbe en un éclair. Et c'est alors qu'il se reconnaît fou, ivre et fou de reconnaissance, alors qu'il craignait son refus... mais à la pioche, il a eu... pour son bonheur, la main heureuse, en funambule pressé de franchir le gué, pris au piège d'un désir vertigineux car, c'est maintenant qu'il apprend ce qu'est le désir : plus on tente de le maîtriser jusqu'à le nier, plus il s'entête et se dresse avec un empressement, une détermination plus insoutenables encore.
Un choc cette absorption ! Elle est sonnée et plus rien ne raisonne en elle. La violence de son assaut lui a coupé le souffle. Un déluge cette lame de fond, tout au fond, après une poussée et une percée inédite. Hallucinant signal de détresse ! Fulmination chimique d'un nouvel ordre ! Et là, c'est bien une autre vie qui se forme en elle ; une autre vie, une autre exigence, une autre nécessité impérative qui défie tous les interdits.
Déhanchée, elle se débat au milieu d'un vaste et profond chaos physique et mental car elle ne retrouvera plus sa route. Plus jamais ! Elle a atteint le point de non-retour. Elle va passer de l'autre côté et rien en elle ne s'y est préparé. A l'aide de ses genoux, il lui ouvre les jambes et les siennes, tendues, viennent se glisser entre ses cuisses, le corps arc-bouté sur ses bras, de tout son long.
Ce changement soudain accroît aussitôt l'intensité et l'impact des mouvements de son bassin. Elle n'en peut déjà plus. A tâtons, le souffle bruyant, aveugle, au bord de la panique comme si elle luttait férocement pour sa vie, elle cherche à saisir son torse, ses flancs. Des larmes ont coulé : les siennes car elle découvre la frénésie qui terrasse et l'abandon qui tue toutes les réticences.
Un délire immense inonde sa face. Elle ne distingue plus rien dans ce dérangement. Elle va s'y perdre, c'est sûr ! Il y est allé trop fort, trop loin et elle, trop vite dans le consentement ! Jamais plus elle ne retrouvera son premier état, sa dernière posture d'avant son basculement dans l'inouï.
Chacun de ses assauts est une incantation, une prière qui l'appelle et la supplie comme s'il devait mourir à l'aube. Un gémissement rauque accompagne le moindre de ses efforts. Sa force ruisselle. Il se saoule à son contact. Il la rassemble et se tasse. Halètement bruyant ! Ils ne sont plus qu'excès et dépassement !
Elle a entr'ouvert ses lèvres. Elle cherche sa respiration. A travers la fumée épaisse de son désir, il la regarde les yeux rivés sur sa nuque. Il n'a qu'un désir venir à son secours. N'y tenant plus, il s'affale sur son dos. Il l'a maintenant sur le bout des lèvres. Très vite, il y trouve une langue qui trempe dans une salive abondante. Il use et boit, gorgée après gorgée, sa bouche, butine son cou, sa nuque. Aucune circulation ne sera interrompue car, jamais il ne se rend à l'évidence ! Non ! Jamais il ne se repose. Dépassé par sa frénésie, il prend tout, emporte tout. Armé de balais incessants, de sursauts violents, il est le flux et le reflux, allant et venant entre sa voûte qu'elle a redressée d'instinct, mille voluptés au sommet d'un monticule charnu que ses mouvements brusques n'épargnent plus. Il y monte et y descend. Il se hisse et se glisse dans tous les états de ce petit brin de femme corsetée de fer et d'acier.
Rage du désir, rage de vaincre l'adversaire qui résiste en nous et tous les obstacles dressés par une culpabilité qui n'a pour seule réalité qu'un atavisme au poids écrasant, une pulsion triomphante et tendue vers l'expression d'une tension souveraine et délicieuse : on ne cherche plus à réprimer ses frayeurs ; c'est le désir qui s'embrase. L'être s'extrait d'un tout collectif et jaillit pour échapper à l'emprise d'un mimétisme des uns avec tous les autres. Plus de médiateur ! C'est une affaire entre elle et lui, lui et elle. Mais... que de chutes ! Que de redressements ! Que de rives saccagées et submergées ! Que de rechutes parmi les mille et une difficultés jugées un moment, insurmontables ! Mais quel effort, ç'a été ! Quel effort pour en arriver là, au terminus de toute expectation !
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D'elle, il avait tout sous-estimé, de face, de dos, de profil. Jusqu'à présent, il ne l'avait... qu'entr'aperçue. Mais son corps a grandi. Il s'étale devant ses yeux maintenant ; il occupe toute sa vue, toute la chambre, tout un champ d'exaltation.
Tenez ! Une nouvelle forme se dessine ! Plus grande, plus insolite encore. Ses reins, son dos, sa nuque l'illuminent. Auréolée ! Héroïne d'une légende vivante ! De la braise chauffée à blanc, son visage fou ! Un phare aussi, son visage ! Un phare qui les sort des ténèbres de quatre semaines d'absence quand, éloignés l'un de l'autre, il leur fallait continuer d'inventer et d'imaginer un avenir pour eux deux, aussi indéfini et lacunaire soit-il.
Il attrape une de ses mains. Elle soulève son bassin. Il s'était contenté de le lui suggérer. Elle s'exécute sans hésiter. Elle glisse sa main sous son ventre et là... liturgie bruyante : elle succombe.
Le plus inaccessible des biens, le plus précieux ce bouillonnement ; et de sa combustion, une lumière et une chaleur se dégagent dans un tumulte indicible. Elle succombe une fois, deux fois, dix fois pour ne plus souhaiter qu'un seul événement : qu'il circule autour, sur... et dans elle, pour toutes les fois où elle s'y était refusée alors qu'elle était encore capable d'un tel bannissement.
La chambre se remplit de tous les gémissements de leur condition. Serrée, au coude à coude, compacte et dure, c'est toute notre humanité qui ne fait plus qu'un ; solide comme la pierre cette humanité dont la gorge s'étrangle de sanglots et de râles.
Voilà que ça déborde maintenant. C'est déjà l'inondation. De ce plaisir grandissant, de ce spasme digne de tous les tremblements, tel un jeune animal chétif confronté à la première lumière du jour d'une existence qu'il sait précaire, cerné d'insécurité et d'espérance tragique, émerge un désir résolu, taillé dans le roc, ancré là où rien ne cède, sous une mer déchaînée, ivre, au pied d'une éminence tendue, ferme et inébranlable.
Ascension ivre.
Ô belle capture qui serpente et qui frémit ! Tous ses sens en émoi forment une ronde ! Ils dansent ! Ils jubilent. Elle monte. Oui ! Elle monte maintenant ! Onduleuse, sa fréquence monte. Sans l'aide de Dieu, elle monte à la divinité en proie à une exultation extrême. Voyez ! Un cercle d'or entoure son front.
La voilà Reine ! S'ouvrant au plaisir et à la détonation effarante de la foudre jusqu'à la saturation et la surdité, elle n'est plus rien pour elle-même mais tout pour lui qui reçoit ce don inestimable les larmes aux yeux, car sa jouissance lui a fendu le cœur.
Il se redresse, s'arc-boutant jusqu'à se briser, et dans un dernier mouvement brusque... il s'écroule pesant de tout son poids.
Il coule en elle. Il coule et se répand. Il l'inonde d'une joie qui déferle en bourrasques ébouriffantes, en chutes gigantesques et rectilignes, en un seul tourbillon immense, mille embryons de germination solaire. Il coule en elle tout en sanglotant incapable de se contenir ; Éros extasié, terrassé, anéanti de reconnaissance, dépouillé de toute virilité, éhonté.
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Elle lui a dit : "Reste !" en balbutiant. Lui n'a pas bougé. Il l'a embrassée et ses lèvres n'ont plus quitté sa nuque.
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Extrait du titre "Cinq ans, cinq nuits" - copyright Serge ULESKI

