R comme Revel (Jean-François)
Il fait partie de ces intellectuels (1) qui ont passé leur vie à regarder les peuples monter dans les trains de l'Histoire, debout sur le quai, un rien suffisant, le commentaire méprisant - " Ne vous inquiétez pas ; ça leur passera" -, incapable de proposer une réelle analyse critique des systèmes qui ont poussé toutes ces populations à prendre tous ces trains sur tous les continents depuis la révolution russe de 1917 (et la Révolution française !) jusqu'à la chute du mur, une fois l'URSS vaincue (et tant mieux ! Car cette vieille garce puait la mort).
Nombreux sont ceux qui ont fait leur beurre sur le dos de la guerre froide : feu follet hypnotique, tel un leurre, qui a longtemps paralysé et gelé la pensée de nombreux intellectuels.
Revel n'étant pas le premier ni le dernier avec Raymond Aron
en chef de file et patriarche - secondé plus tard par les sbires de la Fondation Saint-Simon -, pour, au moment de la chute de l'URSS, nous affirmer, utopistes impénitents (2) que l'Histoire était arrivée à bon port, qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, et que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, incapables - à peu d'exceptions près -, de penser le nouvel enfer qui nous attend d'ici 2050 : un marché triomphant qui aura tout emporté - états, démocratie, nations, peuples, liberté, indépendance.
Tous ces penseurs (3) ont donc visé à côté et leurs analyses nous laissent aujourd'hui sans armes ; tout en sachant que s'ils étaient encore dans les parages, nul doute qu'ils feraient leur beurre sur le dos de la menace islamiste et le péril jaune : "La Chine ? Vous n'y pensez pas, malheureux ! Cet Etat voyou, capitaliste sans retenue ; et pollueur avec ça !"
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Aussi...
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Face à ces intellectuels porteurs d'une seule promesse, nous faire tous mourir idiots et vaincus, pourquoi devrait-on enlever notre chapeau au passage de leurs cercueils qu'accompagne un nuage de mouches à m.... ?
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Car...
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Le vrai danger est là, et bien là : dans la libéralisation des marchés financiers, l'hyper-mobilité des capitaux et la désintégration des processus de production ; des milliards d'êtres humains livrés à la logique d'une économique mondiale sans morale et sans esprit autre que mercantile ; individus qui, à terme, n'habiteront plus aucun monde.
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Confrontées à cette nouvelle donne, les sciences politiques ne nous sont d'aucune utilité. Il faut revenir à la philosophie qui seule est capable de poser les bonnes questions ; à la philosophie donc et aux Grecs : l'Homme étant la seule mesure de toute chose.
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Ensuite, seulement, serrons-nous assurés de pouvoir tirer les bonnes alarmes comme on tire les bonnes cartes.
1 - Revel a été médiatiquement très présent dans les années 70 pour nous parler, entre autres, des chars russes qui défileraient sur les Champs Elysées si par malheur, la gauche était élue, et aujourd'hui, force est de constater qu'il ne nous a rien donné ni laissé à penser.
2 - Des aroniens utopistes ?! Les sartriens ont dû hurler de rire ! Faut croire que l'utopie, tout comme la politique, a horreur du vide : en l'occurrence, celui laissé par le miroir aux alouettes qu'a été le communisme d'URSS et d'ailleurs.
3 - Rien de surprenant que tous ces intellectuels ne nous aient rien légué : trop occupés par le présent, tous ces penseurs circonstanciels de la guerre froide ont fini, inévitablement, par ne penser qu'au passé ; l'avenir et ses bouleversements passant à la trappe. D'où le vide qui les entoure aujourd'hui.
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Extrait du titre : Serge ULESKI en blogosphère - cliquez Blogosphère


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kairos N'est-ce pas un peu "court", non pour la longueur du texte, mais pour le style et les idées? Je doute que Jean François Revel y trouve matière à se retourner dans sa tombe! Si le communisme est apparu comme un miroir aux alouettes, lesquelles plumées vives et mangées crues, n'y est-il pas pour beaucoup? Et sa défense de la démocratie ou du réalisme économique sont-ils à ce point méprisables? Enfin, il est l'auteur d'une "histoire de la philosophie occidentale" qui révèle un esprit des plus libres... La caricature, pourquoi pas, mais la méconnaissance (ce qui est presque normal pour parler de Jean François Revel )?
Merci pour votre commentaire. . Vous écrivez : "N'est-ce pas un peu court, pour le style et les idées?" . Si vous pensez que Revel mérite mieux, en effet, ça sera toujours trop court. . _____________ Cordialement Serge ULESKI : Litérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
kairos Euh, le style et les idées qui me paraissent manquer, ce sont les vôtres, dans cette rubrique du moins... Car, en ce qui concerne Jean François Revel, de ce point de vue, comme on dit: "il n'y a pas photo": il sait écrire et penser... A vous d'en faire autant déjà, et mieux si possible... Bonne chance...
Si j'ai pris Revel pour cible, c’est parce qu’il a été très présent dans les années 70 dans tous les médias (pour nous parler, entre autres sujets, des chars russes qui défileraient sur les Champs Elysées si la gauche était élue), et qu’aujourd’hui, ce dernier (il n'est pas le seul) ne nous a rien donné ni rien laissé "à penser". . Rien de surprenant à cela ; trop préoccupés par le présent, tous ces "penseurs" circonstanciels, finissent inévitablement par penser au passé, à leur insu, bien évidemment (dans les années 70, la guerre froide, c’était déjà du passé) ; et l'avenir passe à la trappe. D'où, aujourd'hui, le vide qui les entoure, eux tous. . Pour le reste, le comment et le pourquoi, je vous renvoie à mon texte. __________________ Cordialement Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com