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Penser le monde aujourd’hui avec Marcel Duchamp…

 

                                   Qui fait quoi, à qui, pour-quoi, où, comment et pour le compte de qui !

 

           Après Rousseau, Morin, Soral, Steiner, Dieudonné, Chevènement, Kémi Séba, Chouard, Chomsky, Bartleby, Clouscard, Paul Ariès, Michéa, Pierre Carles, Emma Bovary, Piero San Giorgio, Atzmon, Guy Debord, Irène Frachon, Georg Lukács, Jules Romains, Louis-Ferdiand Céline, Michel Collon, Wikileaks, Marie Monique Morin...

 

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            Pour une grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art



 

 

 Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) en juin 1967 à Paris à la galerie GIVAUDAN sur les Ready-made.

 

              On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé mais pas de rire, pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.


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nu descendant l'escalier duchamp.jpg

Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm

         

              Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre jusqu'au jour où…

Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes ne l'aimèrent pas »

L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

Si dans cette œuvre « il y avait plus à comprendre qu'à contempler » l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste à son goût.

Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une sorte de scène primitive, expérience traumatique qui s’avèrera fondatrice d’une vision de l’Art qui du jour au lendemain changea du tout au tout : à compter de ce refus d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser. de toutes leurs brosses de peintres, jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ni un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - il sera tel Buster Keaton, un homme qui ne rit jamais ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt.

Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des excréments dûment signé par son auteur et propriétaire seront exposés) comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond… tout en sachant que rien ne lui résisterait ni matière ni aucun entendement…


duchamp_roue_bicyclette2.jpgMarcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

 

          C’est alors que le Ready-made verra le jour (dès 1913 donc ), aube et crépuscule tout à la fois, sitôt ouvert, sitôt fermé car, désormais, le nom de Duchamp sera associé aux détournements d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, qu’il choisira pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (1)...

Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (2) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé tel un coup de semonce atone : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !) des carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son non-art et le commentaire de sa non-œuvre souvent à propos du comment mais plus rarement sur le « pourquoi » (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art- là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties certes ! mais… tout en prenant soin de marcher droit car dans le cas contraire...

Couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible… 

Si Duchamp donc a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés mais… à moindre frais, dans un effort moindre d'une paresse d'une complaisance inouïe, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au moins que rien dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore, trop heureux qu'ils étaient de servir  un système d’une finalité tout à l’image des projets de société qui ont été développés après la Seconde guerre mondiale, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop art dont les acteurs de la scène artistique n’ont jamais pu se départir pour le malheur de cette scène, puisque cet art-pop occupe aujourd’hui 80% de la couverture médiatique artistique (art opportuniste qui, tout comme la musique pop mondialisée, trouve sa raison d’être dans le business que l’on peut y faire  et seulement dans cette perspective !)…

C'est sûr, le pop art doit tout à Duchamp et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du maître sans majuscule et simple mortel comme nous tous ici bas... même vu d'en haut.  

 

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même - duchamp.jpgLa Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

       

             Art, anti-Art, an-art... faites votre choix ! Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens si tant est qu’il ait été valorisé à cette époque car on peut toujours adorer ceux que l'on a massacrés !), continent privé d’histoire de l’Art donc, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

Mais… qu’à cela ne tienne, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles peuvent l’être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désabusement mâtiné de mélancolie, plus rien ne vaut la peine de rien - qui nous parlera du spleen de Duchamp ? -, état dépressif d'un monde pressenti déprimant avant l’heure, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus, même ludique ?

Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp, une reconnaissance mondiale qui lui a permis d’acheminer son existence, année après année… pour mieux survivre psychiquement (d’autres sombreront très vite dans le non-être à coup d’overdose) à un tel renoncement très tôt dans son existence : « Tout est art » - le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix car alors, tout se vaut.

Si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert habité par une humanité assoiffée...

Dépression, tristesse assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr, aussi soyons compatissants... que penser d’une société prête à accepter une telle proposition, une société disposée à se tirer une pareille balle dans le pied (3), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art qui, après réflexion, n’aurait jamais quitté Duchamp, qui ne s’en serait jamais absenté, même un instant,  jusqu’à le célébrer car, finalement, oeuvre il y a, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp, ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (4), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

A la décharge de Duchamp on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (5) que l’ART seul peut dépasser et transcender même dans la négation - et c’est là le paradoxe -, lui pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui se respecte et qui mettra toute une vie à en venir à bout… en vain.

                                          

***

 

          Marcel Duchamp nous a donné à comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus »

Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

Allons donc voir du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

Prophète malgré lui mais indifférent, avec Duchamp, ce non-artiste nécessaire d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre le non-art ou bien plutôt sa mort… toujours prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sa petite fin à la fois unique et commune à tous, sa petite mort immense car il n'en aura pas d'autre... sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté. Seul le courant sait où il le mène, où il les mène tous, et nous tous avec lui.

 

Duchamp a allumé la mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

Pschitt ou boum ? 

Pile ou face ?

          Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur tout de même !

 

______________________

 

1 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quittes à choisir, on se permettra de préférer Kafka.

 

2 -   Tout en oubliant d'ajouter... et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique.

 

3 - Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

 

4 - Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe, et à ce sujet on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée, Picabia, lui aussi un temps Dada, après avoir fait l'idiot a repris les pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

 

5 - Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement...

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 "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

 

Tous les commentaires

26/02/2013, 09:53 | Par 2placesassises

Billet d'humeur comportant  certains traits qui visent juste, mais qui malheureusement est constitué et largement fondé sur des erreurs (ou approximations) historiques factuelles, qui elles-mêmes engendrent des interprétations très réductrices de l'oeuvre. A votre décharge, celles-ci sont les plus répandues dans les commentaires concernant la vulgate stéréotypée concernant Duchamp. Je ne m'en tiendrai qu'aux erreurs factuelles, en sachant que chacune d'elle entraîne des interprétations erronées :

1. Le premier ready-made ne date pas de 1913, tout simplement parce que le mot n'a été découvert par Duchamp qu'en 1915.

2. "frères et soeurs sculpteurs et peintres" : Duchamp a bien eu plusieurs soeurs, mais une seule est devenue artiste (Suzanne).

3. "jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ou à la peinture [après 1912] : bien sûr que si ,  le tableau (de peinture !) Tu m', par exemple .

4. La photo montrant la Roue de bicyclette, n'est pas celle de 1913 (et ce n'est pas si indifférent que vous pouvez le penser; et il n'est pas évident de la considérer comme un  ready-made, voir plus haut).

5. "il se contentera de les signer [les ready-mades] R. Mutt". Evidemment faux : seul l'un d'entre eux est signé R. Mutt.

6. ...signature qui trouve son origine dans une bande dessinée : vrai (Mutt and Jeff), mais son nom dérive surtout de l'enseigne du magasin où  l'urinoir a été acheté (Mott works).

7. La définition du ready-made ("Objet manufacturé....) que l'on retrouve partout ad nauseam n'est pas de Duchamp !

8. "tout est art" : idem.

Pour entrer honnêtement dans le monde de Duchamp, il ne suffit pas de lire tous les digests : il faut regarder attentivement chaque oeuvre, lire ses notes, et surtout ne pas s'en tenir exclusivement à ses ready-mades (dont il n'a jamais fait de "théorie") et ne pas l'étudier avec le regard rétrospectif de ce que certains (pas tous !) artistes ont dit en son nom (sur ce dernier point, nous sommes peut-être d'accord). 

 


  

26/02/2013, 10:18 | Par Serge ULESKI

Merci pour votre commentaire.

 

1 - C'est Duchamp (entre autres) qui donne cette date de 1913. Merci de vous reporter à l'interview INA.

2 - Certes mais tous peignaient ou avaient peint et tous sculptaient ou avaient sculpté.

3 - 80% du matériau de "Tu m'" pour ne rien dire de ce qui fait "Tu m'" n'est pas de la peinture. Rien à voir donc avec un tableau de chevalet, de pinceaux et de brosses. Tu m' c'est... du crayon sur toile, écouvillon, 3 épingles à nourrice, écrou

4 -C'est pourtant bien sous cette forme que la bicyclette est exposée et ce du vivant de Duchamp.

5 - N'empêche que c'est bien un pseudo qu'il utilisera avec Rrose Selavy

7 - Je n'ai jamais dit que cette définition était de Duchamp. Elle est de André Breton. Duchamp fera sienne cette définition trop heureux sans doute de trouver un soutien tel que Breton.

8 - "Tout est art" n'est pas de Duchamp mais tout chez Duchamp le dit. Et là encore, il ne contredira personne à ce sujet.

 ***

Ma conclusion demeure d'autant plus que c'est la mienne et celle de personne d'autre.

 See you !Clin d'œil

26/02/2013, 14:57 | Par 2placesassises

1. La date de la Roue est bien de 1913, mais l'appellation "ready-made" ne peut être que rétroactive : "quand j'ai mis une roue de bicyclette sur un tabouret, la fourche en bas, il n'y avait aucune idée de ready-made " (Duchamp dans ses entretiens avec Cabanne).

2. Non : Madeleine, Yvonne...

3. Vous n'avez pas vu Tu m' (ou vite !). L'écouvillon, les épingles et l'écrou ne constituent pas plus de 1% de la surface de cette très belle (au sens traditionnel !) peinture (pas du crayon !)

4. La réédition par Schwarz en 1964 sous la directive de Duchamp (d'après la photo de 1916) n'a pas du tout cette forme !

5.A ma connaissance R. Mutt n'a pas été utilisé comme pseudo en dehors de la signature de Fountain. Rien à voir donc avec Rose Sélavy (puis Rrose Sélavy).

7. La définition est en effet de Breton (il en existe 2 versions). Mais où avez vous vu que Duchamp l'a fait sienne ?  (Par ailleurs Duchamp  n'avait pas besoin du soutien de Breton).

8. "tout chez Duchamp le dit" : c'est vous qui lui faites dire, et c'est justement la diffusion de cette vulgate erronée que je vous reproche.

 

Cordialement

 

 

26/02/2013, 11:50 | Par Serge ULESKI

""Tout chez Duchamp le dit" : c'est justement la diffusion de cette vulgate erronée que je vous reproche."

Il faut bien assumer avec l'artiste ce que l'artiste assume lui-même sans difficulté.

Une fois fait, on peut toujours lui opposer ou bien encore, opposer à ceux qui font parler cet artiste une autre lecture.

Dans tous les cas, il faut sortir du bois, trancher, prendre parti (le mien propre) et assumer ses propres convictions...

C'est ce que je fais à la lecture de cette interview de Duchamp à propos d'une vieille, très vieille histoire de Ready Made (50 ans après) et son obstination et tout ce que j'ai pu décrire à propos de cette vidéo d'archive de l'INA.

26/02/2013, 12:54 | Par 2placesassises

Vous avez bien sûr le droit à toutes les interprétations, lectures, etc. Sous réserve pourtant (ou alors il n'y a plus d'argumentation possible) que vos lectures s'appuient sur des faits et oeuvres non falsifiés, ou présentés de façon fragmentaire, approximative...(Je constate à ce sujet que vous semblez renoncer à répondre précisément à mes réponses à vos réponses...).  Quand on lit les interviews de Duchamp (nombreux) on constate qu'il répugnait à s'opposer à son interlocuteur, mais cela ne veut bien sûr pas dire qu'il faille en tirer la conclusion qu'il était d'accord avec lui ! Duchamp était un esprit fin, qui mettait la "coexistence des contraires" au coeur de son oeuvre, et vouloir forcer une interprétation dans un sens unique ne peut mener le plus souvent qu'à d'énormes simplifications ou incompréhensions.

Encore ceci : pourquoi ne pas accorder à Duchamp la liberté que vous vous accordez à vous même ? Vous dites de votre conclusion "c'est la mienne et celle de personne d'autre". Très bien. Mais ce qui est malhonnête c'est de prêter à Duchamp une pensée (qu'il n'a jamais dite) : "lui pour qui l'on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Duchamp en avait décidé ainsi". S'il y a bien une chose certaine chez Duchamp dans son comportement c'est l'allergie totale aux injonctions, prescriptions, etc. Il a peut-être fait le deuil de l'art, mais pour lui-seulement.

Et encore ceci : vous faites de Duchamp un "renonçant", un déprimé, etc. Or la quasi totalité des témoignages de ceux qui l'ont approché insistent justement sur son sourire, sa bienveillance, la stimulation qu'il provoquait. On ne compte pas le nombre d'artistes qui ont  été encouragés par lui et qui ont développé une liberté positive grâce à lui (Cage, Cunningham, Johns, Rauschenberg, Matta, etc. etc. )

Et cette vieille histoire de ready-made  ne date pas de 50 ans, mais de 100 (si l'on se réfère à votre date...). Bon anniversaire donc.

 

 

 

26/02/2013, 13:57 | Par Monic en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 12:54

 

Par fatigue je n'avais pas osé reprendre encore et encore la haute intellectualitié de Serge Uleski alors que j'avais vu les mêmes manques dans son billet concernant Duchamp que vous signalez. Encore une fois notre ami Serge uleski nous fait le coup du Reader Digest. Que ce soit en art, en politique et en littérature, S. Uleski souffre d'un lourd handicap, l'ignorance.

Je vous applaudis d'avoir exprimé si bien mon sentiment:

«Très bien. Mais ce qui est malhonnête c'est de prêter à Duchamp une pensée (qu'il n'a jamais dite) : "lui pour qui l'on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Duchamp en avait décidé ainsi".»

Pour complément à cette malhonnêteté intellectruellique voici un billet vous démontrant que votre irritation est pleinement justifiée:

http://blogs.mediapart.fr/blog/monic/160213/serge-uleski-et-le-fascisme-cocorico

Bien à vous et bon courage.

26/02/2013, 14:30 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de Monic le 26/02/2013 à 13:57

Monic... vous êtes hors sujet comme d'hab.

Ne nous dérangez pas SVP.

Allez vous soigner ailleurs. Je ne serai pas votre cure.

26/02/2013, 15:08 | Par Monic en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 26/02/2013 à 14:30

 

«Monic... vous êtes hors sujet comme d'hab.»

Non en plein dedans, au contraire. Ce qui est fascinant chez vous, c'est que vous tentez toujours de justifier votre malhonnêteté.

Pourquoi pensez-vous que je suis un malade mental? Pourquoi cette manie de dire à votre contradicteur qu'il devrait se aller faire soigner?

2Placesassises lui aussi devra se faire soigner parce qu'il tente de remettre les chose en place pour Duchamp comme j'ai tenté de le faire pour Sternhell/Angenot que vous n'avez jamais lus tout en tentant d'en faire une critique de l'un contre l'autre alors qu'ils sont d'accord l'un avec l'autre?

2Placces assises réagit tout comme moi, je ne suis pas le seul. Cela signifie bien quelque chose sur votre crédibilité intellectruellique, non?Sourire

C'est fascinant.

26/02/2013, 15:15 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de Monic le 26/02/2013 à 15:08

Allez vous soigner ailleurs. Je ne serai pas votre cure. Je ne peux rien faire pour vous.

Ah si ! Attendez ! Votre portable sonne !

C'est Perraud, l'idolâtre des néo-conservateurs américains... répondez-lui !

26/02/2013, 15:17 | Par Monic en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 26/02/2013 à 15:15

 

Pourquoi parlez-vous toujours de ce que vous ne connaissez pas? Il faut bosser mon ami.Clin d'œil

26/02/2013, 15:20 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de Monic le 26/02/2013 à 15:17

Allez vous soigner ailleurs. Je ne serai pas votre cure. Je ne peux rien faire pour vous.

Ah si ! Attendez ! Votre portable sonne !

C'est Perraud, l'idolâtre des néo-conservateurs américains... répondez-lui ! Je pense qu'il est à votre niveau, de votre niveau et donc, à votre portée.

26/02/2013, 14:44 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 12:54

Vous ne ferez pas l'économie de vous interroger à propos de ceci : comment (pourquoi ?) Duchamp passe de "nu descendant un escalier" à "urinoir". C'est bien ça que j'interroge suite à la vidéo de l'INA : 50 ans plus tard Duchamp tient le même discours.

.Et la réponse, c'est à la fois chez Duchamp que vous la trouverez et hors Duchamp. Vous avez remarqué que c'est moi qui m'interroge sur Duchamp, pas vous.

Sans doute parce que... Duchamp vous suffit ; le Duchamp qui parle et dont on a parlé.

Pas à moi. D'où mon billet.

 

26/02/2013, 14:44 | Par 2placesassises en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 26/02/2013 à 14:44

Les questions sur Duchamp, je pense en avoir autant que vous. Mais à la différence de vous, je ne m'autorise pas à en discuter en détournant ses propos et la matérialité physique de ses oeuvres. Sans précision et rigueur, pas d'argumentation possible. Par exemple, je veux bien essayer de faire des hypothèses sur votre question, mais il se trouve que Duchamp n'a jamais réalisé une oeuvre (ou un ready-made) qui s'appelle "urinoir"...

 

26/02/2013, 14:48 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 14:44

fontaine... mais c'était un urinoir.

 Si vous vous interrogez, merci de nous communiquer le fruit de vos interrogations car ma question demeure.

26/02/2013, 15:02 | Par 2placesassises en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 26/02/2013 à 14:48

L'oeuvre ne s'appelle pas plus fontaine qu'urinoir.

Et dire "c'était un urinoir", c'est comme dire devant Mona (ou plutôt Monna) Lisa (de Léonard) "c'était une toile vierge" !

26/02/2013, 15:22 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 15:02

C'est bien dommage, c'est sûr. Mais si vous voulez jouer les aveugles .... ou bien alors, vous avez fini par croire Duchamp ce qui est, bien évidemment, la dernière chose à faire. A moins de se prendre pour Duchamp ou son ventriloque.

Sinon, vous en êtes où avec vos interrogations sur Duchamp ?

26/02/2013, 15:46 | Par 2placesassises en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 26/02/2013 à 15:22

aveugle ?  Pour candidater au  blindman, je crois que vous avez plus de chances. A défaut de voir, vous pouvez suivre la recommandation de Duchamp : "Prière de toucher". C'est ce qu'Arensberg avait compris en caressant l'urinoir. 

27/02/2013, 11:28 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 15:46

 

On ne peut pas simplement se faire le ventriloque de Duchamp, ce n'est pas lui rendre service.

Duchamp c’est aussi Marcel, l’enfant.

Après tout, il nous a tous interrogés.

Derrière lui, il y a 100 000 ans d'histoire de l'Art.

Je lui retourne le compliment. Que ses aficionados rouspètent... fassent des pieds et des mains… cela ne change rien.

Duchamp appartient à tout le monde ou bien alors, fallait s’appeler Dali ou Picasso.

Mais on peut pas tout avoir.

Faut jamais cracher contre le vent ! Tôt ou tard...

Et c'est pas parce que son époque a accepté de prendre son crachat bien dans la gueule qu'on doit en redemander.

 

26/02/2013, 14:44 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de 2placesassises le 26/02/2013 à 12:54

Oui ! 50 ans si vous préférez ! Le point de départ de ma réflexion c'est cette vidéo de 1967. Ca fait maintenant un bout de temps que Duchamp n'est plus là pour nous dire quoi que ce soit.

(dur dur de se faire comprendre !)

26/02/2013, 15:12 | Par Serge ULESKI

doublon

 

26/02/2013, 16:07 | Par hasbeen

Translation de l'escalier à l'urinoir, par un jeune homme triste dans un train. Merci pour ce plein de mélancolie, en w8 d'un éventuel billet sur la princesse de Clèves on MDP. Pensée 4 Picabia et aux manifeste cannibale²: (...) Dans trois mois, nous vous vendrons, mes amis et moi (...) L'art est un produit pharmaceutique pour imbéciles...

 

- "La démocratie est joyeuse." Joseph Beuys

,°)

 

26/02/2013, 16:37 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de hasbeen le 26/02/2013 à 16:07

Oui certes !

Dada ou pas, Picabia a quand même fini par reprendre ses pinceaux et la peinture à l'huile comme tout le monde.

Faut bien que jeunesse se passe.

Pourquoi celle de Duchamp n'a jamais passé ? encore cette lancinante question.

27/02/2013, 11:14 | Par Serge ULESKI en réponse au commentaire de hasbeen le 26/02/2013 à 16:07

Michel Giroud...

La mémoire de tous ces mouvements de 1920 à aujourd'hui...

de Dada à Fluxus...

Bien avant, et bien après

http://vimeo.com/16410875

Tout Giroud sur VIMEO https://vimeo.com/30653374

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SI ON PEUT ME DIRE COMMENT INTEGRER LES VIDS DE VIMEO SUR MEDIAPART DONT L'INTEGRATEUR REFUSE LES CODES HTML

28/02/2013, 15:32 | Par hasbeen en réponse au commentaire de Serge ULESKI le 27/02/2013 à 11:14

Pour cette passionnante vidéo, il s'agit là d'un véritable cadeau, merci S.U.

 

 

 

28/02/2013, 15:33 | Par Serge ULESKI

Ben alors HASBEEN, pas si has-been que ça !

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