Les brèves (plus ou moins brèves) de Serge ULESKI - extrait
La femme attend et espère tout d'une relation amoureuse. C'est sans doute la raison pour laquelle la déception sera toujours du côté des femmes...
Et d'aucuns s'empresseront d'ajouter, un rien malicieux ou bien, lucides... du côté des femmes qui ne se connaissent pas encore aussi bien que les hommes qui eux, jouissent d'une liberté bien plus étendue et depuis plus longtemps qu'elles : la liberté d'être ce qu'ils sont tout simplement... qui est très certainement ce que nous sommes tous, hommes et femmes confondus.
***
Si un écrivain ne fait qu'écrire, en revanche, sachez qu'un auteur est capable de tout.
***
Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.
Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.
***
Nul n'attend de quiconque le meilleur ; l'époque l'interdit : elle n'en a plus besoin.
Aussi, ce meilleur dont on ne sait que faire, nous l'accumulons jusqu'à devenir une force. Et quand cette force se libérera, de quoi accouchera-t-elle ? Quelles actions vertueuses ? Ou bien, quels desseins monstrueux servira-t-elle pour avoir trop longtemps macérée dans la frustration, le ressentiment, l'impuissance, la retenue, le dépit ?
Ce meilleur-là donnera-t-il alors naissance au pire ?
***
Les psys ?
Ils expliquent tout mais ils ne prouvent jamais rien.
***
Ceux qui se vantent d'être adaptés à leur temps ne sont le plus souvent que de simples suiveurs ; ils ne verront jamais la fin dans ce présent dont ils souhaitent être les acteurs enthousiastes ; ils seront tout aussi incapables de penser le renouveau après cette fin. Ils sont à l'heure, certes ! Mais déjà en retard d'une nouvelle stratégie.
***
Rien n'est plus opaque que l'intérieur. C'est sans aucun doute pour cette raison que l'on ne reconnaît jamais un projet pour ce qu'il est vraiment tant qu'on y participe ; et plus encore lorsqu'il s'agit d'un projet criminel.
***
Et ça pleure ! Et ça n'en finit pas de pleurer !
Jamais je n'aurais imaginé le malheur aussi bavard. De là à penser qu'il serait payé à la ligne...
***
La plupart d'entre nous ne changent pas de vie mais de rêve ; et notre état de veille n'y changera rien : on dort encore ; notre perception de la réalité n'étant le plus souvent qu'un simulacre de réveil, on a simplement rêvé d'une représentation de ce qu'on aurait souhaité pour soi.
On a beau se poser la question suivante : diable ! qui ou quoi nous a freinés ? Arrive un moment où l'on réalise que pour vivre cette nouvelle vie, il nous faudrait être quelqu'un d'autre : un autre soi-même car, ce n'est pas d'une nouvelle vie dont on a rêvé mais de la vie d'un autre.
***
L'erreur des tyrans c'est de montrer leur puissance, alors que nombre d'entre nous ne seraient pas contre une tyrannie douce ; un peu comme pour la mort : ce qui peut nous effrayer c'est la souffrance, la douleur, et non le trépas.
***
Un mauvais livre c'est ce qu'on ne s'abaissera pas à ramasser lorsque... à sa lecture, les bras nous en tombent et que nos mains lâchent prise.
***
N'est-il pas vrai qu'en philosophie, seule la question importe, et accessoirement la réponse pour peu que celle-ci soit à la hauteur de la question posée ; ce qui est trop rarement le cas ? Ceux que les réponses seules intéressent courent donc le risque de passer à côté des bonnes questions. Et si à terme, les sciences nous menacent de basculer dans un monde que d'aucuns ont qualifié de « post-humain », c'est que ces sciences sont dans l'explication et non dans le questionnement.
***
Vous verrez ! Un jour, les intégristes musulmans homo-sexuels finiront par voiler les hommes.
***
Les êtres humains sont autant ce qu'ils sont... que ce qu'ils ne seront jamais ; ce dont ils peuvent souffrir lorsqu'ils en prennent conscience. On devrait donc les juger autant à la lumière de ce qu'ils ont fait que de ce qu'ils n'auraient jamais pu faire, et alors même qu'on attendait d'eux qu'ils le fassent.
***
Quand on sait comment il vieillit...
Le rebelle n'est-il pas, le plus souvent, qu'un domestique dans l'attente d'un maître à servir ?
***
Je n'ai jamais vu un perdant souhaiter que son voisin réussisse et surtout pas là où il a échoué. Pourquoi faire ? Pour qu'il se sente encore plus seul ?
Si la réussite appelle la réussite, du moins... aussi longtemps que votre réussite ne menace celle de votre voisin...
L'échec, lui, appelle de ses voeux la... dé-confiture, à cor et à cri, impatient et boulimique... jusqu'à l'obésité.
***
Aujourd'hui, il y a urgence non pas à continuer d'accumuler des savoirs aux applications privées de réflexion, sinon de sens, mais à retrouver une qualité de questionnement telle que nous devenons à nouveau capables de prendre en compte la proposition suivante : Tout ce qui est possible n'est pas nécessairement souhaitable.
Pour prolonger... cliquez Les brèves de Serge ULESKI

