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Argentine(2): La Difunta Correa

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Le 9 juillet 1816, l’Argentine proclamât son indépendance face à l’Espagne. Mais pendant les 40 ans qui suivirent, partisans de l’autonomie des provinces et défenseurs de la concentration des pouvoirs à Buenos Aires s’affrontèrent.

 

Vers 1840 à San Juan, Baudilio Bustos fût enrôlé de force dans l’armée fédéraliste et prit ainsi le chemin de La Rioja. Craignant pour la santé fragile de son époux, Deolinda Correa décida de suivre les troupes à travers les immensités désertiques. Son nouveau né dans les bras, elle parcourut les collines jusqu’à ce que, ses vivres consommées, elle tombe d’épuisement. Dans un dernier effort, elle approcha son petit enfant de son sein avant de rendre son dernier souffle.

Plus tard, des muletiers trouvèrent son corps et eurent la surprise de constater que le bébé avait survécu en tétant le sein de sa mère morte. Ils enterrèrent les restes de Deolinda, surmontant sa tombe d’une grande croix pour honorer ce miracle, et emportèrent le petit enfant avec eux.

 

Rapidement la nouvelle se propage : plusieurs bergers ayant perdus des moutons les retrouvent sains et saufs après avoir prier sur la tombe de la Difunta Correa.

Une cinquantaine d’années plus tard, Don Pedro Flavio Zeballos, célèbre gaucho de l’Ouest argentin, est pris sous un violent orage lors d’une halte pour la nuit dans la région, alors qu’il conduit 500 têtes de bétail vers le Chili. Pour sauver sa réputation, il se rend à la sépulture de Deolinda et la supplie de sauver son troupeau. Il lui promet en échange d’ériger une chapelle à la place de cette simple croix. Lorsque le petit matin se lève, la tempête est passée et Don Pedro retrouve son cheptel intact. Pas une bête ne manque. Il poursuit alors sa route jusqu’à destination et en revient tout aussitôt après pour tenir parole.

 

Aujourd’hui, la légende de la Difunta Correa s’est propagée dans le moindre recoin de l’Argentine et a débordé jusqu’au Chili. On vient de partout lui demander aide et protection et on revient encore pour la remercier des faveurs accordées. Bien que non reconnue par l’église, elle est l’objet d’une véritable ferveur et considérée comme sainte. Les routiers, qui font partie de ses plus fidèles, ont érigé sur toutes les routes du pays de petits autels à sa gloire où ils viennent régulièrement déposer des bouteilles d’eau pour lui permettre de poursuivre son voyage. Pas un bus à Buenos Aires qui n’affiche un petit ruban rouge accroché au rétroviseur.

 

D’une simple croix, le tombeau est devenu sanctuaire. Les chapelles s’amoncellent, dédiées à des corps de métier (les forces de l’ordre, les routiers, …) ou des évènement (le mariage, le sport, …).

 

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On y vient de loin, parfois à pied comme un vrai pèlerinage, et certains n’hésitent pas à gravir à genoux les marches qui mènent à la statue de la Difunta Correa, pour enfin la toucher et la prier avec ferveur d’exaucer leur demande.

 

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Le point dans le désert se transforme gentiment en petite ville. Déjà, les vendeurs de souvenirs se sont installés. Les restaurants et les hôtels ont suivis. On compte également une station service, une école, un bureau de poste, un poste de police, une église. Un service de bus dessert aussi le lieu régulièrement depuis San Juan. Et à Pâques ou à Noël, des milliers de personnes envahissent le sanctuaire, n’hésitant pas à faire la queue pendant des heures sous un soleil de plomb pour accéder enfin à ce bonheur intense : demander la protection de la Difunta Correa.

 

Que l’on croit ou non aux miracles, la Difunta Correa est un phénomène culturel impressionnant, symbole de l’épouse et de la mère parfaite.

 

 

 

 

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