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Je vous le certifie!
Bonjour!
En préambule à cet articulet, permettez-moi d'évoquer les vertus d'Excel et autres casiers à homards
Préparant mon billet, je m'avise que les rubriques titre, mots-clés, vidéo, contenu, sont dans des petites cases non reliées entre elles par une continuité, même au niveau des pédales du clavier. Elles sont isolées; et pour cause, on appelle ça des cellules. Signifiants incarcérés...
C'est ordonné, propre et net; pas comme la langue vulgaire et les multiplies caténations de la parole dite...
Ceci étant, voilà: ces jours-ci, je suis pris, au sein de mon institution, dans les rets de la certification d'icelle.
Pour les heureux béotiens, étrangers aux instances des diverses hautes autorités et agences diverses créées à dessein par l'Etat pour ordonnancer tout ce qui pourrait bouger hors des axes univoques et bénévolants de la gestion unique, il me faut expliquer: "la certification, comment ça marche?"
A l'étude primaire du certificat, on voit bien qu'il s'agit de permettre aux gens du "vulgaire", entendez les professionnels (dans mon cas, de santé, mais ça vaut dans tous les domaines), d'accéder au saint des saints des bonnes pratiques, des bonnes pensées, grâce et sous la houlette "ferme mais juste" d'experts fabriqués et formatés par les tutelles étatiques. Produits marchands enfin normalisés iso9023...
Dès lors, on vous demande, dans un langage digne d'un état-major de campagne, et grâce aux petites cellules (blanches, pas grises...) évoquées plus haut, non pas de raconter ce que vous faites, mais de valider, en termes et formes exigibles, comment vous évaluez, comment vous méthodologisez, comment vous renseignez, comment vous documentez, comment vous analysez, comment vous procéduralisez et protocolisez.
Ouf, je l'ai échappé belle; hier à la brune, j'ai appris d'une excellente consoeur italienne dûment bombardée experte visiteuse (en français EV1) que j'étais une crétin myxoedémateux des hautes vallées vosgiennes, en ce que nous pratiquons l'art archaïque des écrits pour nos transmissions internes. Heureusement, et grâce lui soit rendue, elle a pris un bon quart d'heure pour m'enseigner que les cases de l'ordinateur sont de bien meilleure efficience.
Pour preuve, elle énonce que maintenant, tous les psychiatres -sauf moi- pratiquent la prise de notes en direct devant les patients. Mon cucq, père UBU, ça ne passera pas par moi; à moins que Freud revienne et m'explique comment le lien transférentiel s'institue avec un Mac ou un PC...
Ouf derechef, elle me traite de demeuré (je n'ai rien compris à la novlangue administrativo-expertale) et de présumé menteur (je n'ai pas apporté la preuve de ce que je dis); m'inspirant ce jeu de mots osé: "on n'est pas là pour se narrer, on est là pour ça-prouver". Ca me ferait juste rigoler, si cela ne risquait pas de faire chuter, de par mon imbécilité crasse, la note AAAAAA (suis-je une andouille?) de l'institution.
Pour en finir, ce que je ne lui dirai pas: nos rencontres quotidiennes entre soignants, nos rencontres régulières avec les gens de notre institution et nos partenaires extérieurs, notre lien continu avec les patients, et les bilans semestriels qui leur sont proposés, ne sont-elles donc pas des temps d'appréciation de l'état des gens, de leur parcours, de leurs difficultés, de leurs moments de bien-être, de leur capacité à se soigner, de l'éveil de leur désir de vivre, de s'insérer...?
Notre langue, qui est outil de lien et de rencontre, notre humainté, qui accepte et reprend les accrocs du suivi et les problèmes qui se posent, notre savoir-faire, qui ne peut être soumis à évaluation autre que qualitative, notre art du racontement, qui vitalise les échanges, est-ce de la merde au motif que ça refuse d'entrer dans des "cellules"?
Je suis convaincu depuis des décennies qu'il est essentiel d'évaluer ce que nous faisons dans notre dispositif de soins. Mais pas comme ça, et pas pour ça Vae victis?...
JCD


Tous les commentaires
JC, c'est vraiment sympa, tu viens de me déprimer pour la journée, merci ...
Ah, moi aussi, on m'a dit que je perdrais moins de temps (entendez que je serais quand même mieux organisée) si je saisissais mes données d'examen, de tests et tout en temps réel ... (et c'est pas un certificateur qui me l'a dit).
Cool pour le patient ... Remarque que t'as même plus besoin de le regarder. Comme ça, tu saisis ton taf et basta, tu le colles dans une case, tu cliques pour savoir le résultat, lequel serait télétransmis directement à son docteur avec le traitement obligatoire. Non ? Rêvons ...
Pour l'instant, je n'ai eu qu'à répondre que non et que d'ailleurs pour ça, il faudrait déjà que j'aie un ordi sur mon bureau de consultation.... Un peu basique et bas du front, je sais, mais efficace ...
Quand je l'aurai (mais ça fait longtemps que j'en entends parler, hein, depuis l'ouverture ...), je cesserai de courir à l'étage en-dessous pour le moindre résultat de biologie et la moindre ordonnance ou pour consulter le moindre dossier antérieur, et pour le reste, et ben ce sera "résistance passive à l'ineptie", on commence à être blindés ...
Le problème, dans ces cas-là, c'est que pour éviter qu'on ne t'impose de telles conneries, tu finis par ne plus te plaindre (puisque c'est toi qui es mal organisée) de ne pas avoir d'ordi en haut, par exemple, et in fine par ne plus dire ce qui pourrait être amélioré ...
Vous avez raison, JCD.
Il faut le dire!
On peut difficilement descendre plus bas, dans l'ordre des savoirs, que l'étrange mixture qu'on veut nous faire avaler entre un scientisme technologisé, dont le fleuron est l'observation des cervelles en relief et en couleurs, et un juridisme bureaucratique dont la forme suprême est "l'évaluation" de toutes choses par des experts sortis de nulle part, qui concluent invariablement que penser est inutile, voire nuisible.
Alain Badiou (Second manifeste pour la philosophie) p.11
Salut, Alain, et Anne, et Denizot!
Merci d'être venus...
Putaing, à relire ici le texte, je crois -est-ce certifiable?- que je devais être beurré, ce matin vers six heures: il y a un tas de fautes de frappe!
J'ai aussi eu, dans cette circonstance comique, le plaisir de constater que mon médecin-directeur s'était rallié à une position que je soutenais en solo depuis des années: "on s'en fout de leurs conneries toxiques, on continuera à faire un travail bio et développement durable; et s'ils veulent revenir, promenade agréable au demeurant dans la campagne solognote, qu'ils y viennent"...
JCD
dont le fleuron est l'observation des cervelles en relief et en couleurs.
Je ne souhaite pas à Mr Badiou d'avoir un jour une tumeur cérébrale. Quant à la connaissance du fonctionnement cérébral, elle serait donc politiquement non grata?
Entre le scientisme et la connerie, l'évaluation à tout crin et l'enfermement dans l'indicible, il y a de la place pour bien d'autres choses. Mais encore faut-il avoir envie de les chercher.
Non Art, on va pas recommencer quand même.
Cette phrase est à comprendre comme dénonciation d'une idiotie, laquelle nous ferait croire que penser est cerveller.
Rien, absolument rien à voir avec les progrès techniques appliqués aux affections somatiquement établies. Badiou, on peut lui reprocher des choses, mais enfin, c'est un matérialiste convaincu, un marxiste, c'est tout dire.
Il parle là des évaluations objectivantes qui tuent évidemment les possibilités de réfléchir la réalité humaine. C'est tout.
Pardon, je suis un peu à cran. Bloc très difficile ce matin.
Bon, ok, on peut comprendre... ;)
Ah, j'en ris encore!!
Lapsus au cours de la séquence "comparution immédiate de ce matin": oui,oui, vous faites, vous dites, mais votre méthodologie n'est pas la bonne; apprenez à utiliser la bonne méthode, la seule...!
Une seule méthode, une seule façon de dire, de penser, de protocoliser? Benoït sixteen serait ravi: une foi unique... Lorsque la voie (la voix aussi, d'ailleurs) est unique, lorsque le doute est banni, on n'est plus dans la raison et le savoir, mais bien dans la croyance, et le scientisme comme le dit Badiou.
Elles étaient là pour nous écouter; elles n'ont fait que commentaires sur notre ignaritude, la nullité de notre prestation, et se sont livrées à un exercice de persuasion pédagogique (je me suis repris à temps, j'allais écrire pathologique) dont la logorhhée papagallesque aurait intéressé un ornithologue averti.
J'ai bien rigolé, car j'ai utilisé la diplomatie au second degré, genre "chiche que tu ne verras pas que je me fous de ta tronche", et, comme aurait pu dire Lacan, "l'arrêt torique"
JCD
PS. Allez, faites chauffer la machine à commenter; il y a tant de gens qui se sentent opprimés de ces singeries!
Pourquoi tant de charge contre l'ordinateur, simple machine dont les fonctionalités sont supérieures au crayons/papier, sans parler du rangement/accès de la paperasse.
C'est son usage, comme tout outil, qui pose problème. Et là on renvoie à l'humain, médecin en l'espèce.
J'ai connu un médecin qui disparaissait derrière son informatique, je n'y suis pas retourné.
Je n'ai jamais vu mon analyste prendre des notes.
Mon médecin de famille a un ordinateur, mais cela n'affecte pas sa disponibilité qui est toujours, au minimum une 1/2 H.
"pourquoi tant de charge contre l'ordinateur, dites-vous...", cher Chris.
Aucune charge, en fait. Je sais simplement que d'abord, la preuve en est sur mes billets, le temps passé à ne pas écouter l'autre, à corriger les fautes de frappe, à "formaliser" mon texte ne sert pas à celui que je reçois; ensuite je prétends, contre la pathologie vérificatrice ambiante, que maints ressentis doivent rester dans le secret d'un partage des expériences de pensée.
Contrairement à ce que disent les certificateurs, il est un champ précieux dans notre domaine, ce qui n'est ni objectivé ni objectivable, celui de la relation transférentielle, et de ses effets non onfrayemment prouvables, dans l'histoire des échanges humains et de leurs potentialités de changement sur une destinée.
JCD
Bien joué! "A malin, malin et demi"! (ennemi...)
Elle a bien du courage, la consœur italienne, d'essayer de faire entrer Silence dans une case... Ma main à couper qu'elle n'y arrivera pas ! Perso, je le certifie incapable d'y entrer... et encore plus d'y rester !
Vous êtes tous sympa de relayer!
Mais voilà que je suis en position 34, donc expulsable dans l'heure qui suit de la liste des blogs...
Comment faire pour permettre que la conversation se prolonge?
Help!
JCD
Peut être remettre ça dans l'édition.
Ca nous changerait du cours quotidien (pas mal fait mais assez démobilisateur, à la longue...).
Il est impératif et prioritaire de déclarer urbi et orbi (comme le fait Monsieur seize) que ce qui nous est demandé, comme l'objectivation remplisseuse de cases, N'EST PAS scientifique.
Pas du tout scientifique puisque ça laisse de côté, comme inévaluable donc inexistant, la seule chose qui marche dans nos métiers : la subjectivité !
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Que ça plaise ou non c'est comme ça, y'a que la subjectivité qui marche. C'est objectif ! là !
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Quand à prétendre, GdS, qu'il suffirait de se raidir contre les évaluateurs pour en triompher, ça non...
Dans la clinique JCD peut-être, mais c'est là un lieu un peu "considéré". Allez donc voir dans les simples établissements, ça cravache dur pour faire des rédactions de projets, des évaluations, etc... Obligatoire !
Je sais bien, Alain ! On peut même dire que je suis.... payée pour le savoir ! Très mal, d'ailleurs, mais bon. Je voulais juste remonter un peu le moral de Silence (et son billet dans le tracker par la même occasion !
)
Commentaire côté usager (puisque c'est comme ça que, paraît-il on dénomme maintenant les malades) : on les connaît bien ceux qui se cramponnent à l'ordi, qui de toute la consultation ne le quittent pas des yeux, incapables qu'ils sont de vous affronter en face, qui, insulte suprême, au moment de conclure ne vous délivrent pas de diagnostic mais, regard toujours rivé sur l'écran, vous lisent la lettre qu'ils adressent à votre médecin. Ceux-là maintenant j'essaie de les fuir, quitte à changer d'hôpital, et j'ai compris une chose, en fait ils ont peur de nous, peur de dire la vérité, peur de notre peur.
L'usager est au centre du dispositif. C'est comme ça qu'on doit dire.
Et vous, vous êtes quoi ?
Une personne en difficulté ?
Une personne en grande difficulté ?
Une personne en situation de handicap ?
Ni malade, ni patiente en tous cas. Donc, vous êtes une cliente un peu "usagère" en ce moment, qui vient se faire réparer la "difficulté".
Bon... Alors.........................;
Deroxat 1 matin 1 midi
Lysanxia 1 matin 1 midi
Imovane 1 au coucher
On se revoit dans un mois pour évaluer la "difficulté".
Vae Victis?
"Malheur aux vaincus" (en attente de certification)?
Malheur aussi à la bêtise suffisante des techniciens de la santé (experts visiteurs EV1) et gare au retour de bâton, -"aux verges qui mourront sur leur dos" de laquais suffisants, tôt ou tard! La résistance s'organise. Les plaintes et les griefs se multiplient.
C'était juste une réaction, comme ça en passant rapide à votre témoignage tout à la fois drôle et terrifiant.
Evaluer le travail sur "l'humain"; et par rapport à quoi ?
C'est FOU!!!
C'est ce qui se passe aussi à l'école avec les évaluations pour les enfants .
Mais pour un qui résiste combien suivent surtout parmi les jeunes qui ne savent pas .
Le pire c'est quand on entend à propos de ces "évaluations" que même si c'est un peu con, quand même... c'est intéressant.
C'est ce ventre mou de la réflexion qui fait le joint entre l'analyse de ces manoeuvre ridicules, dangereuses, inutiles et chronophages, et une sorte "d'aspiration au progrès" qui s'autojustifie par le "modernisme" qu'elle est censée représenter contre les vieilles barbes qui résistent sottement...
Quelqu'un a t-il des nouvelles de Anne? Il semblerait que je lui ai gâché sa journée, et, je vous le "certifie", ça m'"accrédite" mal auprès de son fan club.
Pour le texte, j'entends bien ces commentaires comme quoi c'est "quand même" intéressant; l'expérience de Pol Pot, de la junte Birmane et les expériences du Docteur Mengelé aussi...
Il est grand temps non plus de "trouver des qualités" à la démarche qualité et autres billevesées, mais de questionner sans compromissions ce qu'en sous-jacences ces pratiques induisent au niveau du sens global de cette entreprise "bienveillante" de normalisation de tout ce qui bouge.
Oui, ce matin, dans mon institution, les patients étaient levés et actifs, les chambres propres. Ne nous y trompons pas: je ne connais pas personnes plus protectrices et généreuses que les personnes affectées de psychoses; elles ont fait en sorte d'éviter que leur lieu d'asile soit descendu en flamme, et cette mobilisation ne parle en rien de cette visite en tant que telle, et de ses attendus.
J'emmerde le risque zéro, le principe de précaution, l'ensemble de ce des crétins formatés appellent les "bonnes pratiques". Mon travail consiste à prendre, avec les intéressés, des risques, des initiatives originales, même hétérodoxes, pour faire sortir du retranchement pychotique le vrai du sujet et les potentialités de la personne.
Encore merci de vos interventions, motif d'encouragement à poursuivre
JCD
Evaluation: un mot de la novlangue qui tue les mots.
Intermède
Gustave Flaubert : "Je connais la Bêtise. Je l'étudie. C'est là l'ennemi. Et même il n'y a pas d'autre ennemi. Je m'acharne dessus dans la mesure de mes moyens."
Le XXIe s., le siècle de la bêtise scientiste (raison technicienne, évaluatrice, statistique, procédurale, autarcique), servie par la novlangue, - univoque et tautologique.
-Mme EV1 : « Une certification, c’est une certification ! Nom d’une pipe !
Puis, avisant le tableau de Magritte accroché derrière le fauteuil pivotant du psychiatre :
-Et d’ailleurs, une pipe, c’est une pipe !
-Le psychiatre lacanien :-Non pas, madame EV1, ceci qui est le tableau d’une pipe n’est pas une pipe. « Ceci est une pipe » n’est pas vrai.
Petit détour : « L'intention la plus évidente de Magritte est de montrer que, même peinte de la manière la plus réaliste qui soit, un tableau qui représente une pipe n’est pas une pipe. Elle ne reste qu’une image de pipe qu'on ne peut ni bourrer, ni fumer, comme on le ferait avec une vraie pipe, de la même façon que « le mot ‹ chien › ne mord pas, » comme le disait le sémiologue américain WilliamJames. » fr.wikipedia.org/wiki/La_Trahison_des_images.
Je vous laisse associer librement… Toutefois, Mme EV1 me glisse à l’oreille, 1- qu’elle ne voit pas le rapport « pipe qu’on ne peut ni bourrer, ni fumer » avec ses procédures de certification, 2- que toute association sexuelle (freudo-lacano machin chose) sera jugée nulle et non avenue, -non certifiable !
Bonsoir!
Intermède suivant: un des gars les plus anciens de la clinique, pris depuis des décennies dans un monde magnifique, terrifiant et enclos, grand amateur de poésie. Je l'appelle Montaigne, il boit du petit lait...
Montaigne passe tout son temps à casser sa pipe, et, faute d'assistant réparateur en temps utile, il tète le bois du foyer de ladite pipe.
Je crois que ces jours-ci, il s'est planqué je ne sais où; il est trop malin pour ignorer que sa pipe fracturée, comme sa crasse protectrice, ne seront pas validées par les ex-pertes.
Allez, vive l'enfumage
JCD
PS. merci de votre passage
Bel exemple! Mme EV1 ne saurait, malgré ses instruments de mesure, appréhender ce qui s'accomplit dans le temps ( le longtemps) de la relation psychothérapeutique (et institutionnelle).
Pas de pipe sans sujet! Et dans le cas de Montaigne arrimé à sa pipe, sans fin (malin) savoir.
Je trouve qu'il y a un piège, je le vois à l'instant fonctionner dans la phrase : "Mme EV1 ne saurait appréhender ce qui s'accomplit dans le temps de la relation thérapeutique..."
Le piège, c'est le mot thérapeutique.
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Puisque c'est thérapeutique Mme EV1 a le DROIT d'évaluer.
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Alors qu'en fait, avec ses outils, elle ne peut rien appréhender de l'ordre d'AUCUNE relation, thérapeutique ou pas thérapeutique...
Mme EV1 est parfaitement déplacée, dès lors qu'elle sort ses outils ; quel que soit le lieu où elle compte en faire usage.
Salut, Alain, te re-voilà! C'est toujours un plaisir.
Deux remarques sur ta réaction:
-en bon professionnel, tu peux accepter que Taki Varsö n'aborde qu'une partie du problème, une partie qui m'intéresse au plus haut point. Le reste est à développer dans d'autres articles, ce qui t'amène à reprendre ta plume virtuelle.
-le droit d'évaluer, je le discute; dans mon commentaire d'un autre billet, j'ai oublié lequel, je rappelais que le cotoyen doit admettre ce qui est de l'ordre de la loi, sûrement pas du règlement; or les dispositions de la forme des protocoles d'accréditation (oh, pardon, maintenant de certification)est d'ordre règlementaire... Donc tributaire de l'imaginaire.
Fidèle amitié collégiale
JCD
"Avec ses outils, elle ne peut rien appréhender de l'ordre d'AUCUNE relation, thérapeutique ou pas thérapeutique...
Mme EV1 est parfaitement déplacée, dès lors qu'elle sort ses outils ; quel que soit le lieu où elle compte en faire usage."
Vous avez raison Alain Gillis de souligner ce point ( le piège).
PS. Et comme le précise JCD, il faut distinguer loi (symbolique) et règlements (imaginaire), réel aussi d'ailleurs...
Ah, tiens un bon dessin (dessein) qui cause pas tout à fait de la même chose, mais m'enfin ça y ressemble. M'a toujours fait marrer.
oui, évaluer, dans les universités aussi, ça fait grand dégât. Ne sont côtées quasiment que les publications dans les revues anglo-saxonnes et dans la langue de shakespeare, en plus ! A lire un livre sur le sujet, la folie évaluation de Roland Gori et alii.
Amitiés,
Lucile
Hello JC :-)
Je te soumet une procédure de gestion des incidents au large champ d'application. Tu as juste à intégrer le cartouche spécifiant qu'elle est gérée par ta procédure de gestion documentaire, et elle est opérationnelle immédiatement. Mises à jour minimales, efficacité maximale. Un petit bijou d'optimisation du temps affecté au système qualité.
Encore merci, ami Samines, de si souvent me faire rigoler dans ce monde de brutes. C'est trop bon pour le moral, ton diagramme.......
JC
Au fait, "système qualité", c'est un oxymore ou une aporie? Genre :quantifions le qualitatif?
JC
Grande question que tu poses là, JC :-)
Je dirai bien que c'est la récréation d'un fou, mais il me faudrait savamment spécifier de quel fou je parle...
C'est aussi la conséquence sur les organisations humaines du non respect d'un proverbe qui dit que "le mieux est l'ennemi du bien". Cette foutue idée que tout doit être mesurable et que tout ce qui ne l'est pas doit être négligé ou évincé. Scalaire de rien, c'est juste une dictature. J'avais eu de rudes débats il y a quelques années, sur ce sujet, avec des auditeurs AFAQ (organisme certificateur en industrie).
Mais l'image que je préfère, pour un système qualité, est celle d'une entreprise fantôme. C'est une partie de l'entreprise qui emploie beaucoup de temps à ne rien produire et que l'entreprise réelle paye d'une perte de sens qui hypothèque sa survie.
Il n'existe pas de système qualité pertinent qui n'évalue sa propre utilité. Et un bon système qualité travaille à la disparition des personnes qu'il emploie spécifiquement. La qualité n'est pas un métier, c'est une représentation mentale. Les qualiticiens sont donc des outils. Et comme tous les outils, s'ils sont mal pratiques d'utilisation ils sont inutiles voire dangereux. De plus, on n'a jamais vu un outil décider de ce qui était bon pour son utilisateur...
Passe le bonjour à ta clé à molette à l'occasion
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Bonne jounée JC
GENIAL; je la copie !
Oxymore le système quantité de la qualité ?
Je ne crois pas. L'oxymore consiste à marier deux choses apparemment contradictoires, comme dire par exemple d'une entreprise quelconque spécialisée dans la production de clés à molette : pour ce qui est des clés à molette la société XY est un petit géant !
Tandis que l'aporie... ça consisterait à demander d'urgence une clé à molette SANS molette surtout !
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Et là, le quincailler te regarde et il te dit : monsieur Duchêne, vous vous moquez ? Ou bien êtes vous devenu aporétique ce matin ?
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Duchêne : Pas du tout mon brave! Je vous fais une demande contradictoire, vous ne pouvez y satisfaire, vous ne pouvez vous en sortir en somme !
Vous êtes donc, vous, dans une situation aporétique ! Vous êtes en pleine aporie !
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Le quincailler : On en apprend des choses avec vous docteur ! Je vais voir ce que je peux faire pour cette clé ! Ne bougez pas ! Attendez moi gentiment...
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On ne tarde pas à entendre la sirène du SAMU... Le Dr D. est actuellement hospitalisé pour "aporie réactionnelle à un traumatisme professionnel, suite à une évaluation intempestive"
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C'était une distraction matinale
Un divertissement matinal, formidablement drôle et qui ne détourne pas de l'essentiel!
Quelques pierres apportées au coin rhétorique et distraction. Les procédés les plus usités de la novlangue sont:
-la réification (ou chosification): attribution à l'humain de traits spécifiques de l'inanimé;
-les truismes: explicitation de contenus sous-entendus déjà parfaitement évidents, ex. "S'il n'y avait pas de Pologne, il n'y aurait pas de Polonais", Jarry, Ubu roi;
-la paraphrase: reformulation d'un énoncé sans modification notable de l'information initiale.
Définitions tirées de Commentaires stylistiques, par J.L. de Boissieu et A.M. Garagnon.
Voir ceux épinglés par Jaime Semprun dans Défense et illustration de la novlangue française, Ed. L'Encyclopédie des Nuisances, 2005.
Relativement à l'oxymore, ajout:
-une magnifique définition par L. Cellier,
Oxymore: "Contradiction tragiquement proclamée pour l'antithèse, paradisiaquement assumée pour l'oxymore.", ex. canonique, "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.", Corneille (Le Cid).
Lou-ange!
J'adore ça, l'obscure clarté...
Sinon, oui, tous les procédés que vous citez sont régulièrement à l'oeuvre. Ils ennivrent les plus simplets, qui ont le sentiment qu'on leur tend une compréhension qui fait comme de l'intelligence, facile, logique, enfin claire... Mais attention je dis pas de mal des simplets... je dis du mal de ceux qui trouvent bénéfice à les garder simplets.
Exemple de lutte contre les idées trop "compliquées" :
Je dis, dans une réunion où je suis censé donner une impression issue du terrain, un avis de clinicien, je dis : que l'autisme, en tant que tel, n'existe pas.
Bon
Mais que penser lorsqu'une chercheuse d'un organisme d'état bien connu, me tient à peu près ce langage : l'existence des associations de parents et l'existence de "livres" montre bien que l'autisme existe. (sic!)
.
Bon, c'était juste un exemple parmi tant d'autres, de la "simplicité" d'esprit qui est de rigueur, et je l'avais déjà donné peut-être. Je radote...
Ouaip, Alain!
Non seulement tu radotes, mais, rien que pour jouer, tu mets en perspective les à-peu-près de mon langage... Shame on you (trois smileys rigolards).
Mais que chacun ici se souvienne que nous en gobons tous les jours, de ces couleuvres nov-langagières.
J'ai toujours été passionné par les latences des discours, notamment dans les media où l'on cause, et les informations "crypto-émises" sur ce que pense le locuteur "malgré soi". Au point d'avoir rêvé, on le peut toujours, être embauché par une radio de sevice public comme "clown-analyste", commentant en interventions sauvages les diseurs, pour remanier et pointer ce qu'ils disent en bons papagallis...
JCD
Méfie toi, il y a des clowns tristes, ils peuvent l'exiger ... Lis bien le contrat avant de signer.
Au fait, Alain, un "occis mort", est-ce un pléonasme?
JC