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Hollande, la porte ouverte…

Il ne reste plus à Cahuzac qu’à renverser la table : que peut-il lui arriver de pire que d’être ainsi, à la face du monde entier, le menteur au visage arrogant et souriant, qui va pour longtemps, on peut le craindre, éclipser les turpitudes de tous ceux qui, du plus petit au plus petit trainent de pires casseroles que celle du salaud du jour, imperturbable en apparence, et sur le fond certainement bien préparé. 

Qui peut douter que Cahuzac, ex Ministre du Budget, en charge des contrôles et de la répression des fraudes fiscales, ne détienne à peu près tous les dossiers compromettants imaginables sur ses petits camarades comme sur ceux d’en face, et qu’il n’est pas prêt de les lâcher.

On voit mal ce qui pourrait convaincre cet homme dur et déterminé, de ménager quiconque. Gageons que ses petits camarades d’hier n’en seront que plus prudents, au-delà des grands mots et des indignations de circonstance. Surtout après ces aveux juridiquement si bien calibrés et qui doivent tout à sa défense bien comprise, à son sincère regret de s’être fait prendre, et rien à cette République bafouée dont il fut ministre.

Il reste l’essentiel qui caractérise ce système qui génétiquement institutionnalise le mensonge: l’irresponsabilité pénale des élus.

Tous ces gens mentent et trompent en permanence leurs électeurs, les militants de leurs partis, et surtout les grandes idées et les beaux principes de la démocratie auxquels ils ont juré fidélité, ce qui ne leur coûte rien… et par-dessus tout, le peuple dont ils se moquent avec cynisme.

Tous ces bourgeois blindés de thunes de la social-démocratie franchouillarde, qui exigent les plus grands sacrifices des plus démunis d’entre nous tout en s’en fourrant jusque là,  viennent de trouver leur pire ennemi : l’un des leurs, momentanément primus  inter pares de la magouille, du mensonge, et de la saloperie ordinaire d’une bourgeoisie qui du nationalisme le plus imbécile à la social-démocratie la plus corrompue, règne sans discontinuer sur ce malheureux pays.

L’affaire Cahuzac ne fait que commencer.

Et ce n’est pas le discours d’une Président fâché tout rouge, debout devant une porte grand-ouverte en un superbe lapsus de com’, qui va changer grand-chose.

Hollande nous annonce qu’on va faire… ce qui est déjà prévu de toutes façons en matière de Justice et de Presse – ni plus ni moins, soit moins que rien - et qu’on ira même, suprême audace, jusqu’à une inéligibilité à vie des hommes politiques condamnés par la Justice…  

Le discours improvisé est à la mesure des désormais habituelles palinodies hollandaises...

Finalement, cette porte ouverte, ça va donner des idées à plein de monde.

Tous les commentaires

03/04/2013, 15:59 | Par Patrig K

le comptable corrézien, n'est pas à la hauteur du challenge

il faut l'aider à faire le ménage, médiapart y contribue

03/04/2013, 16:39 | Par guydufau

il faut l'aider à faire le ménage

C'est le chemin à éviter, nous serions Gros Jean comme devant

03/04/2013, 17:30 | Par laser

En plus du parjure vous voulez qu'il se vautre dans la délation ?

Le choc qu'il a provoqué est déjà annonciateur de grande lessive : tout le monde va vouloir laver plus blanc .

03/04/2013, 17:41 | Par mauwa09

Jai déjà entendu que la plupart des faits reprochés pourraient être prescrits...

Il va s'en tirer, mieux qu'un smicard devenu chomeur !

03/04/2013, 18:03 | Par jojobli

sur les faits graves de l'ancienne présidence, saura t on ?

04/04/2013, 11:01 | Par Silvagni en réponse au commentaire de jojobli le 03/04/2013 à 18:03

Espérons que ça dépende encore un peu de nous...

03/04/2013, 22:05 | Par Arthur Porto

L'affaire Cahuzac est aux mains de la Justice, et s'ouvre l'affaire Hollande. Est-ce qu'à cette occasion un sursaut va pourvoir s'opérer ou resterons nous dans les calculs arithmétiques de combien de places à risquer,  pour savoir à quel moment on va mettre des rustines dans le cumul des mandats sans trop énerver les cumulards bien installés. La démocratie est confisquée voire usurpée par ces détenteurs du pouvoir, qui ont formé des dynasties Tibéri, Guérini, ou qui ont mélangé trésorerie de parti et vieille dame généreuse Woerth. Ils se sont en quelque sorte appropriés de la démocratie pour mieux s'en servir en faisant bénéficier leur clan.

Et vous avez raison de souligner la porte ouverte mais que sera celle des citoyens en vue d'un sursaut démocratique. Je noterai tout de même ce vent nouveau qui souffle du côté de la justice, où une certaine indépendance semble s'installer. Il me semble que c'est un des bons points de Christiane Taubira, même si ça tombe mal pour l’exécutif.

http://blogs.mediapart.fr/blog/arthur-porto/030413/cahuzac-depute

03/04/2013, 22:35 | Par Silvagni

Oui en effet, nous parlons bien de la même chose et je pense que Hollande lui-même a compris qu'il est désormais en plein coeur de cible...et toujours sur le reculoir...

04/04/2013, 08:40 | Par Annie Lasorne

J'adore la porte ouverte, je me précipite sur des images n'ayant eu que le son !

J'espère de tout mon coeur que Cahuzac se lache. Pourvu qu'on ne le suicide pas.

04/04/2013, 11:05 | Par Silvagni en réponse au commentaire de Annie Lasorne le 04/04/2013 à 08:40

Bravo mais pas la peine de forcer: enfoncer les portes ouvertes c'est ce que Hollande fait de mieux.

04/04/2013, 08:11 | Par maxounet

A pleurer! Est-ce qu´un journaliste éclairé de votre rédaction pourrait écrire un article sur les raisons de voter après tout ca? Sans tomber dans la caricature, nous savons tous que pour 1 pris, 10 passent à travers les mailles du filet. C´est comme sur la route, ce n´est pas à la première infraction que nous sommes verbalisés! Que faire?

04/04/2013, 08:26 | Par dom9

Enterrée la loi Juppé ? Le 19 janvier 1995, le Parlement gravait dans le marbre le principe «d'automaticité» d'une peine d'inéligibilité de dix ans pour tous les élus coupables de certains délits. Les parlementaires avaient alors suivi les recommandations de la commission Rozes, qui estimaient «qu'il n'appartient pas au juge de se prononcer sur l'inéligibilité d'un élu en raison du principe de la séparation des pouvoirs et qu'en conséquence seule la loi doit fixer le régime juridique de l'inéligibilité». A l'époque, Alain Juppé était à Matignon. Le jugement d'hier, qui l'exonère des neuf dixièmes de sa peine automatique, pourrait servir de jurisprudence.

Une décision attendue aujourd'hui pourrait aller dans le même sens. Le Conseil constitutionnel doit statuer sur la validité de l'élection au Sénat, en septembre, de Lucette Michaux-Chevry. L'amie de Jacques Chirac a été condamnée, pour délits de favoritisme, le 25 novembre 2002. Condamnée à 20 000 euros d'amendes, cette peine aurait dû être inscrite automatiquement au casier judiciaire de l'élue guadeloupéenne. Et du coup entraîner son inéligibilité automatique pour dix ans. Si les Sages valident son élection, ils enterreront du même coup la loi Juppé de 1995.....

 

Le Conseil constitutionnel, saisi le 7 mai 2010 par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC - article 61-1 de la Constitution) vient de déclarer inconstitutionnel, par une décision du 11 juin 2010, l’article L.7 du code électoral. Toutes les personnes frappées d’inéligibilité à ce titre sont fondées à demander leur réinscription sur les listes électorales.

04/04/2013, 11:01 | Par Silvagni en réponse au commentaire de dom9 le 04/04/2013 à 08:26

Bien vu! Mais nous sommes là dans un autre débat, institutionnel, qui est de savoir ce qu'il en est du mode de représentation que nous voulons. La démocratie directe semble inadaptée aux formidables pressions du système capitaliste, dont c'est là une des conséquences les plus perverses. En l'état, c'est l'irresponsabilité déclarée des élus qui est en cause, à commencer par le mensonge en politique tel qu'il est bel et bien institutionnalisé sous la Vème République tout comme sous les précédentes...

04/04/2013, 09:24 | Par Nhat Vo Tran

Je me demande si l'on n'a pas les élus que l'on mérite... Je pensais à cela en regardant le nombre d'impolitesses et de goujateries (ce que l'on appelle les "incivilités") croisées dans les rues, y compris de la part des personnes âgées, qui dans mon esprit un peu jeune sont censées représenter le savoir-vivre. Il y a aussi toutes les petites atteintes à la loi qui "ne sont pas graves" (se garer en double file dans les rues à une voie, se garer en double file devant une place libre, passer au rouge parce qu'on est un vélocipède, etc. (il y a aussi beaucoup à reprocher aux piétons...)). Il y a aussi toutes ces gens qui mentent parce que cela les arrange (sans que cela soit non plus "très grave") et qui se mentent à elles-mêmes...

Je me demandais donc si l'on n'avait pas les élus que l'on méritait. Après c'est juste une question d'échelle.

Et puis, je dit, non, ce doit être une crise des institutions: Toute organisation/institution/régime permet à certains de profiter du système. Le problème vient quand ces profiteurs prennent le pouvoir... Et là, je suis d'accord avec l'article, il y a un problème avec l'irresponsabilité pénale des politiciens.

Mais comme j'ai appris à l'école à rédiger selon ce "superbe" schéma thèse-antithèse-synthèse, je me dis qu'il doit y avoir un peu des deux.

04/04/2013, 10:47 | Par Danièle THOUY

Quand mettrez-vous le même acharnement à dénoncer toutes les turpitudes de Sarkozy et de la droite là aussi il y a du boulot

04/04/2013, 10:53 | Par Silvagni en réponse au commentaire de Danièle THOUY le 04/04/2013 à 10:47

Si pour vous Cahuzac est de gauche parce qu'il est au PS, vous devez avoir bien du mal à vous y retrouver. Je vous le disais dans le corps de ce billet: de la droite nationaliste à la social-démocratie corrompue...incluse. 

04/04/2013, 11:03 | Par Silvagni

@ Nhat Vo Tran

Vous avez raison de réflêchir méthodiquement: thèse - antithèse, ce n'est pas seulement une technique scolaire, c'est une bonne méthode que nous avons tous tant que nous sommes  bien du mal à respecter. Notez tout de même que nous sommes surtout ici confrontés à une idée imbécile selon laquelle il y aurait un lien de corrélation , positif ou négatif, entre élu du peuple et probité. Le " tous pourris" rejoint dans la même confusion  l'idée qu'un élu est honnète puisqu'il est élu, volontiers affichée chez les braves gens. Et ça ce sont de grosses bi-thèses :-)

04/04/2013, 18:22 | Par Nhat Vo Tran en réponse au commentaire de Silvagni le 04/04/2013 à 11:03

Vous avez raison, je n'avais pas vu le problème sous cet angle.

Je ne suis d'ailleurs nullement convaincu par le postulat que l'élu est honnête parce qu'élu. Cette idée est cependant sous-jacente, me semble-t-il, dans les fondements de la Vème République où l'on couvre une violation de la Constitution parce que le peuple l'a implicitement approuvée par référendum (éléction du Président au suffrage direct en 1965) ou des comptes de campagne électorale litigieux parce que le candidat a gagné (je fais référence aux doutes qui existent sur la campagne de Jacques Chirac dans les années 1990).

Cette idée que l'élection lave plus blanc que n'importe quelle lessive pose vraiment problème à la notion d'État de droit.

04/04/2013, 11:10 | Par arazat

Excellent votre billet

04/04/2013, 11:33 | Par Barth 600

Tous pourris ?

Bien sûr que non !

Tiens, il ne se passe rien.

Alors, tous pourris ?

Bien sûr que oui !

Alors, il faut renverser la table, sinon ...

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