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De la légalisation d'emplois fictifs chez nos hauts fonctionnaires

En voilà un métier qu'il est bien... Napoléon l'avait imaginé puis De Gaulle l'avait interdit, par souci de probité sans doute. Aujourd'hui, nous devons l'existence du statut de "préfet en mission de service public" à notre cher Mitterrand, héros du socialisme, patron des magouilleurs et roi de la double-vie, celui-là même dont on veut nous faire chanter les louanges et fêter les 30 ans. Nous n'en sommes pas à une invraisemblance près, mais passons...

 

Article du Monde.

 

Voilà que l'on nous explique comment un tel statut existe sous une forme que l'on peut qualifier d'honorifique ou "fantôme", sans affectation territoriale mais avec un salaire et un pension bien réelles, elles. Interrogé en 1999, Chevènement en répertoriait 59, que ce soit en récompense de leurs services pour les uns ou de simple retours d'ascenseur pour les autres. 59 préfets fantômes en 1999, touchant en moyenne 6000 euros par mois de salaire et 4000 euros de retraite. Cumulables. Alors, combien sont-ils aujourd'hui? Ont-ils créé un club de gentlemen et se réunissent-ils pour s'auto-congratuler autour d'un bon cigare? Pourquoi personne n'enregistre-t-il pas aussi leurs conversations?

 

Article de France Soir.

 

Mais là ou la coupe déborde, c'est quand on nous raconte comment, "en cas d'échec électoral, chacun d'entre eux pouvait coiffer sa casquette de préfet hors cadre et percevoir son salaire plein pot, sans être affecté en poste dans un département."

Il ne faut pas avoir fait l'ENA pour comprendre que ceci n'est rien d'autre qu'une définition d'un emploi fictif. Officialisé et légalisé au vu de tous; transcendant les clivages poliques depuis 30 ans puisque gauche et droite ont allègrement plongé leurs mains grassouillettes dans ce pot de miel.

 

La plupart des articles s'arrêtent là, ayant dénoncé et expliqué cette pratique, informant une fois de plus les Français au sujet des agissements douteux de leur élite. Quid d'une solution? Voter, nous dit-on, reste le meilleur moyen de se battre et de combattre; mais encore faudrait-il que des alternatives honnêtes à cette république bananière existent.

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