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Trois ans après sa mort, Daniel Bensaïd pense encore

Un site internet - www.danielbensaid.org - consacré au philosophe et théoricien du communisme anti-stalinien vient d'être lancé, recensant ses écrits et ses interventions. Il se veut un site d'actualité sur la pensée de ce membre fondateur de la LCR. Réalisé par la compagne de Daniel Bensaïd, Sophie, qui après un long travail d'archivage et d'édition de deux ans et demi, souhaite désormais que « ce site ne soit pas un mausolée », mais contribue à « faire connaître et vivre cette pensée exigeante, toujours en action ». Ayant d'ores et déjà recensé 848 textes du penseur de « la discordance des temps », dont une majorité en français, mais aussi un certain nombre en anglais, allemand, espagnol ou portugais, le site présente aussi bien les nombreux ouvrages de Bensaïd entre 1968 et 2010, comme ses articles de recherche en tant que professeur à Paris VIII, ou ses textes internes comme dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, devenue ensuite NPA).

 

 

On retrouve aussi de nombreuses photos d'archives, une partie de ses interventions radiophoniques et télévisées, des conférences ou entretiens filmés. Les dessins de Wiaz et Charb, avec qui Bensaïd a collaboré, notamment pour désacraliser et renouveler la pensée de Marx, parsèment un site qui a vocation à continuer de s'enrichir. A la fois parce que de nombreux écrits ou interventions n'ont encore pu être recensés ou traduits, mais aussi via la constitution de dossiers thématiques synthétisant ses travaux, et réalisés par des intellectuels ou militants de « la galaxie Bensaïd », ainsi que l'appelait Olivier Besancenot, lors de l'hommage rendu à la Mutualité en janvier 2010, peu après sa mort (lire notre billet à l'époque).

D'ores et déjà, l'on retrouve deux de ses dossiers en ligne, l'un réalisé par Bernard Chamayou, sur « la dépossession », l'autre sur « le communisme », par Catherine Samary. De quoi inspirer les militants du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), alors que son congrès se tient ce week-end. Réduit à moins de 2 000 votants et divisés en quatre tendances dont on peine à saisir les réelles divergences, après qu'une majorité de ses membres l'a quitté par vagues successives, le NPA a retrouvé les basses eaux de la LCR des années 1980 et 1990. Une hémorragie et une marginalisation politique, qui avaient à l'époque été surmontées. Mais qui souffrent aujourd'hui, d'après beaucoup des fondateurs du NPA, du vide théorique laissé par « Bensa ».

 

L'adresse du site : www.danielbensaid.org

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01/02/2013, 17:45 | Par Annie Lasorne

Initiative intéressante.

01/02/2013, 20:38 | Par passifou

Tiens, on pense à un médiapartien.

Un de la gauche, vraie de vraie.

Il manque.

01/02/2013, 20:44 | Par Philippe Corcuff

Merci pour l'info!

03/02/2013, 01:04 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 01/02/2013 à 20:44

Qu'est-ce que tu en fais de l'info Surcouf ?

03/02/2013, 19:19 | Par Patrick Daquin en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 01:04

Et toi, La Grotte ? Parce que Corcuff, avec ou à propos de Bensaïd, il a déjà fait deux ou trois trucs.

02/02/2013, 10:15 | Par françois périgny

Stéphane Alliés,

pourquoi écrivez-vous "philosophe et théoricien du communisme anti-stalinien" ?

Staline n'avait pas grand chose à voir ni avec la philosophie, ni avec la théorie, ni avec le communisme, mais beaucoup à voir avec le nationalisme. Où, donc, voulez-vous en venir ? Il suffisait d'écrire : "Daniel Bensaïd, philosophe et théoricien du communisme". Ainsi vous auriez évité de remuer les cendres de Staline, qui sont quand même, maintenant, très très froides. Ou alors, vous auriez pu écrire : "philosophe et théoricien du communisme anti-poutinien".

Mais peut-être aviez-vous autre chose en tête ?

02/02/2013, 13:07 | Par pascal b en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 10:15

La trajectoire politique de Daniel Bensaïd est née dans un combat pour faire exister un communisme face au stalinisme, faure exister une critique radicale du capitalisme et aussi du socialisme de l'URSS. Un communisme face à cette réalité politique massive que le stalinisme a été dans le monde pendant des décennies, comme "socialisme" .

La fin du "socialisme réellement existant" n'a pas été le moment d'un développement politique de la critique radicale du capitalisme, pas plus que la constatation de la transformation du Parti communiste chinois en force contre-révolutionnaire ne le fut. Bensaïd était un de ceux qui se donnait pour tâche de penser cette contradiction; l'antistalinisme n'était pas une vieille lune pour lui.

Stéphane Alliès en définissant Bensaïd comme  "philosophe et théoricien du communisme anti-stalinien" ,  parle juste. Cette caractérisation ne suffit pas à décrire le travail, l'oeuvre de Bensaïd, certes.

02/02/2013, 14:48 | Par françois périgny en réponse au commentaire de pascal b le 02/02/2013 à 13:07

"Cette caractérisation ne suffit pas à décrire le travail, l'œuvre de Bensaïd". Voilà. C'est tout simple, il suffisait de le dire. On peut même aller plus loin et dire que le travail contre le stalinisme était une part infime de son ouvrage, et heureusement. Le sujet et l'objet principal de cet ouvrage restant son idée du communisme. Je ne le répéterai jamais assez : Staline est mort, comme Mao. Le capitalisme est toujours là, dominant comme jamais. Laissons au Figaro et au Point-BHL le soin d'associer sans cesse les mots de communisme et de stalinisme comme si le communisme ne se ramenait qu'à ça.

  Mais reste dans une certaine frange des intellectuels "aux mains propres", une certaine méfiance envers un communisme qui ne serait pas le leur, un communisme contaminé par la violence quotidienne, et pas seulement symbolique, que subit une certaine classe sociale, l'ouvriére, mal-pensante.

02/02/2013, 18:42 | Par pascal b en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 14:48

Il y a une divergence entre nos deux propos. "Staline est mort", certes, mais en son nom un mouvement communiste et courageux et totalitaire s'est développé dans le monde avec des conséquences concrètes sur la vie des habitants de cette planète, conséquences dont les traces n'ont pas disparu. Etre du côté des vaincus, des minorités, des hérétiques était une praxis qui n'était pas dominante dans la grande majorité des mouvements se disant communistes, ce fut explicitement ce que Daniel Bensaïd défendit à partir des années 90.

Et dire que ceux qui ont agi au nom du communisme furent sans rapport avec le communisme ne satisfera que ceux pour qui la politique est une affaire de philosophe, de logique formelle sans dialectique et sans passé.

02/02/2013, 23:11 | Par françois périgny en réponse au commentaire de pascal b le 02/02/2013 à 18:42

Non. Tout de suite : non. Ce n'est pas au nom de Staline que le stalinisme s'est répandu. Cherchez plutôt du côté de Churchill ou de Roosevelt (ou au plus profond des noms qui signifient le capitalisme,; vous, par exemple, l'individu au mains propres qui ne veut pas être déranger, ce que signifie le capitalisme)  Cherchez aussi du côté de Piotr Veliki, du Kremlin, interrogez Fedor Dostoievski, vous y découvrirez des choses intéressantes sur l'Ukraine et la Russie. Cherchez du côté du nationalisme, vous y trouverez plein d'idiots nationaux.  Et puis : Bensaïd, c'est bien. Et Zizk, sur le nom de Staline : éclairant, et beaucoup plus. Poor cause : slovéne-slovaque, loin de Paris, proche de Berlin. See what I mean ?

03/02/2013, 00:52 | Par françois périgny en réponse au commentaire de françois périgny le 02/02/2013 à 23:11

"Mais en son nom"  Une bêtise sans nom.

 

Et pendant ce temps,   le désert s'avance.

03/02/2013, 01:21 | Par pascal b en réponse au commentaire de françois périgny le 03/02/2013 à 00:52

Ce n'est pas au nom de Staline que le stalinisme s'est répandu.

Cela resterait à démontrer. L'adulation de Staline par le PCF aurait donc été une illusion d'optique? La contre-révolution stalinienne dès les années 1930 (Bensaïd en parlait ainsi) aurait été selon vous une réaction à l'impérialisme??

Vous dites que je suis un "individu aux mains propres qui ne veut pas être dérangé". Ne pas oublier les leçons du passé, c'est, pour vous, se montrer étranger à la lutte de classes, faire le jeu de l'ennemi de classe? Bensaïd ne parlait ainsi, bien sûr.

Je parlais de Daniel Bensaïd.


03/02/2013, 15:00 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 01:21

Je n'aime pas Staline mais réduire les erreurs et l'échec final de l'expérience socialiste du XXème siècle à Koba est une bourde politique monumentale. En cela, l'antistalinisme est détestable car il permet à la Réaction de cracher sur le communisme et évite aux "antistaliniens" communistes de penser les structures intellectuelles et/ou politiques qui ont rendu possible cet échec dont nous ne sommes pas encore remis.

J'ai une vraie sympathie pour feu le camarade Bensaïd et je regrette d'autant plus sa disparition qu'un débat de fond, entre autres avec lui, aurait été salutaire. Trotski au pouvoir aurait sans doute fait du Staline et Lénine lui-même a posé les fondements de cette dérive.

Le point, proprement tragique, de cette histoire est que des hommes - et des femmes - courageux, volontaires politiques de l'émancipation des hommes, révolutionnaires... ont fini par faire le Goulag, la Tchéka, etc.

Tout centrer autour de la figure de Staline évite de tirer un bilan de nos impasses, de nos points d'aveuglement en donnant de cette histoire une vision américaine où tous les torts seraient concentrés en un seul homme, le monstre Staline.

Che Guevara est mort jeune et beau. D'où le fait que tout le monde l'aime et l'admire. Mais qu'aurait-il fait, au pouvoir ? Du socialisme "stalinien" !

Si le seul communisme acceptable a une gueule d'archange et de victime, autant laisser tomber.

Entre nous, camarades, crevons l'abcès, discutons, sans lâchetés diverses et variées : c'est la seule façon de relever de la boue la grande idée de communisme.

03/02/2013, 15:03 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 15:00

En cela, l'antistalinisme est détestable car il permet à la Réaction de cracher sur le communisme et évite aux "antistaliniens" communistes de penser les structures intellectuelles et/ou politiques qui ont rendu possible cet échec dont nous ne sommes pas encore remis.

Il y a pire : le stalinien honteux, celui qui a couvert tous les crimes, toutes les ignomignies, toutes les lachetés, et qui ensuite vient faire la leçon, moraliner d'une façon détestable. Le stalinisme heureusement n'est plus. Et ceux qui ont couvert ses crimes, recommandé le meurtre de masse et l'incapacité crasse (entre famines dues à l'incapacité de ses dirigeants et désastres militaires majeurs de "la plus grande médiocrité du parti", Staline l'incapable)

Evidemment, le stalinisme n'est pas à oublier. "Le Ventre est encore fécond, d'ou est sortie la bête immonde" Comme n'est pas a oublier l'ingnoble Mao Zedong, responsable de la famine du "grand bond en avant", du massacre des "cents fleurs", grand corrupteur de la jeunesse (ses frasques sexuelles sont de notoriété publique) Et n'oublions pas dans l'ignobles ceux qui ici, dans le confort de leur orginine petite bourgeoise approuvaient la fameuse "révolution culturelle" de sinistre mémoire.

03/02/2013, 15:06 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 15:03

OK...

Et Cronstadt ?

(Là où tu merdouilles un peu quand même, c'est que tu cites un vrai stal...).

04/02/2013, 13:20 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 15:06

tu cites un vrai stal...

Si c'est à Brecht que tu fais allusion, je pense que tu te trompe totalement sur le bonhomme. Quelqu'un qui a approuvé les émeutes ouvrières de berlin (en 53) ne peut pas être tout a fait mauvais...

07/02/2013, 14:31 | Par vieille dame en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 15:03

grace au verbe "moraliner" vous aparaissez en première page de google si on fait une recherche sur le terme.

j'aime bien : mouliner de la morale ? mort aux raleurs ? aux alignés ? Sourire

07/02/2013, 14:53 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de vieille dame le 07/02/2013 à 14:31

Nan, ça c'est mon coté "Nietcheen de gauche" qui ressort A moins que ce soit mon coté fan de Férré "N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres" Seulement dans ce cas, je marches sur des oeufs : si jamais on me soupçonnais de passer avec armes et bagagges à la fédération anarchiste... Mais bon, cela n'arrivera pas vu que je me suis DEJA fait exclure (pour avoir couché avec la copine du chef du Groupe Malatesta, insulte et menace de coup envers le compagnon Maurice joyeux)*

* J'étais jeune et con a cette époque, maintenant je suis moins jeune, mais toujours aussi con... Et je ne supportait pas les "petits chefs" or la FA a cette époque en était bourrée...

03/02/2013, 15:59 | Par pascal b en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 15:00

Tout centrer autour de la figure de Staline évite de tirer un bilan de nos impasses, de nos points d'aveuglement en donnant de cette histoire une vision américaine où tous les torts seraient concentrés en un seul homme, le monstre Staline.

Poser la question ainsi est assez juste.

Autant supputer sur ce que Guevara ou Trotski auraient fait dans des circonstances historiques hypothétiques me semble de peu de consistance, autant dire que les programmes de l'extrême-gauche trotskiste à l'époque du stalinisme triomphant étaient justes, sans réserve, serait présomptueux et stupide.

Parler d'antistalinisme n'est pas "concentrer les torts sur un seul homme" mais tenter de comprendre comment des organisations très autoritaires et liées officiellement à un état qui opprimait les ouvriers et bien d'autres a pu exercer cette emprise de masse durable, pendant des décennies.

Mais il ne s'agissait, sur ce fil, que de dire que la qualification de Danel Bensaïd comme antistalinien me paraissait appropriée, mais non exhaustive.

La question politique aujourd'hui n'est bien sûr pas centrée sur l'antistalinisme.

Mais la difficulté à parler de ce que le socialisme pourrait être est liée au stalinisme, et à l'échec des social-démocraties et à leur mue sociale-libérale et aussi à une marginalité prolongée de la gauche radicale qui est considérée par beaucoup comme signe de son impuissance et il y a dans ce jugement une part de vérité. Daniel Bensaïd était un intellectuel militant qui affrontait ces défis, avec intelligence. Nous avons à poursuivre, nous poursuivons. Oui, discutons.


03/02/2013, 17:50 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 15:59

dire que les programmes de l'extrême-gauche trotskiste à l'époque du stalinisme triomphant étaient justes, sans réserve, serait présomptueux et stupide.

Personne ne prétend, ou n'a jamais prétendu cela ! Et surtout pas Daniel. Qui avait des défauds (qui n'en a pas) mais certainement pas celui de vouloir imposer à coup de barre de fer ses certitudes relatives (comme ces crapules qui terrorisaient Deleuze du temps de "l'aube rouge")

Mais qu'il fallait faire une analyse juste de ce "mensonge déconcertant", alors là, mille fois oui.

03/02/2013, 17:53 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 17:50

Qui n'a pas de défaut ? Bah, toi, pardi !

 

(Quel recuit, tu fais...)

03/02/2013, 19:46 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 17:53

Qui n'a pas de défaut ? Bah, toi, pardi !

Ou est ce qu'il est question de "moi" (ou de toi, d'ailleurs) On compare Daniel et Badiou. Ce qui est entre nous une occupation de désoeuvrés. Mais bon, puisqu'il y a du temps à perdre (et que "l'histoire ne nous mord plus la nuque") il y a selon moi deux choses d'indiscutable : d'une l'oeuvre "philosophique" de Badiou surpasse sans aucun doute celle de Bensa au niveau profondeur, rigueur, etc. Mais quand avoir créé un truc tenant plutot pas mal la route, là aussi il n'y a pas photo.  Certains admirent "la figure du maitre". Lacan a beaucoup glosé la dessus. Staline, Badiou, Mao Zedong, Robespierre, c'est tout un. Quand à avoir la fois du charbonnier "qui est heureux comme un pape et con comme un panier", je laisse ça à d'autres.

03/02/2013, 19:55 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 19:46

Staline, Badiou, Mao Zedong, Robespierre, c'est tout un.

Sois sérieux, Marc, putain !

03/02/2013, 21:10 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 15:00

Il y a de toute manière une contradiction dans la critique du stalinisme. Soit la critique du stalinisme est la dénonciation d'un système produit par Marx lui-même, ce qui revient à condamner l'ensemble du mouvement communiste ; Trotsky, Lénine et Staline, ou d'autres, étant interchangeables, leur politique aboutissant au même résultat par simple effet de système. Soit on considère que le stalinisme est un produit d'un nationisme et alors il ne s'agit que d'un problème spécifiquement russe, en l'occurrence (avec un effet de prestige un peu partout dans le monde).

03/02/2013, 21:11 | Par pascal b en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 21:10

Soit le stalinisme est le nom de la contre-révolution qui a massacré la majorité des dirigeants historiques du parti bolchevik. Contre-révolution qui a mis fin à la révolution dirigée par Lénine et aussi Trotski, qui était une praxis marxiste. Contre-révolution menée avec des atours internationalistes et qui eut des effets internationaux.

Il n'y a pas de la logique binaire en politique.

03/02/2013, 23:19 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 21:11

Ce n'est franchement pas convaincant. Dans un processus révolutionnaire, la contre-révolution renforce plutôt la cohésion des forces révolutionnaires qu'elle ne les divise. Dans une France menacée de l'extérieur et de l'intérieur, ni la Terreur ni Thermidor ne sont des épisodes contre-révolutionnaires, mais la consolidation des acquis amassés depuis la Constituante, même si ça peut apparaître négativement avec la disparition de nombreuses têtes et figures de proues.

L'URSS se consolide sous Staline, en dépit des efforts de guerre. J'imagine que les Trotskystes et les idéalistes en général ne voient que la disparition d'une certaine pureté philosophique, d'un rêve d'âge d'or révolutionnaire. Mais une révolution sert avant tout à construire une société et à essayer d'améliorer la situation de la population. Or, sans parler des questions d'ordre économique, les indices démographiques, qui révèlent l'état de santé réel de la population, s'améliorent sur cette lancée jusqu'au début des années soixante. C'est plutôt la période de déstalinisation qui ressemble à une contre-révolution, aboutissant à la dislocation du bloc de l'Est et à l'effondrement du système (prédit au milieu des années 70 par l'analyse d'un renversement des indices démographiques dès le début des années 60).

Le processus révolutionnaire fut bien réel. Ce qui est difficile à admettre pour des communistes français qui sont, en réalité, surtout de culture libertaire, c'est que le communisme n'a pu se greffer que sur des systèmes politiques et nationaux autoritaires, qu'il s'agisse de la Russie, de la Serbie ou de la Chine.

03/02/2013, 23:22 | Par pascal b en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 23:19

Votre éloge de la dictature stalinienne est étranger, hostile à ce qu'a défendu, jour après jour, courageusement et intelligemment Daniel Bensaïd.

04/02/2013, 00:18 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 23:22

A part faire une hagiographie et des contresens, quel est l'apport de vos contributions ?

L'approche historique que je fais ne juge en aucune façon Staline ou d'autres. Le paradoxe, c'est que l'approche à dominante philosophique ne peut se retenir de juger. De ce que j'ai lu sur le site sur Bensaïd, je ne peux être convaincu par les explications historiques qui y sont présentées, notamment sur l'idée de contre-révolution. On ne peut être à la fois militant et historien. Le militant aura le sentiment que la révolution est "trahie", l'historien ne verra pas forcément la même chose. Ce qui est pour mois inintéressant, c'est une présentation en philosophe du communisme sans lien avec une réalité sociale, une situation géographique et une période historique précise. Ce genre de lecture, qui ne voit l'histoire qu'à partir de rapports de force illusoires entre différentes tendances communistes au rôle historique surévalué me rend donc assez malheureux.

Par contre je m'intéresserai de plus près à ce qu'il dit de Marx qui, souvent, pensait plus en historien qu'en philosophe.

04/02/2013, 10:14 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 23:19

Dans un processus révolutionnaire, la contre-révolution renforce plutôt la cohésion des forces révolutionnaires qu'elle ne les divise. Dans une France menacée de l'extérieur et de l'intérieur, ni la Terreur ni Thermidor ne sont des épisodes contre-révolutionnaires, mais la consolidation des acquis amassés depuis la Constituante, même si ça peut apparaître négativement avec la disparition de nombreuses têtes et figures de proues.

Je crois qu'on est pas tout a fait d'accord sur ce qu'est une "contre révolution" (qui n'est pas "l'inverse d'une révolution") Justement, Trotsky a utilisé le terme de "Thermidor" vis a vis de la contre révolution soviétique. C'est a dire la forme bonapartiste de la république bourgeoise. Il ne vous aurait peut être pas échappé que Napoléon a aboli la république et constitué "l'empire". A t il "renforcé" la révolution, ou lui a t il mis fin ?

Le probléme (et Trotsky en parle explicitement dans ses textes concernant la contre révolution stalinienne) est que "la contre révolution", ce n'est pas la Restauration, mais bien Thermidor. Thermidor prépare et anticipe la restauration. Mais plus grave encore, il corrompt l'idée même de révolution. Révolution qui était l'irruption (violente) du Peuple dans l'histoire, et qui n'est plus que les diverses ruses d'un monarque. On avait les droits de l'homme, on a les prefets. On avait les sans culottes, on a les grognards. On s'adressait aux peuples de toute l'europe, on met celle ci a feu et à sang par la guerre et le pillage a vocation familliale. On abolissait l'esclavage, on le rétabli

L'URSS se consolide sous Staline, en dépit des efforts de guerre. J'imagine que les Trotskystes et les idéalistes en général ne voient que la disparition d'une certaine pureté philosophique, d'un rêve d'âge d'or révolutionnaire

Les trotskystes ont laissé bien des écris la dessus, mais jamais il n'y a eu "nostalgie" d'un "age d'or". Mais plutot rappel des trahisons et des crimes. Rappelons que le stalinisme va liquidier le vieux parti bolchevique (plus de 80% de ses membres sont assassinés) qu'il va etre responsable de plus de 43 millions de morts (de faim, de déportation dans la Kolyma) Rappelons que le stalinisme va liquider la révolution espagnol, assassiner les dirigeants du Poum et des anarchistes. Rappellons que Staline va sombrer dans l'antisémitisme le plus abject. Qu'il va interdire le droit a l'avortement, et condamner à mort les pratiques homosexuelles. Rappelons que Staline va laisser faire le massacre des communistes en Grece. Rappelons que Staline va liquider le parti communiste polonais (accusé de "trotskysme" dans son ensemble)

Le processus révolutionnaire fut bien réel. Ce qui est difficile à admettre pour des communistes français qui sont, en réalité, surtout de culture libertaire, c'est que le communisme n'a pu se greffer que sur des systèmes politiques et nationaux autoritaires, qu'il s'agisse de la Russie, de la Serbie ou de la Chine.

Je ne suis pas spécialement de "culture libertaire", mais entre un libertaire et une ordure comme milosevic ou pol pot, mon choix est vite fait. Le votre aussi, et il est du coté des massacreurs et des ordures.

04/02/2013, 11:22 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 10:14

Je pense que vous faites une confusion. Thermidor n'a rien à voir avec une forme bonapartiste de gouvernement. C'est un moment du gouvernement révolutionnaire piloté par les Jacobins. Vous pourriez dire à la rigueur que le Directoire prépare le coup d'Etat du 18 brumaire, mais pas Thermidor. Thermidor a été salué par Gracchus Babeuf. Quant à parler de la Restauration..., non, vous n'êtes pas sérieux.

Dans mon souvenir, il me semble que la Terreur stalinienne a plutôt été comparée à la Terreur française (avec toutes les précautions d'usage qu'on doit faire quand on compare deux contextes historiques différents). En tout cas, ça me semble être beaucoup plus pertinent, y compris selon votre approche : c'est la Terreur qui élimine les partis girondins et hébertistes, pas Thermidor. Dans votre optique, c'est la Terreur qui est contre-révolutionnaire, pas Thermidor.

L'Histoire ne vous intéresse donc pas. La terreur est effectivement plus que déplorable, d'un point de vue moral. Il n'empêche que l'URSS a continué et a conquis de nombreux progrès sociaux et humains par la suite. Mais cela non plus ne vous intéresse guère, décidément.

Le problème c'est que l'Histoire a montré que le communisme ne peut se greffer que sur des systèmes nationaux autoritaires. C'est un gros problème posé aux communistes, y compris d'un point de vue philosophique. Une contradiction indépassable, vu de France. En revanche, est-ce que cela pose réellement un problème aux communistes russes, chinois ou serbes ? Je n'en suis pas sûr. 

Les communistes français et occidentaux ont du mal à comprendre que l'égalité ne va pas forcément avec la liberté. La liberté et l'égalité, c'est le système français, comme le dit si bien sa devise, ou encore celui d'Amérique latine. Mais cela encore, vous n'en avez rien à faire. Ce qui vous intéresse c'est de trouver des coupables, des têtes à couper, de désigner des ordures. Comme preuve de l'inspiration russe ou chinoise de l'idée communiste, c'est impeccable.

 

03/02/2013, 21:45 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 21:10

Il y a encore une troisième analyse possible.

04/02/2013, 11:05 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 01:21

Ce n'est pas le passé qui fait problème, ce sont les "leçons" que vous prétendez en tirer pour continuer à casser du grain sur ceux qui, comme moi, sont dans une orientation renouvelée de l'idée même du communisme (à opposer comme je le fais ici, de façon argumentée, à l'idéologie démocratique). A ce stade, vous m'apparaissez plus pour un démocrate-anti-communiste-d'aujourd'hui que pour un ancien ami de Bensaïd.

 

04/02/2013, 12:36 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 04/02/2013 à 11:05

l'idée même du communisme (à opposer comme je le fais ici, de façon argumentée, à l'idéologie démocratique)

Sauf que l'idée même du communisme IMPLIQUE l'idée même de la démocratie. On peut opposer "démocratie réelle" à "démocratie formelle", "démocratie bourgeoise" à "démocratie ouvriére", il n'empèche... L'analyse marxiste de la dégenerescence stalinienne est bien liée au fait de l'appropriation par une caste bureaucratique de la réalité du pouvoir politique. Ou alors on nie ladite dégénérescence, on lui donne des raisons "morales" ou "personnelle" (qui tiennent à la personalité de ses dirigeants) Tout cela dépend bien d'un certain idéalisme (ce qu'on nous repproche par ailleurs)

04/02/2013, 21:16 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 12:36

Je pose que dans la lutte idéologique relative à la question du changer (rupture) ou du ne pas changer (réformisme capitalo-parlementaire) de monde. Se joue le destin de l'opposition entre l'idée du communisme telle qu'elle est à nouveau en chantier et l'idée démocratique telle qu'elle domine, constituant le coeur de l'idéologie dominante nécessaire à la puissance renouvelée du capitalisme mondialisé. 

L'idée du communisme comprend la catégorie politique de démocratie, mais ne saurait s'y réduire. Ou autrement dit, l'idée démocratique ne recouvre pas l'idée du communisme. 

04/02/2013, 11:05 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 01:21

Ce n'est pas le passé qui fait problème, ce sont les "leçons" que vous prétendez en tirer pour continuer à casser du grain sur ceux qui, comme moi, sont dans une orientation renouvelée de l'idée même du communisme (à opposer comme je le fais ici, de façon argumentée, à l'idéologie démocratique). A ce stade, vous m'apparaissez plus pour un démocrate-anti-communiste-d'aujourd'hui que pour un ancien ami de Bensaïd.

 

02/02/2013, 11:28 | Par Ben.

Daniel Bensaïd , pense et pèse encore par ses révoltes , ses indignations, son humanisme et ses espérances

Merci, Stéphane

03/02/2013, 00:55 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Ben. le 02/02/2013 à 11:28

Révolte, indignation, "humanisme" et espérance ne sont rien sans l'action.

Agir ; y être.

03/02/2013, 11:50 | Par Ben. en réponse au commentaire de françois périgny le 03/02/2013 à 00:55

" Agir ; y être."

Je t'invite , Fédor ,  à aller à la découverte de  Daniel Bensaid

d'écouter l'émission de radio de  Daniel Mermet " Là bas si j'y suis " avec Daniel Bensaid

 

03/02/2013, 19:26 | Par Patrick Daquin en réponse au commentaire de Ben. le 03/02/2013 à 11:50

Neuf émissions de "Là-bas si j'y suis" avec Daniel Bensaïd sont disponibles sur le site dont il est question dans le billet de Stéphane Alliès.

04/02/2013, 09:45 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Ben. le 03/02/2013 à 11:50

J'ai écouté et lu Daniel Bensaïd, Ben. Je n'ai rien contre lui. Mais je conteste fortement que l'on puisse résumer son œuvre à un communisme anti-stalinien, et heureusement. Communisme et stalinisme sont tout simplement antinomiques.

04/02/2013, 10:16 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 09:45

Autant effectivement, on ne peut pas "résumer" Daniel au seul "communisme anti stalinien", autant on ne peut passer sous silence (ou par perte et profit) cette dimension centrale de son oeuvre. Toujours, il a pensé que cette question était "centrale", et que la dégénérescence bureaucratique de l'urss nous posaient un probléme qui n'était toujours pas résolu.

04/02/2013, 10:40 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 10:16

Et en cela il avait raison. On peut d'ailleurs noter qu'il le pensait, écrivait, disait et agissait à l'époque où le "centralisme démocratique bureaucratique" (et ouvriériste) du P.C.F. était... envahissant et bloquant. Mais je maintiens que maintenant et actuellement, pour ceux qui prétendent penser avec et après Bensaïd, il serait très nettement préférable de penser et agir pour l'idée de communisme contre Poutine aussi. (Ce que signifie ce nom).  Et que la question des "moyens" reste posée, reste ouverte. Je ne connais pas assez Badiou pour pouvoir l'affirmer, étant plus un lecteur de Zizek, mais il me semble que les deux ne disent pas autre chose, sur les moyens. La méthode "corcuffienne" (il n'est pas le seul, mais fait partie d'un concert) de toujours réduire Badiou à quelque chose de purement russe, cambodgien ou chinois me semble, de ce point de vue, totalement malhonnête. Pour le moins.

04/02/2013, 11:42 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 10:16

Au-delà d'"un problème pas résolu", il est évident que DB a mis le doigt sur le problème posé par le communisme en axant sa réflexion autour du stalinisme. Il n'est pas le premier : tous les anticommunistes l'ont précédé. Est-ce réellement conscient ou s'agit-il d'un simple prurit trotskyste ? Quelles sont finalement ses conclusions ? S'agit-il de faire en sorte que le communisme ne soit pas ce qu'il est face à l'Histoire ? N'est-ce pas en pure perte ?

03/02/2013, 15:05 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 03/02/2013 à 00:55

Il y a bien des choses a discuter autour de Daniel. Mais quand à l'action, il y a toujours été au coeur des processus de mobilisation chaque fois qu'il a pu, et même épuisé par la maladie, on pouvait le trouver dans les manifs, dans les mobilisations, dans tous les procesus pouvant déboucher sur des remise en cause du vieux monde qu'il exécrait.

04/02/2013, 08:22 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 15:05

Je le sais.

03/02/2013, 05:55 | Par alain chauvet

STEPHANE ALLIES

Ce qui est remarquable chez Daniel Bensaïde ce n'est pas son "antistalinisme" qui pour un strotskiste est la moindre des choses. C'est qu'il n'est en aucune manière abdiqué l'idée du communisme et la dimension internationale de la question. Sa limite, comme celle du NPA à mes yeux, reste liée  aux questions relatives aux nouvelles formes d'organisation de l'activité politique, à promouvoir à distance des formes du parti (hérité du léninisme, avant-garde), du mode syndical (économisme), et de l'Etat (la visée étatique du pouvoir).

Tout le reste (dont les Onfray et les Courcuff post-gauches et post-anars sont parties prenantes) se résume aujourd'hui à une campagne acharnée contre l'idée du communisme telle que le militant politique et philosophe Alain Badiou en problématise à nouveau, au plan national et international, l'actualité et la portée.

03/02/2013, 06:12 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 05:55

Sans oublier, Alain, que cette idée du "communisme" continue de se travailler, elle ne correspond plus à aucune définition établie, elle est le champ d'une réflexion ouverte (ex : Badiou, Zizek - L’IDÉE DU COMMUNISME, 2, Conférence de Berlin, 2010).

De là, l'idée que personne n'est exclu de cette réflexion. Une des pistes de ce travail est la question de l'égalité, mais aussi une interrogation de ce qui œuvre aux processus d'émancipation...

03/02/2013, 18:55 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 03/02/2013 à 06:12

Je pense, à la suite d'Alain Badiou, que se pencher sur l'impuissance contemporaine des forces progressistes est tout à fait capital aujourd'hui.

 

..."ce qui frappe en Grèce, exemplairement, et aussi bien partout ailleurs, et notamment en France, c'est l'impuissance avérée des forces progressistes à imposer le moindre recul aux puissances économico-étatiques qui entendent soumettre sans aucune restriction les peuples à la loi nouvelle, quoique aussi bien ancienne ou fondamentale, du capitalisme libéré.

 

"Non seulement ces forces progressistes piétinent sans pouvoir à ce jour se targuer d'un succès même local, même limité, mais ce sont bien plutôt les forces fascisantes qui gandissent et prétendent diriger dans le décor en trompe-l'oeil d'un nationalisme xénophobe et fasciste une opposition factice aux dictats des administrations européennes.

 

"...je tiens pour en partie responsable de cette impuissance, ce que j'appellerai ici de façon résolument provocatrice l'idéologie démocratique. Telle qu'elle domine encore largement les esprits et les groupes, y compris les plus contestataires, en entendant par idéologie démocratique l'idéologie dominante de nos pays et nos régions et qui, parce qu'elle est dominante, domine

 

"...l'idéologie démocratique a deux versants symétriques: un versant étatique et un versant mouvementiste.

"

LE VERSANT ETATIQUE se concentre juridiquement sur le culte de l'Etat et politiquement dans le culte des élections.

 

"LE VERSANT MOUVEMENTISTE se concentre, en ce qui concerne la pratique, dans le culte de l'action immédiate...

et en ce qui concerne l'organisation, dans le culte des collectifs ou associations égalitaires paticularisées par leurs cibles (collectif pour les sans papiers, pour l'égalité des femmes, contre le racisme, pour de nouvelles formes de vie, contre le réchauffement climatique ,pour le droit au logement, et ainsi de suite...)

 

"Or, ce que ces deux versants démocratiques ont en commun c'est l'idée, à mon sens tout à fait fausse, selon laquelle c'est l'opinion individuelle, la liberté vivante de chacun qui est à la racine de l'engagement politique et de ses conséquences (culte des libertés individuelles, notamment de la liberté d'opinion).

 

DANS LE CAS DE L'ETAT, cette opinion individuelle libre, en politique, prend la forme d'un bulletin écrit que caché dans un isoloir on met dans une boîte.

 

DANS LE CAS DU MOUVEMENT, l'opinion prend la forme de l'adhésion forte et symphatique mais circonstancielle et momentanée à tel ou tel mot d'ordre ; la forme du droit à dire ce qu'on veut dans les assemblées ; d'une méfiance envers toute autorité; du mythe de la base contre le sommet ; du mépris, caché ou explicite, de la pensée et des idées et des écrits, au nom du culte du concret, de l'action, et en fin de compte du refus de toute discipline au long cours.

 

EN REALITE, L'IDEOLOGIE DEMOCRATIQUE EST L'ORGANISATION D'UNE INEXISTENCE POLITIQUE 

 

Je compte revenir sur mon blog sur la totalité de cette intervention d'A. Badiou qui porte sur la nécessité d'une sortie de la consensualité démocratique.

 

 

 

03/02/2013, 19:21 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 18:55

Badiou n'est pas un démocrate, il le dit le répète et le clame; dont acte. Bensaïd était pour une démocratie qui serait une démocratie sociale, qui pénètrerait les entreprises, qui ne s'arrêterait pas au seuil de la propriété privée, je ne crois pas dénaturer ce qu'il en avait dit, ce que la LCR puis le NPA, puis le NPA et la GA en ont dit, en disent. Divergence irréductible probalement.

Badiou est contre la démocratie "versant étatique ou versant mouvementiste". La critique de l'étatisme est sans doute une auto-critique pour les maos qui se pâmaient à la lecture de la prose de Mao et du PCC, ce parti-Etat. Bensaïd a eu une critique du mouvementisme comme opposé aux nécessités politiques, pour réaffirmer la nécessité d'une organisation politique, ce qui est tout autre chose que la critique de Badiou.

03/02/2013, 20:38 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 19:21

 

Je vois bien à vous lire que l'idéologie démocratique vous domine.

Derrière l'idélogie démocratique se meut le capitalisme (de sorte que votre critique démocratique demeure interne à ses formes et à sa perpétuation). Vous participez à la reproduction du capitalisme du fait même de votre usage du mode démocratique (votes et actions disséminées, fragmentées et ponctuelles, et passablement rivées et bornées par l'économique) dont il est le premier et le seul notable bénéficiaire.

Il m'apparaît à vous lire que Badiou vous est l'ennemi principal.
Quant à vous, vous m'apparaissez comme inconsistant.

Au NPA "l'organisation politique" à pour réalité le Parti et ce qui va avec. Toute chose, s'agissant du Parti comme forme (obsolète) d'organisation politique, qui a été clairement analysée par les militants de l'Organisation Politique dès la fin des années 1970. 

03/02/2013, 21:04 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 20:38

Il m'apparaît à vous lire que Badiou vous est l'ennemi principal.

Mais non, enfin, vous m'avez mal compris (comment avez-vous comprendre cela de ce que j'ai exprimé, c'est un mystère). Quel dommage!

Pour moi, Badiou ne fait pas de la politique, il fait de la philosophie, il est un très grand philosophe de l'avis de l'Université et de l'ENS. Avec raison. Ceux de ses livres que j'ai lu m'ont assuré qu'il a une puissante intelligence, un style remarquable, une logique acérée . Un très grand philosophe qui parfois parle de politique mais est étranger aux enjeux concrets de la lutte des classes.On ne va pas se disputer à ce propos, ce serait vain.

Bonne nuit.

03/02/2013, 22:40 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 21:04

A réagir comme vous le faites vous semblez tout autant dépourvu du côté de la philosophie que du côté de la politique.

La politique et la philosophie sont deux disciplines irréductibles l'une à l'autre. Elles ne sauraient se confondre. Et rien n'interdit (sauf vos oeillères) que tout un chacun y puisse être de façon différenciée à l'épreuve de chacune. Est-ce que vous allez, dans le même registre, dénier à Badiou d'être l'écrivain et le dramaturge qu'il est. Tout n'a pas la figure du nain que votre façon de penser profile.

03/02/2013, 23:24 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 22:40

Bref, vous n'avez rien à faire sur ce fil parlant de Daniel Bensaïd.

04/02/2013, 08:16 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 23:24

soignez votre urticaire

07/02/2013, 18:48 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 23:24

PASCAL B (qui ne sait quoi faire) gardien du mausolée DANIEL B (qui n'en a que faire)

03/02/2013, 21:59 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 18:55

On avait compris depuis longtemps que Badiou n'appréciait pas tellement les individus, ni la "consensualité démocratique".

 

Hélas, les citoyens sont des individus. 

 

Au Cambodge, on avait cru résoudre le problème en supprimant méthodiquement les individus. Cela eut pour effet (paradoxal, peut-être, mais le fait est là) d'affaiblir considérablement le peuple, au lieu de le renforcer comme l'aurait voulu la logique, de sorte que les Vietnamiens, qui étaient demeurés un peu moins avancés sur ce sendero luminoso, ont assez facilement fait tomber le pouvoir. Mais peut-être qu'en recommençant l'expérience dans les mêmes termes, encore et encore, peut-être, dis-je, la verra-t-on réussir un jour ? "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer."

04/02/2013, 08:32 | Par françois périgny en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 03/02/2013 à 21:59

"Hélas, les citoyens sont des individus". Eh oui ! Ce qui implique que : les individus sont des citoyens. Bouleversant, non ?

Ce qui est intéressant, outre les œillères, chez des individus tels que Melchior, qui oublient si souvent d'être des citoyens, c'est que chaque fois que l'on parle politique vraiment, ils vous envoient au Cambodge, au Pérou, n'importe où ailleurs qu'en France et en Europe. Les Melchior et autre Homais, Bouvard et Pécuchet semblent bien connaître le Cambodge. Sans doute y ont-ils vécu longtemps, va savoir. Mais ici, à l'ombre des hauts-fourneaux ?  Plus de citoyen-Melchior. Intéressant. Révélateur de ce qu'ils nomment "démocratie".

04/02/2013, 14:02 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 03/02/2013 à 06:12

"l'idée que personne n'est exclu de cette réflexion"

Vous remarquerez, Marielle Billy, que sur ce fil, c'est Badiou que certains, venus de différents horizons de gauche et de droite (mais qu'unie l'idéologie démocratique, utile aujourd'hui à la perpétuation du capitalisme), veulent bouter hors de toute réflexion.

La séquence historique dans laquelle nous nous trouvons nécessite une longue et sévère bataille idéologique contre ceux qui, à l'idée du communisme (idéologie égalitaire du pour tous, tenue sous le boisseau), persiste à y opposer, becs et ongles, l'idée démocratique (idélogie dominante des tenants de l'Etat et du réformisme des micro-mouvements-individualo-libertaires).

Là se trouve aujourd'hui la question cruciale du choix politique et de ses conséquences. 

 

04/02/2013, 20:49 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 04/02/2013 à 14:02

Alain, en soi le mot "démocratie" n'est pas un gros mot, loin de là, mais il est juste de questionner si possible l'idéologie qui s'en gargarise. J'insiste tout de même sur le fait que le mot "communisme" n'a plus, n'a pas à ce jour de définition et si l’égalité en est un axe, c'est loin d'être la seule direction de la recherche autour de la reviviscence de cette "idée".

04/02/2013, 21:32 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Marielle Billy le 04/02/2013 à 20:49

J'insiste tout de même sur le fait que le mot "communisme" n'a plus, n'a pas à ce jour de définition

Ca a toujours été. Il en a toujours eu trop, ou pas assez. Sans oublier "la discordance des temps" (ou trop tard, ou trop tot) Ce décalage fonde le communisme aussi surement que cette vocation a être "de son temps" et a penser dans le sens du vent signe la social démocratie et ses diverses avatars.

04/02/2013, 22:25 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 04/02/2013 à 20:49

 

Sur démocratie et communisme, voir plus haut ma réponse à Marc Tertre.

Pour ce qui est de l'idée du communisme, "Il est aujourd'hui essentiel de bien comprendre que "communiste" ne peut plus être l'adjectif qui qualifie une politique."

 

"L'histoire n'existe pas... Il n'y a aucun réel de l'Histoire... Le discontinu des mondes est la loi de l'apparaître, et donc de l'existence.

"Cependant ce qu'il y a, sous condition réelle de l'action politique organisée, c'est l'Idée communiste, opération liée à la subjectivation intellectuelle...

"Nous devons sauver l'Idée, mais aussi libérer le réel de toute coalescence immédiate avec elle.

"Ne peuvent être relevées par l'Idée communiste, comme puissance possible du devenir-Sujet des individus, que des politiques dont il serait en définitive absurde de dire qu'elles sont communistes...

 

"La forme moderne, dite "démocratique", de l'Etat bourgeois, dont la capitalisme est le support, peut se présenter comme sans rivale dans le champ idéologique. Pendant trois décennies, le mot "communisme" a été soit complètement oublié, soit pratiquement identifié à des entreprises criminelles. C'est pourqoi la situation subjective de la politique est devenue partout si confuse.

"Sans Idée, la désorientation des masses populaires est inéluctable.

"Cette période réactive s'achève...

 

Alain Badiou, extraits de L'hypothèse communiste, Lignes 2009

 

 

05/02/2013, 06:14 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 04/02/2013 à 22:25

Alain, en effet, sans "idée", la désorientation gagne tout le monde. " la désorientation des masses populaires", et je dirais la nôtre, a plus d'une cause - ce qui est nommé ici "La forme moderne, dite "démocratique", de l'Etat bourgeois" - mais aussi, ne l'oublions pas, la transformation de la relation des sujets à la réalité par l'hyper-consommation. Mais aussi l'influence du développement de la technique, via la recherche scientifique. etc ...

Je rajoute ici, car je ne sais pas trop où l'écrire :

à certains endroits, dans ce fil, je retrouve ce qui m'a souvent découragée lors d'expériences militantes : un temps infini passé à se battre par mots interposés, peu de réflexion sur le "comment" faire ensemble en lien au "pour quoi". Dès que l'on veut affirmer, on risque (mais ce n'est pas fatal) d'en rester au besoin de faire passer devant son affirmation en oubliant ce qui se passe réellement : comment détacher la réflexion sur l'égalité par exemple, d'un travail sur sa propre manière de la pratiquer à chaque place où l'on œuvre ? comment articuler "égalité" et différence radicale entre sujets existants ? comment faire avec ce qu'on pense être sa conviction face à celle de l'autre ?

C'est dans le cadre de ces questions que je trouve important de penser le devenir d'une démarche démocratique, démarche qui pose que chacun doit avoir accès au mieux à la compréhension de ce qui se passe pour affiner ses représentations, les transformer en pensées et en  pratiques ?

S'il existe une posture philosophique, elle me semble être du côté de "l'art" de poser des questions à tous les étages, de pratiquer le recul, ce qui ne veut pas dire lâcher son idée.

 

 

05/02/2013, 13:21 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 05/02/2013 à 06:14

Marielle, dans un premier temps me vient ceci qui est crucial à ce dont nous parlons et voulons éclaircir :

Si rien ne se lève en soi, qui soit en faille de ce qui est, et qui fasse appel d'une clarté de son trouble. Alors il n'y a que le "faire avec", avec la situation comme elle est et comme elle va. C'est le problème posé par Badiou avec la catégorie incontournable d'Evénement (rupture), qui ouvre dans le même temps à celle de désision (volonté) et à celle de Sujet (subjectivation, ou devenir-Sujet d'un individu).

L'Etat, les Partis, les Syndicats, les Associations... chacun dans son ordre est au colmatage, veillant au partage de ce qui est dit possible de ce qui est dit impossible : l'idée du communisme, l'émancipation politique, changer de monde. Faisant en sorte que ne soit représentable à la conscience que l'idée d'un seul monde, dont suivre le mouvement jusqu'à s'inscrire, désarmé, désorienté, dans les changements ahurissants du capitalisme mondialisé...).

à suivre 

 

05/02/2013, 13:51 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 05/02/2013 à 13:21

Alain je suis vraiment d'accord avec ce que vous écrivez en gras et l'ai appliqué comme j'ai pu à ce que je deviens. La catégorie de "l'événement" recoupe ce qui advient parfois dans le difficile cheminement d'une émancipation : une rupture qui permet une décision sans trop tergiverser.

Quant au colmatage, bien sûr, mais c'est un fait humain très partagé, si bien que dès que quelque chose s'institue on voit se mettre en place des mécanismes divers pour répondre à ce fameux "dur désir de durer".

J'ai toujours été frappée par le fait que presque aucune organisation ne se donne les moyens d'analyser comment elle fonctionne (ce qui est pour moi un des leviers d'un processus démocratique) du coup on repère des fonctionnements qui viennent à l'encontre des idées avancées. Il faut donc rendre les idées audibles, les travailler sans cesse et interroger ce qui se passe à partir de ce que je nomme "la pratique de l'idée".

Et puis, plus prosaïquement, comment imagine-t-on faire avancer une idée si on en est à balancer à l'autre : pauvre imbécile ! comment imaginer qu'on amène d'autres à penser avec soi (ceci étant dit pour les gens qui sont de "gauche") si ce qui surnage, ce sont les paroles de condamnation ? Le désaccord  est un levain formidable, à nous d'apprendre comment en faire quelque chose.

05/02/2013, 14:57 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Marielle Billy le 05/02/2013 à 13:51

catégorie de "l'événement"

Puisque le sujet initial était l'actualité de Bensaid, il serait intéressant de se rappeler ce que celui ci disait de celle là 

L’événement authentique tient ainsi en échec le calcul instrumental. Il est de l’ordre de la rencontre amoureuse (le coup de foudre), politique (la révolution), ou scientifique (l’invention). Son nom propre suspend la routine de la situation, dans la mesure il consiste précisément à « forcer le hasard lorsque le moment est mûr pour l’intervention »10. Cette maturité propice du moment opportun renvoie inopinément à l’historicité qui le détermine et le conditionne. Elle semble contredire par inadvertance l’affirmation, maintes fois rappelée, selon laquelle il serait purement irruptif et ne pourrait être déduit de la situation.

En quoi consiste cette maturité des circonstances ? Comment les mesurer ? A ce problème, Badiou ne répond pas. Faute de s’aventurer dans les plis et les épaisseurs de l’histoire réelle, dans les déterminations historiques et sociales de l’événement, il bascule dans une politique imaginaire, en lévitation, réduite à une succession d’événements inconditionnés et de « séquences » dont on ne sait pourquoi ni comment elles s’épuisent et s’achèvent. L’histoire et l’événement deviennent alors proprement miraculeux, au sens où Spinoza dit qu’un miracle est « un événement dont un ne peut assigner la cause ». Et la politique flirte avec une théologie ou avec une esthétique de l’événement. La révélation religieuse, écrit justement Slavoj Zizek, constitue « son paradigme inavoué »11.

Pourtant, la prise de la Bastille ne se conçoit que dans les conditions de crise de l’ancien régime ; l’affrontement de Juin 1848, dans le contexte de l’urbanisation et de l’industrialisation ; l’insurrection de la Commune, dans le remue-ménage des nationalités européennes et l’effondrement du second empire ; la révolution d’Octobre dans les particularités du « développement capitaliste en Russie » et dans le dénouement convulsif de la Grande Guerre.

 

Troisième terme du discours de Badiou, la question du sujet renforce les soupçons : après « le procès sans sujet » selon Althusser, le sujet sans histoire. A moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle version de la même traque à l’historicisme.

« Le sujet est rare », dit Badiou. Rare comme la vérité et comme l’événement. Intermittent comme la politique, qui est toujours, selon Rancière, « un accident provisoire des formes de la domination », toujours « précaire », toujours « ponctuelle ». sa manifestation n’admettant qu’un «sujet à éclipses ». Ce sujet évanouissant est pourtant ce par quoi une vérité devient effective : je lutte, donc je suis ; je suis parce que je lutte. La vérité est ainsi définie comme un procès de subjectivation. Ce n’est pas la classe ouvrière qui lutte. Catégorie du discours sociologique, elle serait un élément subordonné et fonctionnel de la structure (de l’infernale reproduction du capital). Ce qui lutte, c’est le prolétariat, mode subjectivisé de la classe qui s’autodétermine et se déclare dans le conflit. De même, pour Pascal, le monde ne mène pas nécessairement à Dieu, sans la décision rigoureusement aléatoire du parieur qui le fait exister12. De même, pour Lukacs, le sujet politique n’est pas la classe, prisonnière du cercle vicieux de la réification, mais le parti qui subvertit la structure et en brise le cercle. Le parti soutient le prolétariat en tant que sujet qui tend à dissoudre les rapports de classe dont il est captif. La classe ne devient donc sujet qu’à travers son parti.

Il faut parier ! Badiou reprend à son compte l’injonction de Pascal : il faut aussi « parier la politique communiste » car « vous ne la déduirez jamais du capital ». Dans son rapport incertain au lieu vide de la vérité comme au dieu caché de Pascal, le pari est la figure philosophique de tout engagement, à contre-courant de la certitude dogmatique du savoir positif et du scepticisme cynique, mondain et sénile. Il relève d’une pensée irréductible tant aux certitudes dogmatiques de la science positive qu’aux inconstances de l’opinion : « Le pari de Pascal ne saurait concerner ni le sceptique, auquel suffisent les valeurs limitées du monde, ni le dogmatique, qui croit avoir trouvé dans le monde des valeurs authentiques et suffisantes, puisque leurs positions excluent forcément le pari. C’est pourquoi on peut, dans la mesure où ils sont des êtres possesseurs de certitudes ou de vérité qui leur suffisent pour vivre, les assimiler tous les deux13. » Celui qui entrevoit la vérité dans le roulement du coup de dé n’est pas nécessairement un croyant cherchant en Dieu le fondement de son inébranlable confiance. Seul peut parier, au contraire, celui dont le dieu s’est absenté, laissant grand ouvert le trou d’où peut surgir la représentation dialectique, et non point romantique, de la tragédie moderne.

05/02/2013, 16:47 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 05/02/2013 à 14:57

Sans vouloir vous reprendre plus que ça, vous auriez du mieux distinguer, dans ce que vous en rapportez, ce qui est de Badiou, de ce qui est de Bensaïd (en soulignant par ex. ce qui était de Bensaïd), dont  le point de divergence principal avec Badiou porte ici sur "les déterminations historiques et sociales de l'événement".

 Plutôt que de batailler avec vous sur l'approche structurale d'un événement réduit (dans la conception classique de Bensaïd) à un fait ou à un ensemble de faits. Je préfère vous donnez à lire une page où Badiou fait rappel de ce qu'il entend précisément par "événement".

 

"J'appelle "événement" une rupture dans la disposition normale des corps et des langages telle qu'elle existe pour une situation particulière ou telle qu'elle apparaît dans un monde particulier... l'important est ici de remarquer qu'un événement n'est pas la réalisation d'une possibilité interne à la situation... Un événement est la création de nouvelles possibilités.

"Il se situe, non pas simplement au niveau des possibles objectifs, mais à celui de la possibilité des possibles. Ce qui peut aussi se dire : au regard de la situation ou du monde, un événément ouvre à la possibilité de ce qui, du strict point de vue de la composition de cette situation ou de la légalité de ce monde, est proprement impossible...

"J'appelle "Etat", ou "état de la situation", le système des contraintes qui, précisément, limitent la possibilité des possibles. On dira aussi bien que l'Etat est ce qui prescrit ce qui, dans une situation donnée, est l'impossible propre de cette situation, à partir de la prescription formelle de ce qui est possible.

"L'Etat est toujours la finitude de la possibilité, et l'événement en est l'infinitisation.

 

"Qu'est-ce qui aujourd'hui, par exemple, constitue l'Etat au regard des possibles politiques ?

"Eh bien, l'économie capitaliste, la forme constitutionnelle du gouvernement, les lois (au sens juridique) concernant la propriété et l'héritage, l'armée, la police... On voit comment à travers tous ces dispositifs, de tous ces appareils, y compris ceux, naturellement, qu'Althusser nommait "appareils idéologiques d'Etat" - et qu'on pourrait définir par un but commun : interdire que l'Idée communiste désigne une possibilité -, l'Etat organise et maintient, souvent par la force, la distinction entre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas.

"Il en résulte clairement qu'un événement est quelque chose qui advient en tant que soustrait à la puissance de l'Etat."

 

Alain Badiou, L'hypothèse communiste, Lignes 2009

Lire ou relire, pour poursuivre cette page, ce qui est dit de "l'idéologie démocratique" comme organisation d'une inexistence politique.

 

 

 

05/02/2013, 18:11 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 05/02/2013 à 16:47

Alain et Marc,

moi qui suis loin d'avoir un niveau théorique politique suffisant, mais qui m'intéresse à tout ce qui fait politique, je ferai quelques remarques.

Lorsque je lis ce que Marc cite de Bensaïd, je reconnais, et partage l'idée que tout "événement", toute rupture est aussi travaillé de longue date par une histoire. Toute rupture prend une forme "irruptive" (même discrètement irruptive) mais n'est pas sortie de nulle part ; je parle moi aussi de surdétermination, sans pour autant réduire le sujet à un simple "résultat" de son héritage : chaque sujet est, au mieux, auteur-acteur (auctor : étymologie intéressante car elle met en lumière la création et l'autorité que ce processus confère au sujet - autorité, d'abord sur son devenir, si peu que ce soit).

Bensaïd écrit : En quoi consiste cette maturité des circonstances ? Comment les mesurer ? A ce problème, Badiou ne répond pas. Faute de s’aventurer dans les plis et les épaisseurs de l’histoire réelle, dans les déterminations historiques et sociales de l’événement, il bascule dans une politique imaginaire.

Se méfier de tout "repli imaginaire", d'accord. Il faut "s'aventurer dans les plis ...de l'histoire réelle" : encore oui, mais il n'en demeure pas moins que la "mesure" en est impossible, ou alors dans l'après-coup.

Où est donc le conflit majeur entre ceux qui se réfèrent à Badiou et ceux qui se réfèrent à Bensaïd ? Serait-il du côté de la notion "d'organisation", avec le poids historique que traîne toutes les organisations humaines qui ont foiré ? Et je vois de mon clavier qu'on s'envoie à la tête Mao, Staline et consort.

Alain ce que vous citez de Badiou sur l'Etat : là aussi, bien d'accord. Et avec un clin d'oeil je dirais : on n'est pas loin de Ph. Corcuff qui va chez les anarchistes !

Alors où est le réel conflit ?

Personnellement, je suis autant dans l'attention, aussi active que je peux, à la création de ruptures, que dans la pensée qu'on ne fait rien sans organisation. Mais là encore je n'ai rien dit si aussitôt je ne rajoute pas que je sais que toute orgnaisation génère du fixisme.

C'est dans cette contradiction que réside tout l'intérêt de la politique conçue sans cesse comme terrain d'expérimentation des idées et accueil de l'imprévu.

Je ferai une comparaison : en psychanalyse, ce qui va compter c'est l'événement-avènement du sujet (imprévisible pour la patient et l'analyste) mais pour autant, pour que ça ait des chances d'avenir, il faut un cadre, cadre aussi fort que léger.

Le grand art est de construire des cadres qui ne deviennent pas des tombes (là où l'invention tombe). L'Etat, les institutions en sont. Il est donc important à mes yeux que la pensée politique ne se coupe pas de tout ce qui aide à inventer les "cadres" (vous avez compris le sens que je donne aumot!) qui permettent aux gens de penser plus avant et d'agir.

Mefci à vous deux pour l'échange qui me met dans la possibilité de formuler ce dans quoi je tâtonne.

07/02/2013, 06:08 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de Marielle Billy le 05/02/2013 à 18:11

Fil abandonné ?

07/02/2013, 13:47 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Marielle Billy le 07/02/2013 à 06:08

Où est donc le conflit majeur entre ceux qui se réfèrent à Badiou et ceux qui se réfèrent à Bensaïd ? Serait-il du côté de la notion "d'organisation", avec le poids historique que traîne toutes les organisations humaines qui ont foiré ?

"Se référer" peut être pas. En tout cas, pas sans sens critique. Je pense aussi que Bensa est critiquable pour nombre de choses, et que certaines de ses conceptions sont à critiquer (par exemple sur la "question stratégique", il me semble qu'il pense uniquement les instants favorables, et jamais le reflux. Pourtant une pensée stratégique ne sert pas qu'a l'attaque. Et c'est dans ce sens qu'il a un certain impensé de Gramsci)

Sinon, plus que la question de l'organisation, ce qui fait vraiment la différence, je crois, c'est la question de la stratégie. Qui me parait toujours chez Badiou "miraculeux" (en attendant "l'évenement") Déja que je reproche (ou que je reprochais) a Bensa une vision marquée toujours par un sur optimisme....

07/02/2013, 22:22 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 07/02/2013 à 13:47

Vos clichés et a priori sur Badiou sont tels que je ne saurais discuter plus avant avec vous. 

J'ai pris la peine de vous reproduire une page traitant de la catégorie d'événement chez Badiou, et ce qu'il en ressort à la suite c'est : l'événement c'est le "miraculeux"... c'est "l'attente". Quant à vos considérations sur la "stratégie", l'attaque, le reflux, l'optimisme et le pessimisme des uns et des autres, c'est de l'enfantillage.

07/02/2013, 22:26 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 07/02/2013 à 22:22

clichés et a priori sur Badiou

Pouvez vous me conseiller un livre de Badiou traitant de la "question stratégique". Je n'en connais pas, mais peut être est ce un pan de son histoire qui me manque. Je ne demande qu'a m'instruire. De plus c'est surtout ça qui m'intéresse, la stratégie. Comment agir dans la société actuelle pour la changer. Le reste est de la sodomisation de diptères...

08/02/2013, 01:06 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 07/02/2013 à 22:26

1/ ne faites pas celui qui connaît le travail de Badiou.

2/commencer à penser par vous-même.

3/la politique relève d'un processus (de subjectivation) non d'une stratégie (de type militaire)

Posez-vous la question de savoir ce que déjà recouvre chez vous le mot "politique" au lieu que d'en réduire l'idée à celle de stratégie.

Apprenez à vous posez les bonnes questions plutôt que de chercher des réponses à de mauvaises questions (Marx).

08/02/2013, 05:58 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 01:06

Alain et Marc, selon moi "pensée" et "stratégie" (et je dirais "pratique") ne s'opposent pas ! Au contraire, tout doit se lier par une pensée qui va et vient de l'un à l'autre. Souvent, nous voyons en France une barrière rigide entre le niveau philosophique de l'élaboration et le niveau pratique : les uns taxés de rester dans les nimbes, les autres d'accepter de se salir les mains et de trahir. Or, en matière de politique par ex., rien ne vaut que ce qui assure une continuité (autant que possible) entre les deux. Et là je rejoins ce que j'ai expérimenté dans le militantisme : on en vient à discutailler de la stratégie, du "que faire ?" sans le soutenir de "pour quoi ?" et du "comment ?". Une analyse n'est intéressante que si elle permet à tout moment de revenir sur ce qu'on fait pour le penser, le questionner.

08/02/2013, 07:13 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marielle Billy le 08/02/2013 à 05:58

C'est pourquoi je préfère l'action "syndicale" -ou plutôt : avec ce et ceux que fédèrent les syndicats qui agissent. Un but, un ou plusieurs objectifs -sauf excessivement "corporatistes"- une, des actions ; stratégie, tactique, agit-prop peuvent se faire, se discuter, ensemble, le "pourquoi" et le "comment" insèparés. Je veux dire par là que j'ai vu tellement d'actions menées sans grande conviction , dans cette période de repli que nous vivons depuis pas mal de temps déjà, mais au cours desquelles -actions et discussions- on peut faire avancer des idées, une idée, émancipatrice. Au sein de la large frange PCF de la CGT, par exemple, l'idée de communisme "contre" l'ouvriérisme (au sens que donnait Lénine à ce mot). Plus simplement (je m'exprime très mal, ce matin) l'idée d'ouvrir des livres "intellectuels" (Badiou, Zizek, Bensaïd) et surtout de réfléchir. J'ajoute immédiatement que, bien entendu, mes camarades de lutte ne m'ont pas attendu pour réfléchir, mais que, par contre, ils manquent parfois d'outils (conceptuels) pour avancer, tout comme moi, d'ailleurs. Nous ne sommes pas nés tout armés.

   Et j'ajoute aussi que j'ai remarqué, ces dernières années, qu'une partie grandissante de "la base" déborde sans cesse la "hiérarchie" et "l'organisation" syndicale. On "ne défile plus sous une bannière" mais les discussions, et les accords,  transversent, horizontalement. ( Même avec des "proches de" la CFDT, c'est dire !)

   Ni pessimisme, ni optimisme, ni activisme. Action et réflexion inséparables. Remise en cause des appareils mais utilisation (rendre utiles) ces appareils. Organisation mais pas rigidité. Idée mais pas dogmatisme. Il n'y a pas de "chemin", il n'y a qu'un cheminement, et celui-ci n'est pas forcément "en ligne droite". Il y faut, d'ailleurs, "Avec les armes de la poésie" (P.P.P.)

08/02/2013, 11:42 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 08/02/2013 à 05:58

Le problème concerne aujourd'hui, sur le plan de la pratique et de la théorie, la question de la politique ( comme mode de subjectivation qui ne saurait se réduire à une stratégie et à une tactique d'une prise du pouvoir de l'Etat). A part ça, je suis en total accord avec la suite de votre propos.

La question de la politique est, pour ce que j'en comprends et pour ce que j'en éprouve, la politique comme mode de subjectivation du rapport politique de chacun au réel d'un monde.

08/02/2013, 06:30 | Par françois périgny en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 01:06

"La politique reléve d'un processus (de subjectivation) ..." On ne saurait mieux dire.  On peut dire aussi que émancipation individuelle et émancipation collective sont inséparables. Pratiquement cela signifie aussi (mais pas seulement) qu'il faut que l'individu œuvre à se sentir libre dans un collectif qui agit pour le commun. Cela implique qu'opposer "l'anarchisme" et "le communisme" est un aberration.

"une stratégie (de type miltaire". On voit tout de suite ce que cela implique en termes d'organisation, et des suites qu'entrainent une action de ce type : le fonctionnement du PCF -par exemple- pendant de (trop) longues décennies. Bureaucratisation, ouvriérisme, etc.

08/02/2013, 11:17 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de françois périgny le 08/02/2013 à 06:30

Je partage votre lecture. "Qu'opposer "l'anarchisme" et "le communisme" est une aberration", tout en signifiant qu'il ne saurait se confondre. Aussi, sur le partage individuel (anarchisme)/collectif (communisme), y aurait à dire...

08/02/2013, 12:07 | Par françois périgny en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 11:17

Bien sûr, que "il y aurait à dire", à affiner. Et bien sûr que "anarchisme" et "communisme" ne se confondent pas ; deux "niveaux" différents, mais pas forcément divergents. Et peut-être, en fait, vaudrait-il mieux parler d' "anarchie", plutôt que d'"anarchisme", en prenant le mot au sens littéral, et non pas qualifier un systéme.

08/02/2013, 12:18 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 08/02/2013 à 06:30

"La politique reléve d'un processus (de subjectivation) ..."

Bien entendu. Mais une fois que le collectif s'est constitué, reste à déterminer "que faire". Et (forcément) cette question est forcément stratégique.

"une stratégie (de type miltaire".

Une stratégie "de type militaire" n'a de sens qu'en temps de guerre (quand la "lutte de classe" devient une "guerre de classe") Mais il y a aussi une stratégie "en temps de paix"...

le fonctionnement du PCF -par exemple- pendant de (trop) longues décennies. Bureaucratisation, ouvriérisme,

La "bureaucratisation" et "l'ouvriérisme" du pcf ne relevait en aucun cas d'une "stratégie de type militaire". Mais plutot de la double corruption par l'appareil stalinien et la bourgeoisie. D'autre part, la bureaucratisation et l'ouvriérisme concernent tout autant la social démocratie (pas en france ou le stalinisme était hégémonique, mais l'histoire était différente en grande bretagne et en allemagne, par exemple) Il peut paraitre étrange de faire découler la bureaucratisation et l'ouvriérisme des social démocratie "du nord" par une "stratégie de nature militaire"...



08/02/2013, 12:38 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2013 à 12:18

Heu... Nous ne devons pas avoir la même définition de l'ouvriérisme. Et pas la même connaissance de l'appareil du PCF. Question d'époque, peut-être... J'ai connu l'époque où le "militant de base" était un éxécutant, c'est tout. Et à la même époque, le bureau politique et le camarade Marchais ignorait superbement les analyses pourtant fort pertinentes de la revue "Economie et Politique", émanant de brillants intellectuels ; le camarade Marchais, en tant qu' "ouvrier", se méfiait des intellectuels.

08/02/2013, 18:22 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2013 à 12:18

"Mais quand le collectif s'est constitué, reste à déterminer "que faire"... cette question est forcément stratégique".

Ben non.

Y a pas deux temps, un pour "constituer" le collectif et un autre pour s'occuper de stratégie.

Vous êtes toujours dans la vision de la constitution première d'une avant-garde qui ensuite se pose la question stratégique de la prise du pouvoir. C'est cela, en autre (avec la question du parti et de ses principes d'organisation et de fonctionnement), qui du côté du léninisme à fait son temps. Une séquence historique aujourd'hui close.

La politique, pour employer un mot qui devrait vous aider à mieux saisir ce qui s'entend par subjectivation (qui relève d'un processus qui n'a plus rien à voir avec la dialectique léniniste de l'objectif et du subjectif ), est affaire de conscience...

à plus...

08/02/2013, 19:45 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 18:22

Marc, je vous livre un court extrait d'un livre qui vient de paraître, de Sylvain Lazarus, anthropologue et fondateur avec Badiou et Natacha Michel de l'Organisation Politique (1980), qui prenait acte que les référents marxistes-léninistes utilisés jusqu'en 1980 étaient inopérants, périmés, saturés...

" RETOUR SUR LE SUBJECTIF

"La conscience est une pensée. C'est ce qu'il faut opposer à l'usage ancien, selon quoi la conscience est un simple reflet de l'antagonisme. Il faut beaucoup plus s'interroger sur les processus internes de cette pensée.

La thématique de la pensée à une base matérielle : les gens pensent. L'ancien parti avait une forte tendance à croire que les gens ne pensent pas. L'Ancien, c'est de réduire la pratique de type parti à certaines situations tactiques. Le pouvoir c'est tactique. La révolution elle-même, c'est de la tactique, au regard de l'Etat. La stratégie c'est le communisme. Si le parti est enfermé dans la tactique révolutionnaire, il voit les masses comme des forces, mais jamais comme des processus de pensée." (1981)

 

Le livre a pour tître "L'INTELLIGENCE DE LA POLITIQUE" chez Al Dante, 2013 (textes de 1978 à 2003)
Je te conseille d'y prendre connaissance, plus particulièrement, d'un texte de 1985 : "Peut-on penser la politique en intériorité ?

"Les gens pensent est mon énoncé fondateur"...

 

08/02/2013, 21:10 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 18:22

une fois que le collectif existe, il existe dans (et par) la lutte des classes. Donc il se pose continuement des problémes stratégiques.

08/02/2013, 22:32 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2013 à 21:10

Voyons, quels problèmes stratégiques rencontres-tu comme militant d'un collectif constitué?

08/02/2013, 22:43 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 22:32

Par exemple, je suis membre d'un collectif de solidarité avec les sans papiers, et je suis confronté a des problémes stratégiques assez compliqué entre la cgt, sud (qui organise dans mon coin une partie des sans papiers) sans compter les collectifs parisiens.

09/02/2013, 13:05 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2013 à 22:43

Du lieu du collectif de solidarité avec les sans papiers, que recouvrent comme problèmes "compliqués" -dits "stratégiques"- le fait de l'existence de la CGT, de SUD et d'autres collectifs à ce propos? 

Je note au passage que l'intitulé "collectif de solidarité avec les sans papiers" fait problème. Quel rapport entre la question politique de l'existence des sans papiers et la pratique de la solidarité (apolitique) ?

 

09/02/2013, 19:28 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 09/02/2013 à 13:05

Ce qui me semble problématique, c'est de considérer la solidarité apolitique.

09/02/2013, 22:17 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 09/02/2013 à 19:28

C'est bien ce que je pensais. Vous êtes un bon client pour l'idéologie démocratique telle que je la critique à la suite de badiou. Pour ce qui est de penser les nouvelles conditions théoriques et pratiques de l'émancipation (sans parler de l'idée communiste) vous êtes aux abonnés absents. Vos schémas de pensée sentent la naphtaline. Vous êtes bon pour circuler d'opinion en opinion sans tenir le moindre point d'une pensée renouvelée de l'émancipation. Retournez jouer dans votre cour. 

08/02/2013, 11:51 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 01:06

ne faites pas celui qui connaît le travail de Badiou.

Je ne l'ai jamais prétendu. Les quelques choses que j'ai lu m'ont fait penser qu'il n'y a aucun travail stratégique dans ses travaux. Mais je peut me tromper. Vous par contre semblez le connaitre. Or vous me confirmez dans mon opiniuon : il n'y a pas de stratégie dans ce qu'il fait. Ou plus précisément, il n'y a pas de stratégie "visible".

commencer à penser par vous-même.

Quelle prétention et quel gallimatia : cette affirmation implique que "VOUS" pensez par vous même, et que moi non. Qui ne débouche sur rien, et pour cause : on ne pense jamais seul...

la politique relève d'un processus (de subjectivation) non d'une stratégie (de type militaire)

La lutte (de classe) est d'abord une lutte. En tant que telle, elle est bien entendu stratégique (car il n'y a pas de lutte sans combat, et pas de combat sans stratégie) Mais vous préférez la lourdeur des "processus de subjectivation" qui vous permet de cacher sous des mots ronflants une impuissance chronique. Qui est volens nolens celui de tout un courant politique.

Apprenez à vous posez les bonnes questions

La question de poser "les bonnes question" n'est absolument pas triviale, et la problématisation le passage obligé de tout processus de recherche (qu'il soit scientifique, politique, humain) Mais comment reconnaitre "les bonnes question" et les mauvaises ? Ma réponse est dans le résultat : ADHUC SUB JUDICE LIS EST

08/02/2013, 12:50 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 08/02/2013 à 11:51

"Posez-vous la question de savoir ce que déjà recouvre chez vous le mot "politique", au lieu que d'en réduire sans questionnement l'idée à celle de stratégie. " Je ne peux ici que vous rappeller à ce questionnement.

Penser par soi-même ne veut absolument pas signifier que c'est penser sans la pensée des autres. Là encore y a du travail, côté compréhension ...

 

09/02/2013, 00:13 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 08/02/2013 à 12:50

Alain, Marc et Fédor, je dépose juste un mot au bas de cette suite de discussion que je découvre ce soir : je veux vous remercier. Je n'ai pas bien les moyens de poursuivre à cet instant, mais ça fait du bien de se placer dans un échange un peu long, où chacun a tout de même le souci de faire avancer quelque chose.

Lorsque Alain, plus haut reprend le thème de la "subjectivation", il me semble que cela peut amener à faire le lien entre lutte, organisation, choix d'actions (et stratégie), et processus individuel de "désaliénation" : oui, les gens pensent, mais souvent, ils ne le savent même plus, ou bien sont tout simplement oubliés comme êtres pensants (c'est très beau de voir ce que développe Rancière dans La nuit des prolétaires). Ce qui est fécond, est de chercher à favoriser toutes les occasions de penser, de questionner ; c'est de montrer que de la capacité à penser et à travailler à s'extirper d'un joug, existe là où on ne le montre pas.

 

09/02/2013, 13:03 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 09/02/2013 à 00:13

Merci Marielle de ta participation à ces échanges, dont il ne faut pas craindre le ton parfois "sévère" qu'ils peuvent prendre.

Sur le fond, et compte tenu de la situation, la question aujourd'hui n'est pas la notion de "stratégie" mais plus fondamentalement l'idée de "politique". Car c'est l'idée-politique, qui sous le nom de "politique" fait problème. Il faut soustraire la politique à l'équation : la politique c'est l'Etat, avec les mots pièges de démocratie, de vote... de solidarité, de mouvement ...

La notion de "stratégie" ne recouvre en rien la question centrale de l'organisation politique (ses principes, dont l'incontournable et crucial énoncé "les gens pensent").

   

09/02/2013, 23:55 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 09/02/2013 à 13:03

Alain, je suis d'accord avec cette idée que la "politique" fait problème et que tout état ne cherche qu'à durer et non pas à donner la parole aux gens (c'est le propre de toute institution). Ce qui paraît terriblement difficile, c'est d'ouvrir la voie à de nouvelles formes d'organisation...

Ce sont les idées qui désertent notre monde (au niveau de ce qui se donne  à entendre) : comment travailler ça ?

10/02/2013, 01:25 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 09/02/2013 à 23:55

"Ce qui paraît difficile, c'est d'ouvrir la voie à de nouvelles formes d'organisation..."

C'est d'autant plus difficile que ça passe par soi. Ce n'est plus de l'attente d'un parti que ça vient. Mais ça doit passer par soi. Fini les avant-gardes qui donne le la, ouvre la voie à suivre. Nous sommes entrés dans une longue période, où la politique sera à nouveau et comme jamais une affaire passant par un devenir insoupçonné de soi. 

Déjà, organisons nos pensées. Ne nous contentons pas d'en combiner des bribes, notamment quand vient la question de savoir ce qu'il en retourne au vrai de la politique. Et que du bien c'est le "pour tous" qui en est le principe.

Organisons nos pensées en apprenant à les soustraire à la toute puissance du système dit démocratique de l'idéologie dominante. Le problème n'est pas tant d'être contre ce avec quoi par ailleurs on combine (le fameux " faire avec"), que de soustraire nos façons de penser et d'agir aux schémas et modèles dominants (de gauche et de droite) qui en sous-tendent et en fixent l'orientation.

Etre non pas étatique ou anti-étatique, mais à distance marquée des prescriptions de l'Etat. C'est à nous de prescrire notre propre pensée du point d'une nouvelle idée (idée-source) de la politique (à en approfondir et à en organiser la consistance idéologique et matérielle), et non du point de l'Etat ou d'un Parti qui en serait l'avant-garde et l'incarnation dirigeante. Il faut penser à une politique sans parti et sans Etat, du point de l'énoncé "les gens pensent"... sont capables de penser à distance de l'Etat... libérés de sa tutelle... long processus à mettre en oeuvre du point de ce principe... et ce qu'il ouvre possiblement comme nouvelles possibilités à la pensée et à l'action...

 

10/02/2013, 07:41 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de alain chauvet le 10/02/2013 à 01:25

Alain, je suis vraiment d'accord avec ce que tu dis. J'ai essayé de l'appliquer à mon propre devenir de "sujet"(pour dire vite : niveau individuel, niveau professionnel). La question pour moi est beaucoup plus compliquée au niveau politique - enfin, pas pour ma lecture politique des réalités, mais au niveau de ce qui s'organise autour de moi (ex : formes militantes) -

En fait, plus on élargit le champ d'action, plus ça se complique ; je représente ceci de façon schématique ci-dessous : 

moi - plutôt, "je"-  --> groupe "affectif" --> groupe professionnel --> groupe militant --> vie "politique" nationale --> internationale ....

Plus on élargit l'espace du travail analytique-critique, plus c'est compliqué de lier analyse/action. Au fil de cet élargissement, je constate que l'effectivité du double travail (pour simplifier : analyse / action) se dissout : on se rend compte que la fonction "analyse/critique" se heurte à de plus en plus de réalités (comme représentations du monde). Se pose de plus en plus la question du comment faire avec : d'une part l'exigence radicale de l'analyse, et le "faire avec" que tu dénonces. Là se pose, entre autre, la question de "l'organisation" : comment ne rien lâcher de ce qu'on a découvert du côté de sa propre recherche analyse/critique (et qui est elle même repassée à ce filtre, sans cesse, comme on peut) et se relier aux autres pour penser/agir avec ?

En fait, il faudrait que j'écrive là dessus car j'ai conscience que ce fil ne peut plus s'allonger ....

10/02/2013, 09:25 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marielle Billy le 10/02/2013 à 07:41

Juste une petite chose, à la suite de ce fil passionnant ; tu dis "ne rien lâcher de ce qu'on a découvert", Marielle. Va faire un tour du côté de la neurobiologie et des découvertes récentes sur l'extraordinaire capacité de la mémoire, des mémoires. Et pense "organismes" plutôt qu' organisations. Ce pas de côté fait découvrir bien des choses. (Et pour ce que dit Alain : Badiou, sans aucun doute, mais Zizk, aussi -venu d'ailleurs.)

10/02/2013, 12:39 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de françois périgny le 10/02/2013 à 09:25

Merci Pierrot (le fou/ pas fou ?), je vais aller voir et réfléchir ....organisme / organisation ...

Tu vois, déjà ici, on est 3 à faire durer un processus, à activer de la mémoire, de la réflexion, pas mal !

05/02/2013, 15:02 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marielle Billy le 05/02/2013 à 13:51

Avec vous.

03/02/2013, 15:09 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 05:55

le militant politique et philosophe Alain Badiou en problématise à nouveau, au plan national et international, l'actualité et la portée.

On peut avoir un avis trés réservé sur les lacunes et les impensés du npa. Mais prendre Badiou comme réussite de "l'idée de communisme" est la preuve soit d'un humour a tout épreuve soit d'un aveuglement assez considérable. La seule chose qu'il a réussi a construire, le pauvre Badiou, c'est une secte. Et encore, même là il a échoué !

03/02/2013, 16:41 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 15:09

Que retenir de ce que vous dites? Que vous considérez Alain Badiou pour une pauvre cloche sectaire.
La belle affaire! Le travail considérable du philosophe se poursuivra allègrement sans vous.

03/02/2013, 17:52 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 16:41

En supposant que ce que dit Tertre de l'UCF puis de l'OP soit vrai, on pourrait dire à à ce militant et au NPA ce que disait Danton à Robespierre en étant emmené à la guillotine : "Tu me suis !".

Passer de 9000 militants à 2000 en 3 ans, c'est le grand soir !

03/02/2013, 18:26 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 17:52

Passer de 9000 militants à 2000 en 3 ans

Pour que les groupies de Badiou passent à 2000 il faudrait quoi ? Cinquante ans ?

03/02/2013, 22:02 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 18:26

"Le temps que l'on y met ne fait rien à l'affaire". (JBP dit M)

03/02/2013, 17:55 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 16:41

vous considérez Alain Badiou pour une pauvre cloche sectaire.

Ce que je considére n'a aucune espéce d'importance. Mais mis a part son "travail de philosophe" (que je ne méprise pas, mais ce n'est pas non plus la question) il y a la question de son bilan politique. Et là, si minable que soit celui de la LCR ou du npa, il est a des années lumière de ce que lui et ses amis ont pu construire. C'est a dire rien.  Ecrire des bouquins, c'est bien. Monter un parti, c'est autrement compliqué, cela ne demande pas seulement du talent (ce que je ne dénie pas à Badiou) mais aussi tout un ensemble de qualités et de compétence que Badiou n'a pas, et n'aura jamais. Il a toujours été marginal dans le mouvement politique, et cela ne va pas changer aujourd'hui. 

03/02/2013, 18:08 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 17:55

Tu sais pourtant très bien, Marc, que l'OP réussit à monter une véritable politique de masse avec les sans-papiers à la fin des années 1990. Au NPA (feu LCR), ils le savaient, pourtant.

Et Krivine disait que si les militants LCR étaient comme ceux de l'OP, vous seriez déjà au pouvoir...

03/02/2013, 18:12 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 18:08

L'OP est (enfin, était) une secte. Quand à l'irone de AK, je pense qu'elle vous sera toujours étrangére...

03/02/2013, 18:25 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 18:12

Prends en de la graine, alors !

Parce que tu n'es pas drôle avec ta suffisance cégétiste séguyste...

03/02/2013, 18:27 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 18:25

ta suffisance cégétiste séguyste.

Séguy était à l'OP ? Ca m'en bouche un coin !

03/02/2013, 19:22 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 17:55

Continuez à m'écrire comme vous le faites, vous diminuez à vue d'oeil.
Sachez que pour des raisons de fond, il n'a jamais été question du côté du militant politique Badiou, avec Sylvain Lazarus et Natacha Michel, de créer un quelconque "parti", cela vous échappe...

03/02/2013, 22:05 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 19:22

Autant éviter de se cogner dans le réel, on évite les bosses, comme disait le dromadaire du commandant en chef.

04/02/2013, 08:37 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 15:09

"La réussite", Marce Tertre, n'a rien à faire dans un processus de réflexion. "La réussite" cela concerne une carriére profesionnelle.

Peut-on dire que que Benaïd "a réussi" ? A faire passer certaines idées, oui. A réaffirmer un principe ?

Voir ceux qui lisent (et comprennent ce qu'il dit)  Badiou comme une secte a quelque chose de très sectaire. Le stade du miroir, toujours.

04/02/2013, 10:30 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 08:37

Voir ceux qui lisent (et comprennent ce qu'il dit)  Badiou comme une secte a quelque chose de très sectaire. Le stade du miroir, toujours.

J'ai dit que ce que Badiou a contribué à construire, en terme de structures, d"institution politique est une secte, et je le maintiens. Il y a eu de nombreuses sectes trotskystes (il en reste bien peu, mais quand même) mao (même remarque) Et l'OP en était une.

04/02/2013, 10:48 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 10:30

Pour moi, ce qui détermine un groupe à devenir une secte c'est la paranoïa. La méfiance et la prudence c'est autre chose. J'ai connu un "maoiste" qui passait la frontière franquiste pour diffuser tracts et "petit livre rouge". Je peux tout à fait comprendre qu'il ait eu des raisons de se méfier de son entourage, souvent.

Peut-on dire que les "groupes de résistance" entre 1939 et 1945 étaient sectaires ?

04/02/2013, 12:47 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 10:48

ce qui détermine un groupe à devenir une secte c'est la paranoïa

Il faut déja séparer "le sectarisme" et le fait pour un groupe ou un parti d'être "une secte". Disons que c'est une (mais pas la seule) pathologie des "groupes minoritaires". Deux autres sont assez courantes, l'opposrtunisme sans principe, et le "substitutisme". On a vu aussi les trois pathologies se combiner de façon plus ou moins réussies. Disons qu'il est dur de défendre une idée marginale, alors que toutes les forces réactionnaires sont liguées contre elles. Et Daniel était trés attentif a TOUTES les pathologies en questions. Pas uniquement le fait de devenir une secte...

Quand au fait d'être "sectaire", tout dépend de ce qu'on appelle "sectaire". Revenons au Vieux pour une position de bon sens :

Au fond, vous considérez comme sectaires tous ceux qui tracent une ligne de séparation infranchissable entre le socialisme démocratique et le communisme révolutionnaire. Dans ce cas, je fais tout à fait partie de ces sectaires.

Nous, Opposition de gauche, ne défendons en aucun cas la noble tolérance des dilettantes, non plus que l'embrassade générale des enthousiasmes généreux à la Roland-Holst, Mannoury, etc. En tant que minorité dynamique, nous croyons que notre mission et notre force consistent à nous démarquer, avec nos idées et nos méthodes politiques, de toutes les ambiguïtés et les confusions. Nous n'avons vraiment pas rompu avec Staline, Boukharine, Zinoviev pour entrer en collaboration avec R[oland]-H[olst]. Sur ce terrain, il ne peut y avoir de compromis.

03/02/2013, 03:34 | Par MissFaff

Cette voix nous manque .

03/02/2013, 14:08 | Par Philippe Corcuff

Bensaïd, Badiou et la "confraternité communiste"

 

Alain Badiou écrit ceci dans sa présentation de L'idée du communisme (Paris, Lignes, 2010) à propos de la sélection des invités de la conférence de Londres de mars 2009 dont l'ouvrage éditait les actes : "Ce qui excluait les discours sur le communisme tenus du point de vue d'une organisation constituée, quels que puissent être par ailleurs nos sentiments de respect voire d'admiration pour tel ou tel de ces points de vue" (pp.5-6). Cela avait notamment servi à exclure Daniel Bensaïd de la conférence de Londres. Daniel s'en était à l'époque étonné et amusé, en y voyant une vieille rancoeur d'un mao vis-à-vis de la continuité organisationnelle de son engagement. Après la disparition de Daniel, Badiou s'est précipité dans les médias à propos de son "ami Bensaïd". Ainsi vont la médiocrité éthique et le gonflement des egos dans la fameuse "confraternité communiste"!

 

03/02/2013, 15:01 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Philippe Corcuff le 03/02/2013 à 14:08

A la girouette Corcuff et ses méthodes staliniennes.

Je connais des militants NPA qui savent bien que tu mens. Et, en plus, faire parler les morts... Tu es bien plus stal que tu ne le crois... Et quand j'avais discuté avec Bensaïd (et Stathis Kouvelakis) lors d'un vendredi rouge, il ne me parla pas de Badiou comme tu le fais. Ni de Natacha Michel, d'ailleurs, qu'il connaissait bien. Tu es un fieffé menteur.

De quels médias parles-tu ? De son séminaire à Ulm où il lui a rendu hommage (ici) ? Mais ce n'est pas un média, ça ! Les médias, c'est ta mangeoire à toi (où tu fais ton rot)... Ne confonds pas !

Du reste, au rassemblement organisé par le NPA en hommage à Bensaïd, Badiou intervint.

Ravale ta haine, un peu.

03/02/2013, 17:59 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 15:01

ses méthodes staliniennes.


Depuis quand "méthodes staliniennes" est une insulte dans ta bouche ? Je croyais que c'était grace au maréchal que nous avions gagnés contre le nazisme...

03/02/2013, 18:11 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 17:59

Staline a un rôle dans la victoire sur le nazisme, oui. Cela n'en fait pas pour autant mon modèle.

Le De Gaulle du 18 Juin 1940 est remarquable. Et pourtant, je ne suis pas gaulliste.

D'ailleurs, je reconnais à Trotski son caractère révolutionnaire sur les questions autres que purement sociales (ex. l'art, la psychanalyse...) et pourtant, je ne suis pas trotskiste.

A part ça, je n'ai pas eu le temps de le faire : bonne année à toi, quand même !

03/02/2013, 18:24 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 18:11

Staline a un rôle dans la victoire sur le nazisme, oui.

Le seule role qu'il a eu à été d'etre responsable de la mort de centaines de milliers voir de millions de morts russes par son impéritie et son incompétence. D'abord d'avoir liquidé la plupart des officiers de l'armée rouge dans la fin des années 30. Fusillé pour "trotskysme" (quand on pouvait soupçonner le commencement du début d'un attachement au fondateur de l'armée rouge) ou pour "boukarinisme" (quand ils demandaient un minimum de "compétence technique" dans le bon fonctionnement de leur état) ils ont manqué cruellement au début de l'affrontement avec les nazis. Affrontement avec les nazis qui n'avait absolument pas été préparé par Staline, qui a obstinément refusé de tenir compte des rapport de Sorge (le plus grand espion soviétique) qu'il a contribué a laisser prendre (Sorge a été liquidé par les japonais suite à une dénonciation orchestrée par Staline) Staline a d'ailleurs totalement disparu au début de l'offensive nazie, en état de choc (il ne s'attendait vraiment pas à être attaqué par staline) Revenu de sa mystérieuse "dépression nerveuse", c'est aussitot pour tomber dans un antisémitisme maladif (dont la fameuse campagne contre les "cosmopolites sans racine" ce qui allait aboutir au célébre "complot des blouses blanches) et une paranoïa débridée...

03/02/2013, 18:28 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 18:24

Je connais ta récitation presque par coeur. Si elle vaut autant que celle contre Robespierre, il y a du souci à se faire question crédibilité. Lis donc Losurdo...

Staline a d'ailleurs totalement disparu au début de l'offensive nazie, en état de choc (il ne s'attendait vraiment pas à être attaqué par staline). Beau lapsus !

03/02/2013, 18:30 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 03/02/2013 à 18:28

Losurdo, celui qui justifie les milliers de gens "disparu" pendant la guerre d'espagne" ? L'assassinat d'Andres Nin, et les opération de liquidation menées par les agents staliniens contre les "anarchistes" et les militants du POUM. Tu as d'excellents références. Ce ne sont pas les miennes. Il y a un fleuve de sang entre eux et nous.

04/02/2013, 08:48 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 18:30

"Il y a un fleuve de sang entre eux et nous". Le moins qu'on puisse dire est qu'il y a un fleuve de sang entre ces générations et la nôtre. Nous, nous avons les mains propres, en effet. Pour faire le sale boulot nous avons des armées professionnelles. Disons simplement que, par contre, dans les années 50-60, la génération d'avant la nôtre a aussi baigné dans un fleuve de sang. Ça s'appelait service militaire obligatoire. Vous êtes sûr de ce que vous auriez fait à Dien Bien Phu ou à Blida, Marc Tertre ? Crosse en l'air ?

   Relativisons nos jugements sur ceux qui étaient sous une pluie de plomb. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu de continuels tirs en rafale. Moi, oui. J'étais môme, mais je peux vous dire que cela bloque la réflexion.

04/02/2013, 10:34 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 08:48

Je n'ai pas testé les "fleuves de sang", mais j'ai testé la violence, les agressions physiques et les dénonciations professionnelles (mon patron a été ravi d'apprendre que j'étais trotskyste, et que mes camarades du pcf lui ont demandé mon renvoi) Aprés, j'ai bien connu des camarades vivant au temps du moustachu, là ou il était "minuit dans le siécle"

04/02/2013, 11:52 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 10:34

J'ai aussi connu la violence de manifestants qui n'étaient pas d'accord avec moi. Dans la même nuit recevoir des coups de "camarades de combat" et des "forces de l'ordre" a quelque chose de très éducatif. Ça ne me m'empêche pas de faire une grande différence entre les deux.

J'ai connu aussi l'époque que tu dis ; et ne suis resté que deux semaines aux Jeunesses Communistes. J'ai connu d'autres exclusions. "Universitaires" et sociales. Et alors ?  Pourquoi crois-tu que je "ne suis toujours qu'ouvrier" ? (Et n'irai certes pas m'en plaindre).

03/02/2013, 19:26 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de Marc Tertre le 03/02/2013 à 18:24

On dirait du Onfray ou passablement du Courcuff. Le même type d'approche apolitique, morale, victimaire, saignante, psychologisante, d'une séquence historique.

03/02/2013, 19:36 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 19:26

Les massacres des militants du POUM et de la CNT par les staliniens pendant la guerre civile espagnole, c'est du sentimalisme victimaire? Vous faites erreur, nous ne faisons pas dans l'approche psychologisante avec ceux qui tiennent vos propos. Aucune naïveté. Quant à ce qu'écrit Marc Tertre sur Staline, c'est ce qu'en disent les historiens; et dans une dictature, les lubies et variations de lucidité politique du chef ont des effets politiques; c'est ainsi. Nous sommes contre les dictatures, pour notre part.

03/02/2013, 19:45 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 19:36

A compter et à recompter on n'est pas sans se raconter des histoires. Continuez et tenez nous au courant de l'état de vos humeurs à l'égard de Staline. C'est un os que vous avez déjà passablement rongé. Dites-nous vite ce qu'il en reste aujourd'hui encore à gratter.

N'oubliez pas d'inviter pour votre compte macabre le délicieux Gluksmann.

03/02/2013, 20:55 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 19:45

Et transmettez toutes mes amitiés à la momie de Mao, toujours parmi nous, vénérable ô combien.

Glücksmann fut un mao sectaire et enthousiaste, pas un militant de la LC si je ne m'abuse. Vous avez plus de raisons que moi d'en connaitre l'adresse.

03/02/2013, 22:23 | Par alain chauvet en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 20:55

Avec Gluksmann vous aurez l'ami nécrophile qu'il vous faut pour continuer à compter vos cadavres et à grattez nostalgiquement ce qui vous reste de l'oStaline.

 

03/02/2013, 23:27 | Par pascal b en réponse au commentaire de alain chauvet le 03/02/2013 à 22:23

La momie de Mao vous bénisse, vous le méritez.

L'oeuvre de Bensaïd n'a aucun rapport avec vos propos.

04/02/2013, 08:55 | Par françois périgny en réponse au commentaire de pascal b le 03/02/2013 à 19:36

Vous voulez vraiment "refaire le match", Pascal B. On est à combien, au score, actuellement ?

Je pense que vous avez lu le livre de Hans Magnus Enzensberger, "Le bref été de l'anarchie". Cela devrait vous aider à relativiser, non ?

04/02/2013, 09:59 | Par pascal b en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 08:55

J'ai lu ce livre, en effet. Je relativise, croyez-le.

03/02/2013, 20:43 | Par XipeTotec

Et Marx dans tout ça ?

Je vois sur la photo célébrant la commune de Paris Henri Weber, l'un des hommes de l'actuelle pensée unique néo-libérale.

Réévaluer Marx, pour en tirer ce qui reste aujourd'hui exploitable, ce serait aussi parvenir à laisser derrière soi les générations qui l'ont utilisé dans leur propre contexte historique (et leur contexte national).

03/02/2013, 22:19 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 20:43

Vous pourriez à la rigueur traiter Weber de social-libéral. Je ne serais pas d'accord, mais c'est affaire d'appréciation (et puis je n'en sais rien, il est peut-être plus cahuzacien que moscoviciste - encore que j'en doute*). Mais  "néo-libéral", c'est un contresens complet (il est vrai assez répandu dans vos mouvances extra).

 * lui ne peut pas dire qu'il n'a jamais cru à la lutte des classes.

Votre phrase "réévaluer Marx" est peu claire. Surtout le "contexte national". Marx serait le premier à se réévaluer lui-même (si je toutefois je comprends quelque chose à la psychologie des revenants).

03/02/2013, 22:49 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 03/02/2013 à 22:19

Par réévaluer, je veux dire que Marx disparaît sous le galimatias des conflits internes entre groupuscules, comme le montre encore cette discussion absurde de gens qui parlent de choses du passé ou qui s'accusent d'appartenir à des courants qui ont disparu depuis longtemps.

"Social-libéral", c'est l'utilisation par le PS d'une catégorie du libéralisme déjà existante. En fait, c'est un peu du n'importe quoi.

Néolibéral est beaucoup plus parlant à tout le monde, sachant que nombre de gauchistes soixante-huitards s'y sont ralliés et qu'il a été inventé pour la France par le PS en 1983. Parlez à Henri Weber du protectionnisme et vous constaterez qu'il est un néolibéral classique et pas un keynésien.

04/02/2013, 08:13 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 22:49

C'est bien ce qu'il me semblait: voud confondez et confusionnez. Bientôt vous nous direz que Marx était protectionniste et nationaliste, et favorable à la révolution par les urnes, ou autres balivernes.

 

En fait, c'est un peu du n'importe quoi.

 

C'est bien ce que je constate.


04/02/2013, 08:56 | Par françois périgny en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 04/02/2013 à 08:13

Non, non, Labûche. Moi je trouve que vous comprenez très bien votre propre psychologie.

04/02/2013, 09:03 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 08:56

Merci. Je suis confus...

04/02/2013, 09:41 | Par françois périgny en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 04/02/2013 à 09:03

Oui, oui. C'est vrai : vous êtes confus.

04/02/2013, 12:14 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 09:41

C'est bien ce que je disais. Merci de le reconnaître.

04/02/2013, 12:42 | Par françois périgny en réponse au commentaire de melgrilab@yahoo.fr le 04/02/2013 à 12:14

Labûche, vos pirouettes ne trompent que vous. Attention ! A force vous allez finir totalement désorienté.

04/02/2013, 14:29 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 12:42

(doublon)!

04/02/2013, 14:29 | Par melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de françois périgny le 04/02/2013 à 12:42

Je ne le serais donc pas déjà ? La Bourrique céleste vous entende !

04/02/2013, 18:01 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 22:49

Marx disparaît sous le galimatias des conflits internes entre groupuscules

qui a commencé d'ailleurs bien avant sa mort (je parle bien de la mort de Marx, pas de celle de Bensa) Je me souviens d'une formule assez juste : "le marsxisme est l"histoire des querelles sur l'interprétation de ce qu'a voulu dire Marx"...

. Parlez à Henri Weber du protectionnisme et vous constaterez qu'il est un néolibéral classique et pas un keynésien.

On peut etre un keynesien pur fruit pur sucre, et contre le protectionnisme. Ca c'est déja vu (à commencer par Keynes lui même)

05/02/2013, 00:02 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/02/2013 à 18:01

Au contraire, Keynes était un grand protectionniste... Des dirigeants de gauche se disant keynésiens, mais qui sont en fait de vrais libre-échangistes, préfèrent l'oublier, ce qui n'est pas la même chose.

04/02/2013, 18:50 | Par Yanick Toutain en réponse au commentaire de XipeTotec le 03/02/2013 à 20:43

Vous avez tort et vous avez raison.
Il faut, en effet effacer ce qui était IDEOLOGIQUE et donc non scientifique, dans l'oeuvre de Marx.
La croyance en l'unité du prolétariat est aussi stupide que la croyance en l'unité du Tiers Etat. Dans le Tiers Etat émergèrent les détenteurs du capital machine.
Et dans le prolétariat les détenteurs du capital formation.
Il faut donc SUPPRIMER LES INFLUENCES FORMOISES : elles sont à l'origine de la croyance en la nécessité de la hiérarchie des salaires.
Mais cette suppression de l'INFLUENCE des CLASSES SPOLIATRICES n'est pas le principal moyen d'avancer, la principale méthode.
Je prends MON exemple.
A l'automne 91 je cherche à comprendre pourquoi la bourgeoisie sabote mes projets ludo-pédagogico-informatiques.
Pourquoi avoir agrée un projet comportant un langage informatique et des centaines de jeux potentiels pour tout saboter derrière.
MA DEMARCHE EST SCIENTIFIQUE ! Je veux comprendre.
En passant par le statut de la formation, le rôle futur de l'informatique en Afrique, il me vient soudainement un constat et une question : COMBIEN VAUT LE PIB MOYEN MONDIAL ?
129 000 milliards de francs pour 5,3 milliards d'êtres humains.....CELA FAIT 2000 Franc de France par mois...
Je touchais 8700 F !
Mais ce qui me choque le plus, ce n'est PAS L'INJUSTICE !!!!
C'est le FAIT QUE NOTRE BARATIN sur la PLUS-VALUE et les TRANSFERTS DE PLUS-VALUE SONT FAUX !!!
Je découvre, en cet automne 1991 que notre marxisme est une VERITABLE IMPOSTURE !!!!
Il doit donc bel et bien exister des TRANSFERTS AUTRES....
Et ce n'est (j'ai oublié les étapes) qu'en 1993 que j'écris mes 30 thèses où j'ai construit le concept de "PLUS-VALUE FORMATION"...
C'est bien plus tard que je découvrirai que Marx est passé à côté à cause de sa mauvaise foi.
En résumé : la quête de la science par un chercheur peut l'amener à OUTREPASSER ses INTERETS DE CLASSE !
D'autant plus .... que tout cela m'a contraint, à partir de 1993 à RECLAMER LE SALAIRE UNIQUE MONDIAL en déchirant les diplômes !

04/02/2013, 18:53 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Yanick Toutain le 04/02/2013 à 18:50

ce qui était IDEOLOGIQUE et donc non scientifique,

Stupidité crasse. D'un qui ne voit pas ce qu'il y a d'idéologique dans la science...

03/02/2013, 22:23 | Par Amsahe

la mort ne peut jamais arrêter la pensée de quelqu’un..Et ce dont quoi ,nous sommes héritiers et devons rendre compte,c'est de dire que nulle n'est parfait fusse t- il penseur.les pensées sont rarement incarnées,c'est pour cela qu'il faut parler d'aspiration a incarner sa pensée.

04/02/2013, 17:24 | Par Yanick Toutain

J'ai été censuré sur Rue89 à de multiples reprises à la demande (entre autres aumoment du décès de Bensaid car il s'est vanté d'en avoir l'habitude par la suite et dans une autre occasion) du principal blogueur du NPA - Thierry CSP de Toulouse.
Sur Rue89 deux sortes de mes textes étaient censurés : ceux sur le NPA-LCR et ceux sur la Franceàfric quand ils obtenaient un grand nombre de soutiens.
Ce que les nouveaux stalino-fascistes s'acharnaient à effacer était un texte publié du vivant de Bensaid, mais auquel aucun des zélotes de l'antimatérialisme n'avait jugé bon de critiquer : ces gens passent de cause toujours à ferme ta gueule.
Cette censure, ils la pratiquaient dans les meetings LCR (même en présence de Krivine où ils m'empêchèrent de lire du ... KRIVINE... sur leur site Revolution Celeonet.... LO fit de même. Les anars aussi.... ceux des réseaux alternatifs et les infiltrés chez Bové en 2007... etc etc... la liste des stalinofascistes est lassante !!!

+++
vendredi 22 janvier 2010 Bensaïd : LE COMMENTAIRE CENSURÉ sur RUE89. Le texte complet qui fut censuré sur ordre du NPA !

Voir donc

JEUDI 14 JANVIER 2010 

Daniel Bensaïd est un charlatan qui fabrique de l'idéologie bourgeoise mystique : "Une histoire... sans garantie scientifique"

mercredi 17 novembre 2010 Philippe Corcuff, le guérillero pacifique durable et social. Ou la sénilité précoce des musiciens baroques de la fanfare idéologique du gang NPA de la défense des privilèges formois.

par Yanick Toutain
17/11/2010



Il a table ouverte et un blog chez l'ancien LCR Edwy Plenel - et son Médiapart aux révélations estivales salutaires - : la bêtise fait bon ménage avec les résurgences du Washington Post !
NOTRE GUÉRILLERO PACIFIQUE ANNONCE LA COULEUR :
Pour une guérilla sociale durable et pacifique

18 Octobre 2010 Par Philippe Corcuff



Lisons le crétin

« Le passé, au travers de la mémoire des luttes conquérantes d'hier et de la lecture critique de leurs difficultés, constitue un aliment indispensable à notre action présente, pour résister aux évidences comme à la démoralisation portées par les élites dominantes. Dans cette perspective, le passé est une composante nécessaire à la confection de notre sens individuel et collectif de la dignité. Mais il ne faut peut-être pas se tromper de passé. Tous les passés n'ont pas la même puissance subversive quand on les confronte à tel ou tel événement présent. Leurs imaginaires respectifs et les leçons qu'ils nous aident à tirer ne fournissent pas tous des ressources aussi ajustées aux enjeux du présent. »

Résumons l'idéologue sénile du NPA : Il existerait plusieurs passés. Chacun de ces passés est pourvu d'un imaginaire. A moins que chaque passé ne dispose de plusieurs imaginaires - ce qui nous compliquerait singulièrement la tâche.
Restons donc à un imaginaire par passé.

Ne demandez pas ce que c'est qu'un « passé ». Comme le crétin pseudo-ex-trotskyste Daniel Bensaïd, Philippe Corcuff joue de la musique. Lui et ses amis formois de l'ex LCR kriviniste - qui faisaient la musique de la fanfare idéologique pendant que les sandinistes mettaient les révolutionnaires dans leurs geôles formoises -poursuivent leur tâche..
Ils font le tintamarre de la fanfare formoise quand l'Afrique crève à 50 euros par mois. Philippe Corcuff joue du pipeau pseudo-rebelle quand 3 millions de bébés meurent en Afrique, chaque année.
Ne lui demandez pas ce que sont ces prétendus « imaginaires », c'est un élève de l'école de la falsification pseudo-philosophique du charlatan Daniel Bensaïd. Ils sont collègues en imposture.
Pendant que le NPA joue sa partition stalino-fasciste en obtenant sur RUE89 l'effacement de mes critiques du charlatan posthume Bensaïd, le charlatan comparse produit ses élucubrations délirantes néo-réformistes sur Médiapart.
Et je ne peux pas lui répondre : je suis trop pauvre pour avoir droit de poser un commentaire.


On a donc un imaginaire relié à un passé. Et cet imaginaire (un par passé), il nous aide à tirer des leçons.
On comprend donc l'importance de ne pas se tromper de passé.
Car, en conséquence de cette fâcheuse erreur, on se tromperait d'imaginaire ce qui induirait une erreur quant aux leçons à en tirer !!!
Surtout que ces leçons ont elles-mêmes un rôle.
Eh oui !
Le rôle de ces leçons, il est de « fournir des ressources » !!!
Cela vous en bouche un coin !!!
Mais, de plus, ces ressources doivent être pourvues de caractéristiques bien particulières : elles doivent être « ajustées ».
C'est logique.
Imaginez que ces leçons se mettent à fournir des ressources mal ajustées..... Ce serait un coup à péter un plomb et, soudainement, à RE-devenir réformiste !
Ce danger sournois, Philippe Corcuff l'a évité : il a BIEN choisi son passé, et donc trouvé le bon « imaginaire ». En conséquence de quoi, ce sont les leçons idoines qu'il va pouvoir tirer.... et donc trouver les bonnes ressources, celles qui sont bien ajustées....
Elles seront bien ajustées à quoi ?
« Je vois une main qui se lève dans le fond....
Il y en a quand même qui suivent ….

  • Oui ? …. ajustées … à quoi ?...
  • Aux enjeux du présent ?
  • Bravo !!!

Hé oui ! C'était la bonne réponse, ces ressources sont – elles doivent être – ajustées aux enjeux du présent. Philippe Corcuff est une lumière. Il nous éclaire, par la puissance de son cerveau pourvu d'un lobe supplémentaire, un lobe bensaïdiste.
Hosanna !

on peut lire aussi

mercredi 10 mars 2010 Gérard Filoche, Daniel Bensaïd et la timbreuse. (Polémiques au sein de la classe formoise : un nécessaire bilan historique)

lundi 22 février 2010

 

Quand Daniel Bensaïd, Alain Krivine, Olivier Besancenot soutenaient une CANDIDATE ANTI-AVORTEMENT

 

250px-Heloisa_Helena.jpg 

 par Yanick Toutain


Les zigzags de ces clowns me font perdre mon temps !

Les menaces du "rouge brun vert" John Mullen m'ont amené à accumuler de la doc sur lui, sur Tariq Ramadan et toute la clique - dont les pérégrinations n'avaient que de loin attiré mon attention.

De la même façon, la dernière clownerie - bigoterie proto-fasciste du voile islamiste fachoïde - m'amène de lien en lien - à faire des découvertes qui confirment l'accélération du pourrissement politique de ces gens-là.

En aout 2006, ils avaient soutenu une bigote ANTI-AVORTEMENT, candidate du FRONT DE GAUCHE brésilien aux élections présidentielles.

 

mardi 11 janvier 2011 Un conte moderne (Matti, les harceleurs et la timbreuse) ou comment tenter de bâillonner stupidement quelqu'un pour se retrouver 30 ans plus tard .... sous un projecteur géant

FILOCHETALOCHE440.jpg

Autrefois Gérard Filoche s'appelait Matti. Il était un des militants dirigeant la LCR. Un minoritaire constamment harcelé par les partisans du terrorisme imbécile en Amérique du Sud - la clique de Daniel Bensaïd.
Un jour Gérard Filoche fut accusé - ce fut un scandale GIGANTESQUE - d'avoir posté du courrier à l'intention de militants minoritaires sans payer le timbre de sa poche mais en utilisant la "timbreuse officielle" qui, elle, était réservée à l'usage des partisans des actions gauchistes minoritaires.
Cela peut paraitre fou au collégiens qui utilise Facebook sans se demander QUI paye le timbre ou le courant de Facebook.
Même quand il poste des textes en soutien aux Tunisiens ou aux Algériens en révolution.

Je poste un commentaire sur le blog de Gérard Filoche.
Il reste un des rares à gauche et à l'extrême-gauche qui ne pratique pas la censure systématique contre l'égalitarisme.
Un dessin humoristique de Azim est l'endroit idéal pour placer ce commentaire. On voit l'agent bourgeois-esclavagiste au sein du camp formois danser la polka sous la mesure du "meilleur défenseur de la classe formoise" Gérard Filoche.

lundi 22 février 2010 Quand Daniel Bensaïd, Alain Krivine, Olivier Besancenot soutenaient une CANDIDATE ANTI-AVORTEMENT

04/02/2013, 18:11 | Par Dominique C

Supren

04/02/2013, 18:25 | Par Yanick Toutain

Je viens de republier sur Médiapart ce fameux texte de 2008 - que Rue89 avait censuré - avec un nouveau préambule :

"Une Histoire ... sans garantie scientifique" Daniel Bensaïd, un charlatan qui fabriquait de l'idéologie bourgeoise mystique 04 février 2013 Par Yanick Toutain

 


"Dans un dîner qui nous rassembla avec Alain Krivine et Daniel Bensaïd,
Olivier Besancenot affirmait ne pas être trotskyste,
et je le crois volontiers, car lui-même et ses deux comparses
savent que les temps ont changé et que la cristallisation
d’une gauche mouvementiste peut constituer
une identité nouvelle pour une Ligue rénovée."
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/

Elle croyait, et John Kennedy partageait cette croyance,
que l'histoire appartenait aux héros et que les héros
ne devaient pas être oubliés. Elle ne voulait pas que John soit oublié,
ni que ses actes soient fixés par la postérité sous une lumière défavorable.
Elle voulait qu'on se souvienne de lui comme d'un héros.
Elle me confia que souvent, la nuit, il écoutait Camelot
sur leur phonographe et qu'il s'identifiait personnellement
à travers les paroles de l'air final :"
Que l'on n'oublie pas qu'il y eut un jour,
pendant un bref moment étincelant,
un lieu connu sous le nom de Camelot."
“ Elle en parlait avec une telle passion que, sous un certain angle,
cela prenait presque un sens. J'avais bien conscience que
c'était là une mauvaise interprétation de l'histoire,
mais j'étais piégé par l'habileté de Jackie à présenter
la tragédie en des termes si humains et si romantiques.

"Jackie" page 338 par David HEYMAN Stuart-Laffont 1989.

Un livre récent du charlatan s'y trouvait.
Des mots, du baratin, de la rhétorique, des nuages de fumée.
L'absence totale de réflexion sérieuse, l'absence totale de science,
l'absence totale de faits classifiables, de thèses critiquables freinait la lecture.
Ses bouquins ressemblent à des devoirs à corriger
écrits par un élève fâché avec l'écriture.
Mais Daniel Bensaïd n'est pas fâché
avec l'écriture, il est fâché avec la réalité.
Sa rupture - ancienne - avec la réalité est la cause
fondamentale de sa rupture avec Marx et le marxisme (YT infra)

Le texte infra avait été écrit du vivant de Daniel Bensaid. Qui, du haut de sa tour d'ivoire ne condescendit jamais à y porter attention.
Je n'en attendais rien, d'ailleurs, de quelqu'un passé avec armes et bagages du camp de la formoisie radicale guérilleriste au réformisme crypto-heisenbergiste le plus lamentable....

La républication de ce texte sur Rue89 fut censurée à la demande du principal blogueur du NPA-LCR -Thierry CSP de Toulouse qui se vanta de faire régulièrement effacer ce qui ne lui plaisait pas dans les commentaires de Rue89. Il ne fut pas démenti. Au contraire ! Je fus banni ce ce torchon crypto-fasciste !

Depuis 20 ans, une réponse  - stupide - de Christian Barsoc l'économiste collectif défendant le franc CFA (sur Rouge-heddo) et quelques âneries commises par des ignares en gnoséologie sur Celeonet furent les seules réactions des "intellectuels" de la LCR-NPA à mes travaux.
Un idiot alla prétendre oralement que "formoisie" se trouvait déjà chez Bourdieu.
Autour, les universitaires boycottèrent mes textes. Denis Clerc se défaussa sur une .... universitaire de Dijon qui... ne donna jamais suite.
C'est la semaine dernière - et par un hasard - que j'ai découvert l'existence du Congolais Kasongo-Ngoy Makita-Makita qui, 4 ans avant moi, avait évoqué une "bourgeoisie du diplôme" dont le contenu conceptuel - très sociologique - approchait quelque peu le concept (construit par l'économie) de formoisie, bourgeoisie de la formation.
En maths un opposant à l'infini, professeur au Collège de France - Christian Magnan - professa en privé qu'il ne fallait pas combattre l'infini des matheux.... etc etc...
L'approche de la Révolisation, l'approche des QUATRE révolutions ouvre les consciences.
Il est peut-être temps d'espérer avoir ce débat.

jeudi 14 janvier 2010

08/02/2013, 22:48 | Par Dominique C

Allez, on remonte ce billet!!! Supren!

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