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Rentrée chaude dans les lycées ou comment réformer dos au mur

Le ministre Xavier Darcos l'a annoncé: la loi de finances 2009 prévoit 13.500 emplois de moins pour le ministère de l'éducation nationale. Mais rassurez-vous, il y aura autant de profs pour les élèves, et même plus d'activités scolaires : soutien, accompagnement pédagogique, histoire des arts... Mais comment font-ils ?

Après les 12000 suppression de la LF 2008 ?

Ce sont de grands magiciens, ou de piètres stratèges.

Une chose est sûre, la rue de Grenelle ne dispose pas de marges d'adaptation suffisantes pour faire fonctionner à l'identique la machine avec 13500 ETP (équivalents temps plein) en moins. Il va faloir trouver des solutions et la seule possible c'est de réformer le lycée.

 

La réforme du Lycée est en cours, il y a eu déjà le 11 juin la signature de 11 points de convergence entre les syndicats et le ministre (positions communes) sur des principes et des axes directeurs.

 

On a annoncé aussi la refonte de la sélection et des concours, de la formation, des enseignants pour la rentrée 2010.

Je m'aperçois ce matin que Claude Lelièvre fait le point clairement sur ces aspects, je ne peux que renvoyer à son blog.

 

Il y a un consensus assez largement répandu sur le fait que les horaires et programmes du lycée sont trop lourds, que les élèves n'ont le temps ni d'apprendre, ni de réfléchir, encore moins de faire du sport ou d'autres activités. (Je sais, si ils passaient moins de temps sur MSN ou pendus à leur mobile... mais ça on n'y peut rien).

On est un peu moins d'accord, mais enfin presque, sur le fait que les redoublements sont inutiles et coûteux, et que notre système dépense plus d'argent pour le secondaire que pour le supérieur, pour des résultats, euh, des résultats disons inférieurs à ce que l'on serait en droit d'attendre.

 

 

Or les mesures annoncées aujourd'hui vont plutôt dans le sens d'une aggravation des conditions de gestion du système éducatif.

On diminue le nombre de postes en créant de nouveaux dispositifs ! (pour mémoire : soutien scolaire, accompagnement éducatif généralisé dans tous les collèges en 2008 et prévu aussi pour les lycées en 2009, introduction de l'histoire des arts...réforme des filières STSS du Bac technologique, et des Bac pro.)

Alors qu'on ne sait pas encore exactement quelles seront les conséquences des diminutions actées pour 2008 (un peu moins de 12000). On est sûr, cependant, qu'à la rentrée 2009 on n'aura plus les marges de manoeuvre actuelles.

 

 

Admettons que l'on puisse remettre devant élèves tous les profs détachés à travers toute la fonction publique, les EPA, les collectivités locales, les associations. Bon.

D'une part ils ne sont pas 12000 ETP.

D'autre part ils sont utiles là où ils sont, et souvent dans des missions para-éducatives.

Enfin, certains refuseront de rentrer. (NON ! JE VEUX PAS Y RETOURNER ! comme la fille devant les usines Wonder en 68, vous vous souvenez ? dans le doc d'H. Leroux, Reprise) une fois qu'on a arrêté d'enseigner dans certaines zones pendant un certain temps, on est prêt à tout pour ne pas y retourner. Je sais c'est moche, mais allez d'abord enseigner 10 ans en collège en ZEP et après on en reparle.

Cette argument invoqué par le ministre est en fait fallacieux, même Luc Ferry, entendu par la commission Pochard au début de l'année avait avoué que si l'on examinait bien les détachés et mis à disposition cela ne constituait pas une ressource massive, ni très mobilisable sans frais. (les vidéos des auditions de la commission du conseiller d'Etat M. Pochard sur l'avenir du métier enseignant, prélude au Livre Blanc éponyme)

 

Donc c'est la catastrophe : peut-être pas tout de suite. On va savoir gérer à coup d'heures sup, de classes surchargées, de profs pas remplacés, de vacataires et autres précaires sous-qualifiés, pendant une année. Les choses mettent du temps à se dégrader, l'Educ Nat c'est un gros pétrolier, il lui faut du temps pour s'arrêter ou manoeuvrer.

Mais la rentrée 2009 va être explosive.

 Comment faire ?

 

Epiphanie ! Joie, joie, joie ! Pleurs de joie !

J'ai trouvé, on va réformer le lycée !

On va faire baisser le nombre d'heures de cours, on va allonger le temps de présence, hors cours des profs dans les lycées, on va créer des modules, et des formes alternatives d'enseignement permettant à moins de prof, de "traiter" davantage d'élèves.

C'est la future réforme des lycées.

 

Sauf que l'on va la négocier sous pression, avec moins de moyens disponibles, au pied du mur, ou plutôt le dos au mur, donc dans les pires conditions.

Inutile de prophétiser que cela ne sera pas très ambitieux, et que pour s'assurer la paix sociale on va satisfaire d'abord les corporatismes et les intérêts des divers groupes de pression et lobbies variés. Inutile de prophétiser, certes, mais ça va mieux en le disant, c'est la joie de la prétérition.

 

Tous ceux qui s'intéressent à l'administration et aux politiques publiques savent que pour réformer de manière ambitieuse il faut dans un premier temps, au pire maintenir les moyens, et c'est mieux d'en ajouter un peu la première année. Les années suivantes les effets de la réforme permettent de supprimer les postes devenus inutiles grâce aux changements.

Mais commencer par se lier les mains, puis réformer c'est suicidaire.

Que fait le gouvernement ?

Ils recommencent l'erreur du paquet fiscal. On dépense ce qu'on a pas, et après on n'a plus de moyens quand on en a vraiment besoin la conjoncture se dégradant. Relisez La Fontaine !

 

Il y a de quoi être assez pessimiste.

Tous les commentaires

Je ne comprends pas pourquoi il est impossible d'y arriver. La France dépense plus que ses voisins dans l'enseignement secondaire sans obtenir de meilleurs résultats.

Je n'ai pas dit qu'il était impossible d'y arriver. Je pense que la méthode utilisée obère grandement les chances de succès. En effet commencer par se lier les mains en supprimant des moyens, puis penser une grande réforme ambitieuse c'est suicidaire. Ensuite nous faisons face à des difficultés sévère que je liste dans un billet à venir.
Pour finir certains autres systèmes fonctionnent mieux, d'autres coûtent moins cher, mais ils ne nous sont pas vraiment comparables. Voulez-vous de l'autoritarisme japonais ou coréens ? Voulez-vous le niveau d'impôts des pays scandinaves ? Avons-nous la population, et l'homogénéïté, de la Finlande ou de l'Islande ? Souhaitons nous importer le système américain, alors que l'on passe notre temps à le brocarder ? (personnellement je pense qu'on devra s'en inspirer beaucoup)
Nos spécificités : une population scolaire nombreuse; une population scolaire hétérogène : multiculturelle car la France est un pays post-colonial avec une population diversifiée ; - et de grandes disparités en terme de niveaux sociaux des établissements : Montreuil ce n'est pas Lakanal; une population scolaire parfois peu francophone, ou ne maîtrisant pas du tout la culture scolaire française, car d'immigration récente ; des quartiers pauvres qui concentrent les difficultés au sein desquels certains établissements recrutent toute leur population d'élèves; un système scolaire très exigeant sur les contenus ; un système scolaire très hétérogène : établissements de petites villes de région sans problèmes, établissements prestigieux de centre ville, établissements dans des banlieues pauvres, établissements ruraux isolés; un système scolaire dual, qui délivre une formation d'excellence pour une minorité, et connaît des résultats catastrophiques pour une autre minorité, quoique plus large.
Que doit-on sacrifier là ? Quel modèle choisir ? inventer ?
je vous laisse juge, mais les problèmes sont tout sauf simples, et croyez-moi les solutions, on y réfléchit au ministère depusi longtemps, il n'y a pas une réforme magique suffisante et définitive pour tout régler.

Cher Stephane D, Si nous réfléchissons comme vous le dîtes depuis des années sans résultat, il me semble qu'il faut accélérer le mouvement et surmonter le conservatisme et la mauvaise gestion qui caractérisent notre enseignement public. Les spécificités que vous rappelez ne sont pas propres à la France, on les retrouve dans la plupart des pays européens et aux USA. Une autre spécificité: la populations scolaire des collèges va encore diminuer l'an prochain.. Vous avez raison de mentionner les USA dans lesquels j'ai vécu; ils ont des classes spéciales pour les élèves dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Ils permettent ainsi à ces élèves de progresser sans peser sur les autres. Ce système est intelligent peut être trop pour nos idéologues! Votre analyse me conforte dans l'opinion qu'il est essentiel de maîtriser l'immigration qui s'avêre de plus en plus un fardeau. Ma fille est au collège Henri4 à Paris. Je suis effaré du poids des options qui empèchent de se concentrer sur les enseignements majeurs, ne pourrait-on réduire de moitié ces heures d'enseignement dont l'utilité est moins évidente? Je maintiens que dépenser plus pour des résultats plutôt moins bons n'est pas la marque d'une politique intelligente. Avec ma sympathie

SI si ! Les particularités de la France, on ne les retrouve... qu'en France. Nous sommes le seul pays avec à la fois : - de tels problèmes sociaux, urbains, un tel niveau de multi-culturalisme dans certaines écoles - un enseignement aussi ambitieux et aussi complexe - un système malgré tout aussi juste, du moins qui essaie autant de lutter contre les injustices et les inégalités - une telle population - un système majoritairement public et gratuit Il ne faut pas tout bazarder !
Nous avons aussi bien entendu des classes pour non francophones, mais pas assez nombreuses, et cela ne règle pas tout.
concernant l'immigration, je crois que vous vous égarez. Ce n'est pas l'immigration qu'il faut supprimer, c'est la concentration de la pauvreté et de tous les handicaps dans les mêmes écoles. D'ailleurs, regardez les jeunes Chinois, même sans-papiers, ils travaillent bien à l'école et ont des résultats remarquables (bon, je sais il ne faut pas généraliser, j'ai eu des cancres asiatiques aussi dans mes classes, mais moins), ils sont immigrés aussi pourtant ? Et ils ne font pas baisser le niveau des classes ou des écoles ? Mes pires emmerdeurs étaiet de bons petits français avec des cartes d'identité nationales
Tout le monde est d'accord pour dépenser moins et consacrer moins si on améliore en même temps le service rendu. Mais on ne sait pas comment faire.
Et puis touteel monde est d'accord pour qu'on dépense moins d'argent, sauf pour l'école de ses gosses, les options de ses gosses et la qualité de l'école de ses gosses. En revanche les sauvageons là-bas, on peut tout leur sucrer, hein!, de toute manière ça sert à rien.

Cher Stephane D, Les caractéristiques de la société française se retrouvent dans d'autres sociétés . Le problème vient que de ce que les ambitions de notre système scolaire collaient avec une société sensiblement homogène; elles ne collent plus avec la population multi-culturelle actuelle. Désolé de revenir sur l'immigration , pas la chinoise mais l'autre, elle constitue un redoutable défi pour notre enseignement et plus largement pour la cohésion nationale. Nous l'avons nié pendant des décennies, il va falloir revoir notre système d'éducation pour en tenir compte. La concentration que vous contestez , est inévitable car l'arrivée de nouvelles catégories d'habitants créé un effet d'éviction en provoquant le départ des habitants qui ne veulent pas vivre dans le nouvel environnement; à moins de les forcer à rester, vous n'empècherez pas ce phénomène. Je n'ai pas l'impression qu'on sucre sur le dos des sauvageons puisque leurs établissements ont davantage de moyens que les autres ce que je ne comprends pas compte tenu de leurs résultats médiocres. Il est vrai qu'en France donner plus de moyens à l'excellence est politiquement incorrect; on préfère les donner à ceux qui n'auront que de mauvais résultats et ne tireront jamais la machine. Avec ma sympathie

Je ne suis pas d'accord du tout avec vos propos, et surtout je crains que vous en mélangiez divers registres et faits incompatibles, sans parler de ce qui ne relève que d'inexactitude bénignes.
Il est faux de dire que l'on donne plus de moyens à ceux qui en ont le plus besoin : en fait la politique de l'éducation prioritaire est diluée et au final le surcroît de moyens est symbolique. Il est faux de dire que l'on donne moins de moyens à l'excellence : les classes prépa reçoivent dans l'absolu plus de moyens par élève que tous les niveaux de l'enseignement, secondaire et supérieur confondus. Il n'est pas exact de dire que la concentration de problèmes et de pauvreté est inévitable dans les mêmes établissements : le busing et les solutions américaines ont prouvé le contraire. C'est par ailleurs l'honneur du Politique que d'inventer des solutions.
Sur le reste de vos propos, qui ne regardent que vous, mais que je ne trouve pas assez précis compte tenu de ce registre à risque, je ne suis pas non plus convaincu, et cela je le dis sans idéologie gauchiste: - d'une part il y a aussi des familles issues de l'immigration qui fuient les mauvais quartiers car elles ont accédé aux classes moyennes. - d'autre part il est facile de ne s'intéresser qu'à une seule immigration : à ce moment là , moi je peux dire aussi : tous les plombiers sont des cons, surtout ceux qui habitent sur mon palier à droite. Il serait plus opérant de discriminer au sein de l'immigration : les non francophones, les populations les plus pauvres culturellement, issues de pays ruraux, non alphabétisées dans leur pays d'origine, sans tradition scolaire forte, ayant subi des bouleversements sociaux et culturels dus à la colonisation, etc... pour cibler des populations qui ont du mal à construire des parcours de migrant réussi, en particulier scolaire. ET ENCORE, QU'EN SAVONS-NOUS ? En fait pas grand chose : les études manquent cruellement, car elles sont très difficiles à réaliser.
Au sujet de ceux qui tirent la machine : ce ne sont pas ceux qui ont de bons résultats mais ceux quijouent le jeu avec de la bonne volonté même s'ils sont faibles : ceux qui participent, qui animent la classe, les élèves "méritants". De bons élèves arrogants, silencieux et qui jouent perso : ne servent à rien.
Pour finir, un peu de réalisme : c'est non seulement moralement impensable, et politiquemen abject, mais c'est surtout idiot : on ne va pas jeter à la mer tous les jeunes français issus de l'immigration, je répète : Français, qui ont de mauvais résultats scolaires et qui plombent certaines classes. Parce que dans mon expérience, les jeunes migrants fraîchement arrivés scolarisés ne posent aucun problème : ils ont trop le désir de réussir et la conscience de la chance qu'ils ont pour ne serait-ce que songer foutre le dawa.
Je pense que vous valez mieux qu'un certain sous-texte qu'on trouve dans certains de vos posts.

C'est vraiment préoccupant et on voit que le "gros pétrolier" n'a plus de vrai commandant à bord tout juste une équipe de pilotins ... Le choix est-il fait entre les chiffres et la qualité ? Et puis, ... sans les remarques éculées d'aborigene l'article risquerait de passer inaperçu...

Ben oui, les remarques d'Aborigene dérangent, donc comme on ne sait pas y répondre, d'une manière assez lâche on botte en touche et on assène des "yaka" aussi faciles que stériles. Le dossier de l'éducation Nationale est trop technique pour moi, au moins je l'avoue, donc je ne peux apporter des réponses. Dans le billet, que vient faire la paquet fiscal ?, bouc émissaire de tous les ignorants qui bien sur n'ont pas de réponses sauf le "plus de moyens" qu'on entend depuis 20 ans, sous la gauche et sous la droite. Faut croire que le "plus de moyens" n'est pas la bonne solution. Iconoclaste je réclame "moins de moyens", cela fera peut-être enfin réfléchir sur le comment faire mieux avec moins. Question qui se pose tous les jours dans le privé, sans toucher à la qualité, et qui trouve des réponses !!

Faut pas s'énerver comme cela tout seul.
Attendez au moins une réponse perfide de ma part.
Le paquet fiscal est le paradigme d'une mauvaise politique. mauvaise car idiote, je ne parle pas d'idéologie de gauche ou de droite, je parle juste de bon sens. Et ça vous connaît, vous, le bon sens ?
Alors ... le paquet fiscal entendait relancer l'économie par une hausse de la demande en distribuant plus de revenu, ou en prélevant moins d'impôts. Première remarque : si ça c'est pas une politique keynésienne, qu'est-ce que c'est ? Moi on m'a toujours appris (dans certains lieux) que désormais Keynes c'est mal, particulièrement quand on a signé le pacte de stabilité et de croissance, et qu'on est au taquet en terme de déficits publics et de stock de dette. mais bon. Deuxième remarque (roulement de tambour) si on regarde les tableaux des comptes de la nation, et les analyses d'économistes aussi gauchistes que la Bdf ou la DGTPE, il apparaît que le problème de la France ce n'est pas l'insuffisance de la demande ce qui était aussi l'avis des économistes de l'entourage de la majorité actuelle. Le taux d'épargne des Français est déjà très élevé. Le problème, en tout cas si on écoute la droite, c'est l'offre : pas assez compétitive, et aussi le manque d'exportation. Ce n'est pas en baissant les droits de succession et les impôts qu'on va plus exporter ! Troisième remarque : l'exo sur les heures sup' a eu un effet d'aubaine et au final un effet très mesuré, alors qu'elle a coûté très cher.
voilà donc résumé : on a dépensé le peu de surcroît de recettes fiscales engrangées en 2007 grâce à une croissance robuste, et on est fort démuni la récession venue. La politique fiscale menée (loi TEPA) n'a eu aucun effet sur l'économie réelle ni sur la croissance ni sur l'emloi. Les bonnes propositions c'était celles de la commission Attali, mais le gouvernemnet actuel n'a pas les c. pour les mettre en oeuvre, il préfère se coucher devant les taxis, les notaires, les avocats, les viticulteurs, ceux qui se chauffent au fioul, les pêcheurs, les routiers (attention Hein ! "les routierssont sympas" et costauds), les propriétaires de chaînes de télé privées, et tous les autres.... Du coup les déficits explosent, la Commission va nous mettre à l'amende, et on n'a plus de marges pour relancer la machine alors que maintenant on en a besoin du fait de la crise des 4 F.
je reprends donc pour les mal comprenants, la comparaison avec l'école: on supprime beaucoup de postes. ensuite on crée de nouveaux dispositifs qui nécessitent plus de moyens humains et financiers ensuite on veut réformer, mais ça nécessite des moyens d'ajustement, ne serait-ce que temporaires. voilà, pour moi ce n'est pas de la bonne méthode.
je suis moi aussi pour le "moins de moyens" de temps en temps, histoire de me faire insulter publiquement par mes collègues durant les AG syndicales. Mais il faut le dire à bon escient, ça. Et en bonne gouvernance, la réforme précède la diminution des moyens. Je ne parle même pas de notions exotiques telles que dialogue et recherche du consensus, stratégie du changement...

Cher Stephane D, Votre présentation du paquet fiscal est caricaturale. Ce paquet est compensé de sous ensembles divers répondant à des buts différents. La relance de l'économie c'est la partie heures supplémentaires qui entendait contourner les effets des 35H sur la modération salariale. Il est trop tôt pour juger de ses effets. La partie sur le bouclier fiscal visait à atténuer les effets les plus pervers de cette ânerie que constitue l'ISF, véritable exception française puisque tous les pays européens l'ont progressivement supprimé , le dernier étant l'Espagne socialiste de Zapatero. C'est la partie la moins importante en montant du paquet fiscal ce qui relativise les critiques imbéciles sur les cadeaux aux riches. La partie sur les crédits immobiliers était à mes yeux inutile car elle ne suffit pas à déclencher un acte d'achat immobilier. La partie sur le patrimoine vise à compenser le fait qu'on paye un impôt sur une transmission qui a supporté pendant toute la vie des impôts entre parenthèse plus lourds en France que chez laplupart de nos voisins. Tout à fait d'accord avec vous, ce dont nous avons besoin dans une économie ouverte c'est d'une politique de l'offre visant à dynamiser la création de richesses par les entreprises. De ce point de vue, la récente loi sur les 35H est positive. Avec ma sympathie

Vous n'êtes pas très loin de mes positions : le paquet fiscal est composé de sous-ensebles dont les justifications théoriques economiques sont contradictoires Sinon moi je n'ai pas parlé de l'ISF. Les heures sup' on a déjà les résultats, je persiste, ils sont insuffisants et inférieurs à ce que ça a coûté : pour le même résultat on aurait mieux fait de ne rien faire, ou distribuer directement le pognon aux gens pour la moitié du montant (AHAHAHA !) et elles ne peuvent rien face à la conjoncture, et aux anticipations des ménages et des entrepreneurs.
La critique de la baisse des droits de mutation est une critique que je n'avais pas faite, mais puisque vosu m'y invitez : c'est une honte, car l'impôt sur les successions est le seul impôt qui lutte contre les inégalités sur le temps long, en lissant l'évolution des patrimoines. Par ailleurs ce n'est pas non plus un impôt confiscatoire. Regardez même Warren Buffet trouve qu'il ne faut pas le supprimer !
Ensuite votre argumentation biaise : la baisse du taux de l'impôt sur les successions avait pour but de rendre du pouvoir d'achat. Et à qui ? à ceux qui ont la propension marginale à consommer la plus faible (les plus riches). Je ne parle même pas de justice sociale, là mais de compta nat' de base et de microéconomie de première année.
Toujours est-il que ces mesures, en admettant qu'elles puissent avoir d'autres légitimations, ont été prises à contre-temps. Et ça c'est nul.
Regardez le rapport sur les comptes publics préalable au DOB Le Figaro le met en PJ, c'est édifiant.

Cher Stéphane D, S'agissant des heures supplémentaires , je vous invite à plus de modération. La presse économique de ce jour, Les Echos, fait état de propos du directeur des études de l'ACOS selon lequel le bilan est mitigé: sur le dernier trimestre 2007, 550 millions € d'exonérations au lieu du 1,1 milliard prévu mais une certitude exprimée par ce spécialiste, il est trop tôt pur juger... L'impôt n'a pas pour vocation première de lutter contre les inégalités mais de couvrir les charges publiques, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est si élevé en France...Si mes souvenirs sont exacts, l'exonération des droits de succession est limitée aux patrimoines inférieurs à un certain montant et ne concerne pas les gros patrimoines. Je suis ravi de vous voir vous rapprocher de Warren Buffet, faites attention, il est excessivement libéral.. Avec ma sympathie

Franchement j'espère que vous avez raison pour les heures sup' et que cela nous a rapporté plus que cela nous a coûté et va continuer à nous coûter.
En revanche sur l'impôt votre idéologie vous aveugle. L'impôt a, en bonne théorie économique, au moins trois fonctions : 1) financer les charges publiques 2) jouer un rôle de stabilisateur macro-économique 3) contribuer à une politique sociale de réduction des inégalités
on peut mettre l'accent sur l'une ou l'autre de ces fonctions, voire en oublier une. Mais on ne peut dire qu'il n'en a qu'une.
Aux Etats-Unis, qui malheureusement ne sont pas aussi libéraux qu'ils le prétendent, l'impôt joue un rôle important dans la politique de stabilisation macro-éco. Le dernier exemple d'une politique de la demande étant les cadeaux fiscaux aux ménages pour surmonter la crise générale dite des 4F.
ensuite pour moi être libéral n'est pas une insulte. Je suis très libéral et très à gauche.
le libéralisme explique comment gagner beaucoup d'argent, la gauche comment le confisquer à ceux qui l'ont gagné pour le distribuer aux fainéants, au nombre desquels j'ai l'honneur de me compter.
bien à vous aussi pour votre endurante lecture.

Faire mieux avec moins de moyens, c'est possible. mettre en place un vrai service ressources humaines. l'éducation nationale est le plus "mauvais élève" en la matière. Inefficacité, incohérence, perte de temps, d'énergie, d'argent. Tout enseignant et parent connait cela.

Il faut le dire clairement :
il n'y a pas de politique de gestion des ressources humaines digne de ce nom à l'Education nationale
Mais si il y en avait une il faudrait envisager une réforme des statuts de la fonction publique pour pouvoir licencier certains pour incompétence, mauvaise volonté ou inaptitude. Et surtout assurer la possibilité à tous de quitter temporairement ou définitivement l'enseignement au bout de 10 à 15 ans de bons et loyaux services.
Mais ça change : de nouvelles générations de fonctionnaires ont envie de faire bouger les choses et d'améliorer sincèrment la qualité du service rendu à la nation, et faire que nos impôts soient mieux utilisés.
C'est aussi le souhait sincère de presque tous les enseignants que je connais. Même si parfois l'ignorance des réalités ou une vision un peu déformée par la propagance syndicale, ou plus simplement de vieilles habitudes, rend pénible la discussion.

Il n'y a pas de politique de ressources humaines du tout. ça coûte trop!!! Imaginez que vous alliez à la DRH en tant que spécialiste des branchements gaz et qu'on vous envoie travailler à un poste de branchement électricité. Impossible, me dites-vous! Eh bien, au rectorat, ça l'est! J'ai des compétences en mécanique des structures, on m'a demandé d'enseigner le maniement des grues et engins de chantier dans un lycée professionnel, puis l'électronique dans un autre lycée...J'ai du me déplacer pour lister, avec division de personnel enseignant, les missions compatibles avec mes compétences. Quelle surprise de voir que la personne qui m'affectait n'avait même pas lu mon C.V. !

La dernière fois que j'ai dit cela à une IGAENR je me suis fait traiter de terroriste et de crétin.
donc maintenant je nuance. ça donne l'occasion aux lecteurs de renchérir.

Est-ce que quelqu'un peut m'éclairer sur une "chose", qu'est-ce qui a fondé l'école et est-ce que cette chose tient toujours ? Il me semble que l'idée qui préside à la chose en dit long sur celle-ci et que le reste n'est qu'articulation technique et approche concrète d'un idéal qui sera toujours ratage.

ce qui fonde l'école ? vaste programme ! pour le dire en un mot : la néoténie de l'homme. Je sais que j'utilise le concept d'une manière un peu décalée par rapport à sons sens scientifique, mais chut! ne prévenez pas Sokal et Bricmont. Donc néoténie : on reste petit quand on est grand. (si on ne va pas à l'école) Notre croissance achevée, on continue à apprendre. Autrement dit : si on ne va pas à l'école, à l'age adulte, on reste un enfant : il est nécessaire qu'on apprenne. L'homme est l'espèce qui est non-finie à l'âge adulte, l'espèce qui a besoin d'apprendre pour survivre. Et cela ne se fait pas naturellement, n'en déplaise à Mowgli
Après, les voies et moyens, le contenu, tout ça... fait l'objet de débats infinis.
autre possibilité : nous sommes des êtres historiques, qui existons à travers la transmission.
la prise de tête !

Il faut bien reconnaître que vu de l'extérieur, l'Éducation Nationale semble impossible à faire bouger. Ce n'est d'ailleurs pas du seul fait des enseignants ; il y a également les parents d'élèves, les traditions (prédominance des mathématiques et des sciences sur tout le reste), les moyens, etc. Mais c'est désolant de voir qu'aucun gouvernement n'arrive à apporter de solution. A mon avis la première chose à faire est d'alléger les programmes. Faire du collège et du lycée des lieux de développement et d'acquisition de savoirs généraux plutôt que des lieux où l'on remplit la tête des élèves avec le maximum de choses qui sont oubliées dès les vacances afin de pouvoir passer au programme suivant.

A Stephane D. et aux autres commentateurs. Merci pour vos précisions sur le fonctionnement en interne de cette magnifique (quand même aussi un peu la danseuse de la France) machine qu'est l' Éducation Nationale, un grand mystère pour moi, même si de temps en temps, je l'avoue, je m'énerve tout seul !! J'ai un enfant dans le primaire qui rentre en CM1, dois-je craindre quand même un peu pour la qualité de sa scolarité dans le futur ? ou alors finalement moyennant quelques accommodements, je ne serai pas trop déçu de l'encadrement et des "fondamentaux", ayant la "chance d'être dans un milieu favorisé" comme ils disent sur ma gauche !!

Et la chance de ne pas être immigré ou enfant d'immigré ?

Je m'occupe d'abord de l'immense majorité des élèves qui sont à 90% non immigrés et non enfants d'immigrés. On ne commence pas par une minorité si restreinte (10%), même si elle semble défavorisée, même si elle est majoritaire médiatiquement, même si in fine il faut aussi lui apporter des remèdes, pas forcément les mêmes qu'aux 90%.

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