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"Mariage pour tous" et déception pour de bon

La conjonction de l'affaire de Florange et du débat sur la fin des discriminations en matière de mariage est cruelle pour le projet idéologique du Parti socialiste."Florange" confirme, s'il le fallait encore (remember 1983), qu'au pied du mur de la finance, ce parti ni ne l'affronte, ni ne sait imaginer des alternatives. Malgré un portefeuille à l'économie sociale et solidaire pour le leader bien silencieux de la gauche du PS, pas d'invention de nouveaux outils pour favoriser les modes de propriété sociale. La loi obligeant un industriel qui se désengage d'un site à le revendre en cas de repreneur a été donnée en scalp à Parisot.

On pouvait espérer le voir se rattraper sur des dossiers où il n'a pas les mauvaises excuses de la contrainte extérieure, de la concurrence internationale, etc., les "nouvelles" (depuis les années 60 !) questions : l'écologie ou les discriminations. Même pas. Par exemple, sur le droit au mariage, avant même que les opposants se mobilisent, le gouvernement était revenu sur une partie des promesses du candidat Hollande : ni procréation médicalement assistée, ni statut des beaux-parents.

Ainsi, si l'on pouvait au moins espérer que le PS soit honnêtement social-démocrate, un "bon vieux parti de gauche", il garde le pire de cette expression. Plus de gauche sur le terrain économique et n'a ni assez de courage ni d'imagination pour le redevenir. Mais il reste un "bon vieux parti de gauche" en ce qu'il n'accorde que peu d'importance aux questions de société, qu'il n'a aucun discours politique sur le sujet. Aucun discours sur la remise en cause des normes du genre, des restes du modèle familial patriarcal, du croisement des dominations – de genre, de race, de classe, liées au handicap, etc. Ce faisant, il laisse un boulevard à des opposants qui présentent, eux, une conception claire de la société. Le PS continue à considérer ces questions comme des "fronts secondaires", de peu d'importance face au "front principal" que serait la lutte des classes... sauf qu'il ne mène plus la lutte des classes. Le projet idéologique du Parti socialiste apparaît pour ce qu'il est : un couteau sans manche dont on aurait perdu la lame...

Stéphane Lavignotte, 14 décembre 2012

Paru dans "Cerises", journal des communistes unitaires (FASE/Front de gauche) du 14 décembre

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